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L'Ambassadrice de France en Israël au Forum des Ambassadeurs de l'Université de Tel-Aviv sur les défis de l’Europe et de la France en 2017

"Le changement de climat politique en Europe", tel était le thème principal abordé par l'Ambassadrice de France, Hélène Le Gal, lors de son intervention dans le cadre du Forum des Ambassadeurs de l'Université de Tel-Aviv, le 25 janvier 2017. Au cours d'un enrichissant atelier-débat ouvert au public présidé par le Prof. Raanan Rein, vice-président de l'Université, et animé par Yves Wahl, directeur du Département de culture française, l'Ambassadrice a présenté et analysé avec clarté les grandes lignes de la diplomatie actuelle française.

ConfHLGLe Forum des Ambassadeurs de l'Université de Tel-Aviv reçoit une fois par mois depuis sept ans des diplomates de haut niveau qui débattent de sujets internationaux, comme l'a rappelé le Prof. Rein dans son allocution de bienvenue à l'Ambassadrice. "Alors que l'antisémitisme et l'islamophobie se développent aujourd'hui dans le monde occidental, la mission de l'Université de Tel-Aviv est de construire des ponts entre les cultures au lieu de murs", a-t-il souligné.

Vers la fin de la globalisation ?

Hélène Le Gal est spécialiste des affaires africaines et européennes. Elle a débuté sa carrière à l'Ambassade de France à Ouagadougou en 1988 et a été conseillère pour l'Afrique à la présidence de la République de 2012 à 2016. Elle a entretemps occupé divers postes à l'étranger notamment à Madrid, auprès de l'Union européenne à Bruxelles, et comme Consule générale de France au Québec de 2009 à 2012. Elle a déjà été en poste en Israël comme première secrétaire d'Ambassade de 1994 à 1998.

"2016 a été une année de changement majeur pour l'Europe" a souligné l'Ambassadrice. Les mutations qui se sont opérées dans le monde constituent des défis très importants pour l'Europe qui a dû faire face à la crise économique et au problème des réfugiés, provoquant la montée des partis populistes et le développement de discours anti-globalisation. "Après l'antagonisme est-ouest puis nord-sud, on a vu apparaitre celui entre les partisans de la globalisation et ceux du repli sur soi" a-t-elle relevé.

Selon l'Ambassadrice, l'Union Européenne a été attrayante à la fin de la guerre froide: "C'était une période d'euphorie et tout le monde voulait rejoindre l'UE". Aujourd'hui, la situation internationale a changé. Certains pays, comme la Turquie et la Russie, retournent vers leur "sphère impériale". "Les peuples voient la globalisation comme une menace pour leur identité. L'opinion publique a peur et pense qu'elle sera mieux protégée par les frontières nationales que par une organisation internationale".

Sommes-nous donc à la fin de la globalisation ? Pour l'Ambassadrice, l'un des grands défis auxquels l'Europe doit faire face est le Brexit. La raison principale pour laquelle le Royaume-Uni a adopté cette politique est l'opposition de la majorité des Britanniques à la libre circulation des personnes. "Le Brexit 'dur' était le désir des Britanniques; mais ils ne garderont pas la seule libre circulation des biens" relève l'Ambassadrice. Le résultat va être une séparation radicale d'avec l'Europe: "Le Royaume-Uni va devoir chercher d'autres marchés, par exemple les Etats-Unis, d'où ses récents changements de politique, notamment en ce qui concerne la région où nous nous trouvons".

"L'Europe doit se renforcer intérieurement pour être plus forte par rapport à l'extérieur"

Le défi suivant abordé par l'Ambassadrice a été celui des migrants : "Les Etats européens sont divisés sur cette question. La plupart des migrants ont cherché asile en Allemagne et en Scandinavie, et les autres pays n'ont pas voulu accepter d'égale répartition entre les Etats. L'Europe n'était pas institutionnellement préparée à répartir un tel afflux de personnes".

En mars, rappelle Hélène Le Gal, l'Europe fêtera le 60e anniversaire du Traité de Rome. Selon l'Ambassadrice, elle doit faire plus pour la sécurité, à commencer par le contrôle des frontières extérieures :" L'Europe doit montrer qu'elle a de fortes frontières vers l'extérieur pour pouvoir les ouvrir à l'intérieur. Il n'y a pas suffisamment d'intégration au niveau des services de renseignement et des polices nationales, et il est facile pour les terroristes de passer d'un pays à l'autre. D'autre part, après le Brexit, la France va devenir le seul pays de l’UE capable d'envoyer des forces à l'extérieur de ses frontières. Nous sommes plus proches que les Etats-Unis des régions dangereuses dans le monde et nous devons être capables d'intervenir sans eux. Peut-être devrons-nous disposer d'une force européenne commune. Bref, nous devons nous renforcer intérieurement pour être plus forts par rapport à l'extérieur".

Troisième défi majeur auquel l'Europe et la France doivent faire face: celui de la crise des valeurs: "La France est la 5e puissance économique du monde, mais elle doit faire face à une crise identitaire. Comment donner espoir à une population qui pense que ses enfants ne vivront pas aussi bien qu'elle ? Les gens ont peur de ce qui est étranger. De plus, les Français ont tendance à se défaire des personnes qui ont porté la responsabilité de la crise : ceux qui  émergent des primaires sont de nouveaux acteurs".

Israël-France: "La culture est la base de nos relations"

Sur la politique française hors d'Europe, l'Ambassadrice précise que la France met l'accent sur deux régions, l'Afrique et le Moyen-Orient: "Notre première priorité a été la Syrie, où nous menons une intervention militaire contre  Daech. La deuxième est l'Iran. Nous avons été l'un des pays les plus fermes dans la négociation sur la question nucléaire. Mais nous pensons qu'il est mieux d'avoir un accord que pas d'accord du tout. Quant à la crise israélo-palestinienne, elle dure depuis trop longtemps. Sur le long terme, le conflit est un cancer qui détruit à la fois les Israéliens et les Palestiniens. Les deux parties ne se parlent plus entre elles. Israël a des relations officieuses avec les pays voisins, mais ce ne sont pas de vraies relations diplomatiques, et c'est ce qui est important. Nous espérons qu'il y aura une nouvelle initiative de Washington qui sera enfin couronnée de succès ".

Quant aux relations bilatérales entre la France et Israël, Hélène Le Gal est optimiste. Ces relations se situent à la fois dans le domaine de la sécurité, de la coopération régionale, de l'économie et de la culture. Sur le plan de la sécurité et de la lutte contre le terrorisme et les cyber-attaques, la coopération est forte: "il y a peu de pays qui aient la même expérience qu'Israël dans ce domaine", remarque-telle. La France et Israël ont également des possibilités d'action commune dans des pays comme l'Egypte ou la Jordanie. "Et l'on pourrait également appliquer ces modèles de coopérations trilatérales à d'autres régions du monde comme l'Afrique". Sur le plan économique, la coopération se fait principalement dans le champ de l'innovation: "Israël est la nation startup, et la France devient la nation startup de l'Europe". Enfin, c'est surtout sur le plan culturel, cinéma, littérature etc. que les relations fleurissent le mieux: "Israël et la France sont deux pays dans lesquels la culture compte dans la société. C'est la base de nos relations".