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Professeur Carlo Strenger de l'Université de Tel-Aviv: se libérer du politiquement correct

Carlo Strenger, philosophe et psychanalyste de renommée internationale, professeur au Département de psychologie de l'Université de Tel-Aviv, a été interviewé le 6 janvier dans l'émission 28 minutes d'Arte à l'occasion de la sortie de son nouveau livre, Le mépris civilisé, "un manuel de résistance contre le prêt-à-penser", qu'il a dédié à la mémoire des victimes de Charlie Hebdo. Empreint de l'esprit de tolérance des Lumières, l'ouvrage est un manifeste pour la lutte contre les attaques des libertés au cœur de nos démocraties.

Carlostrenger2Né à Bâle dans une famille juive orthodoxe, psychanalyste de formation, le Prof. Strenger est l'auteur de nombreux essais traduits en plusieurs langues, dont La peur de l'insignifiance nous rend fou, qui explore l'influence de la mondialisation sur le psychisme individuel, la culture et le politique. Dans Le mépris civilisé, son deuxième ouvrage à paraître en France, il s'en prend au "politiquement correct", qu'il propose de remplacer par un "mépris civilisé", remettant au goût du jour le principe de tolérance hérité des Lumières: au lieu de respecter aveuglément toutes les formes de croyance et tous les modes de vie, il faut garder à l’esprit que rien ni personne ne doit être à l’abri de la critique rationnellement fondée.

Le "devoir du mépris"

Pour lui, il est "psychologiquement impossible d'avoir du respect pour une position, une croyance, une idée dont nous pensons qu'elle est immorale, inhumaine ou irrationnelle. Non seulement nous avons le droit du mépris, mais nous en avons le devoir dans certains moments".

CarlostrengerlivreLe politiquement correct, explique-t-il, est né après la deuxième guerre mondiale, alors que l'Europe faisait son mea culpa et que la société américaine multiculturelle et multiethnique cherchait un moyen de faire vivre ensemble ses citoyens. Positif à la base, le principe a créé une grande confusion. "Après 50 ans de "politiquement correct", nous sommes arrivés au point où nous sommes censés respecter toutes les idées d'autrui". Si la politique des Lumières signifiait que l'on ne peut forcer quelqu'un à croire quelque chose et que tout peut être exposé à la libre critique, le "politiquement correct" a transformé cette liberté en interdiction de critiquer quoi que ce soit, et en obligation de tout respecter. "Tout homme ou femme a droit au respect comme être humain, mais cela ne veut pas dire que nous avons le droit au respect de nos idées et de nos croyances".

Le danger du retour de l'extrême-droite

Clinicien, il remarque que cette "déprime" des valeurs occidentales se retrouve sur le divan du psychanalyste : "En tant que psychanalyste, je pense que du moment qu'une culture n'a le droit de se dire sur elle-même que des choses négatives, les personnes qui en font partie n'ont plus l'impression qu'elles peuvent être fières de leur propre mode de vie, de leurs valeurs de fond, de leur liberté de penser et d'expression".

Homme de gauche – il écrit depuis 2007 pour le quotidien Haaretz en Israël – c'est pourtant à ce courant qu'il s'en prend le plus: "L'histoire du 20e siècle nous a appris qu'une gauche faible et incapable de se défendre et d'être clairvoyante ouvre à la voie à l'extrême-droite. Je pense personnellement que le danger de l'islamisation de l'Europe est une chimère; par contre celui du retour à l'extrême-droite est énorme, et c'est pour cela que j'ai écrit ce livre".

Provocateur dans ses opinions, le Prof. Strenger ne craint pas la critique: "Nous avons le droit d'être offensif, et il nous faut avoir la force d'être offensé" dit-il. "Cela fait partie du jeu".

Le Prof. Carlo Strenger est également chercheur au Centre d'études sur le terrorisme de New-York et au Séminaire de psychanalyse existentielle de Zurich Il est membre du comité scientifique de la Fondation Sigmud Freud à Vienne et journaliste à Haaretz et au Newe Zürcher Zeitung à Zurich.

 

Carlo Strenger, Le mépris civilisé, Belfond, 2016.

Visionner l'émission sur Arte: 

http://www.arte.tv/magazine/28minutes/fr/carlo-strenger-mitterrand-20-ans-apres-28minutes

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