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L'erreur qui peut coûter la vie aux athlètes en cas d'arrêt cardiaque, d'après une étude de l'Université de Tel-Aviv

D'après une étude réalisée sous la direction du Dr. Dana Viskin de l'Ecole de Médecine de l'Université de Tel-Aviv, avec la participation des Dr. Ofer Havakuk de l'Université de Californie du sud à Los Angeles et Lior Yankelson de l'Université de New-York, le principal frein à la réaction appropriée des intervenants lors d'un arrêt cardiaque chez les athlètes serait le mythe couramment répandu selon lequel le premier geste à adopter est d'empêcher à tout prix la personne «d'avaler sa langue» pour éviter les risques d'asphyxie. Selon les chercheurs, cette erreur retarde dangereusement la réanimation cardiaque dans plus de 60% des cas et contribue à des décès évitables.

L'étude a été publiée dans la revue HeartRhythm.

Arret cardiaque"Tous les ans des sportifs décèdent d'arrêt cardiaque sur les stade devant des foules entières sans que personne ne leur fournisse de forme quelconque de réanimation cardio-respiratoire (RCR) appropriée ", commente le Dr. Dana Viskin.

Pour déterminer si les réactions insuffisantes des équipes présentes sur le terrain au moment de l'accident représentent un obstacle sérieux et jusque là non pris en compte à la réussite de la réanimation des athlètes, les chercheurs ont examiné 29 vidéos disponibles sur la toile relatant un arrêt circulatoire soudain (ACS) ou une perte de conscience d'un sportif pendant une compétition ou un match, de 1990 à 2017. Le processus de sauvetage de chaque joueur a été analysé avec une attention particulière accordée à la première action réalisée par la première personne arrivée sur les lieux. Sur 65% des vidéos sur lesquelles l'intervention initiale était visible, les chercheurs ont relevé des actions réalisées pour empêcher le joueur "d'avaler sa langue", incluant le fait de le tourner sur le côté ou de lui incliner la tête et de lui ouvrir la bouche avec force, en introduisant les doigts dans la cavité buccale, parfois avec une traction visible de la langue. Seulement 38% des vidéos montrent l'exécution de compressions thoraciques. Dans deux cas seulement un défibrillateur a été amené sur la scène de l'évènement, et dans l'un des deux, le premier choc n'a été délivré que 10 minutes plus tard. Parmi les joueurs présentant un arrêt cardiaque, seuls 36% ont survécu.

Une priorité mal placée 

"Les cas d'arrêts cardiaques d'athlètes pris en vidéo et disponibles sur Internet présentent une image très inquiétante des réflexes des co-équipiers qui réagissent de manière incorrecte" commente le Dr. Viskin. Dans la majorité des cas observés, l'action d'empêcher la victime "d'avaler sa langue" semble prioritaire à la compression thoracique. "

Cette priorité mal placée a également été encouragée par des rapports inexacts de divers médias, recommandant aux coéquipiers et au personnel médical des tentatives de réanimation inappropriées tendant à empêcher l'athlète d'avaler sa langue alors qu'il perdait conscience. "Les moments initiaux qui suivent l'effondrement sont probablement les plus critiques, car toutes les actions d'urgence successives dépendent d'abord du fait que l'ACS soit rapidement reconnu et correctement traité. C'est pendant ce laps de temps que la bataille pour la survie peut très facilement être perdue, en particulier si l'arrêt cardiaque est confondu avec quelque chose de moins dangereux pour la vie, et les soins mal orientés ou inexistants".

Un protocole sauveur de vie

Dans le passé, l'approche traditionnelle de réanimation était basée sur l'acronyme mnémonique ABC (Airway, Breathing, Circulation, soit libération des voies aériennes, respiration artificielle et massage cardiaque). Cette ligne directrice, révisée par l'American Heart Association en 2010 pour la transformer en CAB (Massage cardiaque, libération des voies aériennes, respiration artificielle), est cependant encore souvent maintenue. Pourtant, selon les chercheurs, le protocole qui consiste à déclencher immédiatement les compressions thoraciques si le patient est inconscient et ne respire pas normalement est sauveur de vies.

"Ce manque de compréhension est très préoccupant", note le Dr. Viskin. "Depuis que le début de notre recherche, au moins trois autres cas se sont rajoutés à nos statistiques, dont un très récent, non inclus dans la présente étude, impliquant un joueur de football aux Pays-Bas. Alors que le monde progresse en matière de technologie, de matériel médical et de la recherche, dans un domaine qui jouit d'une exposition médiatique face à des millions de personnes, nous avons plus de dix ans de retard".

Selon les chercheurs, bien que cette étude se concentre sur les athlètes, elle peut être élargie à des centaines de milliers d'autres victimes d'arrêts cardiaques extrahospitaliers chaque année dans le monde.