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Journée 2024 de l'Intelligence Artificielle de l'Université de Tel Aviv

La Journée 2024 de l'intelligence artificielle de l'Université de Tel-Aviv, s'est tenue le lundi 5 février, réunissant plus de 1 000 participants et 45 conférenciers, parmi les personnalités clés dans ce domaine. Organisée en coopération entre le Centre Blavatnik de cybersécurité de l'Université de Tel-Aviv, l'Autorité israélienne de l'innovation et la Direction nationale israélienne de la cybersécurité, ce rassemblement annuel, qui sert de forum d'approfondissement aux chercheurs, aux professionnels de l'industrie et aux experts, s'est concentré cette année sur l'importance de l'IA en temps de guerre, la PNL, les questions de réglementation et la lutte contre les fakes news.

Groupe IA 2024Ouvrant la Journée, le Prof. Ariel Porat, Président de l'Université de Tel-Aviv, a souligné qu'elle incarnait l'esprit de résilience de l'UTA et du pays, car Israël n'a pas le privilège de suspendre toutes ses activités pendant un an, et l'université ne peut cesser de former ses étudiants et de produire des recherches. En attendant la Cyber Week prévue en juin, cette journée témoigne de la force d’Israël en tant que nation en ces temps difficiles.

Il a souligné l'importance accordée par l'UTA au développement d'une expertise en IA et en science des données, concrétisée par l'ouverture récente d'un centre multidisciplinaire proposant un ensemble de cours dans ces domaines aux étudiants de toutes les facultés. « Idéalement, tous les étudiants devraient avoir la possibilité d'étudier l'Intelligence Artificielle, car elle constitue un moteur de développement dans tous les domaines de recherche. Et pour chacun, des défis différents sont à relever », a-t-il déclaré.

En 2023, se sont inscrits les premiers étudiants du nouveau programme de maîtrise en IA de l’Université de Tel-Aviv, qui renforce ainsi son statut de plus grand centre d'Israël dans ce domaine, mettant l'accent sur les collaborations interdisciplinaires.

Les défis en matière de sécurité

Le Prof. Meir Feder, Directeur du Centre pour l'Intelligence artificielle et la science des données de l'Université de Tel-Aviv, a insisté sur les problèmes urgents dans ce domaine, notamment les coûts exorbitants et les questions des droits de propriété et de contrôle. Il a remarqué qu'à l'heure actuelle, l'IA n'est pas à la hauteur de l'intelligence humaine, la qualifiant de solution intelligente de « copier-coller » dénuée de véritable créativité. « Nous savons ce que nous avons construit mais nous ne savons pas pourquoi cela fonctionne », a-t-il déclaré.

Le Général de brigade de réserve Isaac Ben Israel, Président de la Journée de l'IA et Directeur du Centre Blavatnik ICRC (Centre interdisciplinaire d'études sur la cybersécurité de l'Université de Tel-Aviv), a mis l'accent sur les défis associés au développement rapide de l'IA, soulignant la vulnérabilité croissante de diverses sphères de l'activité humaine aux cyberattaques, qui devient de plus en plus prononcée à mesure qu'augmente notre dépendance envers l’IA.

Isaac ben israel

Compte tenu de l’impact crucial du développement rapide de l'IA sur la cybersécurité, un volet entier de la conférence a été dédié exclusivement à ces questions, en particulier l'utilisation de l'IA dans la collecte et l'analyse du renseignement, la détection des menaces, les systèmes d'alertes, la gestion de la posture de sécurité et d'autres sujets pertinents pour renforcer l'efficacité des opérations quotidiennes des équipes de sécurité.

Fakes news et hyper-trucages

Dans le panel Fake News, plusieurs discussions ont porté sur les outils d'IA capables de détecter efficacement les fausses images et les fausses informations sur Internet, d'identifier les robots et les trolls utilisés à des fins d'influence commerciale et politique sur les réseaux sociaux, et de découvrir les deepfake (hypertrucages et infox vidéos) qui ont récemment inondé les médias sociaux dans le cadre de campagnes massives de désinformation ou d’influence. « La guerre entre la Russie et l'Ukraine a été la première guerre menée sur les réseaux sociaux », a déclaré Tom Alexandrovitch, Directeur exécutif de la Division de la Défense de la Direction nationale de cybersécurité d'Israël.

Zachary Elisha Bamberger, du Technion, a présenté un outil d'argumentation persuasive d'intelligence artificielle développé pour lutter contre la haine et la désinformation en ligne à la suite du 7 octobre. L'outil publie des commentaires sur du contenu anti-israélien sur les réseaux sociaux, basés sur l’établissement de la confiance, en citant des sources et des figures d’autorité, et en utilisant efficacement la logique et le raisonnement complexe ainsi que l'appel aux émotions. Il est capable d'ajuster la longueur et le ton des commentaires, ainsi que leur niveau de formalité et leur position politique et idéologique en fonction de la langue et de la culture ciblés. Il est également capable de comprendre le contexte et les légendes des vidéos.

meir feder

L’utilisation de l’IA sur les réseaux sociaux permet de fournir des réponses plus rapides et plus efficaces sur de multiples plateformes. L’agent d'intelligence artificielle peut également prédire la popularité du contenu et estimer le niveau de confiance qu'il obtiendra. De plus, il peut signaler les messages haineux trouvés en ligne.

D'après l'Agence européenne de coopération en matière de délinquance criminelle (Europol), d’ici 2026, 90 % des médias en ligne seront générés par l’intelligence artificielle.

« Une menace pour la démocracie à l'échelle mondiale »

Le Prof. Irad Ben Gal, Directeur du laboratoire TAU LAMBDA d'Apprentissage automatique et d'analyse des données commerciales de l'Université de Tel-Aviv, a traité du dévoilement des fausses campagnes synchronisées sur les réseaux sociaux. Il a souligné l’importance de lutter contre les infrastructures plutôt que de rechercher des posts individuels, ainsi que l’intérêt d’analyser l’activité des robots, approche permettant de détecter la coordination des faux utilisateurs, de modéliser leur comportement et de formuler des recommandations pour exposer et atténuer leur impact.

Le Prof. Ben Gal a illustré cette approche avec l’exemple de l’attaque de l’hôpital de Gaza, où on avait pu observer une augmentation immédiate de l’activité simultanée d’un grand nombre de robots coordonnés.

Ben Gal

Michael Matias, PDG de la société Clarity, a souligné que la croissance fulgurante du nombre de deepfakes en ligne et de la désinformation par l'IA en général constitue la principale menace pour la démocratie à l'échelle mondiale. Par conséquent, la détection des deepfakes revêt actuellement une importance primordiale. « Le nombre de deepfakes en ligne augmente de 900 % par an », a-t-il affirmé, soulignant que 78 milliards de dollars sont perdus chaque année à cause d'attaques manipulatives sur des personnes ou des sociétés, et que 88 % des investisseurs considèrent ces attaques comme un problème sérieux pour les entreprises.

De plus, dans la « course » entre l’IA générative et l’IA détectrice, une autre tâche majeure consiste à protéger l’intégrité de l’histoire. C’est pourquoi Clarity a été activement impliquée dans l’authentification de l'information sur les médias depuis le massacre du 7 octobre.

Les experts en vision par ordinateur s'intéressent eux aussi aux images de guerre, notamment aux vidéos de crimes de guerre. Danny Bickson, PDG de Visual Layer, la startup qui a créé l'outil populaire disponible gratuitement en ligne (open source) fastdup pour la gestion de données visuelles à grande échelle, a parlé du travail bénévole effectué par son entreprise pour le ministère de la Diaspora et le ministère de la Défense. « La guerre de Gaza est l'une des premières où des informations visuelles critiques ont circulé dans des millions de vidéos sur les réseaux sociaux publiées quotidiennement », a-t-il relevé.

Karine nahon gili drob heistein

Le Prof. Karine Nahon, responsable du programme Données, gouvernement et démocratie de l'Université Reichman (anciennement IDC), a souligné dans son exposé sur le travail sur le QG des personnes disparues et des otages du 7 octobre que la technologie à elle seule n'est pas suffisante, et qu'il est non seulement nécessaire de développer de nouveaux algorithmes, mais également de créer un environnement propice à l’émergence d’idées.

L'initiative bénévole qu'elle a menée a rassemblé 1 500 personnes du monde universitaire et de l'industrie, qui ont collaboré pour mettre en commun des données provenant de diverses sources en ligne, notamment des chaînes du Hamas sur Télégram, les contenus téléchargés par les témoins sur le terrain et les images filmées par les terroristes eux-mêmes. L'objectif de l'équipe était de concevoir des stratégies efficaces pour identifier les otages et leurs ravisseurs. « Lorsqu'un visage saigne, on ne peut pas utiliser l'IA habituelle de reconnaissance faciale. On a aussi besoin de beaucoup d'intelligence humaine et d'analyse des réseaux sociaux », explique-t-elle. Cet effort commun a donné naissance à au moins six algorithmes qui pourront être utiles en cas d'éventuelles futures catastrophes à nombreuses victimes.

Les bénéfices de l'intelligence artificielle

L’IA présente également un potentiel d'amélioration notables dans de nombreux secteurs de notre vie. Plusieurs panels de la conférence ont été consacrés à ces aspects positifs.

Dans le domaine de l’éducation, l’IA peut aider les enseignants à créer des contenus d’apprentissage personnalisés adaptés aux besoins de chaque élève. Cependant, il est impératif de prendre en compte des questions cruciales telles qu'une utilisation responsable, la protection de la vie privée et la garantie d’un accès équitable à ces technologies. « Notre objectif est de comprendre comment l'éducation peut utiliser l'IA de manière intelligente et équitable, en contribuant à créer un environnement d'apprentissage solide et adaptable », a déclaré le Dr. Merav Mofaz, enseignante au Département d'ingénierie industrielle de l'Université de Tel-Aviv, et analyste de données à Microsoft Education.Mor Geva Yoav shoham

L'IA joue également un rôle central dans le domaine de la médecine, notamment pour les diagnostics et les tests d'ADN. Il s’avère d'une valeur inestimable pour l’analyse médico-légale par ADN à des fins d’identification. Le Prof. Noam Shomron, directeur du laboratoire de génomique fonctionnelle de la Faculté de médecine de l'Université de Tel-Aviv, a présenté les travaux qu'il a entrepris après le 7 octobre pour identifier les victimes du massacre à l'aide de fragments d'ADN minuscules ou endommagés récupérés sur des corps gravement brûlés. L'IA peut de plus aider à identifier les soldats potentiellement sujets au Trouble de Stress Post Traumatique, permettant ainsi un traitement préventif.

Le Prof. Erez Shmueli, directeur du laboratoire des Big Data de l'Université de Tel-Aviv et codirecteur du programme de premier cycle en science des données, a présenté les résultats d'une étude contrôlant l'apparition des premiers signes du TSPT chez les personnes indirectement exposées aux événements du 7 octobre. Les résultats ont révélé des niveaux de stress et de TSPT sans précédent parmi les participants. « La consommation d'informations et le nombre de vidéos sanglantes regardées sont en corrélation significative avec la prévalence des troubles », explique-t-il. Une surveillance continue au moyen de montres intelligentes et de questionnaires quotidiens a mis en évidence des variations significatives du stress, de l'humeur, du nombre de pas effectués, de la qualité et de la durée du sommeil au cours de la première semaine après les événements du 7 octobre, en particulier chez les personnes qui ont développé un syndrome de stress post-traumatique par la suite.

Que nous réserve l'avenir ?

Lors du panel de discussion final, le Prof. Yoav Shoham, co-fondateur et co-PDG de la société AI21 Labs, a souligné que la relation avec les machines sera transformatrice plutôt que destructrice pour l’humanité, et envisage un avenir où les machines et les humains coexisteront et collaboreront. « Nous contrôlerons les inconvénients potentiels. Je crains plus que l'IA ne soit pas assez puissante que trop puissante », a-t-il affirmé.

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Le Dr. Ziv Katzir, responsable du programme national d'IA, a souligné les tendances mondiales en faveur d'une réglementation juridique de l'IA, y compris la proposition d'un accord mondial. Il a souligné que, malgré une baisse globale du financement, les investissements dans l’IA générative connaissent une croissance exponentielle. Le programme national israélien d'IA s'est concentré cette année sur des solutions pratiques, mettant l'accent sur le traitement du langage naturel pour l'hébreu et l'arabe parlés, le développement des compétences en IA grâce à des bourses à tous les niveaux de l'enseignement supérieur, les investissements dans l'infrastructure informatique, une application plus large de l'IA dans le secteur public et le développement d’un cadre juridique pour une IA digne de confiance. « Israël se classe régulièrement dans les dix premières places dans le domaine de l'IA, et à la deuxième en termes d'investissement par habitant », a-t-il déclaré. Depuis le déclenchement de la guerre entre Israël et le Hamas, l’Autorité israélienne pour les investissements a lancé un nouveau fonds accéléré pour financer les entreprises locales de haute technologie en phase de développement de produits afin de renforcer ce secteur, et l’économie nationale dans son ensemble.

L'AI Day 2024 de l'Université de Tel-Aviv a mis en relief l'esprit de collaboration des experts et des leaders de l'industrie dans ce domaine, soulignant son rôle pour un changement positif et les progrès tangibles de la société, propulsé par l’innovation.

 

Photos :

1.  De gauche à droite : Yorai Fainmesser (co-fondateur, associé général de Disruptive AI VC), le Prof. Meir Feder (Université de Tel-Aviv), le Général de brigade Prof. Isaac Ben Israel (Directeur du ICRC), le Prof. Ariel Porat (Président de l'Université de Tel-Aviv), Gili Drob-Heistein (directeur exécutif du ICRC). 

2.  Le Prof. Isaac Ben Israel

3.  Le Prof. Meir Feder

3.  Le Prof. Ben Gal

4.  Le Prof. Karine Nahon (à gauche), et Gili Drob-Heistein, Directrice exécutive du Centre ICRC

5. Dr. Mor Geva, professeur adjoint de l'École d'informatique de l'Université de Tel-Aviv (à gauche) et le Prof. Yoav Shoham, co-fondateur et co-PDG d'AI21 Labs

(Crédit photos: autorisation du Centre Blavatnik ICRC de l'Université de  Tel-Aviv)

 

FONDS D'URGENCE
de l'Université de Tel-Aviv
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