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Un Professeur de l’Université de Tel-Aviv propose de transformer la crise climatique imminente au Moyen-Orient en opportunité

Selon une étude du Prof. Dan Rabinowitz, du Département de sociologie et d'anthropologie de l'Université de Tel-Aviv, la région du Moyen-Orient est susceptible de subir des changements climatiques extrêmes, attisant de nouvelles frictions entre les groupes ethniques, et qui pourraient conduire à des conflits menaçant la stabilité de la toute la région. Cependant, si les États du Golfe parvenaient à transformer leur empire pétrolier mourant en une puissance similaire sur le marché des énergies alternatives, le Moyen-Orient pourrait bien, au contraire, constituer une partie vitale de la solution de la crise climatique mondiale. La thèse a été publiée dans un nouvel ouvrage intitulé « Le pouvoir des déserts », aux presses de l’Université Stanford.

Dan rabinowitz coverDans un nouveau livre publié par la prestigieuse Stanford University Press sous le titre « The Power of Deserts: Climate Change, the Middle East and the Promise of a Post-Oil Era » (« Le Pouvoir des déserts : changement climatique, le Moyen-Orient et la promesse d’une ère-post-pétrole »), le Prof. Rabinowitz examine les modèles climatiques régionaux au Moyen-Orient, et analyse les inégalités climatiques et l’impact du réchauffement global sur la sécurité et la stabilité politique de la région.

L'étude traite du Moyen-Orient dans sa définition la plus large: 24 pays situés entre l'Iran à l'est, le Maroc à l'ouest, la Turquie au nord et le Yémen au sud. Selon le Prof. Rabinowitz, ces pays, localisés dans l’un des endroits les plus chauds et les plus secs de la planète, pourraient bientôt connaitre une pénurie d'eau aigue en raison de l’augmentation des températures, entrainant une baisse de la production agricole, et provoquant des déplacements de population à grande échelle et des conflits en résultant.

Inégalités climatiques et conflits armés

«Les cas tragiques du Soudan de la Syrie et du Darfour ont montré ce qui peut arriver lorsque la diminution de la productions agricole oblige des millions de personnes à migrer vers des villes mal équipées et souvent peu disposées à les absorber », rappelle-t-il. Selon lui, le réchauffement climatique pourrait entraîner des événements similaires à une échelle beaucoup plus grande. « Il existe au Moyen-Orient de nombreux pays pauvres avec des divisions ethniques importantes, dont les économies dépendent de l'agriculture, et qui pourraient être sujets à de tels processus destructeurs », prévient-il.

Dans un chapitre consacré aux inégalités climatiques, il démontre que les pays les plus riches et les plus avancés de la région sur le plan technologique, qui sont responsables de la plus grande partie de l'émission des gaz à effet de serre, ont les moyens de s'adapter aux conditions climatiques post-normales et de s’en protéger ; alors que leurs voisins plus pauvres, qui contribuent le moins à la crise climatique, risquent d’en souffrir le plus. « Le fait est que les pays avancés et de haute technologie (comme Israël et l'Arabie saoudite) produisent la plupart des gaz à effet de serre qui causent le changement climatique, mais auront à terme les moyens de réagir et de protéger leurs résidents contre leurs conséquences; tandis que justement leurs voisins pauvres et plus faibles économiquement (comme la Jordanie et le Yémen) qui contribuent très peu à la crise, en seront les principales victimes. Ces écarts peuvent créer d'intenses tensions entre les différents pays, pouvant même conduire à des guerres sanglantes ».

Dan Rabinowitz PortraitLa dernière partie de l’ouvrage offre cependant une vue plus optimiste et développe même l'idée surprenante et contre-intuitive que le Moyen-Orient pourrait bien contribuer à la solution de la crise climatique mondiale. Utilisant ses connaissances approfondies de la région et sa capacité à présenter clairement des données scientifiques, qui ont fait de lui un expert mondial du changement climatique, le Prof. Rabinowitz explore l’opportunité qui pourrait découler de cette crise imminente.

Ces 70 dernières années, explique-t-il, au cours desquelles le pétrole a régné en maître, ont aidé six pays riches en pétrole du golfe Persique: l'Arabie saoudite, le Koweït, Bahreïn, les Émirats arabes unis, Oman et le Qatar, à accumuler des richesses légendaires. Mais la fin de cet « âge d'or de l’or noir » est en vue. Les prix du pétrole sont en baisse constante, en partie parce que le coût de production de l'électricité à partir d'énergies alternatives, en particulier l'énergie solaire, a chuté de 90% au cours de la dernière décennie, et son utilisation est devenue économiquement compétitive. A ceci s'adjoindront bientôt les voitures électriques qui n'ont pas besoin de combustibles fossiles. De plus, ces pays sont situés dans l'un des endroits les plus chauds du monde, avec un taux de réchauffement particulièrement élevé en raison du changement climatique. « Au 21e siècle, il sera très difficile de continuer à vivre normalement à Dubaï, Abu Dhabi et dans les régions voisines, et cela pourrait déstabiliser toute la région. Les études montrent que face à tous ces défis, les pays pétroliers du Golfe Persique ne disposent actuellement pas de solution efficace. Aussi la nécessité d’envisager une voie différente pour l'avenir est devenue imperative ».

De l'or noir à l'énergie solaire

Selon le Prof. Rabinowitz, les pays pétroliers doivent opérer un profond changement de conception, et utiliser les vastes richesses qu'ils ont accumulée pour investir dans l’exploitation de l'énergie solaire. Avec plus de 300 jours ensoleillés par an, des terres improductives abondantes, et de grosses réserves de capital disponibles pour l'investissement, les États du Golfe pourraient considérablement étendre leur utilisation de l'énergie solaire pour leur production nationale d'électricité, et de plus investir massivement dans les technologies d’énergies renouvelables à travers le monde; puis, le moment venu, tourner complètement le dos au pétrole et au gaz naturel et, en utilisant leur pouvoir de marché dans le domaine des énergies existantes, se tailler la part du lion dans l'univers énergétique du futur. « Comme il n'existe toujours pas de technologie efficace pour accumuler l'énergie solaire et la transporter loin de son site de production », souligne le Prof. Rabinowitz, « il serait recommandable pour ces pays d'investir principalement dans des projets solaires en Afrique du Nord et en Amérique du Sud, régions ensoleillées relativement proches des continents riches à grande demande en électricité (Europe et Amérique du Nord respectivement) ».

«Plutôt que de résister à la transition énergétique, qui s’est encore accélérée avec le Covid-19, les États du Golfe doivent se lancer dans l'inévitable révolution, et transformer leur marché pétrolier mourant en une puissance similaire sur le marché des énergies alternatives », conclut le Prof Rabinowitz. « Outre le gain économique, une telle démarche feraient basculer les pays pétroliers du « bon côté» de l'histoire, celui de la lutte contre le changement climatique, rehausserait leur profil aux yeux des peuples du monde et préviendrait des guerres inutiles et sanglantes. Etonnamment, cette transformation ne demanderait pas de leur part une renaissance idéologique et l'adoption d'une perspective ‘verte’, mais pourrait se manifester comme un des rares carrefours de l’histoire où l'auto-préservation de certains œuvre au profit de beaucoup d’autres ».

Professeur de sociologie et d'anthropologie à l'Université de Tel-Aviv, Dan Rabinowitz est Président de l'Association pour la justice environnementale en Israël. Il a été directeur de l’Ecole Porter des Etudes de l’environnement de l’UTA et Président de Greenpeace Mediterranean. Il a reçu le prix Pratt du journalisme environnemental (2012) et le prix Green Globe pour le leadership environnemental (2016).

 

Photos:

1. Détail de la couverture du livre

2. Le Prof. Dan Rabinowitz

(Crédit: Université de Tel-Aviv)

 

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