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Rassemblement pour le100e jour de captivité des otages israéliens à Gaza à l'Université de Tel-Aviv

Un rassemblement a été organisé dimanche 14 janvier 2024 devant l'Université de Tel-Aviv pour marquer le 100e jour de captivité des otages israéliens détenus à Gaza depuis le massacre du 7 octobre, avec la participation des familles des personnes kidnappées, du Prof. Ariel Porat, Président de l'Université et de nombreux étudiants et enseignants. Il a été précédé d'un panel de conférences, réalisé en collaboration avec le musée du Peuple juif Anu, sur l'impact des évènements du 7 octobre dans les divers domaines de la recherche, notamment l'intelligence artificielle, l'écologie et la psychologie.

Famille 2Plusieurs représentants des familles des otages ont pris la parole au cours du rassemblement.

« Je suis fière d'être étudiante dans une université qui prend une part active à la lutte pour le retour des otages », a déclaré Nofar Buchshtab, doctorante à la Faculté des sciences de la vie de l’UTA, sœur de Yagev Buchstab, kidnappé au kibboutz Nirim avec sa femme Rimon, qui a été libérée alors que lui est toujours prisonnier à Gaza. « Yogev est mon grand frère. Je pense à chaque instant à ce qu'il vit là-bas, comment il tient. Son temps est compté. Comment est-il possible que 100 jours se soient passés, et que 136 personnes soient encore là-bas, filles et garçons, grands-mères et grands-pères. Nous devons faire tout ce que nous pouvons pour les sortir de là maintenant ».

« Israël ne sacrifie pas la vie de ses citoyens »

Gil Dickman, diplômé du Département de psychologie de l'UTA, est le cousin de Carmel Gat, étudiante de l'Université hébraïque de Jérusalem, kidnappée au kibboutz Beeri. « La douleur n'est pas seulement celle des familles des personnes kidnappées, mais celle de tous les citoyens et citoyennes israéliens, qui pleurent, prient et participent aux rassemblements et aux manifestations, et ne connaissent plus de jours ni de nuit », a-t-il dit. « Le retour des otages jusqu'au dernier sera notre image de victoire. Israël ne sacrifie pas la vie de ses citoyens, ne sacrifie pas la vie, mais au contraire combat elle. Nous sommes un peuple qui aime la vie ; c'est pourquoi nous voulons voir tous les otages revenir à la maison en vie, et maintenant. Plus de 100 otages sont déjà revenus, c'est donc possible ».

FamilleMerav Svirsky est la sœur d'Itai Svirsky, 38 ans, kidnappé au kibboutz Beeri, diplômé des Départements de psychologie et d'économie de l'Université de Tel-Aviv et cousin du Prof. Uri Ben David de la Faculté de médecine. Les parents de Merav et Itai ont été assassinés par le Hamas le 7 octobre. « 100 jours sont passé et Itai n'est toujours pas revenu », dit-elle. « Je n'en peux plus. Nos soldats et nos soldates se battent avec bravoure et risquent leur vie pour nous défendre et les ramener à la maison, mais chaque jour qui passe des otages meurent à Gaza, et seul un accord permettra de les ramener en vie. Le traumatisme du 7 octobre n'est pas terminé, au contraire, il ne fait que s'approfondir, pour mon frère, les autres otages, les familles et la société israélienne tout entière. Nous vivons un cauchemar continu, et trop long. Le retour de tous les otages est le devoir moral de l'Etat d'Israël, une garantie de l'Etat envers ses citoyens, la base morale du contrat social entre nous et notre pays. Il n'y a pas de prix trop élevé pour la vie d'Itai, pour la vie et le retour de tous les otages maintenant, car pour beaucoup d'entre eux, il est déjà trop tard ».

« Chaque minute est critique»

Anat Shoshani, étudiante de la Faculté de gestion, est la petite-fille d'Adina Moshe, enlevée au kibboutz Nir Oz et libérée depuis. Son grand-père, Saïd Moshe, a été assassiné le 7 octobre. Elle raconte l'expérience à Gaza de sa grand-mère Adina, libérée après 49 jours de captivité. « En arrivant dans la ville de Gaza elle a été introduite dans l'embouchure d'un tunnel au milieu d'une des rues principales, qui conduit à un autre tunnel qui descend dans les profondeurs de la terre. Le Gaza sous-terrain, comme ils l'appellent. Elle y a croisé d'autres visages des membres de son kibboutz où elle a élevé de nombreux enfants car elle était la jardinière d'enfants du kibboutz, tous nus pieds, blessé et effrayés, cheminant dans la peur et l'obscurité. Dans la pièce où on les a rassemblés, elle a vu beaucoup d'autres personnes, une partie menottées, certains blessés ou durement meurtris. Elle a été libérée après 49 jours, mais son esprit est resté en captivité avec ceux qui sont restés derrière. La majorité n'a pas encore été libérée. Les conditions étaient très difficiles : pas d'air, pas de lumière du jour, presque pas de médicaments ni de nourriture. Je vous raconte cela pour vous expliquer que ceux qui sont restés n'ont pas de temps. Ma grand-mère a raconté qu'en captivité on fait tout pour survivre, même quand il n'y a pas de médicaments ni d'oxygène, et que les pensées s'orientent par erreur vers les proches qui vous ont été cruellement enlevés et dont vous savez qu'ils ne reviendront pas. Chaque minute est critique pour eux ».

Parapluies 1Stav Levy, étudiante de l'École d'architecture est la compagne d'Idan Shitvi, kidnappé lors du festival Nova. « Dans mes plus grands cauchemars, je n'aurais jamais pensé que je me tiendrais un jour sur un podium pour déclarer que mon compagnon a été enlevé à Gaza. Après une série de déroulements cauchemardesques, Idan a été kidnappé avec un autre otage, Guy Ilouz, qui est mort de ses blessures. Idan est vivant, blessé, quelque part à Gaza. Chaque instant qui passe le met en réel danger de mort. Toute ma vie a été bouleversée depuis ce shabbat maudit. Imaginez un instant que ce soit votre compagnon, votre compagnonne, votre père, votre mère, votre frère, votre sœur, votre grand-mère, votre grand-père, votre enfant… il n'y a pas de mots pour décrire la douleur qui me coule dans les veines, cette tristesse si profonde et cette inquiétude infinie, à chaque minute. Je ne renoncerai pas et notre combat n'arrêtera pas jusqu'à son retour à la maison. 136 de nos frères et sœurs sont en captivité et vivent un enfer sans nom. Nous devons être leur voix. Cela aurait pu être n'importe lequel d'entre nous. Nous devons rester unis et tout faire pour qu'ils reviennent tous à la maison maintenant ».

« Le but suprême de la lutte contre le Hamas doit être la libération des otages »

« Malgré toutes les controverses entre nous, il y a une chose sur laquelle l'ensemble du peuple d'Israël est uni : l'inquiétude profonde de chacun d'entre nous pour le destin des otages détenus à Gaza », a déclaré le Prof. Porat. « Il y a 50 jours, lorsqu'une centaine d'entre eux est revenue, nous avons pu connaitre en détail la situation dans laquelle ils se sont trouvés : les mauvais traitements, le harcèlement sexuel, les viols, la privation de nourriture et le désespoir. La souffrance de ceux qui sont restés derrière est devenue concrète. Cette souffrance des otages et de leur famille est aussi une souffrance nationale, collective et individuelle de chacun d'entre nous, et je veux le croire, de chaque citoyen de l'Etat d'Israël. Cette énorme souffrance collective ne fera que grandir si les otages ne sont pas libérés. A cela s'ajoute le devoir moral de les ramener, comme nous devons ramener les soldats et les soldates que nous avons envoyés là-bas, et les citoyens des agglomérations en bordure de la bande de Gaza. Il est clair à mes yeux que le but suprême de la lutte contre le Hamas aujourd'hui doit être la libération des otages. Leur enlèvement et leur détention constituent une plaie sanglante qui continuera de saigner pendant de longues années. Nous devons cette libération pour eux, pour leurs familles et pour nous-mêmes ».

Performance 1.1L'évènement a été conclu par Danielle Zilber, directrice de l'association des étudiants. « Le 7 octobre notre sentiment de sécurité a explosé, et nous ne nous en sommes pas encore remis, car des membres de nos familles, nos amis, des étudiants qui étudient avec nous ou leur famille, se trouvent encore dans la Bande de Gaza, ou dans les tunnels du Hamas. C'est une situation incroyable et absurde. Nous essayons de nous constituer une routine quotidienne pour assurer notre résilience, mais pour cela nous devons aussi nous battre pour les choses qui nous sont importantes, et nos otages en font partie. Si chacun des 30 000 étudiants et étudiantes de l'Université de Tel-Aviv fait entendre sa voix, on nous entendra. Nous devons tout faire pour que les otages rentrent à la maison, c'est notre rôle en tant que génération d'avenir de ce pays ».

Au cours du rassemblement ont été lus les noms des 136 otages encore détenus à Gaza, dont 115 encore en vie. Il a été suivi par une marche des étudiants et des professeurs du campus de l'Université vers la Place des otages à Tel-Aviv.

Performance AnuL'évènement a été précédé par panel de courtes conférences de style TED modérées par le Dr. Jeremy Fogel, du Département de philosophie juive et de l'Ecole d'éducation de l'Université de Tel-Aviv, sur l'impact des évènements du 7 octobre sur les divers domaines de recherche tels que nous les avons connus jusqu'à présent: « La guerre médiatisée par l'intelligence artificielle : à propos de la génération IA et de la menace des Fake News », par le Dr. Lior Zalmanson de la Faculté de gestion; « Le front écologique : qu'est-il arrivé à notre environnement pendant la guerre », par le Prof. Marcelo Sternberg, directeur de l'Institut de recherche sur les céréales et la sécurité alimentaire; « Le traumatisme de tout un pays : comment se mobiliser pour l'assistance psychologique», par le Dr. Michal Kahn, de l'École de psychologie. Le panel a été suivi d'une visite de l'exposition du musée Anu consacrée aux otages du 7 octobre.

 

Crédit photos: Université de Tel-Aviv

 

FONDS D'URGENCE
de l'Université de Tel-Aviv
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