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Médecine

Lutte contre le cancer: l'UTA développe un nano-capteur pour identifier et retirer toutes les cellules cancéreuses

Les doctorants Rachel Blau, Yana Epshtein et Evgeni Pisarevsky du laboratoire du Prof. Ronit Satchi-Fainaro, directrice du Département de physiologie et pharmacologie de la Faculté de médecine de l'Université de Tel-Aviv, ont développé un capteur intelligent à l'échelle nanométrique qui allume une lumière fluorescente en présence de cellules cancéreuses, avec un niveau de précision sans précédent. Le capteur innovant permet de retirer la tumeur dans son intégralité avec un minimum de dommages pour les tissus sains, et sans laisser de cellules malignes susceptibles de métastaser, augmentant ainsi de manière substantielle le pourcentage de survie et les chances de guérison des patients.

Picture1La recherche, à laquelle ont également participé le Prof. Doron Shabat de l'École de chimie de l'Université de Tel-Aviv et le Prof. Galia Blum de la Faculté de médecine de l'Université hébraïque de Jérusalem, en collaboration avec le Prof. Zvi Ram et le Dr. Rachel Grossman du Département de neurochirurgie de l'hôpital Ichilov de Tel-Aviv, a été publiée récemment dans la revue Theranostics.

"Nous nous sommes basés sur une étude antérieure, dans laquelle nous avions découvert que certaines tumeurs se caractérisaient par une augmentation de l'expression d'enzymes appelées cathepsines", explique le Prof. Satchi-Fainaro. "Ces enzymes, que l'on retrouve en quantité bien moindre également dans les cellules saines ont la propriété d'identifier et de couper une séquence particulière d'acides aminés (qui sont les blocs de construction des protéines). Nous avons utilisé cette fonctionnalité pour construire un capteur intelligent qui identifie et marque les cellules cancéreuses."

Des chances de survie doublées

Comment ça marche? Les chercheurs ont produit des nanoparticules de polymère, constituées de la même séquence d'acides aminés que celle que les cathepsines savent couper. Ces particules ont été attachées à des marqueurs fluorescents faits de molécules de colorant cyanine (Cy). "Lorsque les molécules de cyanine sont maintenues ensemble dans la particule de polymère, les ondes lumineuses qu'elles émettent s'annulent mutuellement, et elles restent sombres", explique le Prof. Satchi-Fainaro. "Mais une fois que la nanoparticule atteint une cellule cancéreuse, le polymère est coupé par les cathepsines, libérant les molécules de cyanine, qui deviennent fortement fluorescentes. En revanche, dans le tissu sain environnant, le polymère n'est pas coupé, et la zone reste sombre. La frontière entre la zone éclairée (tumeur) et la sombre (cellules saines) est donc très clairement visible pour l'œil". En d'autres termes, cela signifie que le capteur intelligent a une sensibilité élevée- il détecte toutes les cellules cancéreuses, et également une grande sélectivité - il ne marque pas les cellules saines. De cette façon, il informe le chirurgien de l'emplacement des cellules cancéreuses en temps réel, c'est-à-dire pendant la chirurgie elle-même, avec un niveau de sensibilité plus élevé que les dispositifs d'imagerie existant actuellement.

Satchi fainaro portraitDans la première étape de l'étude, les chercheurs ont vérifié l'existence et la surexpression de l'enzyme qui fait fonctionner le capteur dans des tissus prélevés sur des patients en cours d'opération. Puis, ils ont vérifié leurs hypothèses sur des souris de laboratoire. Les résultats ont été probants: les opérations réalisées avec le nouveau capteur ont doublé les chances de survie à la maladie.

En outre, le nouveau dispositif a été comparé à deux capteurs actuellement en essais cliniques en salles d'opération. On a pu constater que ses niveaux de sensibilité et de sélectivité sont plus élevés, et qu'il s'allume beaucoup plus rapidement. Sur un plan pratique, cela signifie que le patient n'a pas besoin d'être hospitalisé la veille et qu'on peut lui injecter le capteur seulement 4 heures avant la chirurgie.

" Nous avons enregistré un certain nombre de brevets pour ce projet", conclut le Prof. Satchi-Fainaro, "et nous sommes à présent en train de négocier avec plusieurs sociétés pharmaceutiques afin de progresser vers des essais cliniques, et par la suite de fabriquer des quantités commerciales. Nous croyons que notre capteur intelligent peut conduire à une amélioration substantielle des résultats des opérations de retrait des tumeurs cancéreuses, et augmenter de manière significative les chances des patients de survivre à la maladie. "

L'étude a été financée par l'Union européenne (ERC), la Fondation nationale des Sciences d'Israël, le ministère des Sciences et l'Association pour la lutte contre le cancer.

 

Crédit photo: Rachel Blau.

Cet article a été publié sur Siliconwadi.fr

 

Important :

Les articles publiés par l’Association française de l’Université de Tel-Aviv portent sur des recherches en cours. Sauf indication contraire, le chemin est encore long jusqu’au passage à l’industrie qui permettra de mettre les traitements à la portée du grand public.

Vous pouvez soutenir la recherche à l’Université de Tel-Aviv en vous adressant à nos bureaux à Paris : afauta@wanadoo.fr  ou à Tel-Aviv : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Percée de l'Université de Tel-Aviv vers le traitement de la SLA ou maladie de Charcot

Selon une étude réalisée par les doctorants Roy Maimon, Ariel Ionescu et Miguel Weil sous la direction du Dr. Eran Perlson de la Faculté de médecine de l'Université de Tel-Aviv, la destruction des neurones moteurs chez les patients atteints de SLA, maladie nerveuse dégénérative qui a notamment causé la mort du physicien Stephen Hawking, provient de toxines sécrétées par les muscles. Poursuivant leurs recherches, les chercheurs ont trouvé une molécule capable d'inhiber les gènes produisant ces toxines, et qui pourra donc servir au développement d'un médicament contre la maladie, et par la suite peut-être contre d'autres maladies neuro-dégénératives, comme la maladie d'Alzheimer et celle de Parkinson.

Eran perlson labCette étude révolutionnaire, réalisée en collaboration avec le Prof. Oded Behar de l'hôpital Hadassah à Jérusalem, et qui donne un nouvel espoir aux patients atteints de cette maladie mortelle jusque-là incurable, a été publiée le week-end dernier dans la prestigieuse revue Journal of Neuroscience.

La SLA, sclérose latérale amyotrophique, aussi connue en France sous le nom de "maladie de Charcot", est une maladie neuro-dégénérative qui paralyse progressivement les muscles du corps, et mène finalement à la mort. En Israël, parmi les autres patients célèbres décédés de la maladie ces dernières années, on trouve l'industriel Dov Lautman et le présentateur Meir Einstein.

Comprendre les mécanismes de la maladie

"La SLA est une maladie dégénérative violente et mortelle qui n'a actuellement aucun traitement efficace", explique le Dr. Perlson. "Dans la plupart des cas elle touche les personnes âgées, mais elle peut également se manifester chez les jeunes. Les patients perdent progressivement leur capacité de bouger, de parler et d'avaler, et finissent par mourir à la suite d'une paralysie des muscles du système respiratoire. La paralysie est causée par la dégénérescence et la mort des motoneurones, qui conduisent les instructions du cerveau vers les muscles. Le premier site touché est la pointe de l'axone à son point de rencontre avec le muscle (synapse), mais à ce jour, les chercheurs n'ont pas compris la cause et le mécanisme de ce phénomène, ni surtout pourquoi, parmi toutes les cellules nerveuses du corps, ce sont justement les neurones moteurs qui sont affectés. Comprendre les mécanismes qui causent la maladie est essentiel pour le développement de futurs médicaments".

synapseDans la première phase de l'étude, les chercheurs ont développé une puce particulière en silicium, sur laquelle il est possible de cultiver un système actif de neurones et de cellules musculaires, permettant d'effectuer une série d'expériences qui ne peuvent être réalisées sur un organisme. Dès les premiers essais, ils ont remarqué que contrairement aux cellules musculaires saines qui sécrètent des substances entrainant la croissance des cellules nerveuses, celles des patients atteints de SLA provoquent leur dégradation et leur dégénérescence. Ils en ont conclu que les cellules musculaires des patients atteints de SLA secrètent des toxines.

Après avoir numérisé toutes les protéines secrétées par le muscle du malade par rapport à celles d'un muscle en bonne santé, ils ont constaté une augmentation du niveau d'une protéine appelée sémaphorine, une toxine connue pour son action pendant le développement du système nerveux du fœtus, et dont le rôle est de détruire environ 50% des axones que produit l'embryon, qui sont en fait inutiles. En condition normale, la semaphorine est active principalement au stade embryonnaire. On sait, cependant qu'elle réapparaît dans une variété de cas pathologiques ou traumatiques, comme la maladie de Parkinson et la SLA, et après un accident vasculaire cérébral ou une lésion de la moelle épinière.

Une baisse du niveau de toxicité

Poursuivant leurs recherches, les chercheurs ont découvert que les cellules musculaires des malades de la SLA libèrent une grande quantité de sémaphorine vers leur point de rencontre avec les cellules nerveuses, contribuant ainsi à leur destruction. Ils ont également remarqué une augmentation du récepteur de la sémaphorine appelé NRP. Ils ont donc tout d'abord tenté de bloquer l'association entre la sémaphorine et le NRP par un anticorps, n'obtenant qu'un sauvetage incomplet des cellules nerveuses. Ce résultat partiel n'a pas satisfait les chercheurs, qui ont réalisé que probablement d'autres toxines étaient également secrétées par le muscle.

Ils ont donc cherché une 'super-molécule' qui soit capable d'inhiber tous les gènes provoquant la sécrétion par les cellules musculaires de toxines qui détruisent les cellules nerveuses. Utilisant une technologie de pointe de séquençage génétique, ils ont constaté que les niveaux de toxines diminuaient parallèlement à l'augmentation d'une molécule spécifique de type microARN connue sous l'appellation de miR126. L'ajout de cette molécule à la puce expérimentale a entraîné une grande amélioration de l'état des axones. A ce stade les chercheurs ont décidé de tester leurs hypothèses sur des souris de laboratoire, et on pu en effet constater l'effet positif de la molécule: réduction des toxines, amélioration de la structure cellulaire dans les tissus musculaires et à la jonction nerf- muscle (détruits par la maladie), et amélioration des tests de marche.

"Nous pensons que notre découverte représente une véritable percée dans le développement de médicaments efficaces contre la SLA, et par la suite éventuellement contre d'autres maladies neuro-dégénératives qui tuent des cellules nerveuses de différents types, comme la maladie d'Alzheimer et celle de Parkinson", conclut le Dr. Perlson. "En outre, la puce que nous avons développé pourrait constituer un outil efficace dans le domaine de la médecine personnalisée, car elle permettra de produire des cellules à partir du patient lui-même, et de créer à partir d'elles des systèmes sur des puces, sur lesquels on pourra tester les réactions aux divers médicaments. Cela permettra de trouver un traitement approprié rapidement et efficacement, sans exposer le patient à des traitements prolongés et inefficaces, et qui parfois même peuvent lui causer du tort".

 

Cet article a été publié sur Siliconwadi.fr sous le titre "Maladie de Charcot: une découverte révolutionnaire à l'Université de Tel-Aviv"

Parkinson : nouvel espoir à l’Université de Tel-Aviv

Selon une étude dirigée par le Prof. Jeffrey Hausdorff de l’Ecole de Médecine de l’Université de Tel-Aviv et du Centre pour le traitement des troubles du mouvement de l'hôpital Sourasky, l'électrostimulation non invasive du cerveau améliore de manière significative les troubles de la mobilité et la dégradation cognitive chez les patients atteints de Parkinson, notamment le phénomène du blocage de la marche.

Parkinson nouvel espoir a l Universite de Tel AvivL’étude, à laquelle ont également participé la doctorante Moria Dagan, le Prof. Nir Giladi de l'Ecole de médecine de l’UTA, le Dr. Tali Herman du Centre médical Sourasky et une équipe de Harvard sous la direction du Dr. Brad Manor et du Prof. Lew Lipsitz, a été publiée dans la revue Movement Disorders.

Les chercheurs ont examiné 20 patients atteints de la maladie de Parkinson, souffrant d’épisodes de "gel de la marche", incapacité soudaine et temporaire à se déplacer, l’un des syndromes les plus incommodants de la maladie, cause de chutes et d’une baisse de la qualité de la vie. Les patients ont reçu un traitement comprenant 20 minutes de stimulation transcrânienne à courant continu via un casque posé sur le crâne, pendant trois visites différentes. Lors de la première, on a stimulé simultanément le cortex moteur primaire et le cortex préfrontal dorsolatéral gauche qui joue un rôle majeur dans la planification et les fonctions exécutives; au cours de la deuxième le cortex moteur primaire seulement; enfin, pendant la troisième visite, les patients ont subis un "simulacre" de stimuli, une sorte de stimulation placebo dans lequel le sujet ressent une certaine sensation de picotement, alors que la quantité de stimulation est négligeable.

Même chez les malades à un stade avancé

Avant et après chaque cycle, les participants ont effectué une série de tests: un test provoquant le gel de la marche, un test de mobilité statique et dynamique (connu sous le nom de test "Timed Up and Go"), une évaluation de la marche et un test cognitif de contrôle d'inhibition (test de Stroop).

"Les résultats ont été très encourageants", explique le Prof. Hausdorff. "La marche des patients s'est améliorée lors de la stimulation simultanée du cortex moteur primaire et du cortex préfrontal dorsolatéral gauche, mais pas dans les deux autres cas, révélant que la stimulation transcrânienne à courant continu visant simultanément les régions motrices et cognitives induit apparemment des conséquences immédiates dans le cerveau qui se traduisent par une réduction du gel de la marche et une amélioration de la fonction exécutive et de la mobilité".

Jeffrey HausdorffAprès 20 minutes de stimulation multisite, le phénomène de congélation de la marche s’est réduit, et on a constaté une amélioration à la fois de la mobilité et de la cognition des patients, par rapport aux deux autres méthodes de simulation testées.

"En d'autres termes, on obtient un effet meilleur et plus important en ciblant simultanément les zones motrices et cognitives", conclut le Prof. Hausdorff. "Lorsqu’on traite le phénomène de la congélation de la marche chez les patients atteints de Parkinson, il est important de cibler à la fois les fonctions motrices et cognitives. Même chez les malades à un stade avancé, il est apparemment possible d'améliorer le fonctionnement cérébral par l'électrostimulation non invasive au moins à court terme, avec des conséquences positives et fonctionnelles".

L’équipe de l’Université de Tel-Aviv et du Centre médical Sourasky, en collaboration avec les chercheurs de l’Ecole de médecine de Harvard, mène actuellement une expérience pour déterminer les avantages à long terme de cette stimulation multisite sur la congélation de la marche et les symptômes associés.

 

Cet article a été publié sur Siliconwadi.fr le 23.3.2018

Avancée considérable à l'Université de Tel-Aviv: des chercheurs ont développé une méthode révolutionnaire pour prévenir la pré-éclampsie

Une recherche dirigée par le Dr. Noam Shomron et le Prof. Moshe Hod et menée par la doctorante Liron Yoffe de l'École de médecine de l'Université de Tel-Aviv, a révélé pour la première fois une série de marqueurs moléculaires présents en début de grossesse chez les femmes susceptibles de développer une pré-éclampsie (hypertension artérielle gravidique cause de graves complications de la grossesse). Les biomarqueurs, découverts grâce au séquençage génétique de nouvelle génération et à des méthodes de calcul avancées, pourront permettre un diagnostic précoce avec un niveau de certitude de 85% par simple prise de sang, et un traitement préventif qui préviendra complètement l'apparition de la maladie.

Pre eclampsie 540x405 lL'étude menée en collaboration avec l'hôpital Beilinson en Israël ainsi que d'autres hôpitaux en Angleterre, en Russie, en Italie et en Espagne, a est publiée le 21.2.18, dans la revue Scientific Report Nature.

"Jusqu'à 8 pour cent des femmes enceintes souffrent de pré-éclampsie au cours du deuxième ou troisième trimestre de la grossesse", explique le Dr. Shomron. "Il s'agit d'une maladie grave qui met en danger la santé, et parfois même la vie de la mère et du fœtus. Ses causes sont ignorées, mais on lui connait cependant un traitement préventif éprouvé et simple: une prise d'aspirine à faible dose à partir de la 16e semaine au plus tard, et jusqu'à la fin de la grossesse". Aujourd'hui ce traitement préventif est administré aux femmes enceintes considérées comme présentant des risques de développer la maladie, selon les estimations de leurs médecins. Mais en l'absence d'un marqueur biologique clair et sans équivoque, le diagnostic se fait sur la base de critères généraux tels que les grossesses précédentes, les sensations de la patiente, la pression artérielle ou un examen échographiques combiné à des tests de sang biochimiques, dont la sensibilité est insuffisante. La nouvelle étude a été conçue pour permettre un diagnostic précoce avec un degré de certitude beaucoup plus élevé".

25 marqueurs biologiques

"Nous avons recherché un marqueur moléculaire qui soit présent dans le sang des femmes dès le premier trimestre de la grossesse, avant qu'elle souffre de symptômes, et qui annonce l'apparition de la pré-éclampsie plus tard", explique le Dr. Shomron. À cette fin, les chercheurs ont suivi des milliers de femmes enceintes et prélevé chez chacune des échantillons de sang dans leur 12e semaine de grossesse. Par la suite (après la grossesse) ils se sont concentrés sur 75 échantillons : 35 provenant de femmes ayant souffert plus tard de pré-éclampsie, et 40 de femmes ayant terminé leur grossesse en pleine santé. Dans chaque cas, ils ont extraits des molécules d'ARN - environ 20 millions de molécules pour chaque échantillon.

Noam Shomron Credit Sion Ninio"Les chercheurs du monde entier s'emploient à déchiffrer l'ADN du fœtus, mais très peu recherchent des solutions basées sur l'ARN, la substance génétique grâce à laquelle l'ADN peut s'exprimer", explique le Dr. Shomron. "Dans mon laboratoire, nous avons décidé de nous concentrer précisément sur l'ARN, afin d'ouvrir une nouvelle ouverture pour le diagnostic de la pré-éclampsie, et d'autres maladies liées à la grossesse". Utilisant la technologie du séquençage génétique de nouvelle génération, Liron Yoffe, bio-informaticienne de formation, a mis en œuvre des algorithmes d'apprentissage automatique, afin de déterminer les différences exactes entre l'ARN des femmes tombées malades pendant leur grossesse et celui des autres. En conclusion, parmi les 20 millions de molécules d'ARN extraites, 25 pourront être utilisées comme marqueurs cliniques, leur configuration dans l'échantillon de sang indiquant avec une efficacité de 85% si la femme souffrira de pré-éclampsie à un stade plus avancé de sa grossesse.

Avancer les examens pré-nataux au premier tiers de la grossesse

"Nos résultats fournissent une base pour le développement d'un test sanguin simple pour prévoir la pré-éclampsie", conclut le Dr. Shomron. "Mais ils ont aussi une autre importance : ils prouvent que les molécules d'ARN peuvent être utilisés comme marqueurs moléculaires dès le début de la grossesse. Ainsi viennent-ils renforcer la tendance mondiale qui vise à avancer les examens prénataux au premier tiers de la grossesse, au lieu de les réaliser en majorité pendant le troisième trimestre, comme c'est le cas actuellement. Cette mesure permettra aux médecins de prévenir les dommages à la mère et au fœtus, et le cas échéant, de commencer un traitement préventif le plus tôt possible, améliorant radicalement la santé de la mère et du fœtus".

Moshe Hod"Le Prof. Moshe Hod, avec qui nous avons réalisé cette étude, est à la tête de cette tendance en Israël et dans le monde, et a même récemment fondé une 'clinique du premier trimestre' à l'hôpital Beilinson. Aujourd'hui, dans notre laboratoire, nous recherchons des marqueurs d'ARN qui servent également à dépister le diabète gestationnel, maladie beaucoup plus courante que la pré-éclampsie, et qui peut causer des dommages importants au bébé pour toue la durée de sa vie".

Le Prof. Moshe Hod, qui est également directeur de l'Institut de recherche de médecine périnatale de l'Hôpital Beilinson et président de la Société européenne de médecine fœto-maternelle, dirige actuellement la Commission pour la santé de la mère et du fœtus de l'Association internationale des gynécologues-obstétriciens (FIGO),  qui a pour objectif principal de favoriser la prévision des complications de la grossesse dès son premier trimestre. "Il est important de comprendre que les complications de la grossesse causent des perturbations des processus de développement normal du fœtus et affectent toutes ses maladies futures dans l'enfance, l'adolescence et à l'âge adulte", explique-t-il. En d'autres termes, il est important de transférer la batterie des tests et le diagnostic vers le premier tiers de la grossesse afin d'éviter l'apparition de complications comme le diabète gestationnel, la pré-éclampsie, les contractions précoces et les troubles de croissance du fœtus à des stades ultérieurs". Le Prof. Hod relève les progrès actuels dans la recherche de nouvelles technologies, basées soit sur la génétique novatrice (mico-ARN) comme dans cette étude, soit sur le microbiome, le métabolome (marqueurs dans le sang de la mère, protéines et métabolites) et d'autres.

"Ces technologies nous permettront dans l'avenir de faire des dépistages dès les premières étapes de la grossesse et de prendre des mesures préventives pour prévenir les complications. C'est l'avenir de la médecine obstétrique", conclue-t-il.

 

Cet article a été publié sur Siliconwadi.fr sous le titre: "Grossesse: découverte impotante de l'Université de Tel-aviv contre la pré-éclampsie", le 23/2/2018

Lancement d’un centre d’innovation médicale à l’Université de Tel-Aviv pour développer des médicaments du laboratoire au stade clinique

Un centre d'innovation en médecine translationnelle pour le développement de médicaments du laboratoire au stade clinique a été lancé début février à l’Université de Tel-Aviv. Mettant à profit le formidable potentiel de recherche de l’université et ses 17 centres médicaux affiliés, il permettra pour la première fois le développement de nouveaux médicaments jusqu’au stade des essais cliniques, en minimisant les risques et les coûts de production.

doctors3 800px« L'objectif du centre est d'élargir considérablement l'arsenal de médicaments à l'avenir », a déclaré le Prof. Dan Peer, chef du Centre pour l'étude de la biologie du cancer de la Faculté des Sciences de la vie de l’Université de Tel-Aviv, qui dirigera le nouveau centre. « À cette fin, nous cherchons à tirer parti de la formidable puissance de recherche de l'université, combinée avec ses 17 centres médicaux affiliés, y compris le centre médical Sheba-Tel-Hashomer, le Rabin Medical Center et le centre médical Sourasky à Tel-Aviv. Nous avons mobilisé pour cette initiative des personnalités dominantes de l'industrie pharmaceutique, qui serviront de mentors pour les projets sélectionnés et aideront à orienter les activités de recherche dans une direction adaptée à l’industrie.

« Nous construisons des ponts  entre les universités, les hôpitaux et l'industrie »

Selon le Prof. Peer plus de 10 000 maladies sont connues de la médecine à ce jour, mais, seules quelques 500 familles de médicaments approuvés sont à la disposition des médecins pour les combattre. De plus, en raison des processus complexes de développement et de supervision, l’ajout de nouveaux médicaments au réservoir mondial se fait très lentement. Cette situation découle en grande partie des difficultés rencontrées par les chercheurs dans les universités lorsqu’ils veulent traduire leurs découvertes scientifiques en médicaments concrets, qui parviennent jusqu’à l'industrie et les cliniques et aident les patients. Le nouveau centre a été créé afin d’apporter une réponse créative et innovante à ce problème crucial.

Il mettra en œuvre un modèle révolutionnaire pour améliorer de manière significative le processus complexe de création de nouveaux médicaments, et permettra pour la première fois leur développement jusqu'au stade des essais cliniques, entre les murs de l'université. De cette manière, un grand nombre de médicaments parviendront à l'industrie à un stade très proche de la phase de production, minimisant ainsi les risques et réduisant les coûts pour les entreprises pharmaceutiques. Selon le Prof. Peer : « Le financement des recherches proviendra des donateurs et de l'Université de Tel-Aviv. Les mentors participeront bénévolement à l’entreprise, et les essais cliniques, qui peuvent être très onéreux, auront lieu dans le cadre des hôpitaux partenaires, à un coût bien moindre. Ainsi pourrons-nous amener vers l'industrie des médicaments à un stade plus avancé dont l'efficacité et la qualité auront déjà été démontrés lors d'essais cliniques initiaux, surmontant ainsi les risques pris par les entreprises pharmaceutiques dans les premières étapes du développement des médicaments ».

Ce modèle pionnier permettra d'ouvrir les portes à toute idée novatrice dans tous les domaines médicaux, y compris celles de grande envergure qui peuvent sembler un pari pour les investisseurs commerciaux. « Notre seul intérêt est le développement de nouveaux médicaments et leur succès », conclut le Prof. Peer. « Nous construisons des ponts  entre les universités, les hôpitaux et l'industrie ».

Suite au lancement du projet le 1er février 2018, un premier appel a été diffusé auprès des chercheurs de tout le campus et des médecins des hôpitaux affiliés. Toutes les propositions soumises seront examinées par un comité international d'experts et, la première année, trois projets seront sélectionnés. Plus tard, le nombre de projets passera à 10 par an.