La personnalité d’un individu permet de prédire ses choix immobiliers

Une étude réalisée par le Dr. Danny Ben-Shahar de la Faculté de Gestion de l'Université de Tel-Aviv et le doctorant Roni Golan du Technion de Haifa, montre une forte corrélation entre la personnalité et les choix individuels en matière d'immobilier. Selon cette recherche, publiée dans la revue Journal of Behavioral and Experimental Economics, le même lien se retrouve par ailleurs au niveau macroéconomique.

Pour le Dr Ben-Shahar, « Cette étude  s'inscrit dans le cadre d’un débat beaucoup plus large dans le domaine des sciences sociales en général, et de l’économie en particulier, sur les éléments qui constituent la prise de décision: s’agit-il de facteurs rationnels ou bien le processus est-il affecté par des biais émotionnels et cognitifs ? Mon travail montre que, dans le cadre de l'immobilier, les personnes agissent 'irrationnellement', et non en fonction d'hypothèses économiques traditionnelles ».

Les chercheurs ont tout d’abord procédé à un test d'évaluation de la personnalité largement utilisé appelé le "Big Five", mené sur un échantillon diversifié de 1138 personnes. Il était demandé aux participants de s'évaluer sur une échelle allant de 1 à 5, sur des questions mesurant des traits de personnalité standards: ouverture à l’expérience (appréciation de l'art, émotivité, curiosité et imagination), conscienciosité (respect des obligations, organisation, efficacité), extraversion (sociabilité, expansivité, énergie), « agréabilité » (tendance à pardonner, exigences) et névrosisme (tendance à éprouver des émotions comme la colère ou l’inquiétude, dépression, vulnérabilité).

 

Les névrotiques préfèrent acheter

Une fois le type de personnalité établi, les chercheurs ont posé cinq questions sur les préférences des personnes interrogées en matière d'immobilier (tel le type et durée d'un prêt hypothécaire souhaité, préférence pour l’achat ou la location, préférence pour l’investissement dans l'immobilier ou dans des actions…).

danny-ben-shahar 1Les conclusions ont montré un lien clair entre la personnalité et les décisions immobilières. Les personnes névrotiques, par exemple, préfèrent l'accession à la propriété plutôt que la location. Si elles achètent, elles optent pour un prêt hypothécaire avec un rapport prêt-valeur plus bas, c’est-à-dire un montant de prêt faible par rapport au prix de la maison.

« Il s'avère, ce qui n'est peut-être pas surprenant pour les psychologues et économistes comportementaux, qu'il existe une corrélation significative entre les traits de la personnalité d’un individu et ses préférences dans le domaine de l'immobilier », conclue le Dr. Ben-Shahar.

La personnalité des Etats

Dans une étude de suivi, il a examiné les résultats du test de personnalité Big Five par rapport à un échantillon beaucoup plus large de 1,6 millions d'Américains, dans les différents Etats des Etats-Unis. Le type de «personnalité» des Etats a été défini en calculant la moyenne des réponses au test Big Five dans chaque Etat. En faisant correspondre ce « type » avec les données sur le logement du recensement national et de la Banque Centrale de New York, l'équipe a constaté que, là aussi, la personnalité a été associée à des choix immobiliers.

L'état de New York, par exemple, défini comme névrotique, a tendance à opter pour des prêts hypothécaires avec un rapport prêt-valeur bas, alors que les Etats comme la Caroline du Sud, présentant des marques relativement élevées d'ouverture à l’expérience, montraient une part relativement plus élevée de prêts hypothécaires à taux fixe. « Bien que tous les profils immobiliers des Etats ne concordent pas exactement avec leur personnalité dominante, le niveau macro reflète les tendances détectées au niveau micro » a déclaré le Dr. Ben-Shahar.

Le Dr. Ben-Shahar travaille actuellement sur d'autres modèles de décisions non-rationnelles sur le marché de l'immobilier.