Slide background
Slide background
Slide background

nov1

A LA UNE

Les dernières nouvelles de l'Université de Tel-Aviv


events

EVENEMENTS

Aucun événement

video

VIDEOS

vid1

semel uni2

SOUTENIR L’UNIVERSITÉ

Soutenez la recherche et les étudiants


Une chercheuse de l'Université de Tel-Aviv élue Femme de l'année 2019 par Lady Globes

Le Prof. Ronit Satchi-Fainaro, Directrice du Département de physiologie et pharmacologie de l'Université Tel-Aviv et chef du laboratoire de cancérologie et nano-médecine de la Faculté de médecine de l'université, a été désignée comme Femme de l'année 2019 par le magazine Lady Globes. Auteur de recherches pionnières pour la lutte contre le cancer, le Prof. Satchi-Fainaro a récemment mis au point un vaccin révolutionnaire contre le cancer du mélanome qui s'est avéré efficace sur des modèles murins et a généré de nombreux échos dans le monde entier.

Satchi Lady GlobesÂgée de 47 ans, mariée et mère de trois enfants, le Prof. Satchi-Fainaro a fait ses études de licence en pharmacie à l'Université Hébraïque de Jérusalem, avant de s'engager dans un programme d'accès direct au doctorat à l'Université de Londres. Puis, elle a fait son post doctorat à l'Ecole de médecine de l'Université de Harvard, dans le laboratoire du Prof. Judah (Yehuda) Folkman où elle a réussi à développer un polymère fonctionnant comme un "missile à objectif ciblé", qui délivre des médicaments directement sur les tumeurs cancéreuses. Elle travaille à l'Université de Tel-Aviv depuis 2006.

Dans le magazine Lady Globes qui l'a élu Femme de l'année en Israël pour 2019 devant la Présidente de la Cour suprême Esther Hayut et le CEO de la Banque Leumi Rakefet Russak-Aminoach, elle raconte comment elle a été marqué, alors jeune soldate de 19 ans, par le décès de son père atteint d'un cancer de l'estomac, mais qui décèdera finalement de la suite des effets secondaires de son traitement chimiothérapique: "Papa, qui avait un cancer gastrique très violent, a été traité par une chimiothérapie qui a prolongé sa vie, mais l'a également tué en fin de compte. Tout cela est très lié avec ce que je fais aujourd'hui".

La solution viendra du système immunitaire

Trente ans après ce traumatisme, le Prof. Satchi Fainaro est devenue l'une des spécialistes sur le cancer les plus importants d'Israël. Elle dirige le laboratoire de recherche sur le cancer et de nano-biomédecine de l'Université de Tel-Aviv ainsi que le Département de physiologie et de pharmacologie de la Faculté de médecine de l'université. Son CV comprend des dizaines de récompenses internationales, des articles dans les revues médicales les plus importantes et des brevets enregistrés à son nom.

Elle parle de la lutte contre le cancer en termes quasi-militaires: "C'est un combat contre un ennemi qui devient de plus en plus sophistiqué. Le cancer - et il en existe près de 300 aujourd'hui - n'est pas une maladie nouvelle. Certaines personnes pensent qu'il est uniquement lié à la pollution de l'air, au tabagisme ou à la nutrition. Tous ces facteurs peuvent avoir aggravé la situation, mais la maladie elle-même existe depuis très longtemps. Au cours des 20 dernières années la science a réussi à transformer certains cancers en maladies curables. Par exemple, lorsque j'étudiais à Harvard, on enseignait que 10% des patients seulement survivaient à la leucémie. Aujourd'hui le pourcentage s'est inversé, et cette maladie présente 90% de survie".

satchi fainaroCependant, elle ne pense pas qu'il y aura de solution globale au cancer :" Le cancer est terriblement intelligent, il nous trompe constamment. On pense encore que si nous visons juste et tirons le missile avec exactitude la plus grande partie du problème sera résolue, mais cela ne peut pas fonctionner ainsi. Lorsqu'on arrive à lui administrer une concentration de médicaments suffisamment grande le cancer peut mourir, arriver à une situation de suicide cellulaire. Mais si on ne réussit qu'à le déranger sans le tuer complètement, il devient capable de déplacer sa cible, de développer des mécanismes de résistance qui l'aident à survivre, de poursuivre sa division cellulaire, de se déplacer, d'envahir d'autres organes, et de devenir beaucoup plus violent qu'il ne l'était avant que l'on tente de le blesser. C'est une vraie guerre, entre autres, une guerre du renseignement dans laquelle chaque partie tente d'identifier les faiblesses de l'autre. Par conséquent, une partie de notre travail de laboratoire consiste à stimuler le système immunitaire et à faire en sorte qu'il attaque le cancer. C'est ce que nous avons fait pour le vaccin contre le mélanome".

Les agents doubles du système immunitaire

Le Prof. Satchi Fainaro a mis au point une nanoparticule pouvant servir de traitement préventif du mélanome, et à l'avenir également de médicaments pour les tumeurs au premier stade de leur développement, et à l'enrayement des métastases. "Nous avons également découvert l'origine du problème, au moins en partie : certaines cellules du système immunitaire fonctionnent comme des agents doubles, des agents ennemis venant freiner l'activité de l'immunothérapie; une fois que nous les avons identifiés, nous avons pu empêcher leur pénétration dans la tumeur. L'immunothérapie est un réel changement. Elle a détourné notre attention de la tumeur pour la focaliser sur le système immunitaire. Nous nous tournons aujourd'hui vers ce système pour faire en sorte qu'il trouve et attaque les tumeurs que nous ne savons toujours pas caractériser, mais dans lesquelles on peut identifier suffisamment de facteurs défectueux".

Dans le long article de Lady Globes consacré au Prof. Satchi-Fainaro, on peut encore lire qu'elle rêvait de devenir danseuse classique, et qu'elle a dansé sans arrêt depuis l'âge de quatre ans et jusqu'à la naissance de son fils aîné, à l'âge de 32 ans; que la vie de scientifique exige de faire face aux échecs presque quotidiennement, et qu'elle enseigne à ses étudiants de ne pas s'y arrêter et de toujours aller de l'avant; et que l'un des problèmes qui la préoccupent est le plafond de verre dans la carrière scientifique des femmes, qui reste le post-doctorat :."C'est une étape où il faut presque toujours vivre à l'étranger pendant quatre ans ou plus, et il est beaucoup plus difficile pour les époux de se joindre à leur femme que le contraire. Une femme qui accompagne son mari qui fait un post-doctorat y voit généralement une expérience, une opportunité de se réaliser, ainsi que sa famille, au moins jusqu'à ce qu'elle trouve un emploi. Les hommes le prennent beaucoup plus mal. C'est triste, à mon avis, pour les deux côtés. A partir du post-doctorat, le nombre de femmes devient inférieur à celui des hommes. Et ce n'est pourtant pas comme ça au début des études. Dans mon laboratoire, par exemple, 20 chercheurs sur 30 sont des femmes. Aujourd'hui plus de 50% des étudiants en médecine sont des femmes. Cela signifie que quelque chose s'inverse en chemin. Le post-doc est un goulot d'étranglement, mais ce n'est que le début. Là encore, à leur retour en Israël, les femmes ont beaucoup plus de mal à avancer. Dans notre département, nous sommes deux professeurs femmes, pour 25 professeurs hommes".

Autres anecdotes intéressantes: pendant ses loisirs, elle aime courir ("Tout le personnel du laboratoire court ensemble une fois par an pendant le Marathon de nuit de Tel-Aviv"), et elle ne dort que quatre heures par nuit, et est disponible sur Whatsapp et par mail pendant les 20 heures restantes: "Je ne suis pas sûre que ce soit bien", admet-elle, "mais il faut prendre les heures quelque part, et c'est le seul moyen que j'ai trouvé".

 

Tiré du numéro de Lady Globes du 19.09.2019

Crédit photo (du haut): Lady Globes.

j'aime: