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L'Université de Tel-Aviv réalise un atlas mondial des reptiles pour améliorer leur protection dans la nature

Une équipe internationale sous la direction du Prof. Shai Meiri du département de zoologie et du Musée Steinhardt d'histoire naturelle de l'Université de Tel-Aviv a réussi à cartographier plus de 10 000 espèces de reptiles - crocodiles, serpents, lézards et tortues, soit 99% des espèces connues dans le monde. Les chercheurs espèrent que leur étude qui vient compléter l'Atlas de l'ensemble des vertébrés de la planète permettra d'améliorer la protection des reptiles dans la nature.

La recherche a été publiée mi-octobre dans la revue Nature Ecology & Evolution.   

Reptiles1L'atlas des reptiles est le fruit d'une mission qui a duré plus d'une décennie, réalisée par une équipe de 39 chercheurs du monde entier, y compris le Dr. Uri Roll, ancien chercheur de l'Université d'Oxford, actuellement à l'Université Ben Gourion du Néguev. Il vient compléter la carte mondiale existante de la répartition des 31 000 espèces animales dans le monde, dont environ 5 000 mammifères, 10 000 oiseaux et 6000 amphibiens.  Au-delà de son importance scientifique, cette cartographie complète des reptiles de la planète révèle les régions de fragilité de leur biodiversité, et l'inadaptation des programmes de conservation existant aujourd'hui.

"Des vertébrés souvent insaisissables qui souffrent de préjugés voire de persécutions"

"La cartographie des reptiles était considérée comme trop difficile à aborder", explique le Prof. Meiri. Contrairement aux autres espèces animales, dont l'emplacement a été consigné dans quelques ouvrages complets dans le passé, les reptiles eux, n'ont jamais fait l'objet d'un repérage systématique. "Mais grâce à une équipe d'experts sur les lézards et les serpents de certaines des régions les plus mal connues du monde, nous avons réussi à atteindre nos objectifs et à contribuer à la conservation de ces vertébrés souvent insaisissables qui souffrent de préjugés défavorables voire de persécutions".

Shai MeiriPour produire ces informations, les chercheurs ont dû passer en revue des milliers de livres et d'articles, ainsi que les bases de données des musées dans le monde. A partir de toute cette information sporadique, ils ont  créé une cartographie complète et détaillée.

"Dans un monde où la nature est de plus en plus victime de mauvais traitements de la part de l'homme, cartographier la répartition des espèces animales est une tâche importante, car pour préserver les animaux, planifier et constituer des réserves naturelles, enquêter sur leur mode de vie et les facteurs qui les mettent en danger on doit avant tout savoir où ils vivent".

Les reptiles constituent un groupe hétérogène qui comprend des animaux très différents allant des lézards geckos nains d'une longueur de 20 mm ne pesant pas plus qu'un dixième de gramme, aux crocodiles qui peuvent mesurer jusqu'à 6 à 7 mètres et dont le poids peut atteindre une tonne, en passant par les tortues et les serpents. Les reptiles adaptent leur comportement en fonction des conditions environnementales et régulent eux-mêmes leur température (généralement autour de 30 degrés mais qui peut parfois atteindre 40 degrés et plus). Leur peau est recouverte d'écailles, et ils constituent un facteur important de l'écosystème, à la fois comme prédateurs et comme proies, comme disséminateurs de graines etc.

2000 espèces découvertes au cours de l'étude

Selon les chercheurs, la cartographie de leur habitat a mis en lumière la nécessité d'adapter les programmes de préservation animale existants qui ne les protègent pas suffisamment. Un bon exemple est le groupe des lézards, qui comprend plus de 6500 espèces (par comparaison, on connait actuellement dans le monde quelque 6000 espèces de mammifères). Or la plus grande diversité d'espèces de lézards se trouve dans les régions arides et subdésertiques, à l'inverse des oiseaux, mammifères et amphibiens dont le nombre diminue à mesure que l'on s'éloigne de l'équateur, et est particulièrement bas dans les déserts. Les programmes de conservation actuels se concentrant sur les zones de vie de l'ensemble des espèces ne protègent pas adéquatement les lézards dont la répartition est différente. Selon les auteurs de l'étude, il serait possible de répartir les ressources de manière à mieux protéger les reptiles sans pour autant nuire aux autres espèces.

Reptiles2L'étude a de plus permis de découvrir plus de 2000 espèces de reptiles: "Nous devons mettre nos informations à jour tous les trois ou quatre mois", explique le Dr. Roll. "Cela rend le travail très difficile et complexe".

Dans près d'un an, les chercheurs ont le projet de publier une base de données sur Internet qui comprendra des cartes de répartition de tous les reptiles qui ont été cartographiés. Sa mise à jour s'arrêtera pour le moment en août 2015; les nouveaux venus devront attendre. "Nous travaillons actuellement sur la prochaine version de cette base de données, qui comprend déjà plus de 200 espèces supplémentaires".

Israël pour sa part, se caractérise par une grande richesse d'espèces de reptiles,  certaines endémiques ou quasi-endémiques, c'est-à-dire dont la répartition naturelle dans le monde se limite au seul pays, ou à ses environs immédiats. C'est le cas par exemple d'espèces rares comme le lézard ou la vipère du Mont Hermon.

Selon les chercheurs, des mesures nombreuses et complexes seront nécessaires pour préserver les reptiles en Israël et sur terre en général: "Nous devons réfléchir à une politique plus rationnelle de protection de nos animaux, et mieux caractériser les lieux où ils vivent et leurs exigences pour continuer à exister au fil des ans. Il est primordial de sensibiliser le public à la profonde importance de la préservation de la nature  même dans ses aspects moins familiers comme celui des reptiles".