Notre cerveau n’aime pas le risque, selon une étude de l’Université de Tel-Aviv

D’après une étude menée sous la direction des Prof. Talma Hendler et Itzhak Fried et des Dr. Tomer Gazit et Tal Gonen, de la Faculté de médecine, l'Ecole des sciences psychologiques et l’Ecole des neurosciences de l'Université de Tel-Aviv, notre cerveau a tendance à produire un comportement d'évitement du risque dans les situations d'incertitude stressante. L’étude, qui a identifié les zones du cerveau responsables de l'équilibre entre le désir de gagner et celui d'éviter une perte potentielle, pourra permettre dans l'avenir d’ajuster les traitements des troubles neuropsychiatriques d'évitement excessif, tels que la dépression, l'anxiété et le TSPT, ou ceux associés à une prise de risque excessive, comme la dépendance et la manie.

Talma Hendler Neuroimaging 580jpg 0La recherche, à laquelle ont également participé des chercheurs du Centre Médical Sourasky (Ichilov) et de la Los Angeles School of Medicine de l'Université de Californie, a été récemment publiée dans la prestigieuse revue Nature Communications.

Pour réaliser cette étude, le Prof. Hendler et ses collègues ont eu accès à des patients épileptiques auxquels ont avait implanté des électrodes dans le cerveau en prévision d’une opération pour l’ablation de la zone cervicale provoquant leurs crises. Ces patients ont été invités à participer à un jeu informatique qui comprenait des risques et des opportunités, les électrodes implantées permettant aux chercheurs d'enregistrer, avec un haut niveau de précision, l'activité neuronale des différentes zones du cerveau associées à la prise de décision, aux émotions et à la mémoire.

Notre cerveau suggère : « jouons la sécurité »

Au cours du jeu, les sujets ont été invités à collecter des pièces de monnaie tout en prenant le risque de perdre l'argent qu’ils avaient déjà en réserve. Les chercheurs ont enregistré l'activité électrique de leurs cellules nerveuses immédiatement après avoir gagné ou perdu de l'argent tout au long du jeu. Il s’est avéré que les neurones de la zone du cortex préfrontal interne répondaient beaucoup plus à la perte (punition) qu'au gain (récompense) de pièces de monnaie.

De plus, les chercheurs ont constaté que l’évitement de la prise de risque par les joueurs était principalement affecté par l’activité post-perte dans la zone de l’hippocampe, associée à l’apprentissage et à la mémoire, mais aussi à l’anxiété. Cette constatation démontre la relation étroite entre les processus de mémoire et la prise de décision en cas de risque (situations stressantes). Autrement dit, la perte est codée dans l'hippocampe (la région du cerveau associée à la mémoire), et le participant opérant dans une situation stressante à haut risque après une perte a préféré rester prudent, et éviter de gagner des pièces (perdant ainsi du gain).

L'expérience de gagner, cependant, n’a pas été encodée dans la mémoire d'une manière qui influençait le choix du comportement futur dans des conditions d'incertitude. Un point intéressant est que ce phénomène n'a été constaté que lorsque le sujet avait une influence sur le résultat du jeu, et uniquement en présence d'un risque élevé lors du tour suivant, ce qui indique un lien possible avec l'anxiété.

Sur la base de nos expériences antérieures

«Tout au long de la vie, nous apprenons à équilibrer la peur de risquer une perte et la poursuite du profit, et nous évaluons le risque raisonnable à prendre par rapport au gain sur la base de nos expériences antérieures », résume le Prof. Hendler. « L'équilibre entre ces deux tendances est certes un trait de la personnalité, mais il est également affecté par le stress (comme la pandémie actuelle). Un trouble dans ce domaine augmente la sensibilité au stress et peut entraîner une déficience du comportement dit adaptatif, par exemple une forte propension à prendre des risques ou à les éviter excessivement ».

« Nos recherches montrent pour la première fois comment le cerveau humain est affecté par l'expérience de l'échec ou de la perte lorsque nous en portons la responsabilité, et comment cette inclinaison produit un comportement d'évitement dans une situation d'incertitude particulièrement stressante. Une compréhension du mécanisme neuronal impliqué pourra dans l'avenir guider les traitements neuropsychiatriques dans le cas de troubles d'évitement excessif, tels que la dépression, l'anxiété et le TSPT (trouble de stress post-traumatique), ou ceux associés à une prise de risque exagéré, comme la dépendance et la manie ».

 

Sur la photo à droite: le Prof. Talma Hendler (crédit: Université de Tel-Aviv) 

 

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