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Pour la première fois en Israël, les trajectoires du covid19 révélées par une étude de l’Université de Tel-Aviv

Une équipe de chercheurs, sous la direction du Dr. Adi Stern du Département de microbiologie moléculaire et de biotechnologie de la Faculté des sciences de la vie de l’Université de Tel-Aviv, a réussi pour la première fois à séquencer le code génétique (génome) du coronavirus tel qu'il apparaît en Israël, et l’ont comparé avec celui de milliers de coronavirus dans le monde, parvenant ainsi à retracer avec précision sa trajectoire de transmission à partir des pays étrangers (70% des Etats-Unis, Belgique 8%, France 6%), ainsi que sa chaine de propagation à travers le pays. Ces données pourront grandement contribuer à aider les décideurs à adopter des mesures telles que quarantaine ou fermeture et réouverture de frontières, ainsi qu’à mieux faire face à une prochaine épidémie éventuelle.

Adi Stern 3Ont participé à l’étude les doctorants Daniel Miller, Noam Harel, Talia Kostin, Omer Tirosh et Moran Meir de l’Université de Tel Aviv, ainsi que des chercheurs de l’Université américaine Emory, de l’Institut Gertner de l’hôpital de l’hôpital Sheba, de l’Institut de Technologie de Holon, du Genome Center du Technion ainsi que les centres médicaux Sheba Medical Center, Assuta Ashdod, Hadassah Ein Kerem, Poriya, Soroka et Barzilay.

L’étude est basée sur l’analyse des séquences génomiques de plus de 200 patients en Israël, provenant d’une configuration géographique des hôpitaux israéliens, qui constituent un échantillon représentatif de l’ensemble de la population du pays. Elle a été publiée sur le site Internet medRxiv pour un partage immédiat avec la communauté internationale des chercheurs.

70% en provenance des Etats-Unis

« Mon laboratoire s'occupe de l’évolution et de la génomique des virus », explique le Dr. Stern. « Nous utilisons entre autres la technologie du séquençage de l’ADN/ARN. Lorsque l’épidémie de corona a éclaté, nous nous sommes mobilisés, comme les chercheurs du monde entier, pour étudier le virus qui en était à l’origine. Le coronavirus se caractérise par une accumulation rythmique de mutations, qui ne l’affectent pas directement, c'est-à-dire qu'il reste stable et que son intensité ne change pas, mais qui permettent de retracer ses chaînes de propagation d’un pays à l’autre. Par exemple, au début de l’épidémie en Chine, une à deux mutations sont intervenues. Le virus a alors émigré vers l’Europe où il a enregistré une nouvelle mutation, et de là vers les Etats-Unis etc. Ces mutations constituent donc une sorte de code-barre qui permet un suivi du virus d’un pays à l’autre ».

Dans le cadre de l’étude, les chercheurs ont comparé les codes génétiques de malades en Israël à 4 700 séquences génomiques provenant de différents pays du monde, obtenant ainsi une image complète de la chaîne de contamination vers l’Etat Israël et à l’intérieur du pays. A partir de ces données, ils ont ensuite développé un modèle mathématique et statistique complexe permettant l’évaluation de la situation épidémiologique du virus.

Adi Stern 1Les résultats montrent que plus de 70% des patients en Israël ont contracté un virus originaire des États-Unis, c'est-à-dire provenant de sujets contaminés aux États-Unis qui ont « amené » le virus avec eux en Israël. De même, près de 30% des patients appartiennent à des chaînes de contamination en provenance de pays européens : Belgique (environ 8%), France (environ 6%), Angleterre (environ 5%), Espagne (environ 3%), Italie (environ 2%), Australie (environ 2%), Philippines (environ 2%) et Russie (environ 2%). Il convient de noter que bien que toutes les séquences génomiques identifient la Chine comme point de départ, il n’y a pratiquement en Israël aucun cas de contamination dont l’origine directe provienne de Chine, de Corée ou du Japon, ni d’aucun autre pays asiatique.

Les "super-propagateurs" 

Par ailleurs, l’étude a identifié une grappe de patients dont le génome était identique à 100%, ce qui laisse à penser qu’une grande partie de l’épidémie en Israël a été due à de « super-propagateurs », des porteurs du virus qui pour diverses raisons se déplacent de ville en ville et qui ont contribué à une infection de masse. « Selon le modèle, plus de 80% des cas de contamination proviennent de moins de 10% des patients. Cela signifie que la plupart des infections dans le pays sont survenues à cause de ‘super-propagateurs’. Par exemple, des virus identiques ont été détectés dans des échantillons de patients provenant d’endroits éloignés les uns des autres, tels que Tibériade et Jérusalem, ce qui indique probablement un porteur voyageant d'une ville à l’autre ».

Selon le Dr. Stern, ces données précises obtenues à partir du séquençage du génome pourront servir de base solide pour prendre de bonnes décisions en cas de récidive de la pandémie : « Le séquençage du génome fournit des données précises et objectives sur les migrations du covid19 à l’intérieur de l’Etat d’Israël, ajoutant un élément essentiel aux enquêtes épidémiologiques, basées jusqu'à présent sur un interrogatoire subjectif des porteurs et des malades, sur les lieux où ils se sont rendus et les personnes avec qui ils ont été en contact », explique le Dr. Stern. « Il permettra de fournir une grande quantité d’information vitale de nature épidémiologique, par exemple, les pourcentages de contamination dans divers contextes (famille, immeuble, école, quartier etc.), et de prendre de bonnes décisions sur les questions qui nous préoccupent tous ces jours-ci : quand et où imposer une quarantaine ? Quand peut-on ouvrir des marchés / centres commerciaux / jardins d'enfants etc. ? ».

L'influence positive du confinement

« De plus, nos résultats indiquent clairement que la plupart des chaînes de contamination en Israël proviennent des États-Unis et des pays européens. Il est possible que le cas échéant dans l’avenir, il faille fermer directement le pays dès le début de la pandémie, ce qui permettra de diminuer de manière significative les chances du virus de pénétrer en Israël. De plus, le modèle montre que le coefficient de contamination d’infection du virus (c’est-à-dire le nombre de personne contaminé par un malade unique) a diminué de manière significative après le confinement. Enfin, au jour d’aujourd’hui, sur la base du modèle et du séquençage, on peut estimer que pas plus de 1% de la population d’Israël n’a été infectée par le virus, ce qui signifie qu’Israël est très loin de l’immunité collective ».

« Nous avons réalisé pour la première fois un séquençage génomique massif du coronavirus en Israël », conclut le Dr. Stern. « Les informations fournies par cette technologie sont d’une grande importance pour comprendre la manière dont le virus se propage dans la population, et pourront servir de base scientifique et objective pour les processus décisionnels locaux et nationaux, notamment des questions telles que l’imposition de quarantaine, la fermeture des frontières, la détection et l’isolement des super-propagateurs, etc. Elle apporte donc une contribution significative à la lutte contre l’épidémie de corona en Israël, et plus encore, fournit des outils qui nous permettront de mieux faire face, en temps réel, à la prochaine épidémie éventuelle de corona et / ou à toute autre épidémie qui pourrait survenir.

 

Photos: 

Le Dr. Adi Stern (Crédit: Université de Tel-Aviv)

 

FONDS DE SOUTIEN D’URGENCE


Créé par l'Université de Tel-Aviv pour ses étudiants

Touchés de plein fouet par la crise économique due au Covid19, des milliers d’étudiants ont perdu leur emploi et ne peuvent plus subvenir à leurs besoins.

Pour les aider, contactez-nous : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. Tél. : 01 40 18 07 ou en Israël : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. 

Des chercheurs de l’université de Tel-Aviv ont réussi à isoler des anticorps neutralisant le covid19

Le Dr. Natalia Freund, directrice du laboratoire d’immunologie humaine de l’Université de Tel-Aviv, a réussi à isoler deux anticorps présents dans le sang de patients ayant guéris du covid19, qui neutralisent la protéine utilisée par le virus pour se fixer sur les cellules humaines. Selon les chercheurs, ces anticorps présentent un potentiel important à court terme comme thérapie pour les populations à risque, y compris les équipes médicales, et à long terme pour accélérer le développement d’un vaccin efficace contre le virus.

natalia freund video« Le coronavirus utilise les ‘pics’ (Spike en anglais) à sa surface pour se lier aux récepteurs des cellules humaines afin de les pénétrer et de s’y développer », explique le Dr. Freund. « Ces pics lui servent de clé pour déverrouiller la cellule et l’infecter. Les anticorps que nous avons isolés dans le sang des patients guéris du covid19 se fixent sur cette ‘clé’ et l’empêche de pénétrer dans la cellule ».

Les chercheurs collaborent à présent avec un laboratoire à San Diego pour tester l'efficacité de ces anticorps contre le virus en activité, sur des modèles murins. Les tests devraient avoir lieu ce mois-ci. S’ils réussissent ils passeront alors aux essais cliniques sur des humains. L’étape suivante sera la production de ces anticorps de manière industrielle, afin de les transformer en traitements disponibles commercialement.

Des anticorps 100% humains

« Si les essais sont concluants ce traitement par anticorps pourrait être utilisé pour aider à traiter les patients à risque, tels que les personnes âgées ou souffrant d’une maladie préexistante, à surmonter le virus », explique le Dr. Freund. « De plus, des études récentes montrent que certaines personnes atteintes du covid19 ne développent pas de réaction immunitaire suffisamment rapide, et donc leur fournir ces anticorps pourra hâter leur guérison. Les anticorps peuvent rester actifs dans le sang, et leur injection pourra donc offrir une protection temporaire contre le virus aux équipes médicales et aux autres groupes qui y sont exposés ».

L’utilisation des anticorps, protéine utilisée par le système immunitaire pour neutraliser des agents pathogènes spécifiques, est courante pour le traitement de diverses maladies. Mais dans la plupart des études, les chercheurs les repèrent dans le système immunitaire de souris génétiquement modifiées dont l’ADN a été rendu similaire à celui des humains. « L’utilisation des souris a ses limites », explique le Dr. Freund. « Même si elles sont génétiquement modifiées pour que leurs anticorps ressemblent à ceux de l’homme, un anticorps provenant d’une souris peut provoquer un rejet de la part du système immunitaire humain. C’est pourquoi nous avons cherché à isoler des anticorps directement dans le sang de patients humains atteints du virus et en ayant guéri. Nous séquençons les gènes de l’anticorps, et les incorporons dans des cellules humaines cultivées en laboratoire, qui produisent le nouvel anticorps. Le résultat de cette méthode sont des anticorps efficaces contre le virus, qui sont complètement humains et ne provoquent donc pas de réaction négative du système immunitaire de l’homme ».

Le talon d'Achillle du coronavirus

Une autre méthode récemment proposée liée à l’utilisation des anticorps est la transfusion de plasma de patients guéris à des patients atteints. Cette méthode présente deux inconvénients majeurs. Le premier est que le plasma (composant liquide du sang dans lequel les cellules sanguines sont en suspension, et qui contient des anticorps), ne peut être produit industriellement, mais uniquement au moyen de don de sang de patients guéris. Les anticorps, au contraire, peuvent être produits en quantité illimitée par les compagnies pharmaceutiques existantes. Le second inconvénient du plasma est qu’il contient de nombreux anticorps qui ne sont pas tous actifs contre le virus, ce qui rend le traitement moins efficace, voire même peut produire des effets secondaires négatifs.

Enfin, le dernier avantage de la méthode proposée par le Dr. Freund est lié à son application à plus long terme : la possibilité de développer un vaccin. « Isoler les anticorps provenant de cellules humaines est essentiel pour mieux comprendre la manière dont ils se fixent, permettant ainsi une meilleure neutralisation du virus », explique-t-elle. « Notre méthode permet de révéler le talon d'Achille du coronavirus, un endroit spécifique le long de son ‘pic’, la structure qui lui permet de pénétrer la cellule, et de le cibler afin d’empêcher l’infection. Cette découverte permettra le développement d’un vaccin efficace, qui exposera le système immunitaire au segment spécifique de la protéine afin qu’il ‘apprenne’ à l’organisme comment produire une réaction immunitaire efficace contre lui ».

 

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Un chercheur de l’université de Tel-Aviv fait breveter une technologie qui ménera au développement d’un vaccin contre le Covid19 dans quelques mois

Le Prof. Jonathan Gershoni de l'École de biologie cellulaire moléculaire et de biotechnologie de la Faculté des sciences de la vie de l'Université de Tel-Aviv a reçu l'approbation du Bureau américain des brevets pour la conception d’un vaccin innovant contre les virus de la famille du corona. Ciblant le « talon d'Achille du virus », la zone de liaison de son enveloppe avec la cellule humaine qu’il cherche à pénétrer, la plate-forme immunitaire développée servira de base à un nouveau vaccin qui pourrait être prêt à l’emploi d’ici un an à un an et demi.

Jonathan Gershoni« J’étudie les interactions entre les virus et leurs récepteurs dans les cellules humaines depuis plus de 35 ans », explique le Prof. Gershoni. « En 2004, à la fin de l'épidémie du SRAS, nous avons commencé à explorer le virus qui le causait, et par la suite nous en avons fait de même avec le virus MERS, tous deux de la famille des coronavirus. Sur la base de ces recherches, nous avons développé une méthode immunitaire extrêmement efficace, et avons même déposé un brevet. Le nouveau coronavirus, SARS CoV2, qui provoque le COVID-19 nous a trouvé prêts, et nous pourrons rapidement adapter notre approche pour le développement d'un vaccin innovant et efficace ».

Cibler la zone la plus vulnérable du virus

La nouveauté de la méthode développée par le Prof. Gershoni réside dans sa capacité à cibler la réponse immunitaire sur la zone la plus sensible et la plus vulnérable du virus. « Le principe d'action des vaccins est, en règle générale, de faire en sorte que le système immunitaire développe des anticorps qui détectent le virus ou une partie de celui-ci et se lient à lui. De cette manière, l'anticorps bloque le virus et l'empêche de se fixer aux cellules et de les infecter », explique-t-il, « Aujourd'hui, les chercheurs du monde entier cherchent à développer un vaccin contre le corona, en se concentrant sur la protéine de l’enveloppe du virus, dont le rôle est de préparer la voie à son infiltration dans les cellules humaines. L'hypothèse est que les anticorps produits par l’organisme en réponse au vaccin se lieront à la protéine de l’enveloppe du virus et le neutraliseront. Le vaccin que nous développons procure au système immunitaire une cible plus précise ce qui augmente son efficacité ».

Jonathan Gershoni IDComme il l’explique, l’enveloppe du virus est constituée entre autres par une grosse protéine, contenant environ 1 200 acides aminés, qui sert de cible dans la plupart des études. Certains chercheurs ont réduit leur cible à une zone plus petite de la protéine, contenant environ 650 acides aminés, appelée S1, et d'autres encore sont parvenus à restreindre la cible à une zone d'environ 200 acides aminés appelée RBD (domaine de liaison du récepteur - Receptor Binding Domain). Le problème est que ces zones relativement larges comprennent elles-mêmes une variété de cibles, et le système immunitaire produit des anticorps pour toutes sans distinction, ce qui réduit l'efficacité du vaccin. De plus, lors des essais menés avec les virus du SRAS et du MERS, on a constaté que lorsque la zone cible par les anticorps est trop grande, le virus développe des stratégies intelligentes qui lui permettent de leur échapper et même d’aggraver la maladie ».

« Par conséquent, plus nous réduirons l’objectif et ciblerons l'attaque, plus l'efficacité du vaccin sera grande », explique le Prof. Gershoni. « Or le RBD, ‘porte d’entrée’ du virus dans la membrane cellulaire, contient une zone encore plus petite d'environ 50 acides aminés, appelée ‘motif de liaison du récepteur’ (RBM - Receptor Binding Motif), qui est l’endroit exact de la membrane du virus qui identifie le récepteur sur la cellule humaine et se lie à lui pour la pénétrer et l’infecter. Le RBM est donc le point faible du virus, sans lequel la contamination ne se produit pas, et donc le virus fait tous les efforts possibles pour le dissimuler au système immunitaire humain. La meilleure façon de ‘gagner’ cette guerre contre le virus est donc de développer un vaccin qui cible spécifiquement le RBM ».

Eliminer la menace du corona dans le monde entier

Dans des études antérieures sur les virus du SRAS et du MERS, le Prof. Gershoni et son équipe ont réussi à surmonter des défis techniques complexes pour isoler et reconstituer la zone RBM du virus, étape essentielle dans le développement du vaccin. A présent, ils sont en train d’adapter cette technologie au nouveau coronavirus SARS CoV2, qui cause la maladie du covid19, c’est-à-dire de reconstituer le RBM du covid19 pour l’utiliser dans le nouveau vaccin. La société de transfert de technologie de l'université, Ramot, a déjà déposé une demande de brevet supplémentaire aux États-Unis pour ce nouveau développement, qui est actuellement en cours d'examen.

« En 15 ans de recherche, nous avons construit une base solide pour développer un vaccin pour le coronavirus actuel, reposant sur sur notre expérience du développement d’un RBM reconstitué pour les virus du SRAS et du MERS », conclut le Prof. Gershoni. « Par la suite, nous avons l'intention de transférer la technologie à l'industrie, par l'intermédiaire de Ramot, pour permettre le développement et la production de masse d'un vaccin qui éliminera la menace du corona dans le monde entier. Le développement d'un tel vaccin devrait se faire en quelque mois, mais il devra ensuite faire l’objet de différents essais cliniques qui prendront environ une période supplémentaire, ce qui nous amène à un nouveau vaccin qui pourrait être prêt à l'emploi d'ici un an à un an et demi».

 

Photo: Le Prof. Jonathan Gershoni (Crédit: Université de Tel-Aviv).

Important : Les articles publiés par l’Association française de l’Université de Tel-Aviv portent sur des recherches en cours. Sauf indication contraire, le chemin est encore long jusqu’au passage à l’industrie qui permettra de mettre les traitements à la portée du grand public.

Vous pouvez soutenir la recherche à l’Université de Tel-Aviv en vous adressant à nos bureaux à Paris : afauta@wanadoo.fr  ou à Tel-Aviv : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Des chercheurs de l'Université de Tel-Aviv développent un prototype de médicament pour le traitement de l’éczema

Le Prof. Ariel Munitz de l'École de médecine de l’Université de Tel-Aviv et le Prof. Itai Benhar de la Faculté des sciences de la vie, ont découvert un mécanisme essentiel dans le développement de la dermatite atopique, également connu sous le nom d’éczéma constitutionnel, et ont développé un médicament potentiel bloquant ce mécanisme, qui pourrait prévenir ou même guérir la maladie à l'avenir. Selon les chercheurs, le traitement, qui a déjà été testé avec succès sur des modèles murins et des cultures de cellules humaines, pourra servir de base au développement de futurs médicaments pour d'autres types de maladies allergiques chroniques comme l'asthme et l’œsophagite à éosinophiles, maladie allergique grave de l'œsophage.

Itay benhar almog bittonariel munitzL'étude a été récemment publiée dans la revue Science Immunology

"La dermatite atopique, également appelée éczéma constitutionnel par opposition à l’éczéma de contact ou encore ‘asthme cutané’, est une maladie allergique chronique qui cause des souffrances considérables à 7 à 11% de la population", explique le Prof. Munitz, du Département de microbiologie et d'immunologie clinique de l’Ecole de médecine de l’UTA. "Selon diverses estimations, elle touche environ 18 à 30 millions de personnes rien qu'aux États-Unis. De plus, de nombreux chercheurs pensent que cette maladie est une ouverture pour le développement d'autres maladies allergiques, comme l'asthme des voies respiratoires. Dans cette étude, nous avons cherché à explorer et à comprendre en profondeur le mécanisme sous-jacent à la dermatite atopique, et essayé de développer un médicament potentiel pour la soigner".

Le Prof. Ben Benhar, de l'École de biologie moléculaire et de biotechnologie cellulaire, ajoute : "On sait depuis longtemps que le processus inflammatoire qui provoque la dermatite atopique (ainsi que d'autres maladies allergiques) est causé principalement par deux protéines: l'interleukine 13 (IL-13) et l'interleukine 4 (IL-4). Les sociétés pharmaceutiques du monde entier tentent de développer un médicament qui bloque l’expression de ces deux protéines. Un tel médicament a même déjà été approuvé par l’Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux (FDA) et est récemment entré en service. Cependant, le mode d'action exact de ces deux protéines à l'origine de la maladie et le rôle de chacune d’entre elles ne sont pas encore connus, et la plupart des chercheurs dans le domaine les traitent généralement comme un seul bloc. Nous avons donc d'abord cherché à distinguer les deux protéines et à comprendre laquelle des deux constitue la cause principale de la maladie".

Testé avec succès en laboratoire

Pour ce faire, les chercheurs ont utilisé des souris génétiquement modifiées dont les gènes n'exprimaient pas un récepteur important (du nom de IL-13Rα1) qui se lie aux protéines IL-13 et IL-4. Ils ont constaté que ces souris étaient résistantes à la maladie, c’est-à-dire que lorsqu'elles sont en contact avec l'allergène qui la provoque, elles restent en bonne santé. Ils en ont donc conclu que ce récepteur est essentiel au développement de la maladie. Puis ils ont neutralisé alternativement les deux protéines IL-13 et IL-4 chez ces souris, et ont pu montrer que la voie principale du développement de la maladie passe par un lien entre ce récepteur spécifique et la protéine IL-13 (et non IL -4).

Les chercheurs se sont ensuite appuyés sur leurs résultats pour développer un traitement potentiel pour la dermatite atopique: ils ont développé un anticorps spécifique - une protéine qui se lie au récepteur en question chez la souris, le bloquant et empêchant sa fixation à toute autre protéine, y compris l'IL-13. Testé sur le modèle murin, le remède s'est avéré être remède efficace: c’est-à-dire que les souris se sont guéries.

À la lumière des résultats prometteurs chez la souris, les chercheurs sont passés à l'étape critique de leur étude: ils ont développé un anticorps qui se lie au même récepteur chez l'homme, conçu pour bloquer la voie de développement de la maladie et lui servir de remède potentiel. Le traitement révolutionnaire a été testé avec succès sur des cultures de cellules humaines.

"Notre étude offre une nouvelle approche pour le traitement de la dermatite atopique et éventuellement d'autres maladies allergiques chroniques telles que l'asthme respiratoire et l’œsophagite à éosinophiles, une maladie allergique chronique sévère de l'œsophage qui nécessite un régime alimentaire extreme", conclut le Prof. Munitz. "Nous avons développé un anticorps qui neutralise la voie de la maladie chez l'homme et pourra lui servir de remède futur. Notre objectif est maintenant de faire avancer le processus de développement afin d'arriver à des essais cliniques chez les humains".

 

Sur la photo (de droite à gauche): le Prof. Itai Benhar, le doctorant Almog Bitton et le Prof. Ariel Munitz. (Crédit: Université de Tel Aviv)

Des chercheurs de l'Université de Tel Aviv ont découvert dans un fossile de dinosaure, une maladie rare qui existe jusqu'à ce jour chez l'homme

Des chercheurs de l'Université de Tel-Aviv, sous la direction du Dr. Hila May, du Département d'anatomie et d'anthropologie de la Faculté de médecine et du Centre Dan David d’histoire de l’homme de l’Université de Tel-Aviv, ont identifié une tumeur bénigne du nom de LCH (histiocytose à cellules de Langerhans) dans les vertèbres fossilisées de la queue d'un jeune dinosaure qui vivait dans les prairies du Canada il y a plus de 60 millions d'années. Il s’agit d’une maladie rare qui survient encore aujourd'hui chez l'homme, en particulier chez les enfants de moins de 10 ans, et peut causer des douleurs considérables et de longue durée. Selon les chercheurs, ce type d’étude peut apporter une contribution importante à la médecine évolutive, qui étudie le développement des maladies au long de l’histoire humaine pour mieux les traiter aujourd'hui.

hila mayL’étude, à laquelle ont également participé le Prof. Bruce Rothschild de l'Université de l'Indiana aux Etats-Unis, le Prof. Frank Rühli de l'Université de Zurich en Suisse et Darren Tanke du Musée royal de paléontologie du Canada, a été publiée aujourd’hui 10 février dans la revue Scientific Reports.

"Des chercheurs américains spécialisés dans la recherche sur les restes de dinosaures, ont détecté un phénomène inhabituel dans les vertèbres de la queue d'un jeune dinosaure trouvé dans le sud de la province de l'Alberta au Canada, appartenant à un groupe connu sous le nom de ‘dinosaures au bec de canard’ (hadrosauridae), herbivores qui étaient communs dans le monde il y a 66 à 80 millions d'années", explique le Dr. May. "Dans deux des vertèbres, ils ont remarqué de grandes cavités, qui d’après leur forme, ont été créées par une tumeur". La forme spécifique de ces cavités a attiré l'attention des chercheurs, car elle était très similaire à celle produite par une tumeur rare du nom de LCH qui existe jusqu'à ce jour chez l'homme. Il s'agit d'une tumeur bénigne qui apparait généralement dans les os des enfants de 2 à 10 ans, et peut causer des douleurs intenses, mais dans de nombreux cas, disparaît d'elle-même.

Des dinosaures jusqu'à nous

Les chercheurs américains ont envoyé ces vertèbres caudales (de la queue) de dinosaures à l'Institut d’Anthropologie Shmunis du Centre Dan David pour l’étude de l’évolution humaine et la recherche bio-historique de la Faculté de médecine de l’Université de Tel-Aviv, situé au Musée Steinhardt d’Histoire Naturelle de l’université, pour être numérisées sur un appareil de micro-tomographie (micro-CT) avancé qui s'y trouve. "La micro-tomographie produit une imagerie à très haute résolution, de l’ordre de quelques microns", explique le Dr. May. "Dans la présente étude, nous avons scanné les vertèbres des dinosaures et produit une reconstruction en 3D informatisée de la tumeur et des vaisseaux sanguins qui l'alimentaient".

dino4L'imagerie a confirmé qu'il s'agissait bien de la maladie LCH, détectée pour la première fois chez un dinosaure. Ces résultats surprenants indiquent donc que cette maladie n'est pas spécifique aux humains et qu'elle a survécu tout au long de l'évolution, des dinosaures jusqu’à nous, pendant plus de 60 millions d'années".

Le Prof. Israel Hershkowitz, de l'École de médecine et du Centre Dan David, qui a précédemment étudié les tumeurs malignes chez des dinosaures de l'ère jurassique, et a aidé les chercheurs à identifier la maladie, conclut : "Ce type d'études, qui sont désormais possibles grâce à des technologies de pointe, apportent une contribution importante à la médecine évolutive, domaine de recherche relativement récent qui étudie le développement et le comportement des maladies à travers le temps. Les spécialistes de ce domaine tentent de comprendre pourquoi certaines maladies survivent tout au long de l'évolution, pour déchiffrer leurs causes et développer de nouvelles manières efficaces de les traiter aujourd'hui".

 

Photos :

1. Dr. Hila May (Crédit : Université de Tel-Aviv)

2. Emplacement des vertèbres caudales pathologiques sur le squelette du dinosaure (Crédit : Ariel Pokhojaev, Département d’Anatomie et d’Anthropologie, et Centre Dan David pour l’étude de l’Evolution humaine la bio-histoire, Université de Tel-Aviv)