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UNIVERSITE DE TEL-AVIV: vers un test sanguin pour le diagnostic de l'Alzheimer ?

Un groupe de chercheurs israéliens et américains dirigé par le Prof. Ilana Gozes de la Faculté de médecine et de l'Ecole des neuroscience de l'Université de Tel-Aviv a identifié un biomarqueur qui pourra conduire au diagnostic précoce de la maladie d'Alzheimer par un test sanguin simple et fiable, permettant la mise en place d'une thérapie préventive.

illana-gozes 3L'étude, à laquelle ont participé Anna Malishkevitz de l'Université de Tel Aviv, le Prof. Judith Aharon-Peretz du Centre médical Rambam de Haïfa, et les Prof. Gad Marshall, Reisa Sperling et Aaron Schultz de l'Université Harvard, a été publiée en novembre dernier dans la revue Journal of Alzheimer Disease.

Actuellement, le diagnostic de la maladie d'Alzheimer se fait par un processus long et complexe, basé sur des tests subjectifs évaluant la mémoire, les capacités cognitives et fonctionnelles et les modifications comportementales des patients; dans certains cas sont également effectuées des simulations cérébrales spécifiques coûteuses, et même des tests invasifs du liquide céphalo-rachidien.

La nouvelle découverte des chercheurs de l'Université de Tel Aviv, du Centre médical Rambam et de l'Université Harvard est susceptible de conduire à une percée importante pour le diagnostic de la maladie. Il s'agit d'une protéine, l'ADNP, dont le niveau augmente de manière caractéristique dans le sang chez les patients atteints d'Alzheimer. « Nous espérons que dans l'avenir, notre découverte pourra être utilisée pour développer un test sanguin simple permettant de diagnostiquer cette maladie grave dès ses débuts», a déclaré le Prof. Ilana Gozes.

Un lien entre protéine ADNP et quotien intellectuel

La protéine ADNP a été découverte il y a 15 ans dans le laboratoire du Prof. Gozes. « Lors de précédentes recherches, nous avons montré que cette protéine et ses dérivés protègent le cerveau de diverses maladies», explique-t-elle. «Dans la présente étude, nous avons décidé d'examiner pour la première fois s'il existe un lien entre son expression dans le sang du patient et ses capacités cognitives».

La fascinante étude s'est déroulée en trois étapes: au cours de la première un groupe de 40 adultes, d'un bon niveau éducatif et en bonne santé a été examiné à Boston, aux Etats-Unis. Les sujets ont entre autres subi des tests de QI, et des échantillons de leur sang ont été prélevés et envoyés au laboratoire de l'Université de Tel-Aviv. Le résultat a été surprenant: plus le quotient intellectuel des sujets était élevé, plus le taux d'ADNP dans leur fluide sanguin était important.

La deuxième expérience, également menée à Boston, s'est concentrée sur la quantité d'amyloïde dans le cerveau de ces mêmes sujets, visualisée au moyen de techniques perfectionnées d'imagerie médicale. «L'amyloïde est une substance protéique qui s'accumule dans le cerveau des patients atteints d'Alzheimer, mais se trouve souvent de même, en quantité moindre, chez les sujets en bonne santé», explique le Prof. Gozes. «Nous avons cherché à comparer la quantité d'amyloïde dans le cerveau et l'expression de l'ADNP dans le sang des patients". Ici aussi, les tests de laboratoire effectués à l'Université de Tel-Aviv ont montré un lien clair entre les résultats: plus la quantité d'amyloïde dans le cerveau était élevée, plus le matériel génétique ARN associé à l'ADNP diminuait dans les globules sanguins.Hhuit fois plus chez les patients atteints d'Alzheimer

Huit fois plus chez les patients atteints d'Alzheimer

«Les deux premières expériences, menées sur des adultes en bonne santé, ont montré une adéquation entre le niveau dans le sang de l'ADNP et ses dérivés et les caractéristiques associées aux capacités cognitives du patient», déclare le Prof. Gozes. «En d'autres termes: plus les capacités cognitives sont élevées, plus le niveau d'ADNP augmente».

Dans une troisième étape, menée au Centre médical Rambam de Haïfa, les chercheurs ont testés également des personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer. L'étude de Haïfa a porté sur 43 sujets au total: 11 personnes en bonne santé dotées d'un niveau cognitif normal, 15 avec une déficience cognitive légère et 17 atteintes de la maladie d'Alzheimer. Et là une surprise sensationnelle attendait les chercheurs: « Dans les globules blancs des patients atteints d'Alzheimer nous avons trouvé une quantité d'ADNP 8 fois plus grande que chez les autres», explique le Prof. Gozes. «Même si nous ne pouvons pas, pour le moment, expliquer cette hausse, il ne fait aucun doute qu'elle constitue un biomarqueur clair de la maladie d'Alzheimer, qui peut être utilisé comme base pour l'élaboration d'un test sanguin simple pour la diagnostiquer, et, peut-être plus important encore, pour la prévoir bien avant qu'elle éclate. Une telle détection précoce permettra aux patients de commencer immédiatement un traitement préventif, qui retarde et atténue la maladie».

Selon le Prof. Gozes, la recherche a été menée jusqu'à présent uniquement au sein de petits groupes de patients, et on ne peut donc pas encore en tirer des conclusions radicales. Les chercheurs prévoient donc à présent d'élargir  l'expérience à des populations plus larges.

 

Sur la photo: le Prof. Ilana Gozes dans son laboratoire à l'Université de Tel-Aviv. 

 

Cet article a été publié sur Siliconwadi sous le titre: "Vers un test sanguin pour le diagnostic d'Alzheimer", le 12.2.2016.

UNIVERSITE DE TEL-AVIV: découverte importante pour le traitement de l'Alzheimer

Une étude dirigée par le Dr. Inna Slutsky de l'Ecole des Neurosciences et de l'Ecole de Médecine de l'Université de Tel-Aviv, et menée par la doctorante Neta Gazit, montre qu'il existe un lien entre le facteur de croissance IGF-1 nécessaire au développement des tissus et l'hyperactivité de l'hippocampe, zone du cerveau responsable de l'apprentissage et de la mémoire, qui précède les premières phases de la maladie d'Alzheimer.

Alzheimer-nouvelle-découverte-importante-en-Israël-1Selon les chercheurs, les résultats de cette étude, récemment publiés dans la revue Neuron indiquent une nouvelle orientation pour le traitement précoce de la maladie.

L'hippocampe, région cervicale qui contrôle la mémoire des faits et des événements quotidiens ainsi que la navigation spatiale, est première zone atteinte au commencement de la maladie d'Alzheimer. L'accélération de l'activité neuronale dans l'hippocampe précède la formation de plaques amyloïdes, qui conduisent à la mort des cellules du cerveau aux stades avancés de la maladie. Or, selon la nouvelle étude du Dr. Slutsky, l'hormone peptidique IGF-1 (facteur de croissance analogue à l'insuline), produite par le foie et nécessaire au développement des tissus, notamment des cartilages osseux, joue un rôle direct dans la régulation du transfert et du traitement de l'information dans les circuits neuronaux de cette zone du cerveau.

Une influence sur les neurotransmetteurs

« Chez les personnes présentant des facteurs de risque d'Alzheimer, comme par exemple une déficience cognitive légère, l'hippocampe présente une activité accélérée. Les résultats de notre étude suggèrent que le fonctionnement de l'IGF-1 peut être un facteur important de cette anomalie», explique le Dr. Slutsky.

« Nous savions que l'IGF-1 contrôle la croissance, le développement des tissus et la durée de vie, mais son rôle dans la maladie d'Alzheimer était jusqu'à présent controversé», poursuit-elle. « Nous avons donc cherché à comprendre son fonctionnement physiologique dans le transfert et la plasticité des synapses, les liaisons entre les cellules nerveuses».

Inna SlutskyUtilisant une modélisation par "tranches" de cerveau, les chercheurs ont développé une approche intégrée permettant de cartographier l'encéphale à différentes échelles, du niveau des interactions entre protéines à celui des synapses, des connexions neuronales et de l'ensemble du réseau hippocampique. Leur but était de répondre à deux questions: l'IGF-1 est-il actif dans les synapses et la signalisation synaptique au repos, et comment ils en affectent le fonctionnement.

« Nous avons utilisé la méthode du transfert d'énergie entre molécules fluorescentes, dit aussi transfert d'énergie par résonance (FRET) pour évaluer l'activation des récepteurs au niveau des synapses » décrit le Dr. Slutsky.

« Nous avons constaté que lorsque nous modifiions le niveau d'expression de l'IGF-1, la transmission et la plasticité synaptique au niveau de l'hippocampe était modifiée: l'augmentation de l'IGF-1 a provoqué une hausse de la libération de glutamate, type de neurotransmetteur, améliorant l'activité des neurones de l'hippocampe », a affirmé Neta Gazit. « Nous suggérons que les petits inhibiteurs de l'IGF-1, qui sont actuellement en cours de développement pour le cancer, soient testés pour la réduction de l'activité cérébrale aberrante à des stades précoces de la maladie d'Alzheimer», a déclaré le Dr Slutsky.

Les chercheurs sont en train de planifier une étude de la manière dont la signalisation IGF-1 contrôle la stabilité des circuits neuronaux sur le long terme.

Ont également contribué à cette recherche les Dr. Eden Slomowitz, Maayan Sheiba et Yael Mor ainsi que les Irena Vertkin et Ilana Shapira du laboratoire du Dr. Slutsky à l'Université de Tel-Aviv, de même que Martin Helm et le Prof. Silvio Rizzoli de l'Université de Göttingen en Allemagne.

 

Cet article a été publié sur http://siliconwadi.fr/ sous le titre: "Alzheimer: nouvelle découverte importante en Israël"

Un accouchement après terme augmente les risques pour la santé du bébé, d'après une étude de l'Université de Tel-Aviv

Selon une étude menée par le Dr. Liran Hiersch de l'Ecole de médecine de l'Université de Tel-Aviv, en collaboration avec le Prof. Nehama Linder, directrice de l'unité néonatale du Centre Médical Rabin de Petah Tikva, les grossesses au-delà de la 42e semaine impliquent un risque près de deux fois plus élevé de naissance par césarienne ou par ventouse, de même que des complications post-natales pour les nouveau-nés, telles que des maladies infectieuses ou des difficultés respiratoires.

pregnancy 0L'étude a été publiée en décembre 2015 dans le numéro de la revue Archives of Diseases in Childhood  intitulé Fetal and Neonatal Edition.

Lorsque la grossesse dépasse la 40e semaine et le terme prévu pour la naissance, les médecins recommandent un suivi régulier et rapproché, et parfois même une induction artificielle de l'accouchement, que beaucoup de femmes refusent, par crainte pour le fœtus ou en raison d'un risque accru de césarienne. « Certaines femmes refusent de déclencher artificiellement le travail d'accouchement même deux semaines après la date prévue de la naissance, et les médecins éprouvent des difficultés à les convaincre sans données précises », explique le Dr. Hiersch. « Nous avons donc été vérifier s'il est effectivement justifié de proposer aux femmes un déclenchement médical de l'accouchement lors d'un dépassement de terme important; autrement dit si une grossesse qui va largement au-delà du terme prévu implique des risques accrus quels qu'ils soient»

Des informations objectives pour prendre les bonnes décisions

Le Dr. Hiersch et son groupe de travail ont donc examiné les rapports de naissance d'environ 23 500 femmes ayant accouché au Centre Médical Rabin au cours des cinq dernières années, après une grossesse sans complications et comportant un fœtus unique. Les données ont été divisées en trois groupes suivant la date de l'accouchement: naissances de la 39e à la 40e semaine de grossesse, naissances en 41e semaine, et naissances tardives, de la 42e à la 44e semaine.

Liran Hiersch 1« Nous avons isolé la naissance tardive comme facteur de risque unique, détaché d'autres complications de la grossesse», explique le Dr. Hiersch. « D'autre part, nous avons pris en compte seulement des grossesses à faible risque, afin de pouvoir déterminer clairement l'effet de l'âge gestationnel pris comme facteur isolé sur la naissance et l'état du nouveau-né».

Les conclusions ont été significatives: 2 fois plus de risque d'infections, de maladies respiratoires et autres complications néonatales chez les bébés "retardataires", nés à la 42e semaine ou même plus tard. 5,5% d'entre eux ont été hospitalisés en unité de soins intensifs, comparativement à seulement 3% chez les nourrissons nés à terme. On a également enregistré une augmentation du risque lors de la naissance: 9% des grossesses post-matures se sont terminées par césarienne, contre 5,5% pour les naissances en 39-40e semaine. Enfin 9,5% des femmes après terme ont accouché par ventouse, contre 7,5% de celles ayant accouché à terme.

« Notre étude donne aux médecins des informations objectives qui pourront les aider à prendre les bonnes décisions, voire même persuader les femmes de déclencher médicalement l'accouchement, si la naissance se fait attendre trop longtemps», conclut le Dr Hiersch. A présent, les chercheurs envisagent de vérifier si une naissance tardive constitue également un facteur de risque pour les problèmes de développement ultérieurs.

 

Cet article a été publié sur Siliconwadi.fr sous le titre: "Etude israélienne: les risques de l'accouchement après terme"

Même une interruption de grossesse unique peut avoir un impact sur les grossesses ultérieures, d'après une étude de l'Université de Tel-Aviv

D'après une étude menée par Dr. Liran Hiersch et le Prof. Yariv Yogev de la Faculté de médecine de l'Université de Tel-Aviv et de l'Hôpital Helen Schneider pour les Femmes du Centre Médical Rabin à Petah Tikva en Israël, les femmes qui ont subi une perte d'embryon même unique sous forme d'avortement ou de fausse couche ont 30 pour cent plus de risques de souffrir de complications lors des grossesses ultérieures que les autres. Selon les chercheurs, c'est un élément qui doit être pris en compte lors du suivi de la grossesse.

suivi-de-grossesseLa recherche a été publiée dans la revue Journal of Maternal-Fetal and Neonatal Medicine.

Les femmes ayant subi plusieurs fausses couches ou avortements sont  généralement suivies de très près pendant de cours de leurs grossesses ultérieures afin d'éviter les complications possibles comme les des saignements vaginaux en début de grossesse, un accouchement prématuré, un faible poids du fœtus à la naissance, ou des complications liées au placenta. Mais l'étude du Dr. Hiersch montre que même une seule incidence d'avortement ou même une unique fausse couche a un impact potentiel sur les grossesses ultérieures de la vie d'une femme. Selon la recherche, les femmes qui ont subi une interruption au cours du premier trimestre de la grossesse à un moment donné de leur histoire médicale ont davantage de risque de nécessiter un déclenchement du travail d'accouchement ou d'accoucher par césarienne ou encore de faire d'éprouver une rétention placentaire.

Des études précédentes faussées

Pour le mener leur étude, les chercheurs ont effectué une analyse rétrospective de 15 000 accouchements qui se sont déroulés au Centre médicale Rabin au cours des cinq dernières années, comparant les résultats de grossesse de femmes nullipares (qui n'ont jamais accouché) ayant subi une interruption de grossesse unique au cours des trois premiers mois avec ceux de femmes primipares (qui accouchent pour la première fois) qui n'avaient jamais connu ni grossesse ni avortements.

Selon eux, les études antérieures explorant l'effet d'une fausse couche unique sur les grossesses ultérieures se sont fondées sur des hypothèses erronées. Elles comparaient, par exemple des femmes qui n'avaient jamais accouché et celles dont la première grossesse s'est terminée par un accouchement normal.

Liran Hiersch 1"Une grossesse antérieure normale est considérée comme protégeant de résultats négatifs, de sorte que ce groupe avait déjà un avantage sur celui des femmes ayant subi une perte de grossesse par le passé"  a déclaré le Dr. Hiersch. C'est pourquoi il a évalué uniquement les  femmes accouchant pour la première fois, les comparant à celles qui ont connu eu une unique perte de grossesse dans le passé, ou pas de perte du tout. "Je crois que cela a été le principal avantage de la méthodologie de notre étude en comparaison avec les précédentes".

"Il est important de souligner qu'une perte de grossesse, si elle est unique, est un événement très fréquent chez une femme. Dans la plupart des cas, elle n'a aucun effet sur la fertilité ou sur l'issue des grossesses futures ", poursuit-il. "En outre, même si nous avons constaté qu'une seule perte de grossesse précoce était associée à un risque accru de résultats défavorables pour les grossesses ultérieures, il s'agit d'un effet modéré. Nos résultats doivent être pris en compte en même temps que  d'autres paramètres pour évaluer le risque de résultat défavorable ".

"Nous espérons que cette étude sera intégrée aux évaluations de risques habituelles," a conclu le Dr Hiersch. «Les médecins doivent savoir qu'il y a un autre élément à prendre en compte lors de l'assistance une femme avant le travail d'accouchement". Les chercheurs sont actuellement en train de planifier une étude prospective à grande échelle sur le sujet.

Université de Tel-Aviv : une innovation capitale pour la lutte contre le cancer

Le Prof. Dan Peer du Département de recherche cellulaire et d'immunologie de l'Université de Tel-Aviv et ses doctorants Shira Weinstein et Itai Toker ont développé une méthode pour traiter une forme incurable du cancer du sang dit  "lymphome du manteau"  en transportant un médicament à base d'ARN directement vers la cellule malade grâce à un "nano-sous-marin"  muni d'un système de commande qui active le produit uniquement dans les cellules atteintes. La nouvelle thérapie innovante pourra également être appliquée dans l'avenir à d'autres formes plus courantes du cancer du sang, comme la leucémie.

DanPeer580-330 0L'étude, réalisée en collaboration avec le Prof. Pia Raanani du Département d'Hématologie du Centre médical Rabin et le Prof. Arnon Nagler du Département d'hématologie du Centre médical Sheba a été publiée dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS).

« Le lymphome du manteau est une maladie rare, considérée comme la plus grave des cancers du sang », explique le Prof. Peer. « Les patients qui en sont atteints ont une espérance de vie maximale de 5 à 7 ans ». En réalisant un séquençage génétique des cellules cancéreuses, le Prof. Peer et son équipe ont découvert l'existence d'une mutation du gène cycline D1, responsable de la division cellulaire, chez près de 85% des patients atteints de la maladie. « Nous avions déjà publié un article en 2012 prouvant qu'il était  possible de supprimer l'expression de ce gène en utilisant le processus d'interférence ARN pour inhiber la division des cellules cancéreuses. Nous possédions donc le remède, mais nous devions comprendre comment l'utiliser, le conduire vers les cellules atteintes».

L'interférence ARN, ou en abrégé ARNi, est un phénomène génétique qui annule l'expression de gènes spécifiques dans une cellule. Deux chercheurs américains, Andrew Fire et Craig Mello, on reçu le prix Nobel de médecine en 2006 pour la découverte de ce mécanisme, qui comporte de grandes promesses pour la médecine dans le domaine des thérapies génétiques spécifiquement adaptées  aux maladies. Le problème est à présent comme transporter les bobines d'ARNi vers les cellules voulues.

Vers une médecine personnalisée, adaptée au patient et à la maladie

« Si nous nous contentons d'injecter l'ARNi dans le sang, il ne parviendra pas aux cellules malades », explique le Prof. Peer. «Nous avons donc créé une sorte de sous-marin miniature, qui sache comment se frayer un chemin à l'intérieur du corps. Notre système comporte trois éléments: le médicament lui-même, à savoir l'ARNi porteur d'une séquence appropriée pour inhiber l'expression du gène de la cycline D1, une nanoparticule de graisse qui l'enveloppe, dans les parois de laquelle se trouve "GPS", une protéine active contre un récepteur appelé CD38. Cette protéine est un anticorps qui fait que le médicament se localise sur les cellules qu'il faut. Et si, par mégarde, le médicament injecté atteint des cellules non visées, nous avons mis dans nos nano-sous-marins un autre élément, un système de commande qui active le médicament uniquement à l'intérieur des cellules cancéreuses ».

nano-missiles-pour-cibler-les-tumeursLes nouveaux nano-sous-marins munis du produit ont été testé en laboratoire. Des souris sur lesquelles avaient été introduites des cellules cancéreuses de patients ont vu leur durée de vie augmenter en moyenne de 30 jours à 55 jours. « Nous avons presque doublé l'espérance de vie de ces souris, et nous aurions pu continuer », commente le Prof. Peer. « Après que les ARNi aient fini d'inhiber la mutation génétique, les cellules cancéreuses, en particulier celles qui ne sont pas mortes, peuvent de nouveau se diviser. Mais si nous parvenons à inhiber d'autres gènes pertinents, nous pourrons prolonger encore davantage la durée de la vie, avec une meilleure qualité de vie. Il s'agit d'un travail d'entretien quotidien ».

« Nous nous dirigeons aujourd'hui vers une médecine personnalisée et adaptée, non seulement au patient, mais aussi à la maladie Nous approchons du point où nous obtiendrons l'information des gènes des patients eux-mêmes et nous préparerons pour eux un stock d'ARNi personnalisé. Mais ce jeu avec les gènes n'a aucun sens si nous ne pouvons pas le traduire en méthodes de thérapies cliniques. Voilà donc l'objectif. Le nouveau système que nous avons développé convient non seulement à cette maladie rare, le lymphome du manteau, mais aussi pour toute sorte de cancers du sang, comme la leucémie, le myélome multiple et le lymphome. Nous n'en sommes pas encore aux essais cliniques, et on ne guérira pas le cancer demain matin. Mais il existe à présent une nouvelle technologie et il est fortement recommandé de la développer ».

L'étude a été financée conjointement par le Centre Dotan de l'Université de Tel-Aviv, l'Association israélienne pour la lutte contre le cancer, la Fondation Helmsley, la Fondation Nationale pour la Science en Israël et le Centre National pour la Santé aux Etats-Unis.

 

Photo: le Prof. Peer dans son laboratoire de l'UTA (Crédit: Jonathan Blum)

Cet article est paru sur siliconwadi sour le titre: "Cancer: une technologie prometteuse en Israël"