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Le récit biblique peu à peu confirmé par la haute technologie.

Des mathématiciens et des archéologues de l’Université de Tel-Aviv révèlent les secrets de lettres écrites il y a plus de 2500 ans en caractères paléo-hébraiques, ancêtres de l’hébreu et même de l’araméen, attestant de la sophistication et de l’alphabétisation du royaume de Judée à la fin du 7ème siècle avant J.C., et fournissant des indices sur l’époque de la rédaction du texte biblique.

arad-ostraconFinkelsteinLancé il y a 6 ans par l’archéologue Israël Finkelstein et le physicien Eli Piasetsky, le projet a pour but d’appliquer des méthodes scientifiques aux textes écrits avant la destruction du Premier Temple en 586 avant JC, des centaines d'années avant les fameux rouleaux de la Mer Morte. La réalisation en a été confiée à trois doctorants en mathématiques : Arie Shaus, Shira Faigenbaum-Golovin et Barak Sober.

eli piasetskyLa plupart des documents de la période du Premier Temple, probablement écrits sur des papyrus fragiles, ne sont pas parvenus jusqu’à nous. Mais tout au long du 20e siècle, les archéologues israéliens ont déterré au moins quatre grands trésors de tessons portant des inscriptions en caractères paléo-hébraïque, ancien alphabet utilisé à partir du 10e siècle av. JC jusqu’à son remplacement au 5e siècle av. JC. siècle par l’araméen, qui donnera lui-même naissance à l’alphabet hébreu moderne.

Ces morceaux de poterie brisées, connues sous le nom d’ostraca (singulier: ostracon, du nom des tessons de poterie sur lesquels les anciens Athéniens inscrivaient le nom de ceux qu'ils désignaient pour être exclus de la ville - d’où le terme ‘ostracisme’) étaient couramment utilisés par la bureaucratie militaire ou civile pour transmettre des messages écrits à l’encre.

Imagerie multispectrale

La plus grande collection d’ostraca de la période du Premier Temple a été retrouvée dans la ville de Samarie, capitale de l'ancien royaume d'Israël, et remonte à la première moitié du 8ème siècle av. JC, quelques décennies avant la conquête du royaume par les Assyriens. Trois autres groupes de tessons datant de la fin du 7ème siècle et du début du 6e siècle avant notre ère, au moment où les Babyloniens et leurs alliés commencèrent à empiéter sur les frontières du royaume de Judée, ont été retrouvés dans d’autres place-fortes de Judée.

multispectralimagingPour les besoins de l’étude, les chercheurs ont commencés par prendre des clichés numériques des collections pour préserver le texte, car, expliquent-ils une fois les éclats excavés et exposés à la lumière, l'encre se détériore et s'estompe. Ils ont donc construit une caméra qui prenne des images multi-spectrales de haute qualité de l'ostraca, capturant des fréquences de la lumière  invisibles à l'œil humain, notamment dans la gamme des infrarouges. Pour cela, ils ont réussi à « cannibaliser » le système d’un appareil photo Canon hyper-sophistiqué, reproduisant à moindre frais un mécanisme produisant les mêmes excellents résultats. Non seulement l’encre sombre des tessons apparaissait plus clairement et plus lisiblement, mais dans certains cas, les images ont révélé des textes passés inaperçus.

A partir des images obtenues, l'équipe a développé des algorithmes qui permettent au logiciel de reconnaître les caractères de l’alphabet paléo-hébreu écrits à la main et de produire un fac-similé automatique du texte, réduisant le risque que les chercheurs prennent une lettre pour une autre. «Auparavant, les épigraphistes transcrivaient manuellement les inscriptions, ce qui est un processus subjectif et interprétatif » explique l’un des membres de l’équipe.

Un royaume sophistiqué au niveau d'alphabétisation élevé

Au-delà du contenu des ostraca dont certains (‘les lettres de Lakish’), faisant écho au Livre de Jérémie, témoignent des derniers jours du royaume de Judée, notamment de la chute de Lakich et d’Azéqa, les deux dernières forteresses de Judée tombées avant le siège et la destruction de Jérusalem par les Babyloniens du roi Nabuchodonosor II, la partie la plus importante du projet concerne les personnes qui les ont écrit.

AradOstracon-MFA 1Les chercheurs se sont pour le moment concentrés sur les tessons retrouvés dans la lointaine forteresse d'Arad, dans le désert du Néguev, adressées au commandant de l'avant-poste, Eliashiv, cherchant à déterminer combien de mains différentes étaient derrière les lettres qui atteignirent le petit avant-poste, qui abritait peut-être 50 soldats. Sélectionnant 17 des quelque 100 ostraca trouvés à Arad, ils ont écrit un logiciel qui compare l'écriture à la main des lettres les plus utilisées de l'alphabet, pour répondre aux questions qu’ils se posent : «Y a-t-il eu un seul scribe qui a noté tous les ordres destinés à Eliashiv et les autres personnes de la forteresse, ou y avait-il beaucoup de gens qui savaient lire et  écrire? L’écriture était-elle généralisée ou était-ce juste un outil pour les élites? ». Les résultats de l'analyse seront bientôt officiellement publiés, mais le Prof. Finkelstein estime qu'il y a suffisamment de preuves pour montrer qu’à la fin du 7ème siècle avant JC. la Judée était un royaume sophistiqué possédant un niveau d'alphabétisation relativement élevé.

« Ce moyen de communication était si répandu que même le plus humble commandant d’un lointain petit poste dans le désert pouvait l’employer » dit Finkelstein. « Il devait donc exister un large système d’éducation pour permettre cela ». Cette analyse constitue un autre indice du fait que d’autres types d'écrits pourraient avoir existé à cette époque note Finkelstein.

Un premier noyau de textes probablement écrits avant l'exil de Babylone

Historiens et archéologues débattent de la question de savoir quand le récit biblique a été rédigé.  « Le problème est que de 586 jusqu'à la période des Asmonéens nous ne disposons que d’un montant très faible, presque inexistant d’inscriptions en hébreu en Judée » dit Finkelstein à Haaretz. « D'un autre côté, nous sommes témoin de cette forte activité alphabétisée avant l'exil, à la fin période monarchique ». Ce qui donne à penser qu'au moins certaines parties du texte sacré peuvent avoir été mis par écrit avant l'exil.

Arie ShausShira Faigenbaum-GolovinBarak SoberFinklestein a depuis longtemps soutenu la théorie selon laquelle un premier noyau du texte biblique aurait été écrit sous la période monarchique, après la conquête du royaume d'Israël par l'Assyrie, autour de 720 avant notre ère, alors que le petit royaume de Judée luttait pour absorber les réfugiés de son voisin autrefois prospère du nord. Dans ce contexte, une partie du narratif biblique aurait d’après lui servi à intégrer les différentes traditions des deux peuples pour créer un terrain d'entente : « L'objectif était de créer une seule entité, un seul peuple, un seul Israël ».

 

Source : Haaretz – 22.04.2015

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