Shahar Milfelder, étudiante en deuxième année de physiothérapie à la Faculté des sciences médicales de l'Université de Tel-Aviv, a remporté une médaille de bronze lors des Championnats du monde d'aviron paralympiques 2026 à Amsterdam, réitérant sa performance des Jeux Paralympiques de Paris 2024, où elle avait déjà obtenu une médaille de bronze aux côtés de son partenaire Saleh Shahin. Exemple de résilience, l'étudiante a survécu à un cancer des os à l'âge de 15 ans.

Derrière le sourire sur le podium se cache une histoire exemplaire et inspirante de résilience et de force mentale. Originaire du moshav Beit Yitzhak, Shahar Milfelder se passionne pour le de sport dès son plus jeune âge, jouant au basketball à haut niveau. À l'âge de 15 ans, sa vie bascule lorsqu'on lui diagnostique une forme rare et agressive de cancer des os (sarcome d'Ewing). Après une longue lutte et une série d'opérations complexes, dont l'ablation d'une partie de son bassin elle se rétablit peu à peu, et réapprend à se déplacer. Malgré son handicap, elle insiste pour faire son service militaire, s'engageant comme volontaire. Elle sert pendant cinq ans, devenant instructrice sur simulateur puis officière dans l'Armée de l'air.
D'une victoire personnelle au podium mondial
Après son parcours militaire, elle renoue avec le sport de compétition, s'oriente vers l'aviron, et y trouve un moyen de repousser les limites de son corps. Sa progression est fulgurante. Aux Jeux Paralympiques de Paris 2024, elle décroche la médaille de bronze en double mixte avec son partenaire, Saleh Shahin, un vétéran druze de Tsahal grièvement blessé à la jambe lors d'une attaque terroriste en 2005.
Aux Championnats du monde de cet été, le duo franchit la ligne d'arrivée du 2 000 mètres en 8 minutes et 14,46 secondes, remportant la médaille de bronze et rééditant ainsi sa performance paralympique.
Pour Shahar, la rééducation physique quotidienne n'est pas réservée au sport de compétition : c'est aussi une vocation qui l'a conduite à étudier la physiothérapie.
Q. : Shahar, à quoi ressemble ton emploi du temps hebdomadaire ? Et quel est le secret pour concilier un entraînement intensif avec les séances en laboratoire et les examens exigeants ?
« Ma semaine est très chargée. Je m'entraîne deux fois par jour presque toute la semaine. Certaines de mes journées commencent dès 5 h. du matin avec des séances de pagaie dans l'eau, et se poursuivent avec des cours à l'université, des travaux pratiques et des examens jusqu'à 19 h. Puis je retourne directement à l'entraînement. Le secret réside dans une gestion rigoureuse du temps, l'autodiscipline et la conviction que ces deux univers se complètent et s'équilibrent ».
Q. : Comment les outils du monde du sport de compétition te sont-ils utiles dans tes études, et inversement ?
« Le sport m'apprend beaucoup sur la détermination, la persévérance et la foi dans ma voie. En parallèle, mes études approfondissent mes connaissances en anatomie, en récupération et en réadaptation professionnelle. Travailler avec le corps et les limites de la capacité humaine est mon univers, et cela donne d'autant plus de sens à mes études. Je suis convaincue que cette combinaison fera de moi une physiothérapeute encore meilleure et plus empathique ».
Q. : Comment le soutien de la Faculté et de l'université se manifeste-t-il dans ton parcours ?
« Le soutien du corps professoral se manifeste par une aide concrète pour trouver des solutions, adapter les horaires et les examens, et par la certitude de toujours trouver à qui parler et comment surmonter les difficultés. Il me reste deux ans pour obtenir mon diplôme et deux ans avant les Jeux paralympiques de Los Angeles en 2028, et je suis convaincue qu'avec le soutien de l'université, je pourrais réussir dans les deux domaines ».
Q. : Quel message adresses-tu aux étudiants qui doivent gérer un emploi du temps lourd et qui aspirent à la réussite ?
« La clé du succès réside dans la persévérance, la détermination et la confiance dans la voie choisie. Lorsque l'on connaît son objectif et qu'on s'y engage étape par étape, on peut surmonter tous les obstacles. Bien sûr, un environnement favorable est également essentiel, et je suis reconnaissante de celui que j'ai ici ».
Photo :
Shahar Milfelder et Saleh Shahin et après leur victoire et leur médaille de bronze aux Championnats du monde d'aviron paralympique.

