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L’Union européenne et l’Université de Tel-Aviv commémorent la Journée internationale de la Shoah

Une vingtaine d’ambassadeurs ont participé aujourd’hui 28 janvier 2019 à un événement conjoint de l’Union européenne et du Centre Kantor pour l’Etude du judaïsme européen contemporain de l’Université de Tel-Aviv à l’occasion de la commémoration de la Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l’Holocauste, en la présence du Prof. Joseph Klafter, Président de l'université, du Président de l’Agence juive, Isaac Herzog, de l’Ambassadeur de l'Union européenne en Israël, Emanuele Giaufret, et de Me. Arie Zuckerman, Président du conseil d'administration du Centre Kantor. Le Prof. Dina Porat, directrice du Centre Kantor, a présenté une conférence sur le thème: « L'antisémitisme aujourd'hui : analyse et méthodes pour le combattre ».

yomhashoahgiaufretporatklafterHerzogParmi les pays participant on comptait entre autre la France (représentée par son Ambassadrice Hélène Le Gal), l’Autriche, l’Allemagne, le Danemark, la Hongrie, la Suède, la Slovaquie, la Finlande, l'Irlande, la Belgique, la Bulgarie, la République tchèque, la Lettonie et la Slovénie.

« C’est un plaisir de vous souhaiter à tous la bienvenue dans notre université », a déclaré le Prof. Joseph Klafter, qui a remercié l’ambassadeur Emanuele Giaufret pour sa décision de tenir la conférence à l’Université de Tel-Aviv. Précisant que l’évènement était chargé de sens pour lui personnellement, en tant que représentant de la deuxième génération de survivants de la shoah, il a souligné la participation de l’Université de Tel-Aviv dans les efforts pour « lutter contre la réémergence de ce mal absolu », notamment sa collaboration à la publication du catalogue des politiques de lutte contre l’antisémitisme issu de la conférence internationale « Fin à l’antisémitisme » tenue l’an dernier à Vienne par le Congrès juif européen.

"L'antisémitisme est une attaque contre les valeurs mêmes de l'Union européenne

L’ambassadeur de l’Union européenne en Israël a pour sa part souligné le devoir moral de l’Union de commémorer l’Holocauste, «  et de traduire cette commémoration en actions pour lutter contre l’antisémitisme. Comme l’a bien exprimé Amos Oz dans son roman Une histoire d’amour et de ténèbres, les Juifs étaient les seuls véritables patriotes européens de l’époque, et l’Europe les a éjectés. Nous ne pouvons pas changer l’histoire, mais nous pouvons faire en sorte que nos descendants de connaissent pas de période aussi sombre ». Relevant que toutes les enquêtes publiées récemment soulignent que les Juifs ne se sentent pas protégés en Europe, il mentionne cependant les mesures adoptées par l’UE pour combattre l’antisémitisme. « Nous ne devons jamais oublier les leçons de l’Holocauste. L’Union européenne et Israël doivent lutter ensemble pour protéger les communautés juives. L’antisémitisme est une attaque contre les valeurs mêmes de l’Union européenne, contre nous tous ».

YomhashoahHeraogGiaufretporat« La montée de l’antisémitisme en Europe et aux Etats-Unis est devenue un vrai problème de nos jours », déclare Isaac Herzog, Président de l’Agence juive. « Toutes les sources montrent qu’il s’agit bien d’une montée régulière et non pas d’un phénomène présentant des hauts et des bas. Il est parallèle à l’ascension conjointe de l’extrême droite et de l’extrême gauche qui se servent de la haine contre les Juifs comme outil politique. Nous respectons les efforts des gouvernements européens pour faire face à ce problème sur le plan législatif, mais la mise en application de la définition de travail de l’antisémitisme proposée par l’Alliance Internationale pour la Mémoire de l’Holocauste et adoptée le 1er juin 2017 par le Parlement européen reste encore un défi ». Soulignant également l’aggravation dramatique du sentiment d’insécurité des Juifs d’Europe, il insiste sur l’importance de la protection des communautés contre la violence mais aussi de l’éducation contre l’antisémitisme à instiller aux jeunes Européens.

"Les Juifs perdent peu à peu le sentiment d'appartenance à un continent pour lequel ils ont tant donné"

Emettant le vœu qu’un tel évènement devienne une tradition, Arie Zuckerman souligne qu’il n’y aura bientôt plus de témoins vivants pour raconter, et que nous devrons « de plus en plus nous confronter au déni de l’Holocauste et lutter contre ceux qui tentent de transformer les bourreaux en victimes. Il faut bien comprendre que la shoah n’a été possible que parce qu’il y a eu une collaboration locale, sinon on ne pourra empêcher que cela recommence », a-t-il déclaré. Il relève également l’importance de l’éducation de la nouvelle génération, y compris des immigrants pour «  arrêter le phénomène non pas seulement au niveau des gouvernements, mais chez les populations, avant qu’il ne soit trop tard. Dans la plupart des pays européens, l’enseignement de la shoah ne fait toujours pas partie du cursus éducatif ».

Yomhashoahtable rondeLa passionnante conférence du Prof. Diana Porat comportait tout d’abord une analyse de la situation de l’antisémitisme en Europe, puis une revue des mesures prises pour lutter contre. « Un pourcentage croissant de Juifs d’Europe envisagent de quitter le lieu où ils vivent pour se rendre ailleurs, parfois dans le même pays. C’est ce qu’on appelle un exode interne. Les juifs perdent peu à peu le sentiment d’appartenance à un continent pour lequel ils ont tant donné ».

Selon le Prof. Porat, un des facteurs de base expliquant cette situation est l’ignorance. « Nous sommes 74 ans après l’Holocauste. La troisième génération née après la guerre est exposée à un flux incessant d’informations sur toutes sortes de sujets, et a de moins en moins conscience de cette période de l’histoire. Il s’agit d’une ignorance rampante contre laquelle il est très difficile de lutter ».

Elle souligne également l’influence des média sociaux, où l’anonymat permet de déverser les sentiments les plus laids ; la violence verbale et l’hostilité entre les groupes qui caractérise tous les niveaux de la vie sociale : « Les groupes extrémistes n’aiment pas tout ce qui n’est pas comme eux : Juifs, musulmans, homosexuels, Roms etc. On ne peut isoler l’antisémitisme de l’environnement global. Il existe aujourd’hui une combinaison des groupes extrémistes, extrême-gauche, extrême-droite, islamistes et autres qui se manifeste contre tout ce qu’ils n’aiment pas ».

La seconde partie de son intervention portait sur les réalisations de la lutte contre l’antisémitisme, en dépit de toute cette situation : la conférence de Vienne de février 2018 qui a abouti à une définition opérationnelle de l’antisémitisme intégrant l’antisionisme adoptée par le Parlement européen, l’importance des débats soulevés dans tous les pays autour de l’adoption de cette définition, la déclaration de l'UE sur la sécurité des communautés juives et la lutte contre l'antisémitisme, la multiplication dans le monde entier des enquêtes sur la situation de l’antisémitisme, qui implique l’allocation d’énormes budgets prouvant la reconnaissance du problème…

La conférence a été suivie d’un débat montrant l’intérêt des ambassadeurs présents pour la lutte contre l’antisémitisme dans leurs divers pays.

 

Photos: Yossi Zweker.

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