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Neurosciences

La fatigue ralentit l'activité de notre cerveau, selon une étude de l'Université de Tel-Aviv

D'après une étude internationale menée sous la direction du Dr. Yuval Nir de la Faculté de Médecine et de l'Ecole de Neuroscience de l'Université de Tel-Aviv, et du Prof. Itzhak Fried de la Faculté de médecine de l'UTA et de l'Université de Californie à Los Angeles (UCLA), des neurones de notre cerveau perdent de leur réactivité lorsque nous manquons de sommeil, affectant nos capacités de reconnaissance des objets, de perception et de mémoire. Les chercheurs espèrent que les résultats de leur étude pourront dans l'avenir servir de base à des tests de fatigue sur les routes, équivalent des alcotests.

tired driverL'étude a été réalisée en collaboration avec les Prof. Chiara Cirelli et Guilio Tononi de l'Université de Wisconsin-Madison, le doctorant Amit Mermelstein de l'Ecole des Neuroscience de l'Université de Tel-Aviv, le Centre médical Sourasky à Tel-Aviv ainsi que d'autres équipes de recherche à Paris et UCLA.

Elle a été publiée le 6.11 dans la prestigieuse revue Nature Medicine.

" Des études récentes indiquent que plus de 20% des accidents de la route sont liés à la fatigue pendant la conduite. Par ailleurs 28% des conducteurs ont déclaré s'être véritablement endormis au volant au cours de l'année dernière ", déclare le Dr. Nir. " Lorsque nous sommes privés de sommeil, nous n'arrivons souvent pas à réagir efficacement à ce qui se passe autour de nous. Dans certaines situations, par exemple pour les personnes travaillant dans les tours de contrôle des aéroports ou en salle d'opération, les erreurs qui en découlent peuvent avoir des conséquences catastrophiques. Cependant, jusqu'aujourd'hui, on ne savait pas clairement comment la privation de sommeil affecte l'activité neuronale de notre cerveau".

Des réactions aux images plus lentes, plus faibles et plus longues 

Pour examiner les mécanismes neurologiques expliquant nos réactions déficientes lors de la privation de sommeil, les chercheurs ont profité d'une occasion exceptionnelle : l'intervention au cours de laquelle des patients épileptiques subissent une implantation d'électrodes dans le cerveau, dans le but de localiser la zone cervicale déclenchant leurs crises. Douze patients hospitalisés à  l'hôpital de l'Université de Californie pendant une semaine pour l'enregistrement de leur activité cérébrale se sont portés volontaires pour la recherche et, dans certains cas, sont restés éveillés toute la nuit.

Dans le cadre de l'étude, des images de personnages et de lieux célèbres leurs ont été présentés, et ils ont été invités à les classer aussi rapidement que possible, afin de vérifier leur état d'éveil. L'équipe a enregistré en tout l'activité électrique de près de 1500 neurones du cerveau, au cours d'une série de plus de 30 essais.

Yuval Nir"L'étude a révélé que les réactions des sujets aux images sont devenues plus lentes, plus faibles et plus longues que d'habitude pendant période de privation de sommeil ", explique le Prof. Fried. "Nous avons pu montrer que dans ce cas les réactions de neurones isolés du lobe temporal, zone associée à la perception visuelle et à la mémoire, se sont modifiées à cause de la fatigue".

Une mesure objective du niveau des ondes de sommeil

"Il est important de souligner qu'il ne s'agit pas de 'micro-sommeils', les yeux fermés, ce qu'on appelle communément 'piquer du nez' ", ajoute le Dr. Nir. "Ici des parties spécifiques du cerveau des  personnes observées se sont tout simplement endormies pendant qu'elles regardaient les images face à elles ".

La vision exceptionnelle de l'activité cérébrale humaine rendue possible par cette étude révèle comment la privation de sommeil affecte non seulement les processus de prise de décision et de contrôle musculaire, mais aussi les processus préalables de reconnaissance des objets, de perception et de mémoire. Dans cette optique, l'étude constitue une base future pour la mesure de la fatigue au volant.

"Quand nous sommes fatigués, des ondes cérébrales similaires à celles du sommeil 'envahissent' notre activité cérébrale à l'état de veille bien avant nous ne tombions vraiment endormis, ou tout simplement fermions les yeux", conclut le Dr. Nir. " Il découle de là que la fatigue au volant est aussi dangereuse que la conduite en état d'ivresse. Nous espérons que cette nouvelle étude pourra servir de base à la mesure objective du niveau des ondes de sommeil qui vont en s'accentuant, comme les alcotests qui mesurent la concentration d'alcool dans le sang, avant que cette fatigue ne mettent nos vie en danger".

 

Cet article a été publié sur Siliconwadi.fr sous le titre: "Recherche: Comment la fatigue ralentit l'activité du cerveau"

La fin du bachotage grâce aux chercheurs de l'Université de Tel-Aviv ?

Une équipe de chercheurs sous la direction Dr. Nitzan Censor de l'École des sciences psychologiques et de l'École des neurosciences de l'Université de Tel-Aviv a identifié un mécanisme cérébral d'apprentissage rapide et efficace qui pourra dans l'avenir nous dispenser des fastidieux  processus de mémorisation "par cœur". D'après eux plusieurs expositions à des flashs courts à plusieurs jours d'intervalle ont les mêmes effets sur la mémoire que des heures de répétition.

memoire3Selon les chercheurs, l'étude, récemment publiée dans la revue Nature Neuroscience, pourra avoir des implications de grande envergure pour l'ensemble du domaine des stratégies d'apprentissage.

 "Nos résultats remettent en question toutes les approches et théories reconnues d'apprentissage et de mémorisation", explique le Dr. Censor. "Nous avons tous été habitués depuis l'enfance à l'idée que pour apprendre une certaine matière, comme l'algèbre, ou acquérir une certaine technique, par exemple jouer du piano, il faut mémoriser, ou s'entrainer et pratiquer de manière répétée, car 'c'est en forgeant qu'on devient forgeron'. Notre étude a révélé un autre mécanisme d'apprentissage beaucoup plus rapide et tout aussi efficace".

Trois fois dix secondes devant l'écran

L'étude est partie d'un test visuel couramment utilisé dans le monde dans les laboratoires. Quelque 70 participants en bonne santé et âgés de plus de 18 ans, ont été exposés à une variété de stimuli visuels affichés sur un écran sous forme de flashes de quelques millisecondes, et ont ensuite été questionnés sur ce qu'ils ont vu: les lignes étaient-elles droites ou inclinées? Quelle lettre avez-vous distingué? Et ainsi de suite. Au cours du test, qui a duré environ une heure, le souvenir de la tâche s'est encodé dans leur cerveau. La question que nous nous sommes alors posée était: quel est le moyen le plus efficace d'améliorer la performance des participants ou, en d'autres termes, de renforcer leur perception visuelle?

NitzanCensor"Dans la plupart des études qui utilisent ce test, les participants viennent au laboratoire jour après jour, afin de pratiquer de manière répétée, des centaines voire des milliers de fois; et après un certain temps, on vérifie leurs performances", explique le Dr. Censor. "Nous avons procédé différemment. Après la rencontre initiale, pendant laquelle le souvenir s'est encodé dans leur cerveau, nous avons invité les sujets à trois reprises, à quelques jours d'intervalle; à chaque visite nous les avons exposés à cinq flashes d'une durée de quelques millisecondes chacun, de sorte qu'ils n'ont ne sont resté devant l'écran que pendant environ 10 secondes à chaque fois ". L'hypothèse des chercheurs, basée sur des études antérieures menées sur des animaux, étaient que les flashes courts réactivaient le mécanisme de la mémoire dans le cerveau, produisant ainsi un apprentissage sans pratique longue et fastidieuse. En outre, dans la mesure où l'exposition avait lieu à plusieurs jours d'intervalle, le cerveau aura eu le temps d'assimiler l'apprentissage, y compris pendant le sommeil.

Pour les étudiants ...

comme pour le traitement des lésions cérébrales

Pour vérifier leur hypothèse, ils ont effectué un test de synthèse examinant les "progrès" des participants dans l'exécution de la tâche. Les résultats ont été surprenants: la courbe d'apprentissage et les performances des sujets exposés uniquement à des flashs courts à plusieurs jours d'intervalle n'ont été aucunement inférieures à celles des participants qui ont pratiqué cette même tâche pendant des heures, jour après jour. Dans les deux cas, la performance s'est améliorée d'environ 20% à 30%.

"Nos résultats pourront avoir des implications de grande envergure pour l'ensemble du domaine des stratégies d'apprentissage", conclut le Dr. Censor. "Si de courtes stimulations de la mémoire suffisent à activer et à améliorer l'ensemble du réseau mémoriel qui a été encodé dans le cerveau, il sera possible de développer dans l'avenir des stratégies d'apprentissage beaucoup plus économiques et efficaces que celles qui sont couramment employées aujourd'hui, et ce à des fins très différentes: d'une part pour des personnes en bonne santé, comme les étudiants qui fréquentent le système éducatif, et de l'autre pour réhabiliter les fonctions des personnes atteintes de lésions cérébrales. Après cette étude qui traitait de tâches visuelles, nous menons actuellement une recherche similaire sur la mémoire motrice pour découvrir les mécanismes cérébraux responsables de ce type d'apprentissage.

Les personnes coléreuses sont plus enclines à souffrir de troubles mentaux, selon une étude de l'Université de Tel-Aviv

D'après une étude menée par le Dr. Gadi Gilam de l'Ecole de psychologie et de l'Ecole des neurosciences de l'Université de Tel-Aviv, sous la direction du Prof. Talma Hendler, il existe un lien entre l'activité de la zone du cerveau qui régule la colère et le risque de développer des symptômes post-traumatiques comme les troubles du sommeil, l'anxiété, la mauvaise humeur et l'irritabilité. Selon les chercheurs, l'étude, réalisée en collaboration avec les Dr. Eyal Fruchter et Keren Ginat du Service de santé mentale de l'armée israélienne, fournit la base d'une future thérapie cérébrale en particulier pour les troubles impliquant une colère incontrôlable.

Colere2Elle a été publiée dans la revue Psychological Medecine.

La colère est une émotion puissante courante dans les situations interpersonnelles qui peut s'exprimer sous forme d'accès de violence verbale ou physique envers l'environnement. Il est donc constamment nécessaire de la réguler et de l'adapter aux normes sociales. Une colère incontrôlée, qui peut prendre la forme de crises de fureur, est le symptôme d'une variété de troubles psychiatriques, comme par exemple le syndrome de stress post-traumatique (TSPT, ou en anglais PTSD, Post-traumatic Stress Disorder). Il s'agit d'un trouble d'anxiété causé par l'exposition à un événement grave, stressant, pénible ou effrayant impliquant une menace physique ou émotionnelle pour la vie ou le bien-être de la personne. Si l'exposition est continue, on parle de "stress chronique", phénomène qui peut également se développer dans des situations telles que les périodes d'examen, un travail stressant 24 heures sur 24 ou une situation économique difficile et continue.

Un lien entre la réponse du cerveau à la colère

et les symptômes post-traumatiques

"Nous avons examiné la relation entre la zone du cerveau qui contrôle la colère dans les conflits sociaux et sa capacité à la réguler, et le risque de développer des symptômes de TSPT, comme les troubles du sommeil, les pensées d'anxiété récurrentes, la mauvaise humeur et l'irritabilité" explique le Dr. Gilam.

Gadi GilamPour ce faire, les chercheurs ont mesuré par IRMF (imagerie par résonance magnétique fonctionnelle) l'activité cérébrale de 29 soldats servant dans des unités de combat, au début de leur période de classes et un an plus tard, à la fin de leur formation de combattant, durée pendant laquelle ils sont confrontés à des situations extrêmes telles que la privation de sommeil et des défis de survie. "Les efforts mentaux et physiques continus qui sont exigés d'eux sont susceptibles de causer un phénomène de stress chronique, voire de trouble de stress post-traumatique", explique le Dr. Gilam. "Par ailleurs, nous avons examiné l'activité cérébrale de 17 jeunes d'âge similaire qui se sont portés volontaires pour une année de service (avant leur service militaire), également à deux moments, au début et à la fin de la période".

L'activité cérébrale a été mesurée au laboratoire du Centre d'étude pour le fonctionnement du cerveau de l'Université de Tel-Aviv, alors que les sujets participaient à un jeu conçu pour éveiller la colère, comprenant notamment des propositions de répartition d'argent entre deux joueurs. Un des deux joueurs (acteur professionnel formé pour la circonstance) présentait à son concurrent des propositions délibérément injuste (un montant plus important pour le proposant), accompagnées de commentaires verbaux énervants (tels que "Ne pleurniche pas"). Les sujets savaient qu'ils participaient à une expérience mais n'étaient pas conscients de la manipulation qu'ils subissaient. Par ailleurs, les chercheurs ont vérifié si les sujets présentaient des symptômes post-traumatiques par un questionnaire, dans lequel on leur demandait, par exemple d'évaluer sur une échelle de 1 à 5 à quel point ils souffraient de difficultés à s'endormir / de rêves perturbateurs récurrents / de transpiration / de palpitations cardiaques etc.

Deux zones du cerveau

"Nous avons constaté, chez les répondants qui ont réagi davantage par conciliation, acceptant plus d'offres et gagnant ainsi plus d'argent, et qui ont parallèlement déclaré avoir ressenti moins de colère, une hyperactivité de la zone située au centre du lobe préfrontal intérieur (Ventromedial Prefrontal Cortex, vmPFC). Cette zone est responsable, entre autres, du contrôle et de la régulation de l'émotion. En d'autres termes, l'activité de cette zone est liée à la réduction de la colère et à la prise de décisions plus mesurées. Par contre, nous avons constaté que les sujets qui ont réagi plus agressivement, rejetant toutes les propositions et signalant plus de colère, présentaient une hyperactivité du noyau appelé Locus Coeruleus LC, qui sécrète le neurotransmetteur norépinephrine, en particulier lors de situations stressantes, et est connu pour être impliqué dans les comportements agressifs".

Colere4La seconde expérience a été menée un an plus tard, c'est-à-dire à la fin de la formation de combat / année de service. "Nous voulions examiner si la période difficile traversée par les soldats affectait leur réponse cérébrale à la colère" explique le Dr. Gilam. "Nous avons tout d'abord constaté à travers les questionnaires que les soldats présentaient une augmentation de symptômes post-traumatiques, mais pas les civils. Nous avons ensuite découvert que les soldats qui avaient une activité de la zone vmPFC plus forte au premier point de l'étude, c'est-à-dire ceux qui présentaient une meilleure capacité de régulation de la colère, avaient moins de symptômes post-traumatiques la deuxième fois (à la fin de la formation de combat). En outre, nous avons remarqué que plus l'activité de la zone LC était élevée, c'est-à-dire plus l'implication de cette zone était grande en réponse à la provocation générée au cours du jeu, plus les soldats éprouvaient de symptômes post-traumatiques.

Les bases d'une future thérapie cérébrale

Selon les chercheurs, ces résultats montrent que les personnes qui parviennent à mieux réguler la colère possèdent un risque plus faible de développer des symptômes post-traumatiques. Autrement dit, elles font mieux face au stress chronique. "Nous avons trouvé un marqueur cérébral qui indique la sensibilité aux troubles psychiatriques. En même temps, nous avons constaté que la réponse du cerveau à la colère augmente avec le stress chronique et accompagne le développement des symptômes. C'est peut-être la raison pour laquelle les patients présentant des troubles PTSD souffrent d'irritation agressive".

"En conclusion, si nous pouvions améliorer la capacité de régulation de la colère et peut-être même d'autres émotions, nous pourrions rendre les personnes plus résistantes au stress chronique et à ses effets négatifs. En d'autres termes, l'étude fournit la base d'une future thérapie cérébrale, en particulier des troubles impliquant une colère incontrôlable. Nous examinons actuellement dans le cadre d'une poursuite de l'étude, en collaboration avec le Dr. Rani Abend de l'Institut national de la santé mentale, NIMH, aux Etats-Unis, la possibilité d'utiliser la stimulation électrique pour augmenter l'activité de la zone vmPFC de sujets sains afin de réduire la colère et l'agressivité.

L'Université de Tel-Aviv lance deux centres d'entrepreneuriat innovants dans le domaine des neurosciences

L'École des Neurosciences de l'Université de Tel-Aviv a lancé deux centres internationaux de recherche et d'entreprenariat pour permettre aux jeunes chercheurs de développer et mettre en œuvre leurs idées pionnières dans le domaine du traitement des maladies et lésions cérébrales ainsi que des méthodes d'apprentissage avancées. Une première en Israël et dans le monde.

EntreprenariatNeurosciencesLe premier, BrainBoost, centre d'entreprenariat pour la résolution des problèmes du système nerveux, créé avec le soutien de l'industriel Sami Sagol, mettra l'accent sur le développement de nouveaux outils pour le traitement des diverses maladies et lésions cérébrales.

Le second, Minducate, foyer d'entreprenariat dans le domaine des sciences de l'apprentissage, établi à l'initiative de TAU online, centre pour l'innovation dans l'apprentissage de l'UTA dirigé par Yuval Shraibman, examinera comment la recherche en neurosciences est en train de remodeler l'avenir de l'apprentissage, et travaillera à promouvoir la vision de l'apprentissage personnalisé.

Encourager les jeunes chercheurs à devenir des entrepreneurs

"Nous pensons que l'université est la source la plus prolifique du développement des technologies révolutionnaires, qui ont le pouvoir de changer l'avenir", explique le président de l'université, le Prof. Joseph Klafter. "Mais jusqu'à présent la plupart des idées novatrices nées dans les laboratoires de recherche sont incapables d'en sortir, et restent enfermées entre les murs de l'université".

Dana BaronPour relever ce défi et créer un pont essentiel entre le monde universitaire, l'industrie et la société, le Dr. Dana Baron, directrice du développement et des relations avec l'industrie de l'Ecole des neurosciences de l'UTA a construit un modèle novateur,  pionnier dans le domaine en Israël et dans le monde, basé sur l'encouragement à l'entreprenariat des jeunes chercheurs en neurosciences à l'intérieur même de l'université. Les deux nouveaux centres créés sur la base de ce modèle encourageront les jeunes chercheurs, immédiatement après leur doctorat, à devenir des entrepreneurs et à transformer leurs idées en produits et en solutions réelles.

Parmi les 65 chercheurs de 28 pays à travers le monde ayant soumis des propositions au centre BrainBoost, cinq ont été sélectionnées, dans les domaines du traitement de la maladie de Parkinson, des lésions résultant d'accidents vasculaires cérébraux, de la dépression, de la maladie d'Alzheimer et de l'autisme. Le Centre Minducate pour sa part a reçu près de 30 propositions, provenant pour la plupart de chercheurs Israéliens étudiant dans des universités à l'étranger et souhaitant revenir en Israël. Les cinq projets sélectionnés concernent l'amélioration des problèmes de langue et de dyslexie à l'aide de la réalité augmentée, l'intégration de robots dans de petits groupes d'apprentissage, un système basé sur l'intelligence artificielle pour des cours à audience multiples, l'impact des technologies numériques sur les compétences de vie et l'intégration de l'apprentissage, et la signature cervicale de l'apprentissage.

Reconstruire les modèles d'apprentissage sur la base des recherches en neurosciences

Les 10 jeunes chercheurs sélectionnés (7 femmes et 3 hommes, dont 2 chercheurs étrangers et 3 Israéliens citoyens de retour), auront accès aux nombreuses ressources dont dispose l'Ecole: 1500 chercheurs et 150 laboratoires de recherche dans 8 facultés de l'Université de Tel-Aviv et dans tous les hôpitaux affiliés et près de 30 entreprises industrielles israéliennes et internationales.

Ils travailleront dans le cadre d'un laboratoire de l'UTA, recevront une bourse de deux ans, et seront suivis par un instructeur de l'université et un mentor de l'industrie dans le domaine concerné. De plus, ils bénéficieront d'un programme d'enrichissement varié dans le cadre de l'université, qui comprendra des séminaires professionnels, des ateliers sur l'entrepreneuriat et le leadership ainsi que des réunions avec des représentants de l'industrie et des fonds d'investissement, qui les orienteront vers les besoins du marché et de la société. En été 2017 ils participeront à un atelier sur l'entrepreneuriat à Heidelberg, en Allemagne, en coopération avec des étudiants du Humain Brain Project de l'Union européenne.

Yuval Shraibman"La capacité incroyable du genre humain à apprendre et à mettre en pratique est à la base du progrès humain, mais la manière dont nous apprenons n'a pas évolué depuis de nombreuses années" dit Yuval Shraibman, PDG de TAU Online, le centre pour l'innovation dans l'apprentissage de l'Université de Tel-Aviv. "La révolution numérique "perturbe" les anciens modèles et de nouveaux surgissent à leur place. Nous sommes fiers d'être à l'avant-garde et parmi les premières universités dans le monde à créer un centre de recherche destiné à reconstruire des modèles d'apprentissage personnalisé basés sur la recherche dans le domaine des neurosciences".

uri ashery"Nous sommes convaincus que le lien entre l'entreprenariat et l'Université est impératif, et nous pensons que les prochaines grandes idées qui changeront le monde nous attendent dans les laboratoires des universités de recherche", a déclaré le Prof. Uri Ashery, directeur de l'Ecole des Neurosciences. "Les centres d'innovation que nous avons mis en place constituent un pas très important pour le développement d'une prochaine génération de chercheurs-entrepreneurs, qui saura briser les frontières du milieu universitaire, et mènera des avancées importantes pour le bien l'humanité toute entière".

AVC: une nouvelle avancée grâce aux chercheurs de l'Université de Tel-Aviv

Le Prof. Roy Mukamel et le doctorant Ori Ossmy de l'Ecole de psychologie et de l'Ecole des neurosciences de l'Université de Tel-Aviv ont montré qu'une personne peut entrainer sa main faible et l'améliorer, même sans l'exercer de manière volontaire, en 'trompant' le cerveau par l'utilisation de la technologie de la réalité virtuelle. Selon les chercheurs le nouveau dispositif pourra à l'avenir être utilisé pour aider les victimes d'AVC à récupérer le fonctionnement de leurs membres.

AVCrealitevirtuelleL'étude a été publiée dans la revue scientifique Cell Reports.

"Le processus de réhabilitation des victimes de lésions cérébrales en général, et celles d'accident vasculaire cérébral en particulier, est actuellement basé sur l'entrainement actif de l'organe affecté", explique le Prof. Mukamel. "La difficulté est que l'organe, par exemple la main, est très affaibli à la suite de la lésion neurologique, et donc la progression est ardue, épuisante et lente. Dans notre étude, menée à ce stade sur des groupes de sujets en bonne santé, nous avons cherché à examiner d'autres moyens d'améliorer les performances de la main, sans avoir à l'activer de manière volontaire".

Quand la main gauche sait ce que fait la droite...

Dans une première étape, on a remis à 18 sujets des lunettes de réalité virtuelle, dans lesquelles on leur présentait des mains virtuelles comme une extension naturelle de leur corps, dont les mouvements étaient contrôlés par les chercheurs grâce à un logiciel particulier. Par ailleurs, les participants ont revêtu des gants équipés de détecteurs de mouvement, qui permettaient aux chercheurs de suivre les actions de leurs vrais doigts. Dans cette situation, ils ont dû effectuer une tâche qui consistait à exercer leur main droite à réaliser une séquence donnée d'attouchements des doigts par le pouce.

Au cours l'entrainement, les chercheurs ont renversé l'image présentée aux sujets dans les lunettes : pendant qu'ils exerçaient leur main droite, on leur a présenté virtuellement leur main gauche, effectuant le mouvement en temps réel. Un examen pratiqué en fin d'entrainement a révélé que la dextérité de la vraie main gauche des participants, qui ne s'était pas du tout déplacée au cours de l'exercice, s'était nettement améliorée, selon l'indice défini pour l'étude: une augmentation de 15% du nombre d'exécutions exactes de la tâche en 30 secondes.

RoyMukamelDans la deuxième phase de l'étude, les chercheurs ont ajouté un deuxième dispositif: on a demandé à 18 nouveaux patients de poser les deux mains sur un appareil qui les empêchait de déplacer volontairement  la main gauche, mais la faisait bouger de manière automatique en fonction des mouvements de la main droite. En d'autres termes, le patient entraînait sa main droite de manière volontaire, et la main gauche imitait ses actions avec exactitude, mais d'une manière complètement passive.

"Cette combinaison des deux techniques, la vision de la réalité virtuelle et le mouvement passif de la main gauche, a donné les meilleurs résultats", explique le Prof. Mukamel. "Les performances de la main gauche après un entrainement combiné se sont améliorées de près de 30%, bien que dans la pratique la personne n'ai entrainé physiquement que sa main droite."

Une activité neuronale dans le lobe pariétal

Dans la troisième phase de l'étude, les chercheurs ont examiné l'activité du cerveau de 18 patients supplémentaires pendant l'exécution de la tâche, en utilisant la technologie d'IRMf (imagerie fonctionnelle par résonance magnétique). Ils ont constaté une activité neuronale claire dans la région du cerveau appelée le lobe pariétal, qui est impliquée dans le traitement de l'information sensorielle et la perception spatiale. En outre, le degré d'activité observé dans les lobes pariétaux sur les deux côtés du cerveau pendant l'exercice était indicatif du degré d'amélioration de l'exécution de la tâche par la main gauche, toujours en l'absence d'entraînement physique actif et volontaire de cette main.

 "Nos résultats pourront servir de base au développement de thérapies innovantes pour les patients atteints de lésion neuronale d'un des deux côtés du corps (hémiparésie), par exemple suite à un accident vasculaire cérébral", conclut le Prof. Mukamel. "Il est possible que les technologies fondées sur cette nouvelle approche permettent dans l'avenir à ces patients d'améliorer les fonctions de leur main atteinte en entrainant leur main saine, exercice plus aisé et plus pratique. Il s'agit d'une méthode d'entrainement indirecte qui utilise la réalité virtuelle pour« tromper » le cerveau."

L'étude a pour le moment été réalisée sur des sujets sains. Les chercheurs travaillent actuellement à un projet dans le prolongement de celui-ci portant sur des patients atteints de lésions cérébrales en processus de réadaptation, pour  tester si la méthode qui a bien fonctionné chez des sujets en bonne santé, pourra aider ces patients à améliorer le fonctionnement de leur membre affecté en entrainant l'autre.

 

Cet article a été publié sur Siliconwadi.fr sous le titre: "Université de Tel-Aviv: récupérer après un AVC grâce à la réalité augmentée"

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