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Archéologie

Des dents humaines de 40 000 ans découvertes par des chercheurs de l'Université de Tel-Aviv dans une grotte en Galilée

Le Dr. Racheli Sarig, de l'École de médecine dentaire et du Centre Dan David pour l'Etude de l'histoire humaine de l'Université de Tel-Aviv, en collaboration avec le Dr. Omri Barzilai de l'Autorité des antiquités d'Israël, a découvert six dents humaines provenant d'un homo sapiens et d'un homme du Neandertal, dans une grotte de Galilée occidentale. L'étude révèle que les humains ont immigré d'Afrique vers le Levant il y a 40 000 ans, et ouvre une ère nouvelle dans la connaissance du développement de la culture de la région.

Manot dentsElle a été récemment été publiée dans le Journal of Human Evolution.

Les dents ont été découvertes dans la grotte de Manot, qui fait depuis ces dix dernières années l'objet de fouilles menées par le Dr. Barzilai de l'Autorité des antiquités d'Israël, le Prof. Israël Hershkowitz du Centre Dan David de l'Université de Tel-Aviv et le Prof. Ofer Marder de l'Université Ben Gourion du Néguev, afin de suivre l'évolution de l'homme moderne en Israël.

L'homme du Néandertal s'est assimilé à l'homme moderne 

"La découverte est d'une grande importance pour identifier les habitants qui habitaient la grotte il y a des dizaines de milliers d'années", explique le Dr. Sarig. "Les dents se conservent mieux que les os car elles sont en émail, la matière la plus résistante du corps humain. Plus important encore, la structure, la forme et la topographie (saillies à la surface) de la dent possèdent une forte composante génétique qui permet d'identifier les dents avec des populations spécifiques. Dans la présente étude, nous nous sommes basés sur la forme externe et interne de ces dents pour en déterminer les caractéristiques et l'appartenance. Nous avons pour cela effectué des tests approfondis de micro-tomodensitométrie et d'analyses 3D sur quatre de ces dents".

Manot CarteLes résultats obtenus ont surpris les chercheurs: une des dents présentait une morphologie typique de l'homo sapiens, l'homme moderne; une possédait des traits caractéristiques de l'homme du Neandertal, et les deux autres montraient une combinaison rare de caractéristiques néanderthaliennes et modernes. Selon les chercheurs, une telle combinaison n'a été retrouvée jusqu'à présent que chez des populations européennes du début du Paléolithique supérieur, il y a environ 40 000 ans. La combinaison a récemment confirmée au moyen d'analyses génétiques, impliquant que l'homme du Neandertal s'est assimilé à l'homme moderne en Europe.

Une des révolutions culturelles les plus importantes de l'histoire de l'humanité

"Les dents de la grotte de Manot revêtent une importance cruciale, car jusqu'à présent nous n'avions pas trouvé de restes humains de cette période en Israël, ce qui représentait une lacune importante dans nos connaissances", note le Prof. Hershkowitz. "Cette étude novatrice raconte pour la première fois l'histoire d'une population responsable de l'une des révolutions culturelles les plus importantes de l'histoire de l'humanité".

"Les dents ont été trouvées dans des couches archéologiques associées à la culture dite aurignacienne, une culture riche et développée associée à la fin de la période du Neandertal et au début du paléolithique supérieur en Europe, signifiant une nouvelle ère dans le développement culturel de l'humanité moderne", explique le Dr. Rachel SarigBarzilay. "En fonction des études génétiques récentes qui ont montré qu'en Europe de l'Est les Néandertaliens se sont assimilés à la population aurignacienne locale, il semblerait que la présence de caractéristiques néandertaliennes dans les dents découvertes à Manot puisse être interprétée comme une preuve supplémentaire du fait que l'origine de la culture aurignacienne à l'est de la Méditerranée provienne d'Europe. Ces populations ont peut-être cherché à s'éloigner des conditions climatiques extrêmes qui régnaient dans leur pays d'origine à l'époque, point culminant de la dernière période glaciaire".

"Nos découvertes sont particulièrement importantes car elles mettent en lumière une période relativement inconnue de l'histoire de l'humanité en Israël", conclut le Dr. Sarig. "On pensait jusqu'à présent que les Néandertaliens auraient disparu du Levant il y a 50 000 ans avec l'arrivée des populations humaines modernes d'Afrique. La découverte de caractéristiques de l'homo sapiens et de Néandertalien dans des dents d'il y a 38 000 ans dans la grotte de Manot étaye l'hypothèse selon laquelle la population qui a émigré ici, probablement d'Europe, était mélangée et il est possible qu'elle ait apportée avec elle sa culture de l'époque. Ainsi, nos recherches apporte la connaissance d'un autre moment dans la séquence évolutive et culturelle de l'humanité, une pièce supplémentaire dans le vaste puzzle que constitue l'histoire humaine".

 

Photos :

1. La grotte de Manot avec indication de la zone où ont été retrouvées 3 des dents (crédit: Prof. Israel Hershkowitz). En superposé: molaire supérieure et inférieure datant de 38 000 ans trouvée dans la grotte de Manot. (Crédit: Dr. Racheli Sarig)

2. Carte de la grotte avec l'indication de l'emplacement des zones où les dents ont été trouvées. Photo: Dr. Racheli Sarig

3 . Dr. Racheli Sarig (Crédit: Porte-parole de l'Université de Tel-Aviv)

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Des archéologues de l'Université de Tel-Aviv découvrent une allée de pèlerinage construite par Ponce-Pilate à Jérusalem

Nahshon Szanton, doctorant au Département d'Archéologie et des Cultures de l'Ancien Proche-Orient de l'Université de Tel-Aviv, en collaboration avec les chercheurs Moran Hagbi, Joe Uziel et Donald Ariel de l'Autorité des Antiquités d'Israël, a mis au jour une section de 220 m de long d'une monumentale allée conduisant du Bassin de Siloé dans la Cité de David jusqu'au Mont du Temple, y compris un trésor de 100 pièces de monnaie suggérant que la rue aurait été édifiée au 1er siècle EC, alors que Ponce Pilate gouvernait la Judée. Selon les chercheurs, l'allée, probablement destinée aux pèlerins Juifs pour se rendre au Temple de Jérusalem, faisait partie du projet de construction de grande envergure du gouverneur à la gloire de l'Empire romain, et de son effort pour assurer la stabilité de son mandat.

Rue Ponce Pilate 1L'étude a été publiée récemment dans la revue de l'Institut d'Archéologie de l'Université de Tel-Aviv.

Depuis plus d'un siècle et demi, les chercheurs dévoilent peu à peu le réseau des rues qui parcouraient Jérusalem au début de la période romaine; en particulier une voie monumentale, pavée de dalles de pierres massives, qui se rendait vers le mont du Temple du côté sud depuis le Bassin de Siloé, traversant ce qu'on appelle aujourd'hui la Cité de David, la partie la plus ancienne de Jérusalem. Découverte pour la première fois par des archéologues britanniques en 1894, cette allée était connue jusqu'à présent sous le nom de "Rue hérodienne". Mais la découverte d'une section de 220 mètres de cette voie, mis au jour après six années de fouilles approfondies, permet d'attribuer sa construction à Pontius Pilatus (Ponce Pilate), gouverneur de Judée honni, par les Juifs comme par les Chrétiens, sur la base de la découverte de plus de 100 pièces de monnaies sous ses pavés, datées de l'année 17 à l'année 31 après JC, sous le règne de l'Empereur Tibère, époque où Ponce Pilate gouvernait la Judée.

Enfouie sous des couches de gravats

"La datation par les pièces de monnaie est particulièrement exacte, car elles portent souvent l'année où elles ont été frappées", explique Nahshon Szanton. "Les pièces les plus récentes trouvées sous les pavés de la rue portant la date de 30 ap. JC, cela signifie que celle-ci a du être construite au plus tôt la même année, ou après". Cette rue n'a donc rien à voir avec Hérode ni avec ses successeurs immédiats, conclut la nouvelle étude, mais a probablement été construite après que Rome ait pris le contrôle direct de la Judée, et plus précisément pendant le mandat de Ponce Pilate, traditionnellement daté des années 26 à 37 ap. JC.

"Nous savons qu'au 41e siècle, la dynastie hérodienne a recouvré un semblant de souveraineté sur la Judée sous le bref règne d'Agrippa I, petit-fils d'Hérode (41-44 de notre ère) ", note Nahshon Szanton. "L'un des premiers actes de ce nouveau roi fut de frapper une énorme somme d’argent, de sorte que plus de 1 000 pièces émises par Agrippa I ont été retrouvées à Jérusalem, contre moins de 300 des décennies précédentes du premier siècle. Or nous n’avons aucune pièce de cette période. D’un point de vue statistique, il est donc difficile d’imaginer que la route ait été construite après 41. L'absence de ces pièce parmi celles retrouvées sous les pavés de la rue signifie donc que celle-ci a bien été construite avant leur apparition, en d'autre terme, à la période de Pilate".

Rue Ponce Pilate 4Le pavage de la rue était enfoui sous des couches de gravats, datant probablement de la capture de la ville et sa de destruction par les légions Romains en 70 de notre ère, à la fin de la grande révolte. Les débris contenaient des armes telles que des pointes de flèches et des pierres de fronde, des troncs d’arbres brûlés et des pierres effondrées des bâtiments situés le long de la voie.

Apaiser les habitants de Jérusalem

Des pièces frappées pendant le règne d'Agrippa et postérieurement ont été retrouvées sur le site, mais seulement sur le dessus de la chaussée, et dans les couches de débris carbonisés. Cela signifie que la route a été utilisée pendant environ quatre décennies, à partir des années 30 jusqu'à 70 du premier siècle EC.

C'était alors une avenue animée de 600 mètres de long sur environ 8 mètres de large, pavée de larges dalles de pierre, comme c'était l'usage dans tout l'empire romain, bordée de boutiques, de tavernes et même d'un podium en gradins pour les discours publics. Les chercheurs estiment que sa construction a nécessité environ 10 000 tonnes de roche calcaire extraite de carrières, nécessitant des compétences considérables.

D'après les chercheurs, la richesse de la rue, conjuguée au fait qu'elle reliait dNahshon Szantoneux des lieux les plus importants de Jérusalem, la piscine de Siloé et le mont du Temple, tend à prouver qu'elle servait de voie pour les pèlerins qui montaient à Jérusalem. "S'il s'était agi d'une simple voie de communication, il n'aurait pas été nécessaire de la construire de manière aussi grandiose", expliquent les archéologues. "Sa largeur minimum était de 8 mètres. Si vous ajoutez à cela les pierres finement sculptées et le podium en gradins, tout indique qu'il s'agissait d'une rue au caractère spécial."

Selon Nahshon Szanton, les buts de Ponce Pilate en construisant cette voie avaient pu être : "d'apaiser les habitants de Jérusalem, de renforcer sa place dans le monde romain, et de promouvoir son propre statut par le biais de grands projets de construction. Nous ne pouvons le savoir avec certitude. Bien que tous ces mobiles soient corroborées par les documents historiques; il est probable qu'il s'agisse d'une combinaison des trois".

Rue Ponce Pilate 3

 

Photos:

1 - Marques de taillage et de lissage du substrat rocheux près des fondations du mur occidental (crédit: A. Peretz, IAA, publié dans le Journal de l'Institut d'Archéologie de l'Université de Tel-Aviv).

2 - Pièces de monnaie provenant des fouilles.

3 - Le doctorant Nahshon Szanton.

4 - Carte de localisation indiquant les sites de fouille (Illustration: D. Levi, IAA; imprimé avec l'autorisation de Survey of Israel).

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Les hommes conservaient déjà leur nourriture il y a 400 000 ans, d'après les archéologues de l'Université de Tel-Aviv

Selon une étude novatrice réalisée sous la direction des Prof. Ran Barkai et Avi Gopher du Département d'archéologie de l'Université de Tel-Aviv, les hommes préhistoriques conservaient la moelle osseuse dans des os entiers recouverts de peau pour la consommer jusqu'à 9 semaines plus tard. L'étude, réalisée sur des os de daim provenant de la grotte de Qesem à côté de Rosh HaAyin, constitue la preuve la plus ancienne de la conservation de la nourriture par les premiers hommes.

Qesem conservation aliments 1Elle a été menée en collaboration avec le Dr. Ruth Blasco, de l'Institut de l'évolution humaine de Burgos, et le Prof. Jordi Rosell de l'Institut catalan de l'écologie humaine ancienne de Tarragone en Espagne, et publiée le 9.10.19 dans la revue Science Advances.

"La grotte de Qesem a été découverte près de Rosh Ha'ayin en 2000, dans le cadre du processus d'élargissement d'une autoroute. Les fouilles que nous menons sur le site depuis lors n'ont cessé de produire des découvertes fascinantes", explique le Prof. Barkai. "La grotte constitue une sorte de capsule temporelle préservée depuis environ 200 000 ans, correspondant à une période relativement inconnue de l'histoire de l'humanité, il y a entre 420 000 et 200 000 ans. Elle est aujourd'hui considérée comme l'un des sites préhistoriques les plus importants au monde".

Une "boite de conserve"

La présente étude a été réalisée à l'aide d'outils de recherche avancés sur des fragments d'os trouvés dans la grotte. "Ce sont principalement des os des membres antérieurs et postérieurs de daims qui ont été chassés dans la région", explique le Prof. Barkai. "D'après nous, les chasseurs dépeçaient le produit de leur chasse sur le terrain et ne transportaient vers la grotte que certains morceaux choisis, principalement des organes riches en viande et en graisse, des membres et des crânes. Presque tous les os des membres ont été broyés pour en sortir la moelle osseuse, qui possède une valeur nutritionnelle extrêmement élevée. Aux deux extrémités des os des membres inférieurs, nous avons remarqué des marques de coupe caractéristiques et particulièrement profondes, qui n'ont été retrouvées dans aucun autre site au monde. Nous avons donc cherché à en déterminer la signification".

Qesem conservation aliments 2Après de nombreux tests en laboratoire, les chercheurs ont conclu que ces marques particulières avaient été produites à l'aide d'un outil en silex par un processus conçu pour éliminer la peau séchée sur l'os. "Il est facile de dépecer l'animal immédiatement après la chasse, mais après un certain temps lorsque la peau est déjà séchée, l'action est déjà beaucoup plus difficile à réaliser et nécessite un effort particulier", explique le Prof. Barkai. "En nous basant sur les très nombreuses marques de coupe trouvées sur les os, nous avons émis l’hypothèse que les membres des daims chassés étaient stockés dans la grotte alors qu’ils étaient encore recouverts de peau, dans le but de conserver la moelle osseuse de la manière la plus efficace possible. Ce n'est qu'après un certain temps, lorsque la peau était déjà sèche, qu'elle était décollée de l’os qui était alors écrasé pour en consommer la moelle". Une série d’expériences menée sur des os de cerfs contemporains a montré que la moelle osseuse pouvait être conservée à l’état comestible dans un membre couvert de peau pendant une période allant jusqu’à 9 semaines; par ailleurs, les marques réalisées par les chercheurs pour éliminer la peau sèche au cours de l'expérience étaient identiques à celles découvertes dans la grotte de Qesem.

Survivre après la disparition des éléphants

"On peut dire que les occupants de la grotte de Qesem ont été les premiers hommes au monde à utiliser les os de daims comme boîte de conserve", conclut le Prof. Barkai. "Nous avons découvert la preuve la plus ancienne d'une technique de conservation des aliments planifiée à long terme. Cela signifie que, contrairement à l'hypothèse en vigueur jusqu'à aujourd'hui, les habitants de la grotte ne consommaient pas immédiatement toute la nourriture qu'ils chassaient, mais planifiaient leur Qesem conservation aliments 3consommation à l'avance et leur dépendance par rapport à la chasse quotidienne a peu à peu diminué. Nous pensons que cette capacité, de même que la plus ancienne utilisation du rôtissage de la viande, dont les traces ont également été découvertes dans la grotte, constitue une réponse à un changement important qui s’est produit à cette époque dans la région: la disparition des éléphants, qui constituaient jusque là la seule source de graisse et de viande pour les premiers hommes. Lorsque ceux-ci ont disparu, les hommes ont du chercher d'autres solutions et produire une nourriture suffisamment riche et de qualité à partir d'animaux beaucoup plus petits, en particulier les daims. Les découvertes de la grotte de Qesem indiquent un bouleversement technologique et culturel très important au cours de cette période, et la conservation des aliments est l'un des changements qui ont permis à la race humaine de continuer à prospérer dans notre région pendant de très longues années. On peut dire que les hommes conservent leur nourriture depuis lors, et que le début de ce comportement important remonte à la grotte de Qesem il y a près de 420 000 ans".

Photos:

1. Extrémités de pattes de cerf, conservées dans des conditions simulant celles de leur conservation par les premiers humains dans la grotte de Qesem à l’âge de pierre. Crédit: Ruth Blasco.

2. Marques de coupe sur des os de daim de la grotte de Qesem. Crédit : Ruth Blasco.

3. Dr. Ruth Blasco, au cours d'une analyse d'ossements d'animaux de la grotte de Qesem dans les laboratoires de l'Institut d'archéologie de l'Université de Tel-Aviv.

Photo: Jordi Rosell.

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Université de Tel-Aviv: une étude sans précédent révèle l’industrie du High Tech du Royaume d’Edom il y a 3000 ans

Une étude archéologique sans précédent par son ampleur, dirigée par le Prof. Erez Ben Yosef du Département d'archéologie et de l'Ancien Orient de l'Université de Tel-Aviv, révèle l'histoire de l’émergence du Royaume biblique d'Edom à travers une analyse minutieuse des résidus de l'industrie du cuivre dans la Vallée de l'Arava en Israël et en Jordanie sur une période de 500 ans vers le début du premier millénaire avant notre ère (1300-800 BCE). L’étude, réalisée en collaboration avec l'Université de Californie à San Diego, montre l’essor de ce royaume comme principal producteur de cuivre dans la région, sous l’influence de la conquête égyptienne dans la seconde moitié du 10e siècle avant notre ère, et vient conforter le récit biblique.

Edom1Elle a été publiée le 18.9.19 dans la revue PLOS ONE.

"Certains chercheurs tentent de minimiser l'importance de l'industrie du cuivre dans la région de l'Arava pendant cette période", explique le Prof. Ben Yosef. "Selon eux, elle aurait été le fait d'un rassemblement informel de tribus nomades qui produisait du cuivre de manière temporaire et sporadique. Nos conclusions contredisent ce point de vue et vont dans le sens du récit biblique, selon lequel il existait un royaume dans cette région " … avant qu'un roi ne règne sur les fils d'Israël" (Genèse 34, 31). Les preuves que nous avons trouvés de l’industrie du cuivre dans l’Arava ne peuvent être attribuées qu’à un royaume centralisé et hiérarchisé, c’est-à-dire à ce même Edom biblique".

La haute technologie de l'Antiquité

Le cuivre, utilisé dans l'Antiquité pour fabriquer des outils et des armes, était la ressource la plus précieuse des sociétés de l'ancien Orient. Sa production impliquait un processus complexe, comprenant diverses étapes et nécessitant différents niveaux d’expertise: l'artisan devait construire un four de dimensions très spécifiques, l'alimenter avec une quantité précise d’oxygène et de charbon, le maintenir à une température d’au moins 1 200 degrés Celsius, et ajouter dans le chaudron un mélange complexe de minéraux.

Edom2"C’était la 'haute technologie' de l’Antiquité et, comme aujourd’hui, elle employait des experts consacré à la 'Recherche et au Développement'. Les réalisations technologiques étaient gardées secrètes, et la gestion de l’industrie était directement reliée à l’élite dirigeante. En outre, la mise en pratique de la technologie et l'évolution de sa productivité au fil des ans reflètent des processus sociaux, et les résultats de nos recherches montrent, pour la première fois, quand et comment une société complexe a émergé dans cet espace géographique. Cette société est identifiable à l'Edom biblique, conquise et asservie par le roi David. L'analyse du développement technologique au moyen de modèles d'évolution montre que le changement le plus significatif a pris place à la suite de la conquête de la région par le pharaon Shishak, dans la seconde moitié du 10ème siècle avant JC., peu après la mort du roi Salomon".

Au cours de l'étude, le Prof. Ben Yosef et son équipe ont pratiqué des analyses chimiques et microscopiques de centaines de scories (déchets provenant du processus de production du métal), qui ont montré une nette diminution statistique de leur contenu en cuivre, ce qui signifie un bond dans l'efficacité du processus de production. Les archéologues attribuent cet essor soudain à la campagne militaire du pharaon Shishak, premier événement de la Bible (1er Livre des Rois, chap. 14) également décrit en dehors, sur les murs du temple de Karnak en Égypte.

Un bond technologique sous l'égide de l'Egypte

"Nous avons montré une soudaine standardisation des scories, de la région de Feynan en Jordanie à la vallée de Timna en Israël, c'est-à-dire simultanément sur une superficie d'environ 2 000 kilomètres carrés, qui s'est produite exactement à la période de l'intervention égyptienne dans la région dans la seconde moitié du 10ème siècle avant notre ère", explique le Prof. Ben Yosef.

"La productivité de l'industrie du cuivre dans la région a progressé d'un seul coup, indiquant la mise en place de protocoles de travail précis dans l'objectif d'une production en très grande quantité et avec un minimum d'énergie. Il faut comprendre que l'Egypte de cette époque était peu développée sur le plan économique et que ce n'était donc pas les Egyptiens qui dirigeaient l'industrie: mais ils ont ébranlé le royaume d'Edom, qui était peut-être encore sous la domination d'Israël à cette époque, et lui a fait faire un bond technologique. En tant que consommateur de cuivre importé, l’Égypte avait tout intérêt à rationaliser l’industrie dans l'Arava, et il semble que, grâce à ses relations à long terme avec ce royaume, elle ait servi de catalyseur au processus d'adoption d’innovations technologiques par les Edomites. Ainsi par exemple, le chameau apparait pour la première fois dans la région tout de suite après la conquête de Shishak, et s'avère un moyen d'optimiser le commerce du cuivre dans les zones désertiques où il était produit. En fait, l'intervention de l'Egypte a fait d'Edom la plus grande puissance productrice de cuivre de l'ancien Orient".

 

Crédit photos: Prof. Erez Ben Yosef et la mission archéologique de fouilles de Timna de l'Université de Tel-Aviv

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Les archéologues de l'Université de Tel-Aviv ont découvert comment les hommes préhistoriques dépeçaient les éléphants

Une étude réalisée pendant trois ans par une équipe internationale de chercheurs sous la direction du Dr. Flavia Venditti et du Prof. Ran Barkai du Département d’archéologie et des cultures de l'Ancien Orient de l’Université de Tel-Aviv, et portant sur 107 minuscules éclats de silex datant de 300 à 500 000 ans découverts sur le site préhistoriques de Revadim au centre-sud d'Israël, montre que les premiers hommes utilisaient de minuscules outils recyclés pour le découpage précis des grands animaux, tels que les éléphants. Selon les chercheurs, l'étude, réalisée par des moyens technologiques avancés, témoigne des capacités cognitives et des aptitudes d'adaptation des premiers groupes humains du Levant.

Eclats silex 1Ses résultats ont été publiés le 10 septembre dans la revue Scientific Reports du groupe Nature.

D'après les archéologues, les analyses au microscope des minuscules éclats de silex et des résidus organiques identifiés dessus, montrent qu'il ne s'agit pas de débris résultant de la production d'outils plus grands, mais bien du résultat d'un processus intentionnel et délibéré de recyclage d'outils existant, et qu'ils étaient utilisés par les habitants du site pour un découpage quasi-chirurgicale des éléphants et autres animaux. "Il s'agit d'analyses innovantes d'anciens silex de la période paléolithique inférieure, comprenant des observations microscopiques des marques d'usure (tracéologie ou analyse fonctionnelle) et des résidus organiques", explique le Prof. Barkai. "Nous recherchions en fait des signes d'abrasion, de cassures, de rayures et même des résidus organiques restés dans les replis des éclats de silex, et ce dans le but de comprendre à quoi ils servaient".

La boite à outils des anciens humains

Le site de Revadim, situé entre la ligne montagneuse centrale d'Israël et la plaine côtière sud, est rattaché à la période de l’homo erectus et à la culture acheuléenne, qui prévalait encore en Afrique, en Europe et en Asie jusqu'à il y a 150 000 ans, et était caractérisée par la production standard d'outils de pierre méticuleusement façonnés, tels que les hachereaux et les bifaces utilisés principalement pour le dépeçage des grands animaux. Il est important de noter que l’homme primitif dépendait de la viande et en particulier de la graisse des animaux pour son existence. C'est pourquoi il lui était primordial de dépecer les gros animaux avec soin afin d'en produire toutes les calories possible. Le Prof. Barkai et son équipe ont déjà retrouvé dans le passé, à la fois des traces d'utilisation et des restes organiques sur les gros outils, parfaitement conservés, découverts sur le site de Revadim. Aujourd'hui, pour la première fois, ils montrent que les minuscules éclats retrouvés sur le site avaient eux aussi une utilisation importante, et qu'ils étaient délibérément récupérés à partir de plus gros outils en pierre, inutilisés et abandonnés.

Eclats silex 2"Nos résultats montrent pour la première fois l'utilisation de ces minuscules éclats d'une taille de trois centimètres tout au plus ", explique le Prof. Barkai. "Il s'agit d'outils fabriqués au cours d'un processus de recyclage, les anciens humains prenant des objets en silex hors d'usage et les recyclant à d'autres fins. Pendant des décennies, ces minuscules éclats n'ont pas attiré l'attention des archéologues, qui s'attachaient surtout à l'étude des gros outils de pierre décorés, ciselés, travaillés et impressionnants. Nous montrons ici que les éclats de silex sont eux aussi des instruments délibérément fabriqués qui occupaient une place importante dans la boîte à outils des anciens humains".

Après une étude de trois ans et des analyses au microscope de centaines de minuscules éclats de silex provenant du site de Revadim, les chercheurs en ont retrouvé 107 présentant des signes de leur utilisation pour le dépècement des animaux. Outre les traces d'érosion, 11 des 107 éclats portaient également des résidus organiques, principalement d'os, mais également de tissus biologiques. Des expériences menées avec des copies de ces outils archéologiques réalisées pour la circonstance, ont montré que ces petits éclats étaient très efficaces pour effectuer des travaux de coupe délicats et précis, et qu'ils ne servaient que pendant une période très courte. Apparemment, les petits outils étaient utilisés à des étapes spécifiques de la découpe, qui nécessitaient des opérations précises, telles que la séparation des tendons. On peut supposer qu'ils servaient à côté des outils plus grands pour dépecer les animaux sur le site, entre autre pour le dépeçage des éléphants, principale source de nourriture à Revadim.

Une conscience élevée de l'environnement

"L'image que nous avons des humains primitifs est celle de créatures grossières et maladroites s'attaquant aux animaux avec de gros outils de pierre, qui engloutissaient tout ce qu'ils pouvaient avaler, et allaient dormir après s'être remplis l'estomac. En fait, le processus de dépeçage était beaucoup plus complexe que nous ne le pensions. Les minuscules éclats étaient de petits outils chirurgicaux créés et utilisés spécialement pour la découpe délicate et précise des parties spécifiques du corps de l'éléphant dans le but d'en tirer toutes les calories possible, ainsi que le découpage de parties comme les tendons et la peau. Ces actes reflètent une culture complexe, précise, réfléchie et environnementale. Je suis certain que les humains de l'époque avaient une conscience élevée de l'environnement. Ils recyclaient leurs outils bien avant nous et ne gaspillaient pas la nourriture comme nous le faisons. En fait, ils ne gaspillaient rien. Je suis pour ma part persuadé que c'est cette pensée écologique qui a permis aux anciens humains de prospérer pendant des milliers d'années ".

 

Crédit photos: Dr. Flavia Venditti et Prof. Ran Barkai.

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