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Les olives ont été domestiquées pour la première fois il y a 7 000 ans en Israël, d’après une étude de l’Université de Tel-Aviv

Selon une étude internationale réalisée sous la direction du Dr. Dafna Langgut, du laboratoire d’archéo-botanique de l’Université de Tel-Aviv, les hommes ont pour la première fois cultivé l’olivier il y a environ 6 500 à 7 000 ans sur les collines de Galilée dans le nord d’Israël. Selon les chercheurs, l’étude, menée à partir du pollen fossile retrouvé sur tout le pourtour de la Méditerranée, pourra également conduire à découvrir des variétés plus résistantes aux parasites, aux maladies et, éventuellement, au changement climatique.

dafna langgut oliviersElle a été publiée dans la revue Holocene

L’olive, et en particulier l'huile d'olive constituaient un élément de base des économies des anciennes cultures du bassin méditerranéen : l'huile était utilisée pour la cuisine, l'éclairage et à des fins médicinales et rituelles. Mais jusqu'à présent, il n’existait pas de consensus entre les chercheurs quant au lieu et la date où la plante a été domestiquée pour la première fois. On estimait globalement que le passage à la culture de l’olivier se situait il y a 4 000 à 6 000, dans une des régions de la Méditerranée orientale ou centrale.

Des sédiments au fond du Lac de Tibériade et de la Mer Morte

Pour tenter de résoudre cette énigme, le Dr. Dafna Langgut et ses collègues ont eu l'idée d'analyser des échantillons de pollen fossilisé sur tout le pourtour de la Méditerranée dans le but de repérer une augmentation significative du pollen de l'olivier dans la flore de chaque région. En particulier, les chercheurs ont recherché des pics dans la production du pollen d'olivier qui ne seraient pas liés à une présence accrue du pollen de plantes ayant des besoins similaires, comme le chêne et le pistachier, qui auraient pu également bénéficier d'une amélioration des conditions environnementales, ceci pour identifier une augmentation qui ne pourrait s'expliquer que par une intervention humaine dans la culture à long terme de l’arbre. Ils ont également corrélé ces données sur le pollen avec les découvertes archéologiques dans chaque région afin de cartographier la propagation de la culture de l'olivier à travers la Méditerranée.

Dafna Langgut1"La palynologie, ou étude des pollens antiques, a fait de grands progrès ces dernières années, fournissant une quantité d’informations aussi bien sur la production agricole des peuples anciens que sur les effets des catastrophes environnementales survenues il y a des millénaires”, explique le Dr. Langgut. Pour ce type d'études, les chercheurs analysent des sédiments extraits du fond des lacs, des marécages ou d'autres plans d'eau stagnante. En effet, le pollen végétal, transporté par les vents, parcourt parfois des dizaines de kilomètres avant de se déposer à la surface d'un lac et de couler au fond. Là, les graines microscopiques, rapidement recouvertes de limon, sont prises au piège dans un environnement anaérobie et peuvent se conserver pendant des milliers d'années, permettant aux spécialistes de reconstituer un tableau de la végétation existant à différentes périodes.

Des preuves archéologiques

Pour cette étude, les chercheurs ont étudié 23 relevés de pollen de toute la Méditerranée couvrant l'ensemble de l'Holocène, l'ère géologique actuelle, qui a commencé il y a plus de 11 000 ans. Ils ont constaté la présence stable d’un petit pourcentage de pollen d'olivier à travers la Méditerranée tout au long de la période, attribuable aux oliviers sauvages, originaires de la région. Cependant, les chercheurs ont identifié un pic massif de pollen d'olivier, non corrélé à la croissance de la végétation aux exigences similaires, il y a environ 7 000 ans dans la Mer de Galilée (le Lac de Tibériade), puis il y a environ 6 500 ans dans la Mer Morte.

Dafna langgut carte"Il y a 7 300 ans, seulement 3,5% du pollen tombé dans la mer de Galilée provenait d'oliviers”, commente le Dr. Langgut. "Il y a 6900 ans, il dépassait 17%. Cela signifie que la culture à grande échelle des oliviers a commencé à proximité du lac, dans un rayon maximum de 50 kilomètres, ce qui feraient des collines de Galilée, des hauteurs du Golan, ou des hauts plateaux de Judée et de Samarie les lieux possibles de l’apparition des premiers oliviers domestiques".

"En fait parmi ces régions, la Galilée est particulièrement riche en découvertes archéologiques qui la désignent comme une zone où la consommation d'olives et la production d'huile ont commencé très tôt. Il existe même des preuves d'une telle activité antérieures de quelques siècles à la datation donnée par l’analyse du pollen".

Les archéologues ont effectivement retrouvé des noyaux d'oliviers broyés vieux de 7 600 ans dans le village néolithique Hurvat Castra, à proximité de la ville de Haïfa. Par ailleurs, l'analyse de résidus de récipients en argile retrouvés à Ein Zippori, site des périodes néolithique et chalcolithique situé en Basse-Galilée, a révélé des traces d'huile d'olive, datées environ de 7 000 à 8 000 ans.

Le passage vers une société organisée

"Ces premiers échantillons d'huile d'olive ont probablement été produits à partir de fruits d'arbres sauvages", explique le Dr. Langgut. "A cette phase, les agriculteurs n'avaient pas encore maîtrisé la culture de l’olivier, mais ils ‘géraient’ probablement les arbres sauvages en élaguant leurs branches pour augmenter leur rendement. Bien que les olives sauvages soient petites et amères, on peut en produire de l'huile, et il est logique que les humains l'aient compris avant de domestiquer la plante, en raison de la complexité du processus".

"Domestiquer un arbre fruitier est un investissement énorme. Contrairement aux céréales, qui mûrissent en quelques mois, il faut environ quatre ou cinq ans à un olivier pour porter des fruits, et seulement alors il est possible de commencer à sélectionner et à croiser les plantes pour améliorer les rendements ou la qualité des fruits. Les hommes de cette époque devaient donc savoir avec certitude qu'il y avait quelque chose d'utile dans cette entreprise avant de se lancer dedans".

Dafna langgut polenSelon la chercheuse, le début de la culture de l'olivier dans le sud du Levant met en évidence la transition de la fin de la période du néolithique au début de celle du chalcolithique, ou âge du cuivre. Bien que l'urbanisation a encore été longue à venir, les agriculteurs avaient déjà créé des sociétés plus complexes, allant au-delà de la simple subsistance pour produire des denrées de base susceptibles de stimuler le commerce et générer la prospérité.

"Cela montre que ces sociétés disposaient du surplus agricole qui leur permettait d'investir dans la culture de l'olivier, ainsi qu’un système foncier suffisant pour que les gens puissent transmettre la propriété des vergers sur lesquels ils travaillaient pendant la majeure partie de leur vie à la prochaine génération", suppose la chercheuse.

La propagation à travers le Bassin méditerranéen

L’étude suit également la propagation de la culture de l'olivier en dehors de la région du sud du Levant, sur la base de données collectées par des scientifiques de huit pays.

La deuxième zone où l'arbre a été cultivé à grande échelle était en Crète et les îles de la mer Égée il y a entre 6 000 et 5 500 ans. La culture de l'olivier a atteint la Syrie il y a environ 4800 ans, puis la Turquie il y a 3200 ans. Elle s’est propagée en Italie il y a environ 3 400 ans, puis vers la péninsule ibérique il y a environ 2 500 ans, voyageant probablement avec les conquérants grecs et phéniciens. Depuis lors, l'huile d'olive a continué de jouer un rôle central dans les cultures méditerranéennes.

Selon les chercheurs, déterminer le lieu de la domestication d’une culture, non seulement apporte des informations sur l'histoire humaine et le développement des premières sociétés sédentaires, mais peut également avoir des implications pour l'agriculture moderne. En effet, la plupart des espèces, y compris les humains, font preuve d’une plus grande diversité génétique dans la zone où elles ont évolué pour la première fois. Ainsi, localiser l’endroit où l’homme a commencé à manipuler les plantes sauvages peut également conduire à découvrir des variétés plus résistantes aux parasites, aux maladies et, éventuellement, au changement climatique.

 

Photos :

1. Anciens oliviers au pied du Mont du Temple à Jérusalem (Crédit: Université de Tel-Aviv)

2. Le Dr. Dafna Langgut (Crédit: Universitéé de Tel-Aviv) 

3. Carte de la propagation de la culture de l’olivier sur le pourtour de la Méditerranée (BP=before present) (Crédit : Dafna Langgut / Google Earth)

4. a, b : grains de pollen d’olivier fossilisés. c : noyau d’olive trouvé sur le site néolithique de Kfar Samir. d, e : images au microscope de charbon de bois d’olivier. (Crédit : Dafna Langgut / Musée Steinhardt d’histoire naturelle).

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On traitait déjà les fractures il y a 35 000 ans, d’après les archéologues de l’Université de Tel-Aviv

Une étude menée par un groupe de chercheurs du Département d’anatomie et d’anthropologie de la Faculté de médecine de l’Université de Tel-Aviv, sous la direction du Prof. Israël Hershkovitz et du Dr. Hila May, sur les os du pied d’un adolescent qui avait subi une fracture grave il y a 35 000 ans, révèle que ce jeune a reçu des soins lui permettant non seulement de survivre, mais aussi de se remettre de sa blessure. Selon les chercheurs, cette propension des premiers hommes à soutenir les membres affaiblis de leur communauté est probablement la principale raison de la survie de ces groupes, et s'est finalement avérée être la clé du succès de notre espèce.

L’étude a été récemment publiée dans le Journal of Human Evolution.

Manot footLes archéologues travaillant sur le chantier de fouilles de la grotte de Manot en Galilée occidentale, qui a déjà livré des trésors de vestiges paléolithiques, ont découvert les restes des ossements du pied d’un jeune adulte, datant de 36 000 à 38 000 ans, portant les signes d’une fracture grave remarquablement bien ressoudée.

"Nous avons retrouvé ces ossements au cours de plusieurs saisons de fouilles consécutives entre 2014 et 2017", explique le Dr. Hila May du Département d’anatomie et anthropologie de la Faculté de médecine et du Centre Dan David pour l’étude de l’évolution humaine et la recherche biohistorique de l'Université de Tel- Aviv. "Mais nous sommes arrivés à la conclusion qu'ils appartenaient à la même personne, à la fois parce qu'ils ont été retrouvés dans la même couche archéologique et à proximité les uns des autres, et parce qu'ils s'imbriquaient parfaitement entre eux".

Solidarité sociale préhistorique

En examinant les ossements, les chercheurs ont pu constater les marques révélatrices d’une fracture cicatrisée dans le deuxième os du métatarse, ensemble de cinq os longs situés au milieu du pied, survenue longtemps auparavant dans la vie de cette personne. "La personne est décédée jeune, mais des années plus tard, et de causes inconnues mais qui n’avaient probablement rien à voir", explique le Dr. May. "La fracture s'est probablement produite dans l'enfance à la suite d'une chute ou de celle d’un objet sur son pied".

Manot foot 2Les examens au scanner de l'os ont confirmé l'hypothèse et permis d’identifier une fracture dans laquelle le métatarse était disloqué de l'os du tarse adjacent. "Ce type de blessure est encore courant aujourd'hui, en particulier chez les athlètes et les enfants. Même à présent, une fracture de ce type peut nécessiter une intervention chirurgicale, ou au moins le port d’un plâtre pendant 6 à 12 semaines avant que le patient puisse reprendre une activité normale", explique le Dr. May.

"Bien que l'adolescent blessé ait pu se déplacer à l'aide d'un bâton lui servant de béquille de fortune, il aurait été incapable de s'appuyer sur son pied à cause de la douleur et a donc été complètement dépendant du reste du groupe pendant un certain temps", explique le Prof. Hershkovitz. "Cela signifie que la société disposait de suffisamment de ressources pour soutenir les personnes handicapées, temporairement ou définitivement. Nous ne savons pas grand-chose sur le fonctionnement des sociétés préhistoriques, et ces découvertes nous ouvrent une fenêtre sur leurs mécanismes de soutien et de solidarité sociale".

Des connaissances médicales de base

Les chercheurs estiment même que le corps a été placé dans la grotte exprès pour y être enterré, faisant potentiellement preuve de compassion non seulement pour les faibles, mais aussi pour les morts. "La présence de plusieurs artefacts tels que des outils en silex et des coquillages apportés d'ailleurs peut suggérer que nous sommes en présence d'un enterrement organisé".

israel Ershkovitz Profile"On peut également spéculer que les habitants de la grotte possédaient des connaissances médicales de base et aient su fixer une attelle pour le pied blessé, en utilisant un os ou un morceau de bois pour immobiliser le membre pendant un certain temps et favoriser la guérison. Sinon, la fracture n'aurait pas aussi bien guéri".

Les chercheurs pensent qu’il s’agissait du pied d’un garçon, sans cependant établir ce fait avec certitude, car ils n'ont pu en extraire l'ADN. "En Israël, l'ADN se détruit très rapidement à cause de la chaleur du climat. De plus, extraire l'ADN d'un os du pied est difficile, contrairement à d’autres parties du squelette où la matière osseuse est plus compact", explique le Dr. May.

Ils estiment cependant qu’il s’agissait d’un jeune de 15 à 20 ans, qui appartenait à un groupe de chasseurs-cueilleurs installé dans la région. "Nous savons qu'il y a environ 15 000 ans, l'espérance de vie moyenne des chasseurs-cueilleurs était d'environ 30 ans".

Une population hybride Homo Sapiens/ Néendertal

Selon la forme et la taille de l'os, le pied appartenait à un Homo Sapiens. Cependant, les chercheurs ont également pu y déceler certains traits néandertaliens. Ceci concorde avec les études antérieures d'autres restes humains trouvés à Manot, qui ont conclu que la grotte était habitée par une population hybride Sapiens-Néandertal. "Nous ne savons pas quel était le modèle de leur interaction, si les femmes se rendaient dans les groupes néandertaliens ou le contraire, mais nous savons que les humains modernes se sont croisés avec les Néandertaliens, contrairement à ce que l'on a pensé pendant de nombreuses années", a déclaré le Dr. May. "Le fait que nous ayons repéré des caractéristiques néandertaliennes dans les restes que nous avons trouvés dans la grotte de Manot signifie qu'ils s'accouplaient et qu’ils avaient des enfants ensemble, même s'ils avaient une morphologie différente. Nous savons que tous les homo sapiens qui ont quitté l'Afrique il y a environ 65 000 ans possédaient des gènes néandertaliens. Cela soulève une question très intéressante sur la façon dont nous définissons les espèces".

Hila May profile"Apparemment tous les humains d’aujourd’hui comportent encore un petit pourcentage d'ADN néandertalien, bien qu'en quantité beaucoup plus faible que nos lointains ancêtres de Manot", ajoute le Prof. Hershkovitz. "La composante génétique néandertalienne alors était beaucoup plus forte qu'aujourd'hui, mais ses éléments se sont lentement dilués dans le patrimoine génétique et ont pour la plupart disparu".

Le pied cassé guéri de la grotte de Manot n'est ni la première ni la plus ancienne preuve que nos ancêtres prenaient soin des malades et des handicapés. Des signes de compassion et de soutien altruiste ont été découverts non seulement chez les Homo sapiens mais aussi chez les Néandertaliens, qui semblaient capables de prendre soin même des personnes les plus gravement handicapées. Elle est quand même significative car nous disposons de très peu de connaissances sur ces groupes de chasseurs-cueilleurs, et surtout sur leur comportement social.

"Nous savons qu'ils vivaient en petits groupes, composés peut-être de quelques dizaines d'individus, se déplaçant en fonction des disponibilités alimentaires. En règle générale, les hommes partaient à la chasse tandis que les femmes s’occupaient de la cueillette, de la nourriture et des enfants", commente le Dr. May.

La découverte vient s’ajouter à la masse croissante de preuves qui montrent que les hominiens préhistoriques étaient tout sauf des brutes primitives. "Ils ne laissaient pas les personnes malades mourir quelque part, et prenaient soin de celles qui étaient plus faibles", explique le Prof. Hershkovitz. "En fait, la naissance de sociétés complexes qui ont amené les hominiens à coopérer sur des tâches difficiles et à se soutenir mutuellement lorsqu'un individu s’affaiblissait est probablement la principale raison de la survie de ces groupes, et s'est finalement avérée être la clé du succès de notre espèce".

 

Photos :

1. Grotte de Manot (la flèche indique l’endroit où le pied a été retrouvé. Crédit photo: Prof. Israel Hershkovitz)

2. Les os de l'étude (Crédit: Sarah Borgel)

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Les archéologues de l'Université de Tel-Aviv découvrent un temple similaire au Temple de Salomon

Selon les archéologues de l'Université de Tel-Aviv, le temple découvert sur le site de Tel Moza, près de Jérusalem, fouillé sous la direction du Prof. Oded Lipschits et du doctorant Shua Kisilevitz du Département d'archéologie de l'université, est à bien des égards similaire au sanctuaire construit par le roi Salomon, décrit en détail au Chapitre 6 du Premier Livre des Rois, dont il est contemporain. Selon eux, les recherches sur le site sont susceptibles de contribuer grandement à la compréhension de la période du premier temple et à la comparaison des découvertes archéologiques avec le récit biblique.

Motza1L'article a été publié récemment dans la revue Biblical Archaeology Review.

"Les fouilles de Tel Motza ont commencé en 1993 sous la responsabilité de l'Autorité israélienne des antiquités, lors de la construction d'une nouvelle bretelle de sortie de l'autoroute n°1", explique Shua Kisilevitz. "Des fouilles supplémentaires ont été effectuées en 2002, 2003 et 2012-13. Elles ont mis au jour un site important, principalement de l'époque du Premier Temple (du 10e siècle au début du 6e siècle avant JC, période de l'âge du fer 2). Les vestiges témoignent de la présence d'un important centre économique et administratif dans la fertile vallée de Motza, avec des dizaines de silos et deux grands entrepôts de céréales. Au centre du site a été trouvé le complexe monumental d'un temple aux plans caractéristiques de ceux de l'orient antique. Entre autre, on a découvert un autel pour les sacrifices, une table pour déposer des offrandes et de nombreux objets de culte, comme des figurines en poterie de forme humaine et en forme de chevaux, ainsi qu'un grand piédestal de culte orné. Le temple de Motza est le seul complexe de ce type découvert à ce jour sur les territoires des royaumes de Juda et d'Israël. Son plan architectural et les décorations qui ornent les objets de culte sont similaires à ceux attribués au Temple de Salomon à Jérusalem, qui est décrit en détail au Chapitre 6 du Premier Livre des Rois".

Une découverte sans précédent

En mars 2019, suite à l'achèvement de la construction du pont menant à Jérusalem et au déblayage des remblais qui recouvraient le site, les archéologues sont revenus à Tel Motza, dorénavant chantier de fouilles de l'Université de Tel-Aviv. "Les fouilles de cette saison ont été très ciblées et avaient un double objectif", explique Kisilevitz. "Premièrement, continuer de mettre au jour la structure du temple, et deuxièmement, de faire progresser la compréhension du site en utilisant des technologies scientifiques avancées. Nous avons constaté que le bâtiment mesurait au moins 21 mètres de long et avons découvert sous la cour du temple des restes d'un autre bâtiment de culte, probablement du 10ème siècle avant JC".

Selon les chercheurs, le complexe avec ses différentes couches représente une découveMotza4rte sans précédent dans l'archéologie d'Israël: un complexe de bâtiments rituels érigés au début de l'âge du fer, y compris un temple qui a existé pendant la majeure partie de la période du Premier Temple, aux côtés du temple Salomon à Jérusalem. Par conséquent, le site contribue grandement à la compréhension de l'évolution du culte en Judée, ainsi que du processus de formation du Royaume de Juda.

Les chercheurs ont prélevés des échantillons de matériaux provenant des quatre strates exposées sur le côté est du temple et les ont fait analyser à l'aide de diverses technologies: OSL (méthode de datation des échantillons de sol), carbone 14 pour la datation des matériaux organiques, et des techniques de micro-archéologie utilisant des microscopes, des rayons infrarouges et d'autres appareils scientifiques pour révéler ce qui échappe à l'œil nu. "Les résultats des tests donneront de nombreuses informations sur le temple", explique Kisilevitz. "Entre autres, nous espérons qu'ils nous aideront à déterminer les dates des différentes strates, à vérifier si la structure a été abandonnée à moment donné, et à reconstituer la nature des activités qui ont eu lieu dans la cour du temple, où se déroulait la plus grande partie du rite. Par contre, le bâtiment lui-même n'était accessible qu'aux prêtres, aussi nous espérons que de nouvelles fouilles dans cette zone révéleront encore d'autres objets de culte".

Un autre temple en Judée

"Les découvertes des fouilles de Tel Motza, passées, présentes et futures, sont d'une grande importance pour comprendre la période du Premier Temple et comparer les découvertes archéologiques avec la Bible", conclut le Prof. Lipschits. "L'existence même d'un temple similaire au temple de Salomon à quelques kilomètres de Jérusalem soulève de nombreuses questions, car le texte biblique est rempli du récit des luttes avec les lieux de culte en dehors de Jérusalem, et déclare même explicitement que le Dieu d'Israël ne devrait être adoré que dans le temple de Jérusalem. De plus, les livres des Rois 2 et Chroniques 2 nous parlent de deux réformes religieuses qui s'attaquent justement à cette question: la réforme du roi Ézéchias à la fin du 8ème siècle avant JC et celle plus radicale du roi Josias, qui a détruit tous les lieux de culte en dehors de Jérusalem à la fin du Motza27ème siècle. Nous espérons que nos découvertes nous aideront à répondre à une série de questions intrigantes: qui a érigé le temple de Motza et quand? Quels rituels s'y sont déroulés ? Quelle était la relation entre la communauté du temple de Motza et celle du temple de Jérusalem? Les prêtres du temple de Motza ont-ils à un moment donné accepté la suprématie des prêtres et des dirigeants du temple de Jérusalem, et si oui, quand cela s'est-il produit? Le temple de Motza a-t-il survécu aux réformes religieuses d'Ézéchias et de Josias, et a-t-il continué d'exister jusqu'à la destruction du royaume de Juda par les Babyloniens en 586 avant JC?".

Deux saisons de fouilles supplémentaires sont prévues à Tel Motza, au printemps 2020 et au printemps 2021, avec la participation d'étudiants et de chercheurs israéliens et du monde entier, en particulier d'Allemagne, de République tchèque et des États-Unis. Les chercheurs sont convaincus que de nombreuses découvertes passionnantes les attendent encore sur ce site unique qui n'arrête pas de surprendre ...

 

Photos:

1. Photographie aérienne du temple à la fin de la saison des fouilles en 2013 (Crédit: Skyview, IAA)

2. Tête d'une figurine humaine (Crédit: C. Amit, IAA)

3. Figurine de cheval (Crédit: C. Amit, IAA)

 

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Des dizaines d'inscriptions du Royaume d'Israël ont été écrites par deux personnes seulement, selon une étude innovante de l'Université de Tel-Aviv

Selon une étude du Département de mathématiques de l'Université de Tel-Aviv, menée sous la direction des Prof. Israel Finkelstein du Département d'archéologie et des cultures de l'Orient antique et Eli Piazetsky de l'Ecole de physique, des dizaines d'ostraca de Samarie, le plus ancien corpus d'inscriptions en hébreu ancien, retrouvé dans la capitale de l'ancien Royaume d'Israël, ont été écrites par deux personnes seulement, probablement des scribes ou des fonctionnaires du roi Jéroboam Ben Joas mentionné dans le Livre des Rois. L'étude, réalisée au moyen d'un algorithme développé par des archéologues, des mathématiciens et des physiciens de l'université, a une grande importance pour mieux comprendre les procédures administratives du Royaume d'Israël, dans la première moitié du 8ème siècle avant JC, et les étapes de son processus d' alphabétisation.

Samaria ostracaElle a été publiée le 22 janvier dans la revue PLOS ONE.

Y ont participé le Prof. Eli Turkel, les Dr. Arie Shaus et Barak Sober et la doctorante Shira Faigenbaum-Golovin, du Département de mathématiques appliquées.

Une administration vieille de 2800 ans

"Les inscriptions de Samarie ont été retrouvées au début du 20e siècle lors des fouilles archéologiques du site de Samarie, capitale de l'ancien royaume d'Israël", explique le Prof. Finkelstein. "Ce sont des fragments d'argile portant des écritures tracées à l'encre (ostracon, pluriel ostraca), qui étaient utilisés comme documents administratifs. Chacun porte une courte inscription en hébreu ancien: l'année du roi, la marchandise - vin ou huile, l'emplacement géographique d'où proviennent les marchandises, et parfois le nom de l'expéditeur. Elles ont apparemment été écrites au cours d'une période de 7 ans à l'époque de l'important roi Jéroboam II (Jéroboam fils de Joas), qui régna dans la première moitié du 8e siècle avant JC. Les marchandises ont été envoyées par la tribu Menashé au cœur du royaume, vers les environs de la capitale, et certains des noms figurant sur les inscriptions sont également mentionnés dans la Bible. Pendant longtemps, les chercheurs se sont demandé si ces inscriptions avaient été écrites par les représentants du roi dans ces régions à l'extérieur de la capitale, ou par les fonctionnaires du roi dans la capitale elle-même à l'arrivée des marchandises, une telle connaissance permettant de mieux comprendre les processus administratifs du royaume, et d'évaluer le partage de l'alphabétisation à cette époque. Nous avons voulu préciser la question en nous demandant quel est le nombre d'auteurs des inscriptions de Samarie?".

FinkelsteinIDPour répondre à cette question, les chercheurs ont utilisé un algorithme permettant d'analyser les manuscrits, qu'ils avaient développé lors d'une étude précédente sur des ostraca trouvées à Arad, un poste militaire éloigné du royaume de Judée, environ 600 avant JC. "La méthode est basée sur la comparaison de manuscrits par toutes les combinaisons possibles, afin de déterminer s'ils ont été écrits par des personnes différentes", explique Shira Faigenbaum-Golovin. "A Arad, l'algorithme a montré que les 16 inscriptions trouvées ont été écrites par au moins quatre personnes. Lorsque nous avons appliqué l'algorithme à 31 des ostracons de Samarie, nous avons constaté qu'elles avaient au moins deux auteurs. Mais cette fois-ci, nous avons voulu obtenir le nombre le plus précis possible, ou en termes statistiques, le nombre le plus probable d'auteurs".

L'alphabétisation dans le Royaume d'Israël

Les chercheurs ont donc effectué une estimation statistique des erreurs possibles de l'algorithme, qui peuvent découler du fait que les inscriptions de Samarie sont courtes et contiennent peu de lettres. "Nous avons effectué des simulations pour estimer les erreurs possibles sur de courtes sections extraites des inscriptions d'Arad, que nous connaissions déjà", explique le Dr. Barak Sober. "Par exemple, nous avons appliqué l'algorithme sur des segments courts pris dans une même inscription provenant d'Arad, dont nous savions donc à l'avance qu'ils avaient été écrits par la même personne. Nous avons alors constaté que l'algorithme ne s'est presque pas trompé et en avons conclu qu'il était également exact pour l'analyse des inscriptions de Samarie. Et après cette vérification, le nombre d'auteurs des inscriptions de Samarie s'est avéré être effectivement de deux, avec une certitude de 95%".

eli piasetsky"Malgré de nombreuses tentatives, nous n'avons trouvé aucune caractéristique textuelle qui pourrait être attribuée à l'un des auteurs en particulier", ajoute le Dr. Arye Shaus. "Il semble que tous les deux aient opéré au cours des mêmes années, reçu des expéditions des mêmes endroits et manipulé les mêmes types de marchandises. En d'autres termes, on peut émettre l'hypothèse que les deux auteurs ou fonctionnaires travaillaient en parallèle, peut-être par roulement, et se suppléaient".

"Nous avons donc développé un nouvel outil important pour explorer des textes anciens", conclut le Prof. Piazetsky. "Les spécialistes de ce domaine, appelé paléographie, étudient aujourd'hui la forme des lettres, le matériel et l'encre, le contenu, etc. Désormais, grâce à notre méthode, ils peuvent également déterminer le nombre d'auteurs des documents. Dans le cas des inscriptions de Samarie, les résultats nous aident à mieux comprendre les procédures administratives du Royaume d'Israël. Une autre conclusion possible est que le fait que, contrairement à la situation un siècle plus tard dans le Royaume de Judée à la veille de sa destruction, la connaissance du processus d'écriture n'était pas encore très courante en Israël à cette époque, la première moitié du 8ème siècle avant JC, et était concentrée principalement autour du Palais du Roi. Il est possible que cette capacité ait également permis l'écriture de textes littéraires, du genre des écrits prophétiques d'Osée et d'Amos, qui ont vécu à l'époque du Royaume d'Israël".

 

Photos:

  1. Ostraca de Samarie (Crédit: The Semitic Museum, Harvard University).
  2. Le Prof. Israel Finkelstein.
  3. Le Prof. Elie Piazetsky.
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Les archéologues de l'Université de Tel-Aviv retrouvent une dalle sur laquelle l'Arche d'Alliance aurait pu être entreposée

Le Dr. Zvi Lederman et le Prof. Shlomo Bunimovitz du Département d'archéologie de l'Université de Tel-Aviv ont retrouvé une dalle en pierre massive reposant horizontalement sur deux rochers plus petits, dans un temple datant du 12e siècle av. JC, époque à laquelle le peuple d'Israël était en guerre contre les Philistins, sur le site archéologique de Bet Shemesh, à 20 kilomètres à l'ouest de Jérusalem. Selon les chercheurs, cette dalle particulière pourrait rappeler la "grande pierre" biblique sur laquelle les Philistins ont déposé l'Arche d'Alliance qu'ils avaient dérobée aux Israélites.

BetShemeshTable"Ce serait un cas rare où l'on voit fusionner le récit biblique avec une découverte archéologique", a déclaré le Dr. Lederman qui dirige les fouilles de l'Université de Tel-Aviv sur le site biblique de Bet Shemesh.

Le bâtiment identifié comme un temple, dans lequel a été découvert la fameuse dalle était isolé des zones résidentielles et avait des murs plus solides, comme l'explique le Prof. Bunimovitz. C'était aussi un carré parfait, de 8,5 mètres de côté, dont les angles étaient orientés suivant les points cardinaux. A l'est est située une plate-forme (bamah) comme on en retrouve couramment pour les cérémonies religieuses. À l'intérieur du bâtiment on a retrouvé deux grosses pierres rondes concaves dans lesquelles des gouttières ont été creusées, qui pourraient avoir été utilisées pour des libations de vin ou bien comme pressoirs à olives miniatures pour produire de l'huile sacrée, selon le Dr. Lederman. Les chercheurs ont également découvert des cruches et des tasses en poterie décorées ainsi qu'un tas d'os d'animaux. " Il existe de nombreuses preuves du fait qu'il s'agissait bien d'un temple, et non d'un espace domestique standard", commente le Prof. Bunimovitz.

Profané par les Philistins

Pour le mettre à jour, les archéologues ont dû creuser à travers plusieurs couches d'un matériau noir épais, qu'ils pensaient initialement être des cendres qui se seraient formées lorsque le bâtiment a été incendié. Mais l'analyse a révélé qu'il s'agissait de crottes d'animaux. Selon le Dr. Lederman, le site a été transformé en enclos peu de temps après sa destruction, dans une intention de profanation, probablement par les Philistins, dont la ville la plus proche, Tel Batash, n'était qu'à sept kilomètres de Bet Shemesh.

Les 12e et 11e siècle avant notre ère correspondent à l'époque de l'Israël pré-monarchique, pendant laquelle des juges comme Samson et Deborah régnaient sur les douze tribus. Bet Shemesh est alors décrite comme une ville frontalière entre les Israélites et les Philistins, dans une région où les deux peuples se sont souvent affrontés. Et en effet, les archéologues ont identifié quatre couches d'agglomérations distinctes qui se sont succédées à cette époque, montrant que l'endroit a été conquis, abandonné ou détruit et reconstruit plusieurs fois en deux siècles. C'est au cours de l'une de ces périodes que le temple retrouvé a été détruit, indiquant donc que les profanateurs étaient probablement les Philistins conquérants.

BetShemeshtempleLa dalle trouvée semble expliquer l'importance attachée à l'époque à ce site. "Nous nous sommes vite rendu compte qu'il devait s'agir d'une table", explique le Dr. Lederman. De plus, celle-ci semble correspondre au profil de la "grande pierre" sur laquelle, selon le premier livre de Samuel, l'Arche d'Alliance reposait lorsqu'elle a été amenée à Beth Shemesh par les Philistins. Selon la Bible, après que les Israélites se soient installés sur la Terre Promise, l'Arche a été placée à Shiloh, au nord de Jérusalem, mais a ensuite été capturée par les Philistins lors d'un combat. Dieu a alors punis ces derniers pour leur arrogance, leur affligeant maladies et fléaux tant et si bien qu'ils placèrent l'Arche sur un chariot et la ramenèrent aux Israélites à Bet Shemesh avec des objets en or pour apaiser la colère divine.

Quand l'archéologie et la Bible se rencontrent

"Les gens de Beth Shemesh faisaient alors la coupe du blé dans la vallée; ils levèrent les yeux et virent l'arche, et se réjouirent à cette vue. Alors le chariot entra dans le champ de Josué de Beth Shemesh et s'y arrêta; là se trouvait une grosse pierre. On fendit en morceaux le bois du chariot et l'on offrit les vaches en holocauste à l'Eternel. Les Lévites descendirent l'arche de l'Eternel et le coffre qui l'accompagnait, contenant les objets d'or, et posèrent le tout sur la grosse pierre". (1 Samuel 6: 13-15).

La Bible raconte encore comment Dieu a abattu les habitants de Bet Shemesh qui avaient osé regarder à l'intérieur de l'arche, qui a ensuite été emmenée à Kiriath Yearim, où elle est restée pendant 20 ans avant d'être transportée à Jérusalem par le roi David.

S'il est presque impossible, expliquent les chercheurs, de prouver sur le plan archéologique que l'arche a bien reposé sur cette table en pierre particulière, la découverte suggère cependant que le récit biblique, probablement compilé à la fin du 7e siècle av. JC sous le roi Josias, reposait sur une tradition beaucoup plus ancienne rapportant l'existence de la "grande pierre" de Beth Shemesh qui fonctionnait comme un foyer important de culte au 12ème siècle avant notre ère - et donc corrobore la théorie selon laquelle le récit biblique transmet certaines traditions beaucoup plus anciennes dont certaines, comme celle-ci peuvent être reliées à des découvertes archéologiques.

Le nom de la ville, Beth Shemesh, signifie "maison du soleil" et suggère que ses premiers habitants adoraient la divinité solaire cananéenne. D'un autre côté, les os d'animaux trouvés dans le temple, de même que dans l'ensemble des villes de l'âge du fer de la région, n'incluent pas de porc, faisant écho à l'interdiction juive de manger du porc. La quasi-absence d'os de porc dans les sites du Levant a depuis longtemps été identifiée par les archéologues comme l'un des premiers traits culturels distinctifs des Cananéens et des premiers Israélites au début de l'âge du fer, permettant de les distinguer des Philistins. "Toute l'archéologie de Beth Shemesh et des hauts plateaux de Canaan montre un lent processus de construction d'identité de ce que nous appellerons finalement le peuple d'Israël, face à la culture païenne des Philistins".

 

Photos: Dr. Zvi Lederman

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