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Un professeur et un ancien étudiant de l’Université de Tel-Aviv au centre de la lutte contre le corona à l’honneur pour Yom Haatzmaout

Le Prof. Galia Rahav de la Faculté de médecine de l’Université de Tel-Aviv et Ahmad Blaune, diplômé de l'Ecole des professions de la santé, tous deux au centre de la lutte contre le coronavirus en Israël, allumeront chacun un des douze flambeaux lors de la cérémonie du 72e jour de l'indépendance de l’Etat, qui se déroulera demain soir 28 avril 2020.

Rahav BlauneLe Prof. Galia Rahav est directrice de l'unité des maladies infectieuses de l'hôpital Sheba-Tel Hashomer, et a créé le département de corona de l'hôpital. Elle dirige la recherche clinique dans ce domaine et est partenaire de la première expérience dans le monde pour trouver un nouveau remède contre la maladie.

Ahmad Blaune, diplômé du Département des sciences infirmières de l’Ecole des professions de santé de l’UTA, aujourd'hui infirmier en chef au Centre médical Padeh-Poriya de Tibériade, est l'un des fondateurs du département de chirurgie cardiaque de l'hôpital et l'un des premiers volontaires pour traiter les patients atteints du coronavirus. Ahmad allumera un flambeau avec Yael Vilojni-Azulay de l'unité de prévention des infections de l'hôpital Barzilai, directrice des enquêtes épidémiologiques et conseillère professionnelle du directeur de l'hôpital pour le corona.

Photos: Le Prof. Galia Rahab (Crédit : porte-parole de l'hôpital Sheba) et Ahmed Blaune (Crédit : Mia Zaban, porte-parole du Padeh-Poriya Medical Center).

L’Université de Tel-Aviv imprime des centaines de masques de protection sur des imprimantes 3D pour les équipes médicales

Les professeurs et les étudiants de la Faculté d’ingénierie de l'Université de Tel-Aviv, en collaboration avec ceux de la Faculté des sciences exactes et de la Faculté de physique se sont mobilisés pour imprimer des masques de protection à visière pour les équipes médicales, sur des imprimantes 3D à une vitesse record, afin de pallier la pénurie dont souffrent les hôpitaux et le système de santé en Israël. "En cette période de crise du corona, nous considérons l’engagement comme une obligation civile", a expliqué Danny Berko responsable des projets de premier cycle de la Faculté d’ingénierie, qui dirige le projet.

Yoav Lachini et Erez EtzionLe coronavirus a provoqué une forte demande de masques de protection dans les hôpitaux. Dans le monde entier et en particulier en Chine, au Japon et en Corée du Sud, l'utilisation des masques à visière fait désormais partie intégrante de la routine hospitalière, alors qu'Israël en manque.

La Faculté d’ingénierie de l'Université de Tel-Aviv s’est mobilisée pour trouver une solution rapide et efficace, et a fait fonctionner ses imprimantes 3D à un rythme accéléré, permettant ainsi d'augmenter considérablement la production des masques.

«Une obligation civile»

Pour cet effort de production, Danny Berko, responsable des projets de premier cycle de la Faculté d’ingénierie, qui dirige le projet, a recruté des dizaines de bénévoles: étudiants et diplômés de la Faculté d’ingénierie, l’antenne de l’Association "ingénieurs sans frontières" de l’UTA, les professeurs et étudiants de la Faculté des sciences exactes et de la Faculté de physique sous la direction du Prof. Erez Etzion, Directeur de l'École de physique et d'astronomie, du Prof. Menny Raviv Moshe qui dirige le laboratoire de particules de l'École de physique et d'astronomie et du Dr. Yoav Lachini, spécialistes des matériaux condensés tendres de la Faculté de physique. "En cette période de crise du corona, nous considérons l’engagement comme une obligation civile", explique Danny Berko.

Le masque lui-même se compose d'un support imprimé en 3D, auquel est fixé une visière transparente d’une épaisseur appropriée selon des exigences prédéterminées.

Jusqu'à présent, Environ 400 masques ont été imprimés et fournis à des dizaines de centres en Israël, tels que le centre médical Hillel Yaffe, le Département de maternité du Centre médical Shamir (Assaf Harofe), le Centre de santé mentale Lev Hasharon et bien d'autres.

 

Masques Assaf Harofe

 

Photos:

  1. de droite à gauche: le Dr. Yoav Lachini, Danny Berko et le Prof. Erez Etzion (Crédit: Faculty of Engineering, Tel-Aviv University)
  2. L’équipe médicale de la maternité d’Assaf HaRofe, portant les masques fabriqués par l’UTA (Crédit: Assaf HaRofe Medical Center)

Le corona a ravivé les accusations traditionnelles contre les Juifs, d’après le rapport sur l’antisémitisme dans le monde de l’Université de Tel-Aviv

Le Centre Kantor de l’Université de Tel-Aviv pour l’Etude du judaïsme européen contemporain a rendu public son rapport annuel sur l’antisémitisme dans le monde, en collaboration avec le Congrès juif européen, comme chaque année à la veille de la journée de commémoration de l’Holocauste. Cette année la conférence de presse, qui s’est tenue le 20 avril 2020, s’est déroulée en ligne sur la plate-forme virtuelle zoom. Aux côtés d’une augmentation des incidents antisémites violents graves de 18% par rapport à 2018, les intervenants ont tous relevé l’influence de la pandémie du coronavirus sur la renaissance de l’antisémitisme traditionnel rappelant les accusations de meurtre rituel.

antisemism580 0« Depuis le début de la pandémie du covid19, on note une augmentation significative des accusations selon lesquelles les Juifs, en tant qu'individus et en tant que collectif, sont à l'origine de la propagation du virus ou en profitent directement », a déclaré Moshe Kantor, Président du Congrès juif européen. « Le langage et les images utilisés s’identifient clairement à un renouveau des allégations médiévales de meurtre rituel qui accusaient les Juifs de propager les maladies, d'empoisonner les puits et de contrôler les économies. Si les dirigeants ne réagissent pas aux impacts sociaux et économiques de la crise, les conséquences seront catastrophiques, non seulement pour la communauté juive, mais pour l’ensemble des sociétés et leur avenir ».

«Il existe un grand décalage entre les efforts des gouvernements pour lutter contre l’antisémitisme

et la hausse continuelle de ses manifestations dans les faits»

« Ce fut sans aucun doute une année difficile », a déclaré pour sa part le Prof. Dina Porat, Directrice du Centre Kantor, qui est également historienne en chef du Yad Vashem. « Il existe un grand décalage entre les efforts louables des gouvernements pour lutter contre l’antisémitisme, et la hausse continuelle de ses manifestations dans les faits. Notre principale mission est d’essayer de comprendre cet écart ». Elle ajoute que « si l’épidémie du corona a inspiré un antisémitisme croissant partout dans le monde, nous devons cependant garder des proportions par rapport à ce phénomène, car cette fois les Chinois, par exemple, sont également au centre des accusations ».  

Rapport antisemitisme 2019 3 2016Le Dr. Giovanni Quer, Directeur académique du Centre Kantor, a insisté sur l’importance des réseaux sociaux dans la propagation de l’antisémitisme : « En cette période de confinement, les gens sont sur leurs écrans d’ordinateurs 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Nous appelons les gouvernements à s'impliquer dans le contrôle des réseaux sociaux, car ce qui se passe sur Internet a des conséquences sur la vie réelle ».

Me Arie Zuckerman, Président du comité exécutif du Centre Kantor, note que l’épidémie du corona a exacerbé les tendances nationalistes qui se sont fait jour en Europe et dans le monde : « Ces dix dernières années on relève une nouvelle tendance mondiale de nationalisme et de rejet des étrangers, contrairement à la période précédente d’ouverture. Le corona a accentué encore cette tendance. Les frontières ont été fermées, et les Juifs sont ciblés comme facteurs de diffusion du virus ».

Les Juifs pensent à quitter l'Europe

Le rapport relève que : « Les manifestations d'antisémitisme qui se sont répandues sur fond de la pandémie du coronavirus reflètent les théories du complot juif et la haine anti-juive traditionnelles. Jusqu'à présent, les propagateurs semblent être principalement des extrémistes de droite, des cercles chrétiens ultra-conservateurs, des islamistes et, dans une moindre mesure, des gauchistes radicaux, chaque groupe selon les conceptions et les convictions qu'il s'est construit d’un personnage du Juif diffuseur de maladies et aspirant à conquérir le monde ».

En 2019, les cas graves d'antisémitisme violent ont augmenté de 18% par rapport à 2018 (456 cas en 2019 contre 387 en 2018), sept personnes ont été tuées lors d’attaques antisémites violentes, et dans la plupart des pays, le nombre des manifestations antisémites sous toutes leurs formes a augmenté. Au moins 53 synagogues (représentant 12% des cas) et 28 centres communautaires et écoles (6%) ont été attaqués. Le nombre de menaces de mort a augmenté fortement (de 47%) ainsi que le nombre d'atteintes à la propriété privée (24%).

Rapport antisemitisme 2019 2Le rapport note un retour des stéréotypes antisémites traditionnels, ainsi que le renforcement de l'antisémitisme en provenance de milieux musulmans radicaux et antisionistes, qui ont contribué à propager le discours antisémite, passé des marges de la société au centre du discours public.

Autre tendance alarmante : la perception croissante d'insécurité parmi les Juifs d’Europe. Selon une enquête de la FRA (Fundamental Rights Agency) réalisée en 2019, 41% des Juifs âgés de 16 à 34 ans ont envisagé d'émigrer d'Europe en raison de la montée de l'antisémitisme au cours des 5 dernières années, 67% envisageant d'émigrer en Israël, 21% dans un autre pays hors d'Europe, 11% seulement songeant à rester dans un pays européen. Des résultats similaires ont été obtenus pour le groupe des 35-59 ans. Parmi les Juifs de plus de 60 ans 25% ont envisagé l'émigration, 80% d’entre eux étant enclin à émigrer vers Israël. La décision d’émigration semble être renforcée par la perception que les mesures prises contre l'antisémitisme par les gouvernements sont inefficaces.

En France :

En France, où l'antisémitisme continue de monter en flèche, une nouvelle enquête menée par l'American Jewish Committee (AJC)- Paris a abouti aux conclusions suivantes :

- Près des trois quarts du grand public français (73%) et des juifs (72%) considèrent l'antisémitisme comme un problème qui touche toute la société française.

- 47% de la population globale et 67% des juifs interrogés reconnaissent que le niveau d'antisémitisme en France est élevé, contre 27% et 22% respectivement qui le pensent faible.

- 53% de la population globale est d'accord pour dire que l'antisémitisme a augmenté contre 18% qui pensent qu'il a diminué. Parmi les Juifs, 77% pense qu’il a augmenté et seulement 12% qu'il a diminué.

L’ampleur des attaques antisémites contre la communauté juive de France, la plus importante d’Europe, est alarmante : 70% des Juifs français déclarent avoir été victimes d’au moins un incident antisémite au cours de leur vie ; 64% ont subi au moins une fois des violences verbales antisémites et 23% ont été la cible de violences physiques au moins une fois, 10% d’entre eux affirmant avoir été agressés à plusieurs reprises.

En Allemagne

La fusillade dans la synagogue de Halle, à Yom Kippour le 9 octobre 2019, est devenue un symbole de la recrudescence de l'activité antisémite en Allemagne. En 2019, la police a enregistré 1 839 incidents antisémites de toutes sortes à travers le pays, soit cinq en moyenne par jour (!), faits principalement de néonazis et d’extrémistes de droite. Les manifestations de harcèlements quotidiennes provenant des milieux de l'islam radical n'ont pas encore fait l'objet d'un suivi complet. De plus, des enquêtes ont montré que les connaissances sur l'Holocauste diminuaient et que les élèves juifs des écoles publiques souffraient d'un harcèlement permanent de la part des élèves musulmans.

Aux Etats-Unis

Le rapport note une augmentation du nombre d'incidents violents aux États-Unis en 2019, y compris des coups de feu provoquant des pertes humaines. Certains ont été perpétrés par des individus isolés et sans planification préalable, d’autres ont été inspirés par des idéologies d'extrême droite et de groupes au sein des Noirs hébreux ou de l’organisation Nation of islam dirigée par Louis Farrakhan. La plupart des auteurs d’attaques antisémites violentes graves en 2019 étaient actifs sur Internet, par le biais de réseaux locaux et internationaux dont ces groupes sont membres. L'antisionisme exprimé en termes antisémites s’est renforcé à l'extrême gauche, en particulier en réaction aux relations étroites entre le gouvernement américain et Israël, décriées par les activistes de gauche comme des tentatives des communautés juives, avec le soutien d'Israël, pour prendre le contrôle du gouvernement américain et de sa politique et l’orienter en fonction de leurs besoins.

Points positifs en 2019 :

• La commission spéciale des Nations Unies sur la liberté de religion et de conviction a présenté en septembre devant l'Assemblée générale des Nations Unies un rapport intitulé "Élimination de toutes les formes d'intolérance religieuse", comprenant un avertissement particulièrement grave à la lumière de la montée de l'antisémitisme découlant des idéologies nazies et islamistes.

• L'UE a mis en place un groupe de travail spécial sur l'antisémitisme dans les divers pays d’Europe, afin de les aider à mettre en œuvre des mesures contre la montée continue de l'antisémitisme.

• Le parlement allemand a adopté une décision déclarant que "le raisonnement et les méthodes utilisés par le mouvement BDS sont antisémites". Le Parlement autrichien a pris une décision similaire.

• Le Forum international de l'Holocauste, fondé et soutenu par le Dr. Moshe Kantor, s'est réuni pour la cinquième fois en janvier 2020 au Yad Vashem, sous le haut patronage du Président Reuven Rivlin, au cours d'un événement d'envergure mondiale sans précédent : 52 chefs d'État sont arrivés à Jérusalem et ont déclaré leur engagement à perpétuer la mémoire de l'Holocauste et à lutter contre l'antisémitisme.

« L’augmentation de toutes les formes d’antisémitisme constatée cette année encore dans la plupart des pays du monde à tous les niveaux, privé, public ou politique, doit cependant être mis en proportion, car il existe d’autres cas de groupes qui souffrent actuellement », a conclu le Prof. Porat. « Nous devons nous organiser contre toutes ces manifestations à la fois contre les Juifs et contre les autres minorités, car nous faisons partie de l’humanité ».

 

Photos 2 et 3:

Conférence de presse à l'occasion de la publication du Rapport annuel du Centre Kantor en 2016.

(Source : https://moshekantor.com/)

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Un laboratoire pour les tests de corona mis sur pied en quelques jours sur le campus de l’Université de Tel-Aviv

Les efforts conjugués de chercheurs des Facultés des sciences de la vie et de Médecine, et des services d'ingénierie de l'Université de Tel-Aviv ont abouti en quelques jours à la mise sur pied d’un laboratoire hautement qualifié et sécurisé pour l’analyse des tests de corona sur le campus de l’université.

Labo coverUn visiteur qui se promènerait ces jours-ci sur le campus de l'UTA pourrait par méprise penser que tout est calme et tranquille. Les étudiants suivent leurs cours en ligne de chez eux, et le personnel administratif a été réduit au minimum d’urgence. Mais ce silence est trompeur, car une intense activité se déroule ces derniers jours derrière les murs de l’université.

Il y a deux semaines, une équipe conjointe de chercheurs de la Faculté de médecine et de la Faculté des sciences de la vie ainsi que de facultés parallèles d'autres universités du pays, a entrepris de mobiliser toutes les ressources et le capital humains de l'académie pour les mettre à la disposition du système de santé.

Les étudiants volontaires sur le terrain

Le Prof. Carmit Levy de la Faculté de médecine a coordonné un appel à volontaires pour renforcer les équipes des laboratoires de diagnostic qui ont dû faire face d'un seul coup à une énorme surcharge de travail dans tout le pays. Des centaines d'étudiants chercheurs de toutes les grandes universités d’Israël ont répondu et se sont portés volontaires. Environ 170 d'entre eux ont déjà été intégrés dans divers laboratoires, après une formation adaptée. « Les étudiants ont abandonné toutes leurs activités de recherches, leur travail, leur famille, pour consacrer leur temps bénévolement à renforcer le personnel des différents laboratoires », commente le Prof. Eran Bacharach, de la Faculté des sciences de la vie. « Les laboratoires de l'Université de Tel-Aviv ainsi que d'autres universités du pays, ont prêté du matériel très coûteux aux laboratoires des hôpitaux et des caisses de maladie, pour accélérer le processus des tests, sans même attendre les contrats ou les engagements de recevoir d'autres équipements si les leurs n’étaient plus utilisables à la fin de la crise. Nous comprenons tous qu’il s’agit d’une crise au niveau national, et nous avons d’abord pensé comment aider et apporter notre contribution, en mettant de côté toutes autres considérations ».

Etudiants CoronaAujourd'hui, le pool de volontaires coordonné par le Prof. Levy est déjà présent dans 12 laboratoires, dont ceux des hôpitaux Ichilov, Assaf Harofe, Rambam, Soroka ainsi que dans les laboratoires des centres médicaux (Koupat Holim). Après la fermeture du laboratoire central de l'hôpital Sheba, son équipe ayant dû être confinée suite à une exposition au virus, l'Université de Tel-Aviv a décidé de monter d'un cran. « Nous avons réalisé à quel point la question des tests est critique et nous avons essayé de comprendre de quelle manière l'université pourrait aider dans ce domaine également », explique le Prof. Ariel Munitz de la Faculté de médecine. « C’est ainsi que nous avons eu l'idée de créer un laboratoire de tests corona à l'université elle-même ».

Jusqu'à 2 000 tests par jour

« Ce ne fut pas une décision facile. Nous n’étions pas certains d’obtenir l’approbation du ministère de la Santé, et nous ne savions pas exactement quel était le protocole exigé pour une telle entreprise. Mais nous savions que nous avions toutes les capacités scientifiques et logistiques pour le faire à l'université. Par conséquent, nous avons décidé de nous mettre au travail ».

Labo plan« Le jeudi 19 mars, nous avons rencontré l'équipe de logistique et d'ingénierie de l'Université pour vérifier avec elle si notre vision était réalisable. Ofer Lugassi, Vice-président de l’UTA chargé de l'ingénierie et de la maintenance s'est immédiatement mobilisé en faveur du projet. Ensemble, nous avons planifié le futur laboratoire, en mettant l’accent sur les questions de sécurité. Tout d'abord, la sécurité de l’environnement, par exemple, un accès direct au laboratoire de l'extérieur a été prévu pour les échantillons, de manière à ce qu’ils ne passent pas par les couloirs du bâtiment. Une grande attention a été également accordée à la sécurité des équipes de travail du laboratoire, pour qui nous avons également conçu des postes de travail et des équipements adaptés, ainsi que des aires de repos. Nous sommes partis de zéro, d'un ancien laboratoire qui n'avait que des murs. L'objectif que nous nous sommes fixés était de créer en trois jours un laboratoire capable de traiter jusqu'à 2 000 tests par jour. Transformer un laboratoire de recherche en laboratoire de diagnostic est quelque chose que nous n'avions jamais fait auparavant, mais cela ne nous a pas arrêtés », explique le Prof. Munitz.

"Un travail extraordinaire de tous les partenaires du projet"

« Habituellement, la création d'un laboratoire prend de 4 à 6 mois", explique Ofer Lugassi. « Pour le faire en quelques jours, il a fallu un effort extraordinaire de tous les partenaires du projet, qui ont travaillé 24 heures sur 24, ainsi que la capacité d’adopter des idées innovantes et créatives sur le terrain. Les plans ont été établis au cours du week-end par l'architecte Daniel Zarchi qui nous les a envoyés pour observations. Nous avons travaillé de cette manière interactive pendant tout le week-end, et le dimanche matin, le projet architectural était prêt ».

Labo 1« Dimanche après-midi, nous avons présenté ce plan à la direction de l'université, et demandé un budget pour l'établissement du laboratoire. Le dilemme présenté à la direction n'était pas simple : investir près d’un million de shekels dans un laboratoire qui n'avait pas encore obtenu l’approbation ni même l’accord du ministère de la Santé. Compte tenu de l'état d'urgence nationale, la direction a décidé, après avoir vérifié le niveau de sécurité requis, d'approuver le budget nécessaire à la création du laboratoire ».

« Les services d'ingénierie de l'université ont fait un travail incroyable. Nous avons consulté des architectes qui conçoivent des hôpitaux et réfléchi à l'ensemble du processus, de l’arrivée des échantillons au laboratoire à la façon de travailler et de déplacer des équipes. Le ministère de la Santé a vu nos plans et s'est enthousiasmé ».

A la poursuite de l'inconnu

« Le lundi 23 mars à sept heures du matin, nous avons commencé à évacuer les équipements de l’ancien laboratoire, et en même temps à démolir les murs et à entreprendre une ‘course à la construction’, qui s'est terminée vendredi matin ». « Sans la mobilisation totale de toute l'équipe nous n’aurions jamais pu y arriver », ajoute Ofer Lugassi, pour illustrer la nature inhabituelle du projet. « Nous avons tout évalué et résolu en cours de travail, depuis la construction d'un nouveau plafond, après l'effondrement de l’ancien, chose que nous n’avions pas prévu, jusqu'à la mise en place d’un système de filtration d'air complexe, qui en temps normal, aurait pris environ un mois, et qui a été réalisée du jour au lendemain. Le système mis en place avait été conçu pour un autre projet, mais la société Electra, qui s’est également mobilisée pour aider à la construction du laboratoire, y a apporté les modifications nécessaires dans son usine de Beersheba, où ses équipes ont travaillé pendant 48 heures consécutives, pour que l'unité de filtration puisse être installée dans le nouveau laboratoire ».

Labo 3Après trois jours de travail intense, le laboratoire était prêt pour le contrôle du Ministère de la Santé qui a eu lieu le vendredi matin. L'approbation du Ministère a été obtenue dimanche. A présent, l'équipe Corona continue les préparatifs en vue du traitement des tests eux-mêmes, après quoi le Ministère donnera le feu vert pour les commencer. Pour nous, le processus de création du ‘Corona Lab’ de l'université prouve que ‘A la poursuite de l’inconnu’ n’est pas qu’un simple slogan.

 

 

 

 

 La création du laboratoire étape par étape

Mercredi 18 mars - Une équipe conjointe de chercheurs et chercheuses en médecine et sciences de la vie décide de créer un laboratoire de tests corona à l’université.

Jeudi 19 mars – Contact avec Ofer Lugassi et la division Ingénierie et décision commune d’établir ce laboratoire en une semaine.

Vendredi et samedi 20-21.3 – Etablissements des plans d’architecture.

Dimanche 22 mars, 7 h - Présentation des plans architecturaux approuvés par l’équipe.

Dimanche 22 mars, 10h00 - Présentation du projet à la direction de l'Université et approbation du budget.

Lundi 23.3 - Démolition, achat d'une unité de filtration d'air, construction du système de plomberie.

Mardi 24 mars, 7 h 00 - Déploiement su système électrique et d’éclairage.

Mardi 24 mars, 13h00 – Ecroulement de l’ancien plafond et construction d'un nouveau.

Mercredi 25.3 - Installation du système de climatisation et de filtration d’air.

Jeudi 26.3 - Mise en place des infrastructures de communication, des portes électriques, plâtrage et peinture

Vendredi 27 mars, 12h00 – Contrôle du ministère de la Santé

Dimanche 29 mars, 10 h 00 – Approbation du laboratoire.

 

Photos :

  1. A droite : le Prof. Ariel Munitz, à gauche : le Prof. Eran Bacharach (Crédit : Université de Tel-Aviv)
  2. Etudiants bénévoles à l'hôpital Sheba (Crédit: Hôpital Sheba)
  3. Les plans du laboratoire, établis en un week-end (Crédit : Université de Tel-Aviv)

 

« Surmonter la crise du corona » : l’avis des spécialistes de l’Université de Tel-Aviv

L’Université de Tel-Aviv, en collaboration avec l’Association des Amis américains et des Amis français et francophones de l’Université, a organisé une conférence en ligne multidisciplinaire sur le thème : « Le Corona et moi : surmonter la crise », le lundi 23 mars 2020. Réalisée à partir de l’application Zoom en anglais et animée par le Prof. Bruria Adini Wiesel de l’Ecole de Santé publique de l’université, elle a réuni le Dr. Ella Sklan du laboratoire de virologie moléculaire, le Prof. Aviad Kleinberg de l’Ecole des études historiques et le Prof. Leonardo Leiderman, de l’Ecole d’économie et de l’Ecole de Gestion, permettant ainsi d’aborder à la fois les aspects médicaux de la crise et ses modalités financières et économiques, mais aussi une approche historique et culturelle des pandémies.

coronavirus image« Je suis honoré et fier de vous souhaiter à tous la bienvenue dans le cadre de cet évènement particulier », a déclaré en préambule Amos Elad, Vice-président de l’Université, qui a précisé qu’en raison de la situation actuelle, l’UTA s’adapte à un fonctionnement en mode virtuel, et tous les étudiants suivent leurs cours en ligne depuis déjà la semaine dernière. « Nos chercheurs travaillent 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, en collaboration avec les 17 hôpitaux affiliés à l’université, et avec le Gouvernement, pour tenter de trouver une solution à l’épidémie, et nos étudiants en médecine se sont joints à l’effort national pour augmenter le nombre des tests de dépistage de la maladie à l’objectif fixé de 10 000 par jour ».

Contribuer à la résilience internationale

« Il s’agit du plus grand défi mondial auquel la communauté internationale s’est trouvée confrontée au cours de ses dernières années », relève le Prof. Bruria Adini Wiesel, du Programme de gestion des catastrophes et des situations d’urgence de l’Ecole de santé publique de la Faculté de médecine. « Alors que le monde doit se confiner et que les pays s’isolent, il devient de plus en plus nécessaire de partager et de collaborer étroitement pour arriver à surmonter la crise et vaincre le virus. De telles conférences contribuent à la résilience internationale. Nous devons lutter ensemble ».

EllaSklan« Le covid19 a atteint aujourd’hui 148 pays dans le monde et fait jusqu’à présent plus de 15 300 morts[1] », rappelle le Dr. Ella Sklan. « Nous avons besoin de davantage d’information pour pouvoir faire des prévisions sur l’avenir de cette épidémie. Nous avons devant nous l’exemple de la Chine, qui depuis l’apparition du virus fin décembre dans la ville de Wuhan a réussi au bout de trois mois à pratiquement endiguer la crise, grâce à l’adoption de mesures drastiques et l’arrêt total de l’économie. Mais nous ne pouvons pas nous comporter ainsi dans nos pays démocratiques. Par contre, Singapour, qui a également réussi à contenir l’épidémie, a fait la même chose mais avec une approche différente : dépistage systématique de tous les cas de grippes et pneumonies, isolation des cas infectés, traque méticuleuse des tous les contacts, mise en quarantaine assorties de sanctions graves, tout cela sans fermer ni les écoles ni les entreprises ».

« En revanche, les pays d’Europe, ont eu chacun une approche différente de la crise : l’Allemagne a commencé sa politique de distanciation sociale trop tard, d’où son grand nombre de cas de maladie déclarés. La Grande-Bretagne pour sa part, avait adopté au début la décision de n’isoler que les personnes de plus de 70 ans, partant de l’hypothèse que les autres allaient finir par acquérir une immunité collective. La publication mi-mars du rapport de l’Imperial College, selon lequel une telle stratégie résulterait en des centaines de milliers de morts et un effondrement du système de santé, a amené le gouvernement britannique à un changement de politique ».

Une distanciation sociale indispensable

Quelle est la politique à adopter ? : « La distanciation sociale est indispensable pour éviter que tout le monde tombe malade et soit hospitalisé en même temps. Il est nécessaire 'd'aplatir la courbe' de la propagation du virus, afin que le taux d'infection ne dépasse pas la capacité des systèmes de santé. C'est la seule manière de permettre que toutes les personnes sérieusement infectées soient traitées ».

Quand la crise va-t-elle se terminer ? : « Personne ne sait combien de temps cela va durer. Le gros problème est celui des patients asymptomatiques. L’épidémie durera tant qu’il y aura des personnes à infecter. La seule manière de sortir véritablement de cette crise est le développement de l’immunité, qui se fera soit de manière naturelle une fois que les malades seront guéris et/ou auront développé des anticorps, soit lorsqu'on aura trouvé un vaccin. En parallèle nous devons veiller à ce que les personnes infectées soient le moins impactées possible. Si nous respectons la distanciation sociale, cela devrait se faire au cours des deux prochains mois ».

Aviad KleinbergMais le coronavirus n’est certes pas la première pandémie qu’a connue le monde. Le Prof. Aviad Kleinberg rappelle les épidémies du Moyen-âge, dont la peste noire de 1347, la pire des pandémies médiévale, qui a tué près de 50% des Européens en 5 ans, faisant 25 millions de victimes. « La peste noire a commencé au milieu du 14e siècle et s'est répercutée jusqu'à la première moitié du 19e siècle. Ce fut une tragédie terrible, certaines colonies de peuplement ont été détruites à 100%, notamment en Scandinavie », explique-t-il. « Les premières pandémies sont venues de l’Est. L’Europe du 14e siècle était déjà globalisée. La peste noire est probablement arrivée par la route de la soie, contournant la mer caspienne. Après la Renaissance, le monde a encore connu de nombreuses pandémies de peste et de variole, choléra et autres, jusqu’à la fameuse grippe espagnole de 1918, l’une des épidémies les plus mortelles de l’histoire de l’humanité, qui fut la dernière pandémie mondiale jusqu’au corona ».

Les pandémies du Moyen-âge

Comment la société médiévale se comportait-elle face aux épidémies ? : « Au Moyen-âge, les sociétés n'étaient pas aussi bien organisées qu'aujourd'hui ; il n'y avait pas de gouvernement central pour donner l'instruction d'arrêter l'économie. Il est intéressant de noter que lors des pandémies du 14e siècle, la vie a continué normalement. Ceci a bien sûr contribué à l'expansion de la maladie, mais d'un autre côté l'économie a persisté, alors même que les personnes mourraient. C'est l'âge des grandes explorations géographiques, de la Renaissance. Dans le Decaméron, Boccace décrit d'une manière saisissante les ravages effroyables de la peste noire à Florence, sur toutes les couches sociales de la cité. Les habitants du Moyen-âge avaient l'habitude de côtoyer la mort. La société européenne était alors beaucoup plus résiliente qu'aujourd'hui sur ce point, et c'est ainsi qu’elle a continué à prospérer ».

Leonardo Leiderman« Heureusement pour nous, le monde n’était pas en période de récession économique lorsque l’épidémie s’est déclarée », explique le Prof. Leonardo Leiderman, également conseiller économique en chef de la Banque Hapoalim. « La crise de 2008 était une bulle sur le marché financier. Rien à voir avec la crise actuelle qui se traduit par une paralysie réelle de l’économie ».

Que peuvent faire les gouvernements pour éviter la récession ? : « Alléger le choc économique en déversant des liquidités sur le marché pour ne pas arriver à une panique bancaire similaire à celle de la crise de 1929. C'est ce qu'on fait les banques centrales en 2008, et c'est ce qu'elles sont en train de faire actuellement. Et il est également nécessaire d'ouvrir des lignes de crédit. Le plus gros problème se situe aux Etats-Unis, où le système social et celui de la médecine publique sont quasi-inexistants. De plus, le danger le plus immédiat est évidemment celui du chômage. On ne peut bien sûr pas obliger les entreprises à employer leur personnel, mais alors on se repose sur les assurance sociales, qui aux Etats-Unis sont inexistantes. Il est nécessaire de mettre en place un ensemble global de mesures économiques, et les gouvernements sont en retard sur ce point. La crise de 1929 s'est développée en raison du manque d'action des Banques centrales et des gouvernements ».

Comment allons-nous sortir de cette crise ?

Prof. Leiderman : « Il faut d’abord résoudre le problème médical. En Chine, au Japon, à Singapour, certains secteurs de l’économie ont retrouvé 70 à 80% de leur activité. Le problème restant est celui des marchés extérieurs. La situation de l’Europe, par contre, est très préoccupante. Lorsque nous reviendrons à la normale sur le plan médical, cela prendre encore du temps pour que cela soit vrai également pour l’économie. En Italie, en France, en Espagne, en Allemagne, il faudra un ou deux ans pour que l’économie s’en remette. Certains pays du Moyen-Orient vont être impactés négativement. L'Iran, déjà touché auparavant, va connaitre de plus en plus de problèmes sociaux et économiques. Par ailleurs, la Russie et l'Arabie saoudite se sont livrées récemment à une guerre des prix du pétrole qui a abouti à une chute spectaculaire en Bourse. Pour les pays exportateurs, il s'agit d'un drame supplémentaire. De plus en plus d’Etats vont avoir besoin de recourir à une assistance internationale. Par contre, les pays seront plus intéressés par leur propre situation intérieure que par le reste ».

Prof. Aviad Kleinberg : « Les crises ont bien sûr toujours certaines implications négatives : à l’époque l’explication religieuse a abouti à la recherche des personnes à blâmer, qui étaient alors les Juifs, les femmes etc. Mais il y a aussi un côté positif : le monde a dû évoluer et revoir son système de pensée. Dans les sociétés traditionnelles dominées par la religion, les gens ont commencé à trouver que dieu se comportait bizarrement. Ainsi ont commencé à se développer les premières théories scientifiques. Par ailleurs, l'Europe a cherché des solutions à l'extérieur, et c'est alors qu'ont commencé les grandes explorations. Cette crise a formé l'Europe moderne, plus rationnelle, plus libre, et a marqué la fin de la société traditionnelle. Aujourd’hui c’est une opportunité de repenser nos systèmes de santé, sociaux etc. Les sciences humaines doivent nous aider à affronter ce type de crise, car au-delà des aspects logistiques, elles présentent également des dimensions sociales et éthiques : comment nos sociétés font-elles face ? que vaut notre système social ? comment ne pas dériver vers les problèmes de violence, de persécution des minorités, de dictature politique etc. ? Les sciences humaines peuvent aider les sociétés à affronter ces crises de manière positive ».

La crise ouvrira-t-elle des opportunités positives pour l’économie ?

Prof. Leiderman : « Il est encore trop tôt pour le savoir. Le point positif est que cette crise à occasionné un retour aux fondamentaux : la famille, la santé, la modestie, la solidarité, la communauté, la capacité à restreindre son standard de vie. C’est un éveil collectif. Nous nous rendons peu à peu compte des désastres naturels auxquels abouti le réchauffement global, comme les tsunamis ou les nouvelles maladies pandémiques, et nous nous posons la question : ‘sommes-nous prêts à les affronter en tant que société ?’ »

Peut-on déjà tirer des leçons de cette crise ?

Dr. Ella sklan : « Le monde n’était pas prêt. Le système médical et de santé doit mieux se préparer pour la prochaine fois. J’espère que nous allons en tirer des leçons ».

 

Photos:

1. Le Coronavirus (Shutterstock)

2. Le Dr. Ella Sklan (Crédit: Université de Tel-Aviv)

3. Le Prof. Aviad Klainberg (Crédit: Université de Tel-Aviv)

4. Le Prof. Leonardo Leiderman (Crédit: Université de Tel-Aviv)

 

 


[1] Au jour de la publication de l’article, le nombre est passé à 24 863.