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Médecine

La résistance à l’insuline accélère le déclin de l’acuité mentale, d’après les chercheurs de l’Université de Tel-Aviv

Selon une étude menée par la doctorante Miri Lutski de l'Ecole de médecine de l'Université de Tel-Aviv sous la direction des Prof. Uri Goldbourt et David Tanne, les personnes présentant une résistance à l'insuline, causée en partie par l’obésité et le manque d’activité physique connaissent un déclin accéléré des facultés cognitives telles que les fonctions d’exécution et de mémoire, qu’elles soient diabétiques ou non.
D’après les chercheurs, le maintien d'un mode de vie sain et des médicaments préventifs peuvent retarder le déclin cognitif chez les personnes âgées à risque.

importance de l insuline demontree par l Universite de Tel AvivLes résultats de l'étude ont été  publiés le 21.03.17, dans le Journal of Alzheimer Disease.

L'insuline est une hormone produite par le pancréas pour réguler les niveaux de sucre dans le sang. Dans le cas d’une résistance, le corps a besoin d’une quantité croissante de cette hormone pour permettre aux cellules d’absorber le glucose. Si l’insuline est insuffisante, un trop plein de glucose se déverse dans la circulation sanguine, conduisant au développement d'un pré-diabète, puis d'un diabète manifeste et à un risque accru de maladies cardiaques et d'AVC.

Une étude sur vingt ans

Mais, d’après les chercheurs de l’Université de Tel-Aviv, les fonctions d’exécution et de mémoire sont également particulièrement vulnérables aux effets de la résistance à l’insuline. « Nous avons constaté que les personnes présentant une résistance à l'insuline, avec ou sans diabète, courent un risque accru de déclin cognitif accéléré au bout de deux décennies », explique le Prof. Tanne. « Ce sont des conclusions très importantes car elles peuvent aider à identifier les groupes d’individus présentant un risque accru de vieillissement cognitif et de démence à un âge avancé ». 

« Nous savons que la résistance à l’insuline peut être prévenue et traitée par des changements dans le style de vie et par certains médicaments, car en plus des prédispositions génétiques, elle est causée par l'obésité, la mauvaise alimentation et le manque d'exercice. Donc l’activité physique, un régime sain et équilibré et un contrôle du poids peuvent aider à prévenir cette résistance et à  protéger le cerveau à un âge plus avancé ».

David TannePour réaliser cette étude, les chercheurs ont suivi pendant plus de vingt ans un groupe de 500 patients atteints de maladies cardiaques, et évalué leur résistance à l'insuline en utilisant l’index HOMA (Homéostasis Model Assessment) qui mesure les niveaux d'insuline et de glycémie à jeun. Le niveau des fonctions cognitives des patients (fonctions d’exécution, traitement visuo-spatial et capacités d’attention) a été évalué par une série de tests informatisés 15 ans après le début de l’étude, puis 5 ans plus tard. Les chercheurs ont constaté que les sujets placés dans le quart le plus élevé de l'indice HOMA présentaient un risque accru de déclin cognitif accéléré.

« Ces résultats poussent à étudier davantage l'impact de l'activité physique, de l'alimentation et des médicaments réduisant la résistance à l'insuline sur la démence des personnes âgées », explique le Prof. Tanne. « En même temps, nous continuons à explorer les différents mécanismes biologiques, vasculaires ou non, par lesquels l'insulino-résistance affecte les facultés de cognition ».

« Si vous voulez éviter la résistance à l'insuline et mieux protéger votre cerveau du vieillissement,  faites de l'exercice, gardez une alimentation saine et équilibrée et surveillez votre poids», ajoute-t-il. «Si vous souffrez déjà de pré-diabète, c'est-à-dire de niveaux de glucose dans le sang plus élevés que la normale sans être encore considérés comme du diabète, ces conseils vous concernent particulièrement ».

 

Cet article a été publié sur siliconwadi.fr sous le titre: "Alzheimer: l'importance de l'insuline démontrée par l'Université de Tel-Aviv"

Lutte contre le cancer: accord de coopération entre l'Université de Tel-Aviv et une société allemande pour développer un traitement salvateur

Ramot, la société de transfert de technologie de l'Université de Tel-Aviv a annoncé fin janvier la signature d'un accord de coopération avec la compagnie pharmaceutique allemande Merck,  pour le développement et la commercialisation d'un nouveau type de traitement du cancer basé sur une technologie innovante développée à l'université,  Le traitement, mis au point dans les laboratoires des Prof. Ronit Satchi-Fainaro de la Faculté de médecine et Doron Shabat de l'Ecole de chimie de l'université, conjugue un anticorps qui sait identifier les tumeurs cancéreuses avec un médicament capable de les tuer et rendra possible la production de nouveaux médicaments d'une efficacité jugée auparavant impossible.

médicamentcancerLa technologie développée à l'université permet la connexion d'un nouveau type d'anticorps avec un médicament. L'anticorps se lie à une molécule-cible présente à la surface de la cellule cancéreuse qui l'absorbe, et délivre alorsle médicament, détruisant la tumeur de l’intérieur. Cette nouvelle classe de médicaments est connue depuis quelques années sous le nom de "conjugués anticorps-médicaments") CAM), traitements ciblés capables d'attaquer la tumeur cancéreuse tout en réduisant les dommages causés aux tissus sains. Selon Regine Shevach, CEO d'Intralab, la division R & D de Merck en Israël, le nouveau liant chimique développé à l'UTA permettra la connexion de l'anticorps et du médicament d'une manière considérée jusqu'à aujourd'hui comme improbable, et rendra possible la production de CAM d'une nouvelle génération, améliorant considérablement l'efficacité et la sécurité des traitements de ce type.

Aux termes de l'accord Merck financera le développement du produit à l'université pendant deux ans. Elle aura ensuite l'option d'acquérir la technologie, et des droits sur les autres découvertes qui se feront jour au cours de la recherche financée par elle. Un comité directeur mixte, composé de représentants des deux sociétés, supervisera le projet.

Satchi fainaro portraitdoron shabat 180X180 4"Il s'agit d'un accord stratégique pour l'Université de Tel-Aviv, car il permet de surmonter des obstacles-clé dans le développement de la technologie des CAM, et ouvre la porte à la mise au point de multiples thérapies salvatrices pour le cancer", a déclaré le Dr. Adi Elkeles, Vice-Président chargé du développement commercial dans le domaine des sciences de la vie chez Ramot. "Nous nous réjouissons à l'idée de développer d'autres collaborations prometteuses entre nos organisations au cours des prochaines années".

Ramot est la branche commerciale de l'Université de Tel-Aviv. Elle a pour rôle d'encourager, initier, mener et gérer le transfert vers le marché des nouvelles technologies mises au point dans les laboratoires de l'université en assure la commercialisation des inventions et découvertes réalisées par les professeurs, les étudiants et chercheurs tout en veillant à leur protection. Ramot constitue une interface dynamique reliant l'industrie, la science et l'innovation de pointe, offrant de nouvelles opportunités commerciales sur un large éventail de marchés émergents.

 

Cet article a été publié sur Siliconwadi.fr sous le titre "Les découvertes de l'Université de Tel-Aviv suscitent l'intérêt du géant pharmaceutique Merck"

Le tabagisme augmente de 40% pendant le service militaire, d'après une étude de l'Université de Tel-Aviv

Une étude menée par le Dr. Leah Rosen, directrice du Département pour la promotion de la santé de École de santé publique de l'Université de Tel-Aviv,  en collaboration avec les Dr. Hagai Levin de l'Université hébraïque de Jérusalem et Salman Zarka de l'Université de Haïfa ainsi que des chercheurs du corps médical de Tsahal, a montré que le tabagisme augmentait de près de 40% chez les soldats entre le jour de leur départ à l'armée et celui de leur démobilisation, particulièrement au sein des unités combattantes. Selon les chercheurs, il est nécessaire d'établir un  programme global antitabac à l'armée dans le cadre d'un plan national de lutte contre le tabagisme.

CigarettealarmeeL'étude a été publiée le 23/01/17 dans la revue Nicotine & Tobacco Research.

Pour les besoins de l'étude, les chercheurs ont suivi les habitudes tabagiques de 30000 soldats et soldates effectuant leur service militaire obligatoire en Israël entre les années 1987 et 2011, révélant que la fréquence du tabagisme avait augmenté chez eux de 39,4% du jour de leur mobilisation à celui de la fin de leur service,  passant de 26,2% à 36,5%. Bien que la fréquence du tabagisme soit plus élevée chez les hommes que chez les femmes (40,3% contre 32,4%), le taux d'augmentation au cours du service s'est avéré similaire.

L'étude a révélé que 18% des soldats qui étaient non-fumeurs avant leur recrutement ont commencé à fumer pendant leur service militaire. Les anciens fumeurs (ceux qui avaient commencé et arrêté de fumer avant le service) avaient le plus grand risque de se remettre à fumer pendant. Dans la pratique, 56% d'entre eux se sont effectivement remis à fumer. Les jeunes hommes et femmes ayant un profil combattant ont un risque accru de commencer à fumer pendant le service. En revanche, 12% des fumeurs au moment du recrutement ont cessé de fumer pendant leur service militaire.

Pour un plan global de lutte antitabac au sein de l'armée

A l'image des programmes existant dans l'armée américaine et en accord avec les conclusions des études effectuées partout dans le monde dans ce domaine, les chercheurs recommandent la mise en place d'un organisme central et d'un plan global de lutte antitabac au sein de l'armée, comprenant l'application de l'interdiction de fumer dans les lieux publics, l'empêchement de fournir des cigarettes aux soldats gratuitement ou à un prix réduit, la prévention et le traitement de sevrage de la cigarette adapté au cadre militaire, la mention du statut de fumeur au niveau individuel et la surveillance de la situation du tabagisme au sein de l'armée au niveau collectif.

Lea RosenLes chercheurs suggèrent que les commandants de l'armée inculquent des principes de santé à leurs soldats, et en particulier le message: "Je ne fume pas", basé sur  l'exemple personnel, surtout dans les unités de combat. L'étude montre que les soldats qui ont commencé à fumer et se sont arrêtés avant leur mobilisation constituent un groupe à risque. Un plan de prévention du tabagisme particulier est donc nécessaire pour ce groupe.

En outre, une attention particulière est requise pour les soldats au profil élevé qui sont le plus souvent affectés dans les unités combattantes et dont le taux de tabagisme est le plus haut. De plus, l'étude démontre que le phénomène du tabagisme en Israël est préoccupant avant même le service militaire et exige donc un plan national de lutte antitabac en coordination entre les systèmes d'éducation, de sécurité et de santé.

Inculquer aux soldats des principes de santé

Selon le Dr. Leah Rosen: «L'usage du tabac à l'armée nuit aux soldats et à la sécurité. Le gouvernement et le ministère de la Santé doivent coopérer avec l'armée israélienne afin de réduire le nombre de soldats qui se mettent à fumer, encourager les fumeurs à s'arrêter, et protéger les non-fumeurs de l'exposition à la fumée de cigarette. Nous devons prendre exemple sur les États-Unis, qui ont mené de vastes programmes de changements dans la politique de tabagisme au sein des institutions militaires, pour protéger les soldats, améliorer leur préparation au combat et les performances des unités ".

"L'augmentation des taux de tabagisme au cours du service militaire obligatoire est très préoccupante et présente des conséquences graves pour la santé publique et la santé de l'armée" ajoute le Dr. Levin. "Nous devons concentrer nos efforts dans la lutte contre le tabagisme pour protéger la santé des soldats dans le cadre d'un programme national global. Je souhaite que l'armée israélienne applique des mesures similaires à celles mises en œuvre avec succès dans d'autres armées ".

L'étude a été financée par le l'Institut National d'études sur la Santé publique en Israël. Ont également participé à l'étude  Vladi Rozevski, Tamar Sela, le Dr. Yael Bar-Ze'ev et le Dr. Vered Molina-Hazan du corps médical de l'armée israélienne.

Le souvenir de la faim se transmet sur trois générations, d'après les chercheurs de l'Université de Tel-Aviv.

D'après une étude menée par le Prof. Yair Ben-David (Eugene Kobyliansky) du Département d'anatomie et d'anthropologie de l'École de médecine de l'Université de Tel-Aviv, en collaboration avec le doctorant Dmitri Torchinsky de l'Ecole de chimie, les descendants nés de parents qui ont gravement souffert de la faim viennent au monde avec des télomères (extrémités des chromosomes, liés au vieillissement et à l'espérance de vie) raccourcis sur au moins trois générations. Selon les chercheurs, l'étude pourrait prouver que la faim, la malnutrition et même les périodes de jeûne provoquées peuvent accélérer le processus de vieillissement et / ou raccourcir l'espérance de vie chez les victimes et leurs descendants.

MigrantMotherColorizedLa recherche, à laquelle ont également pris part le Dr. Leonid Kalichman du Département de physiothérapie de l'Université Ben-Gourion et le Prof. David Karasik de la Faculté de médecine en Galilée de l'Université de Bar-Ilan, a été publiée récemment dans la revue The American Journal of Clinical Nutrition.

"Les télomères sont des séquences d'ADN spécifiques, situées aux deux extrémités de chaque chromosome, qui se raccourcissent à chaque division du noyau cellulaire" explique le Prof. Kobyliansky. "Les recherches antérieures ont montré un lien clair entre la dynamique de ces télomères et le processus de vieillissement et la longévité des personnes. Nous avons voulu examiner si la famine influait sur la longueur des télomères, à la fois chez les personnes qui l'ont elles-mêmes vécue et chez leurs descendants".

Les chercheurs ont choisi de mener leurs recherches chez les Koubatchis, population de petits villages de la rive est de la Volga, en Russie orientale, qui a connu une famine sévère dans les années 1922-1923, décimant 50 à 60% de la population. A cet effet, ils se sont rendu sur place 3 fois pendant les 20 dernières années, en 1994, 1999 et 2002, et ont recueilli des échantillons de sang d'un groupe de 687 hommes et de 647 femmes, nés entre 1980 à 1909, appartenant à 410 familles nucléaires différentes. Ils ont ensuite mesuré en laboratoire la longueur des télomères contenus dans les globules blancs des échantillons.

Une influence sur les cellules reproductrices

Les échantillons ont divisés par groupes d'âge: les personnes nées entre 1909 et 1921, qui étaient âgées de un à treize ans lors de la famine; celles nées en1922-1923 pendant la famine elle-même; les personnes nées entre 1924 et 1928, peu de temps après la famine, mais dont les parents y ont été exposés à l'âge de procréation; et tous ceux qui sont nés après 1928, y compris les descendants des survivants.

Eugene Kobyliansky 1Les résultats se sont avérés fascinants. Parmi les hommes, en particulier, des différences significatives ont été observées entre les groupes: les télomères les plus courts se trouvaient chez les individus nés immédiatement après la famine, entre 1924 et 1928, et les plus longs chez ceux nés avant les années de famine, en 1921-1909. Les chercheurs en ont conclu que la famine n'a pas affecté les télomères des hommes ayant soufferts eux-mêmes de la faim étant enfants, mais a eu le plus grand impact sur ceux des enfants nés de parents qui ont connu la faim à l'âge adulte. En d'autres termes, il semble que les cellules reproductrices des parents qui ont connu la faim en âge de procréer aient subi les dommages les plus graves sur ce plan. Il est fort probable que le préjudice ait été intensifié par la pression psychologique vécue pendant la période difficile. Ils ont de même constaté que les télomères raccourcis en raison de la famine sont passé dans l'héritage génétique des trois générations suivantes, chez les hommes nés entre 1980-1929.

"Notre recherche est très pertinente aujourd'hui également, car de nombreuses populations dans le monde souffrent encore de la faim et de la malnutrition", conclut le Prof. Kobyliansky. "Il est très important d'examiner les effets de la faim sur les personnes qui la vive en temps réel, ainsi que ses résultats biologiques à long terme, et pour les générations futures. Une question fondamentale pour la recherche future, directement liée aux télomères pourra être: est-ce que la faim, la malnutrition et même les périodes de jeûne provoquées peuvent accélérer le processus de vieillissement et / ou raccourcir l'espérance de vie chez les victimes et leurs descendants? Nous continuons d'explorer ces phénomènes fascinants avec nos collègues".

 

Cet a été publié sur Siliconwadi.fr sous le titre: "Recherche: le souvenir de la faim se transmet su trois générations"

Université de Tel-Aviv: Percée dans le diagnostic précoce de la maladie d'Alzheimer

Le Dr. David Gurwicz du Département de génétique moléculaire humaine et de biochimie de l'Université de Tel-Aviv et le Prof. Ilana Gozes de l'Ecole des neurosciences, responsable de la chaire pour l'étude des facteurs de croissance de l'Université ont découvert, avec leur doctorante en co-tutelle Edva Hadar, qu'un gène spécifique, le RGS2, apparaît à des niveaux significativement réduits dans le sang des patients atteints d'Alzheimer, ce qui en fait un marqueur clair de la maladie et permettra son diagnostic précoce par une simple prise de sang, ainsi que le développement à terme de nouveaux traitements.

Alzheimer percee de l Universite de Tel Aviv dans le diagnostic precoceL'étude, a laquelle ont également participé les Dr. Elena Milanesi, Noam Shomron et Dafna Weisglass de l’Ecole de médecine de l’Université de Tel-Aviv, ainsi que des groupes de recherche d'Italie et de République tchèque, a été publiée récemment dans la revue Translational Psychiatry.

« Nous avons indentifié un nouveau marqueur dans le sang qui n'était pas connu jusqu’à présent comme indicateur de la maladie, le RGS2 » explique le Prof. Ilana Gozes. Le gène RGS2 est connu depuis de nombreuses années comme étant responsable de l'inhibition des signaux  transmis entre les neurones, mais il n'avait jusqu'à présent pas été mis en relation avec la maladie d’Alzheimer. Les chercheurs de l'UTA ont constaté que le niveau du gène RGS2 est  considérablement réduit dans le sang des patients atteints d'Alzheimer, et que donc le gène peut servir de base pour le diagnostic de la maladie par un simple test sanguin.

Pour la première fois un marqueur biologique clair

La découverte pourrait constituer une avancée majeure dans l'étude de cette grave maladie, principale cause de démence chez les personnes âgées et en développement constant avec l'augmentation de l'espérance de vie. En effet, en dépit des efforts considérables déployés par les chercheurs du monde entier depuis des décennies, on n'a pas encore trouvé d'outil efficient pour son diagnostic précoce ni de traitement efficace pour la soigner.

Gurwitz David«Au cours des dernières années, on a émis des doutes sur le rôle de la protéine bêta-amyloïde comme indicateur de la maladie d'Alzheimer, car il est avéré qu'elle s’accumulait également dans le cerveau de personnes âgées saines », explique le Dr. Gurwicz. « L’une des hypothèses avancées pour résoudre ce problème est que certaines personnes sont plus sensibles que d’autres à l'accumulation de bêta-amyloïde, et présentent donc un risque plus élevé de contracter la maladie».

Pour tester cette hypothèse, les chercheurs ont prélevé des échantillons de cellules sanguines sur 28 personnes en bonne santé et les ont exposées à la protéine bêta-amyloïde en laboratoire. Ils ont effectivement pu identifier alors deux groupes de cellules: celles qui présentaient une sensibilité élevée à la bêta-amyloïde (s'exprimant par l'inhibition de la croissance cellulaire), et celles qui lui ont montré une faible sensibilité. Ils ont alors cherché à déterminer la différence entre les deux groupes.

La recherche a été effectuée grâce à une technologie innovante de prospection sur l'ensemble du génome. À leur grande surprise, les chercheurs ont découvert un marqueur clair : le gène RGS2. Il s’est avéré que le niveau de celui-ci était également  plus faible dans les cellules sanguines sensibles aux bêta-amyloïdes que dans les autres. Une autre expérience a de même montré que le niveau de ce gène était plus bas dans les cellules de sang prélevées chez les personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer que dans celles de volontaires en bonne santé du même groupe d'âge.

Aider les patients à vieillir dignement

Illana Gozes180 180Pour confirmer leurs conclusions, les chercheurs ont utilisés des bases de données existantes de l'expression des gènes dans le sang des patients atteints d'Alzheimer et dans des tissus cérébraux prélevés sur des patients après leur mort. Et en effet, les résultats, obtenus au moyen de méthodes avancées d'exploration des données, confirment les conclusions de laboratoire: l'expression du gène RGS2 s'est effectivement avérée moindre dans le sang et les tissus cérébraux des patients atteints d'Alzheimer, que dans ceux des personnes sans la maladie. Plus encore, il est avéré que la baisse significative de l'expression du gène se retrouvait déjà dans le sang de personnes au premier stade de la maladie, défini comme ‘déclin cognitif léger’. En d'autres termes, il s'agit pour la première fois d'un marqueur biologique clair, qui pourra permettre le diagnostic des patients atteintes d'Alzheimer dès les premiers stades de la maladie, et peut-être même de les distinguer de ceux présentant un déclin cognitif pour d'autres raisons, et tout cela par un simple test sanguin.

La prochaine étape sera d'étudier le gène et de voir d'où vient son manque. On pourra alors palier ce manque et dans l'avenir, vaincre la maladie. « C'est une maladie malheureusement très courante », conclue le Prof. Gozes, « et nous souhaitons la retarder le plus possible pour donner aux personnes la possibilité de vieillir dignement. L'objectif est de pouvoir prévoir qu'une personne va être atteinte de la maladie à moment donné, pour pouvoir la traiter quand il existera un médicament préventif ».

 

Cet article a été publié sur http://siliconwadi.fr/ sous le titre: "Alzheimer: percée de l'Université de Tel-Aviv dans le diagnostic précoce", le 25.11.2016.