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Le représentant du Vatican à l’Université de Tel-Aviv : « L’Eglise doit faire tout ce qui est en son pouvoir pour lutter contre l’antisémitisme »

Le cardinal Kurt Koch, Président de la Commission pontificale pour les relations avec le judaïsme a présenté lundi 14 décembre à l'Université de Tel-Aviv le nouveau document du Vatican sur l’attitude de l’Eglise catholique envers les Juifs, lors d’un colloque organisée par le Centre Kantor de l’UTA pour l'étude du judaïsme contemporain en Europe, l'American Jewish Committee (AJC) et le Musée de la Diaspora. Le nouveau document, qui affirme entre autre que « L'Eglise doit faire tout son possible pour lutter contre l’antisémitisme », a été promulgué à l’occasion des 50 ans de la déclaration du Concile Vatican II Nostra Aetate rejetant l’accusation des Juifs pour le meurtre de Jésus.

CardinalKochEtaient présent lors de la session d’ouverture le juge Elyakim Rubinstein, vice-président de la Cour suprême d’Israël, le Patriarche latin de Jérusalem Fouad Boutrous Twal, le garde des lieux saints le Père Pierbattista Pizzaballa, le Président de l'Université de Tel-Aviv, le Prof. Joseph Klafter; le rabbin David Rosen, directeur international des relations interreligieuses de l'AJC, le Prof. Dina Porat, directrice du Centre Kantor, et le Prof. Aviad Kleinberg, directeur de l'École d’Histoire de l'UTA.

Le Prof. Dina Porat, qui présentait la soirée, a insisté sur l’importance de cet événement capital dans la voie du resserrement des liens entre l'Eglise catholique, le peuple juif et l'Etat d'Israël et émis le souhait que cette conférence conduise à « un rapprochement des cœurs entre l'Eglise et ses fidèles et les Juifs et leur Etat ».

Le juge Elyakim Rubinstein a rappelé que L’Etat d’Israël s’est engagé à la préservation de la liberté religieuse et à celle des lieux saints. Il s’est avoué « très ému par le nouveau document, mais le défi est de le faire mettre en pratique par chaque prêtre au niveau local. J’ai le privilège de servir à la Cour suprême de l’Etat d’Israël, et mon principal message est que nous devons lutter ensemble pour que les Droits de l’Homme soient appliqués à tous ».

L'UTA donne une voix au dialogue judéo-chrétien

Le Prof. Klafter a insisté sur le fait que le campus de l’UTA est un « symbole de tolérance et de liberté de pensée ». L’Université encourage les études sur les trois religions abrahamiques et « donne une voix au dialogue judéo-chrétien ». Il en veut pour preuve la sortie de la nouvelle publication de l’UTA présentée à cette occasion : "En ces temps-là – Documents et articles sur l’Eglise catholique et le peuple juif au lendemain de la Shoah ", qui propose pour la première fois en hébreu les documents ecclésiastiques fondateurs à la base de la révolution dans l’attitude de l’Eglise envers les Juifs ainsi que des articles sur les relations entre l'Église et les Juifs pendant et après l'Holocauste.

Pour le Rabbin David Rosen, le nouveau document représente une révolution idéologique sans précédent dans l'histoire : « Un peuple qui était rejeté et maudit, est défini aujourd'hui comme le frère aîné aimé de l'Eglise, lié à elle par une l'alliance éternelle, qui n’a jamais été révoquée et ne le sera jamais ».

Le Cardinal Koch a présenté le document lors du symposium organisé le jour suivant. Le texte, d’une douzaine de pages, intitulé « Les dons et l’appel de dieu sont irrévocables - Une réflexion théologique sur les rapports entre catholiques et juifs», est le fruit de deux ans et demi d’intense travail de la Commission pour les relations religieuses avec le judaïsme, et constitue une réflexion théologique relative au dialogue entre juifs et catholiques. En cela, il élargit et approfondit la dimension théologique de la déclaration conciliaire Nostra oetate, qui avait ouvert un nouveau chapitre dans les relations entre le peuple juif et l'Eglise.

"Dieu n'a jamais révoqué son alliance avec le peuple juif"

Le document, qui s’articule autour de sept sections, retrace l’histoire du dialogue judéo-catholique de ces cinquante dernières années, qui a vu les anciens conflits se muer en amitié et en une collaboration fécondes. Il insiste sur les racines juives du christianisme, et « le lien de parenté très étroit et essentiel entre chrétiens et juifs », et parle « d’un dialogue “intra-religieux” ou “intra-familial”» entre eux. Il relève que ces deux traditions de foi « ont pour fondement le Dieu unique, le Dieu de l’Alliance, qui se révèle aux hommes à travers sa Parole » et le caractère définitif de l’alliance entre judaïsme et « L’alliance que Dieu a conclue avec Israël est irrévocable. (…) Pour les chrétiens, la Nouvelle Alliance n’est pas l’annulation ou la substitution des promesses de l’ancienne, mais leur accomplissement ».

La cinquième section,  s’appuyant sur l’interprétation de saint Paul, affirme que : « Dieu a confié à Israël une mission spéciale » et que « les dons et l’appel de Dieu sont irrévocables », titre du document. La sixième section, se référant à la thématique de l’évangélisation des juifs,  conclut que l’Église catholique ne conduit et ne promeut aucune action missionnaire institutionnelle spécifique en direction des juifs. Les chrétiens sont appelés à témoigner de leur foi « avec humilité et délicatesse, en reconnaissant que les juifs sont dépositaires de la Parole de Dieu et en gardant toujours présente à l’esprit l’immense tragédie de la Shoah ».

Enfin, la septième section énonce les objectifs du dialogue judéo-catholique : permettre aux catholiques et aux juifs de se connaître et de s’apprécier de façon plus approfondie, mais aussi la collaboration dans le domaine de l’exégèse, ou encore : « l’engagement commun pour la justice et la paix dans le monde, la préservation de la création et la réconciliation », notamment dans la sphère sociale et caritative. Enfin,  « un engagement commun s’opposant à toutes manifestations de discrimination raciale contre les juifs et toutes formes d’antisémitisme ».

Parmi les autres personnalités et experts qui ont participé au symposium, on peut citer les archevêques Michael Fitzgerald et Elias Chakour, le père Norbert Hofman, secrétaire de la Commission pontificale et le Prof. Eyal Naveh de l’Université de Tel-Aviv.

 

Sur la photo: le cardinal Kurt Koch, le président de l'Université de Tel-Aviv, le Prof. Joseph Klafter et le rabbin David Rosen, directeur international des relations inter-religieuses de l'American Jewish Committee (AJC).

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Nomination historique: un professeur de l'Université de Tel-Aviv à l'Académie royale espagnole

Le Prof. Eléazar Gutwirth du Département d'Histoire juive de l'Université de Tel-Aviv est parmi les 6 universitaires israéliens nommés mi-novembre à la prestigieuse Académie royale espagnole, qui supervise l'évolution de la langue hispanique. Cette décision historique, qui fait entrer pour la première fois dans l'histoire de cette institution des experts de la langue et de la culture des Juifs sépharades a pour but de corriger l'injustice faite à cette communauté évincée de la culture espagnole depuis l'Edit d'Expulsion générale des Juifs d'Espagne en 1492.

drapeauespagnolLe Prof. Eléazar Gutwirth, spécialiste de l'histoire des Juifs sépharades au Département d'histoire juive de l'Université de Tel-Aviv fait partie des six universitaires israéliens et des huit experts étrangers spécialistes de judéo-espagnol qui vont faire leur entrée au sein de la prestigieuse Académie royale, fondée en 1713 sous le règne de Philippe V, qui supervise la langue espagnole. Les chercheurs, élus par les membres actifs de l'Académie au terme d'un processus de sélection de trois ans, en deviendront membres à vie.

Pour Dario Villanueva, directeur de l'Académie royale, il s'agit de corriger une injustice historique qui a exclu au cours des siècles une branche importante de la langue et de l'histoire espagnole du cursus académique du pays. Bien que l'Académie, y compris ses membres et son Conseil d'administration, ne se voient pas comme responsables de l'évolution de la recherche universitaire au cours des trois cent dernières années, ils se considèrent cependant comme garants de son avenir. C'est pourquoi ils jugent important qu'une branche aussi cruciale que la langue judéo-espagnole soit représentée à l'Académie.

Pour lui, il s'agit non seulement d'une nomination historique, mais également d'une reconnaissance de la contribution de la communauté juive à la culture de l'Espagne avant et après 1492.

Les autres universitaires israéliens élus à l'Académie royale espagnole sont deux professeurs de l'Université de Bar-Ilan, le Prof. Moises Orfali, du Département d'histoire juive et de judaïsme contemporain et le Prof. (Émérite) Ora Schwarzwald, du Département d'hébreu et de langues sémitiques, ainsi que les Prof. Aldina Quintana et David M. Bunis de l'Université hébraïque de Jérusalem et le Prof. Jacob Bentolila de l'Université Ben-Gourion du Néguev. Ont également été nommés un professeur italien et un suisse.

Les chercheurs israéliens ont soulevé l'importance particulière de cette décision en ces jours de tentatives de boycott contre les universités israéliennes.

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Danny Gold, créateur du Dôme de Fer : « Mes études à l’Université de Tel-Aviv m'ont rendu plus qualifié et m'ont aidé à prendre des risques plus élevés»

Le Général de brigade de réserve Dr. Danny Gold, titulaires de deux doctorats de l’Université de Tel-Aviv et « père » du système de défense antimissile « Dôme de Fer », revient sur l’apport de l’UTA au déroulement de sa carrière et pour la création de ce dispositif central pour la survie d’Israël. Extraits d’une interview pour le Huffington Post.

DanyG2Le Général de Brigade de réserve des Forces de défense d'Israël Dr. Daniel Gold, Père du Dôme de Fer, le système de haute technologie quasi-invincible de défense aérienne qui abat la grande majorité des roquettes terroristes lancées sur Israël depuis 2010 est aujourd’hui considéré comme un héros national en Israël et par les Juifs du monde entier.

Le Dr. Gold dit avoir énormément appris de Tsahal, l’armée de Défense d’Israël, qu’il a rejoint en 1983 comme ingénieur radio dans le domaine de la guerre électronique et la cyber-guerre : « J’y ai appris la valeur de la recherche intégrée…l’armée israélienne est en perpétuelle percée technologique ». Mais, comme il l’explique, la formation intense qu’il a reçu à l'Université de Tel-Aviv a joué un rôle crucial dans le développement des capacités qui lui ont permis de développer le système technologique qui a sauvé d'innombrables Israéliens de la mort et de la destruction.

DanyGDome «J’ai fait mes études secondaires à côté de l’Université de Tel-Aviv » se souvient-il avec émotion. « Vers la fin, j’hésitais entre des études de génie électrique et  mécanique, de médecine ou une formation vétérinaire ». Heureusement pour Israël, Gold laisse tomber la voie des études vétérinaires et obtient quatre diplômes à l’UTA : une licence, une maitrise et un doctorat en génie électrique (B.Sc, M.Sc et Ph.D. (Elec. Eng.), et un doctorat en gestion Ph.D. (Bus. Man.). Après avoir obtenu ses diplômes à 33 ans, le Dr. Gold retourne dans les rangs des Forces de défense et de renseignement de l'armée israélienne.

Comme il l’atteste lui-même, c’est l’approche multidisciplinaire dans la recherche, valeur fondamentale de la culture académique de l’Université de Tel-Aviv, qui lui a fourni l'occasion de combiner son travail en ingénie électrique avec la gestion d'entreprise, qui a aboutit à la création du système salvateur : « L'armée israélienne n’est bien sûr pas une organisation commerciale. Mais vous avez besoin de savoir comment gérer des équipes et des projets d’ensemble. C’est pourquoi mon doctorat en gestion d'entreprise m'a été plus qu’utile » explique-t-il.

Selon ses dires, ses mentors à l’Université de Tel-Aviv sont ses deux directeurs de thèse, le Prof. Hanoch Ur en génie électrique et le Prof. Shlomo Globerson en gestion d'entreprise, tous deux aujourd’hui professeurs éméritus.  «Mes études à l’UTA m’ont rendu plus qualifié et m'ont aidé à prendre des risques plus élevés. À Tsahal, nous réfléchissons rapidement et nous utilisons des processus ‘triangulaires’ impliquant un développement rapide, à faible coût et de haute qualité. Le développement d’un système de missiles comme le Dôme de Fer relève des mêmes mécanismes cognitifs que l’Art : il met en œuvre l'activité des deux côtés du cerveau simultanément. Dans la phase de conception, on invente le design. Le Dôme de Fer a été achevée en trois ans, alors que la plupart des cycles de développement d'armes prennent de 15 à 20 ans ».

DanyG 2Après 31 ans dans l'armée israélienne et sept années d'études universitaires, Gold crée à présent sa propre entreprise, la Gold R & D Technology and Innovation Limited,  avec des clients et partenaires aux Etats-Unis, en Asie du Sud et bien sûr, en Israël. Il dirige de plus un comité israélien qui travaille à ajouter un Cyber ​​Dôme au Dôme de Fer pour protéger l’ensemble des ressources numériques israéliennes. « Le Cyber ​​Dôme est également destiné à nos partenaires partout dans le monde. Il pourra servir à un pays tout entier, ou bien aux les banques ou aux services publics ».

Selon lui, le Dôme de Fer ne sera jamais obsolète car il est constamment mis à jour. « J'en ai déjà lancé la deuxième génération ». D’après le Dr. Gold, les générations de Dôme de fer devraient se succéder « plus vite que les nouveaux iPhones ...environ tous les neuf mois ».

Le Gen. de Brig. Dr Danny Gold sera honoré par les Amis américains de l'Université de Tel-Aviv lors leur dîner de gala annuel le 8 décembre à New York.

 

D’après une interview publiée dans le Huffington Post : http://www.huffingtonpost.com/billrobinson/israels-iron-dome-by-gene_b_8411436.html

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L’Université de Tel-Aviv parmi les premières en Europe pour le nombre de bourses « Jeunes chercheurs » de l’ERC

Le Conseil européen de la Recherche (ERC) a publié en fin de semaine dernière les lauréats de ses prestigieuses bourses de recherche attribuées à de jeunes chercheurs pour l’année 2015 dans le cadre du programme Horizons 2020. Parmi les 291 bourses allouées, 24 ont été accordées à de jeunes chercheurs israéliens dont 8 de l’Université de Tel-Aviv. L’Université hébraïque suit avec 5 bourses, l’institut Weizman et le Technion ont  obtenus chacun 4 bourses et les universités de Haïfa, de Bar-Ilan et Ben-Gourion une chacune.

Les-chercheurs-israéliens-plébiscités-par-le-Conseil-européen-de-la-recherche 1Le Programme Horizon 2020 du Conseil européen de la Recherche (ERC), organe de l’Union européenne pour la recherche et le développement, est le plus grand programme de coopération scientifique et industrielle dans le monde. Ses bourses peuvent atteindre jusqu’à 1,5 millions d’euros par projet. Israël y participe par l’intermédiaire de la Direction pour la Recherche et le développement Israël-Europe (ISERD), conjointe aux ministères de l’Economie, de la Science, des Finances et des Affaires étrangères, et au comité de la Planification et du Budget du Conseil de l’éducation supérieure.

Les bourses pour jeunes chercheurs (jusqu’à 7 ans après le post-doctorat) sont accordées sur des critères d’excellence et pour des projets novateurs, à des candidats venant de toutes les universités d’Europe. Le taux de réussite est d’environ 10% : cette année, 291 projets choisis sur 2920 dossiers déposés. En nombre absolu, Israël arrive à la 5e place sur 23 pays. A la première place on trouve l’Angleterre et l’Allemagne, avec respectivement 48 et 47 bourses.

4 femmes se trouvent parmi les 24 lauréats israéliens. 20 candidats proviennent des domaines de la Physique, de l’Ingénierie et des Sciences de la vie, et deux des Sciences humaines et sociales.

Notons que dans le classement selon le pays d’origine Israël parvient à la 3e place, à égalité avec la France, alors que l’Angleterre, par exemple, tombe à la sixième place. Ceci s’explique par le fait que le classement par pays prend en compte la mobilité des chercheurs qui se trouvent actuellement à l’extérieur de leur pays d’origine. Cette année, tous les candidats israéliens ayant obtenu une bourse de l’ERC sont basés en Israël.

Les lauréats de l’Université de Tel-Aviv sont : Shira Dvir-Gvirsman (Sciences sociales ), Assaf Nachmias (Mathématiques), Moshé Parnas (sciences de la vie), Ron Peled (Physique), Nathan Shaked (Ingénierie), Eran, shack (Sciences de la vie), Roy Weinstain (Sciences de la vie) et Yossi Yovel (Zoologie).

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Lancement de l’Association des Amis francophones de l’Université de Tel-Aviv en Israël

L’Association des Amis francophones de l’Université de Tel-Aviv a été lancée officiellement lors d’une conférence-débat sur le thème : « L’évolution de l’image d’Israël dans les medias : du sionisme au compassionisme », qui s’est tenue le jeudi 26 novembre dans l’auditorium Jaglom de l’Université de Tel-Aviv.

A01A2122L’auditorium a fait salle comble à l’occasion de cette première rencontre d'une série de conférences-débat en français qui se dérouleront dans le cadre de la nouvelle association. La conférence, animée par le Prof. Jérôme Bourdon, du Département de communication de l’UTA, également chercheur associé au Centre de sociologie de l’innovation à Paris, a été introduite par le Prof Ruth Amossy du Département de culture française, coordinatrice du groupe de recherche ADARR.

A01A2276Après une présentation de l’UTA comme première université de recherche en Israël  et de sa place dans le monde, le Prof. Amossy a introduit Agnès Goldman, spécialiste internationale de relations publiques, qui vient de faire son alyah et préside l’association. Celle-ci a à son tour exposé les activités futures de la nouvelle organisation, qui comprendra entre autre une rencontre mensuelle avec un professeur de l’Université  d’un département différent à chaque fois et des tours organisés du campus.

La conférence elle-même a retracé les grands traits de l’évolution de la couverture d'Israël dans les média français, avec des comparaisons internationales, de 1948 à 2008, illustrés par des extraits du documentaire: « Israël-Palestine, l'emprise des images ». Son titre : « du sionisme au compassionnisme » marque le passage d’une période où le sionisme était une idéologie nationale favorablement « exportée » vers l’Europe à une culture où la compassion tient une place centrale et où l’on assiste à une sorte de « concurrence des victimes », dont les bénéficiaires, depuis le tournant de 1967, sont les Palestiniens.

Un test de Rorschach

A01A2283Selon le Prof. Bourdon, le conflit Israël-Palestine est une sorte de test de Rorschach sur lequel chacun projette son bagage personnel, issu d’un héritage culturel lourd, nourri non seulement par l’actualité, mais aussi par les récits de voyage, les documentaires, la littérature populaire, les talk-shows et même la bande dessinée. Il décompose l’histoire de l’évolution de la couverture médiatique d’Israël en deux périodes. Lors de la première (de 1948 à 1967), Israël tient l’avant-scène. Son image positive passe par celle du Sabra, le « nouveau juif », qui s’oppose au juif diasporique et symbolise la renaissance d’une nation. Le Prof. Bourdon relève les consonances à cette période entre les thèmes européens et israéliens : la colonisation (alors positive) et la fructification du désert, le renouveau technologique, le kibboutz, société idéale qui séduit la gauche.

Le témoignage de la Shoah, mis en exergue par le procès Eichmann, auquel assistèrent non moins de 150 correspondants étrangers, dont Anna Arendt et Frederic Pottecher, favorise l’empathie envers le récit de la renaissance d’une nation vu comme un miracle. La légitimité de l’histoire d’Israël est alors acceptée et validée.

Le tournant de 1967

A01A2247Vient le tournant de 1967, moment-clé du point de vue du changement de l’image d’Israël, dont le symptôme est la conférence de presse du Général de Gaulle le 27 novembre 1967. La guerre des Six jours éveille l’éblouissement devant l’exploit militaire, mais marque également un changement de lexique : on voit apparaitre le couple antithétique occupation/ résistance. Les correspondants de presse, jusque là basés à Tel-Aviv, déménagent à Jérusalem et braquent leurs regards vers les Palestiniens, qui passent à l’avant-scène, reléguant le récit de la renaissance de la nation juive au second plan. Ceux-ci apparaissent sous trois images principales : le réfugié, la victime et le combattant. Arafat devient à partir de 1968 la principale icône de ce combat. Cependant, les attentats des Jeux Olympiques de Munich en 1972, au cours desquels onze athlètes israéliens sont assassinés, marquent également l’apparition du terme de terroriste associé aux Palestiniens.

Enfin, le Prof. Bourdon distingue entre l’image dans les média et l’opinion publique, mesurée par des enquêtes. Jusqu’en 1967, celle-ci est massivement pro-israélienne dans le monde. Actuellement, d’après des sondages de l’année 2010.2011, environ 25% de la population en Europe est ouvertement pro-palestinienne, 70% pensant que les responsabilités du conflit sont à égalité entre les deux parties, ou ne se prononçant pas. Néanmoins, seulement 6% de la population européennes de ces sondages donne tort aux Palestiniens. Aux Etats-Unis, la tendance s’inverse. 63% de la population pense qu’Israël à raison contre 15 à 25% qui donnent raison aux Palestiniens.

La conférence, fortement appréciée par le public, a été suivie d’un riche débat avec la salle.

A01A2264La prochaine rencontre aura lieu le 28 décembre, avec le Prof. Israël Finkelstein, autour du thème : « Archéologie et histoire de Jérusalem à l’époque biblique ». Sont également prévues des conférences sur la Startup nation (en janvier), l’architecture Bauhaus, et même une visite du cinéaste Claude Lelouch.

Le Département de communication de l’Université de Tel-Aviv a été créé en 1995. Il regroupe 500 étudiants de licence, maitrise et doctorat et propose une filière de formation professionnelle pratique en collaboration avec l’Ecole de journalisme Koteret.

Le Prof. Jérôme Bourdon a été pendant dix ans chercheur à l’Institut national de l’Audiovisuel à Paris avant de faire son alyah et de rejoindre le Département de communication de l’Université de Tel-Aviv en 1996. Il est spécialiste de l’histoire de la télévision et a écrit plusieurs ouvrages dont Le récit impossible. Le conflit israélo-palestinien et les médias (De Boeck, 2009), Du service public à la télé-réalité, une histoire culturelle des télévisions européennes (INA, 2011), Television Audiences Across the World (Palgrave, 2014).

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