Avancée majeure dans le traitement des lésions de la moelle épinière à l'Université de Tel-Aviv

Une équipe menée par les Dr. Angela Ruban et Yona Goldschmidt de la Faculté de médecine de l’Université de Tel-Aviv a mis au point une méthode thérapeutique innovante capable de réduire les dommages aux cellules nerveuses de la moelle épinière après une blessure, tout en favorisant une meilleure mobilité. Une avancée qui représente un réel espoir pour des millions de personnes dans le monde souffrant de lésions médullaires, affection grave qui cause souvent un handicap durable, voire irréversible.

Levin Ruban Goldschmidt Alexander

L’étude, à laquelle ont participé les étudiants de maitrise Yosef Levin, Rosemary Lavender, Alexander Yakovchuk, Yevgeny Banias et Ruth Blatovsky, a été publiée dans la revue Inflammation and Regeneration.

L'équipe de recherche explique que l'un des principaux problèmes consécutifs à une lésion de la moelle épinière est l'accumulation d'une substance appelée glutamate, processus qui se déclenche quelques minutes après le traumatisme, aggravant les dégâts causés aux cellules nerveuses, et favorisant la réaction inflammatoire et la formation de cicatrices. À ce jour, aucun traitement efficace n'a permis d'enrayer ce processus et d'empêcher la formation de lésions tissulaires étendues. C'est là qu'intervient la nouvelle méthode : au lieu de tenter de « bloquer » l'activité nocive du glutamate dans le cerveau, les chercheurs ont trouvé un moyen d'éliminer son excès par la circulation sanguine dès les premières heures suivant la lésion.

Agir sur les lésions dès leur formation

Des tests menés sur des animaux montrent que le nouveau traitement réduit considérablement le taux de glutamate, l'inflammation et la destruction des cellules nerveuses. Mais le résultat le plus impressionnant est sans doute son efficacité sur le fonctionnement moteur : les animaux traités ont montré une amélioration significative de leur capacité à marcher et se déplacer dès les deux premiers jours, atteignant près de 80 % après deux mois, contre 20 % dans le groupe non traité. Autre point important : les chercheurs ont constaté que le traitement peut être administré jusqu’à huit heures après la blessure, délai considéré comme réaliste en situation d’urgence médicale. Administré par simple injection intraveineuse, il peut être administré sur le terrain, permettant ainsi de stopper les lésions dans les premières minutes.

Le Dr. Ruben souligne que l'étude pourrait de plus offrir une solution au défi présenté par les lésions secondaires consécutives à la blessure, pour lesquelles il n'en existait aucune auparavant. Cela signifie la possibilité d'enrayer la réaction en chaîne qui conduit à la détérioration de l'état des patients, préservant ainsi la fonction nerveuse. Si ces résultats sont confirmés chez l'humain, il s'agira d'un véritable changement de perspective, marquant le passage d'un traitement symptomatique à une réduction réelle de la gravité des lésions.

traitement glutamate Mode of Action

Selon le Dr. Goldschmidt, expert en traitement et réadaptation des lésions médullaires, il s'agit d'une orientation totalement nouvelle dans le domaine, qui pourrait révolutionner le traitement non seulement les lésions médullaires, mais aussi d'autres atteintes cérébrales, telles que les AVC ou les traumatismes crâniens, réduisant considérablement les lésions et facilitant la réadaptation ultérieure.

Une révolution potentielle dans le traitement des atteintes cérébrales

Le Dr. Ruben ajoute que la nouvelle réalité apparue après le 7 octobre a ouvert une nouvelle voie à la recherche sur les traumatismes crâniens consécutifs à une onde de choc. Son équipe de recherche a déjà obtenu de premiers résultats très encourageants sur des modèles de traumatismes crâniens, et actuellement, en collaboration avec le Département de neurotechnologie du ministère de la Défense et le Prof. Pick de l'Ecole de médecine de l'UTA, le traitement va être testé sur des animaux dans le cas de traumatismes crâniens suite à une onde de choc. Les chercheurs envisagent bientôt des essais cliniques, afin de rendre accessible un traitement capable d'améliorer la qualité de vie des patients.

De son côté, Ramot, la société de commercialisation de technologies de l'Université de Tel-Aviv, a créé une entreprise autour des recherches des Dr. Ruben et Goldschmidt. Elle proposera un traitement intraveineux des traumatismes neurologiques, doté d'un délai d'intervention thérapeutique extrêmement large, qui pourrait transformer en profondeur la prise en charge des lésions médullaires et des traumatismes crâniens, réduire le handicap, améliorer la qualité de vie des patients et diminuer considérablement les coûts de santé.

Le Dr. Ruben conclut : « Nous avons découvert qu'il est possible d'agir sur le processus de formation des lésions dès le traumatisme, et non pas seulement d'en gérer les conséquences a posteriori. En réduisant l'excès de glutamate, nous avons réussi à protéger les cellules nerveuses et à améliorer le fonctionnement moteur de manière significative dans des modèles précliniques. Si ces résultats sont confirmés chez l'humain, ils pourraient révolutionner la prise en charge des lésions médullaires et autres affections neurologiques. Associés aux nouveaux équipements de réadaptation récemment disponibles en clinique, ces progrès pourraient assurer que, dans l'avenir, les lésions médullaires ne condamnent plus les patients à une vie en fauteuil roulant ».

 

Photos :

  1. De gauche à droite : Yosef Levin, le Dr. Angela Ruban, le Dr. Yona Goldschmidt et Alexander Yakovchuk
  2. Mode d'action du traitement

(Crédit photo et illustration: Université de Tel-Aviv)

 

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