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Médecine

Parkinson : nouvel espoir à l’Université de Tel-Aviv

Selon une étude dirigée par le Prof. Jeffrey Hausdorff de l’Ecole de Médecine de l’Université de Tel-Aviv et du Centre pour le traitement des troubles du mouvement de l'hôpital Sourasky, l'électrostimulation non invasive du cerveau améliore de manière significative les troubles de la mobilité et la dégradation cognitive chez les patients atteints de Parkinson, notamment le phénomène du blocage de la marche.

Parkinson nouvel espoir a l Universite de Tel AvivL’étude, à laquelle ont également participé la doctorante Moria Dagan, le Prof. Nir Giladi de l'Ecole de médecine de l’UTA, le Dr. Tali Herman du Centre médical Sourasky et une équipe de Harvard sous la direction du Dr. Brad Manor et du Prof. Lew Lipsitz, a été publiée dans la revue Movement Disorders.

Les chercheurs ont examiné 20 patients atteints de la maladie de Parkinson, souffrant d’épisodes de "gel de la marche", incapacité soudaine et temporaire à se déplacer, l’un des syndromes les plus incommodants de la maladie, cause de chutes et d’une baisse de la qualité de la vie. Les patients ont reçu un traitement comprenant 20 minutes de stimulation transcrânienne à courant continu via un casque posé sur le crâne, pendant trois visites différentes. Lors de la première, on a stimulé simultanément le cortex moteur primaire et le cortex préfrontal dorsolatéral gauche qui joue un rôle majeur dans la planification et les fonctions exécutives; au cours de la deuxième le cortex moteur primaire seulement; enfin, pendant la troisième visite, les patients ont subis un "simulacre" de stimuli, une sorte de stimulation placebo dans lequel le sujet ressent une certaine sensation de picotement, alors que la quantité de stimulation est négligeable.

Même chez les malades à un stade avancé

Avant et après chaque cycle, les participants ont effectué une série de tests: un test provoquant le gel de la marche, un test de mobilité statique et dynamique (connu sous le nom de test "Timed Up and Go"), une évaluation de la marche et un test cognitif de contrôle d'inhibition (test de Stroop).

"Les résultats ont été très encourageants", explique le Prof. Hausdorff. "La marche des patients s'est améliorée lors de la stimulation simultanée du cortex moteur primaire et du cortex préfrontal dorsolatéral gauche, mais pas dans les deux autres cas, révélant que la stimulation transcrânienne à courant continu visant simultanément les régions motrices et cognitives induit apparemment des conséquences immédiates dans le cerveau qui se traduisent par une réduction du gel de la marche et une amélioration de la fonction exécutive et de la mobilité".

Jeffrey HausdorffAprès 20 minutes de stimulation multisite, le phénomène de congélation de la marche s’est réduit, et on a constaté une amélioration à la fois de la mobilité et de la cognition des patients, par rapport aux deux autres méthodes de simulation testées.

"En d'autres termes, on obtient un effet meilleur et plus important en ciblant simultanément les zones motrices et cognitives", conclut le Prof. Hausdorff. "Lorsqu’on traite le phénomène de la congélation de la marche chez les patients atteints de Parkinson, il est important de cibler à la fois les fonctions motrices et cognitives. Même chez les malades à un stade avancé, il est apparemment possible d'améliorer le fonctionnement cérébral par l'électrostimulation non invasive au moins à court terme, avec des conséquences positives et fonctionnelles".

L’équipe de l’Université de Tel-Aviv et du Centre médical Sourasky, en collaboration avec les chercheurs de l’Ecole de médecine de Harvard, mène actuellement une expérience pour déterminer les avantages à long terme de cette stimulation multisite sur la congélation de la marche et les symptômes associés.

 

Cet article a été publié sur Siliconwadi.fr le 23.3.2018

Avancée considérable à l'Université de Tel-Aviv: des chercheurs ont développé une méthode révolutionnaire pour prévenir la pré-éclampsie

Une recherche dirigée par le Dr. Noam Shomron et le Prof. Moshe Hod et menée par la doctorante Liron Yoffe de l'École de médecine de l'Université de Tel-Aviv, a révélé pour la première fois une série de marqueurs moléculaires présents en début de grossesse chez les femmes susceptibles de développer une pré-éclampsie (hypertension artérielle gravidique cause de graves complications de la grossesse). Les biomarqueurs, découverts grâce au séquençage génétique de nouvelle génération et à des méthodes de calcul avancées, pourront permettre un diagnostic précoce avec un niveau de certitude de 85% par simple prise de sang, et un traitement préventif qui préviendra complètement l'apparition de la maladie.

Pre eclampsie 540x405 lL'étude menée en collaboration avec l'hôpital Beilinson en Israël ainsi que d'autres hôpitaux en Angleterre, en Russie, en Italie et en Espagne, a est publiée le 21.2.18, dans la revue Scientific Report Nature.

"Jusqu'à 8 pour cent des femmes enceintes souffrent de pré-éclampsie au cours du deuxième ou troisième trimestre de la grossesse", explique le Dr. Shomron. "Il s'agit d'une maladie grave qui met en danger la santé, et parfois même la vie de la mère et du fœtus. Ses causes sont ignorées, mais on lui connait cependant un traitement préventif éprouvé et simple: une prise d'aspirine à faible dose à partir de la 16e semaine au plus tard, et jusqu'à la fin de la grossesse". Aujourd'hui ce traitement préventif est administré aux femmes enceintes considérées comme présentant des risques de développer la maladie, selon les estimations de leurs médecins. Mais en l'absence d'un marqueur biologique clair et sans équivoque, le diagnostic se fait sur la base de critères généraux tels que les grossesses précédentes, les sensations de la patiente, la pression artérielle ou un examen échographiques combiné à des tests de sang biochimiques, dont la sensibilité est insuffisante. La nouvelle étude a été conçue pour permettre un diagnostic précoce avec un degré de certitude beaucoup plus élevé".

25 marqueurs biologiques

"Nous avons recherché un marqueur moléculaire qui soit présent dans le sang des femmes dès le premier trimestre de la grossesse, avant qu'elle souffre de symptômes, et qui annonce l'apparition de la pré-éclampsie plus tard", explique le Dr. Shomron. À cette fin, les chercheurs ont suivi des milliers de femmes enceintes et prélevé chez chacune des échantillons de sang dans leur 12e semaine de grossesse. Par la suite (après la grossesse) ils se sont concentrés sur 75 échantillons : 35 provenant de femmes ayant souffert plus tard de pré-éclampsie, et 40 de femmes ayant terminé leur grossesse en pleine santé. Dans chaque cas, ils ont extraits des molécules d'ARN - environ 20 millions de molécules pour chaque échantillon.

Noam Shomron Credit Sion Ninio"Les chercheurs du monde entier s'emploient à déchiffrer l'ADN du fœtus, mais très peu recherchent des solutions basées sur l'ARN, la substance génétique grâce à laquelle l'ADN peut s'exprimer", explique le Dr. Shomron. "Dans mon laboratoire, nous avons décidé de nous concentrer précisément sur l'ARN, afin d'ouvrir une nouvelle ouverture pour le diagnostic de la pré-éclampsie, et d'autres maladies liées à la grossesse". Utilisant la technologie du séquençage génétique de nouvelle génération, Liron Yoffe, bio-informaticienne de formation, a mis en œuvre des algorithmes d'apprentissage automatique, afin de déterminer les différences exactes entre l'ARN des femmes tombées malades pendant leur grossesse et celui des autres. En conclusion, parmi les 20 millions de molécules d'ARN extraites, 25 pourront être utilisées comme marqueurs cliniques, leur configuration dans l'échantillon de sang indiquant avec une efficacité de 85% si la femme souffrira de pré-éclampsie à un stade plus avancé de sa grossesse.

Avancer les examens pré-nataux au premier tiers de la grossesse

"Nos résultats fournissent une base pour le développement d'un test sanguin simple pour prévoir la pré-éclampsie", conclut le Dr. Shomron. "Mais ils ont aussi une autre importance : ils prouvent que les molécules d'ARN peuvent être utilisés comme marqueurs moléculaires dès le début de la grossesse. Ainsi viennent-ils renforcer la tendance mondiale qui vise à avancer les examens prénataux au premier tiers de la grossesse, au lieu de les réaliser en majorité pendant le troisième trimestre, comme c'est le cas actuellement. Cette mesure permettra aux médecins de prévenir les dommages à la mère et au fœtus, et le cas échéant, de commencer un traitement préventif le plus tôt possible, améliorant radicalement la santé de la mère et du fœtus".

Moshe Hod"Le Prof. Moshe Hod, avec qui nous avons réalisé cette étude, est à la tête de cette tendance en Israël et dans le monde, et a même récemment fondé une 'clinique du premier trimestre' à l'hôpital Beilinson. Aujourd'hui, dans notre laboratoire, nous recherchons des marqueurs d'ARN qui servent également à dépister le diabète gestationnel, maladie beaucoup plus courante que la pré-éclampsie, et qui peut causer des dommages importants au bébé pour toue la durée de sa vie".

Le Prof. Moshe Hod, qui est également directeur de l'Institut de recherche de médecine périnatale de l'Hôpital Beilinson et président de la Société européenne de médecine fœto-maternelle, dirige actuellement la Commission pour la santé de la mère et du fœtus de l'Association internationale des gynécologues-obstétriciens (FIGO),  qui a pour objectif principal de favoriser la prévision des complications de la grossesse dès son premier trimestre. "Il est important de comprendre que les complications de la grossesse causent des perturbations des processus de développement normal du fœtus et affectent toutes ses maladies futures dans l'enfance, l'adolescence et à l'âge adulte", explique-t-il. En d'autres termes, il est important de transférer la batterie des tests et le diagnostic vers le premier tiers de la grossesse afin d'éviter l'apparition de complications comme le diabète gestationnel, la pré-éclampsie, les contractions précoces et les troubles de croissance du fœtus à des stades ultérieurs". Le Prof. Hod relève les progrès actuels dans la recherche de nouvelles technologies, basées soit sur la génétique novatrice (mico-ARN) comme dans cette étude, soit sur le microbiome, le métabolome (marqueurs dans le sang de la mère, protéines et métabolites) et d'autres.

"Ces technologies nous permettront dans l'avenir de faire des dépistages dès les premières étapes de la grossesse et de prendre des mesures préventives pour prévenir les complications. C'est l'avenir de la médecine obstétrique", conclue-t-il.

 

Cet article a été publié sur Siliconwadi.fr sous le titre: "Grossesse: découverte impotante de l'Université de Tel-aviv contre la pré-éclampsie", le 23/2/2018

Lancement d’un centre d’innovation médicale à l’Université de Tel-Aviv pour développer des médicaments du laboratoire au stade clinique

Un centre d'innovation en médecine translationnelle pour le développement de médicaments du laboratoire au stade clinique a été lancé début février à l’Université de Tel-Aviv. Mettant à profit le formidable potentiel de recherche de l’université et ses 17 centres médicaux affiliés, il permettra pour la première fois le développement de nouveaux médicaments jusqu’au stade des essais cliniques, en minimisant les risques et les coûts de production.

doctors3 800px« L'objectif du centre est d'élargir considérablement l'arsenal de médicaments à l'avenir », a déclaré le Prof. Dan Peer, chef du Centre pour l'étude de la biologie du cancer de la Faculté des Sciences de la vie de l’Université de Tel-Aviv, qui dirigera le nouveau centre. « À cette fin, nous cherchons à tirer parti de la formidable puissance de recherche de l'université, combinée avec ses 17 centres médicaux affiliés, y compris le centre médical Sheba-Tel-Hashomer, le Rabin Medical Center et le centre médical Sourasky à Tel-Aviv. Nous avons mobilisé pour cette initiative des personnalités dominantes de l'industrie pharmaceutique, qui serviront de mentors pour les projets sélectionnés et aideront à orienter les activités de recherche dans une direction adaptée à l’industrie.

« Nous construisons des ponts  entre les universités, les hôpitaux et l'industrie »

Selon le Prof. Peer plus de 10 000 maladies sont connues de la médecine à ce jour, mais, seules quelques 500 familles de médicaments approuvés sont à la disposition des médecins pour les combattre. De plus, en raison des processus complexes de développement et de supervision, l’ajout de nouveaux médicaments au réservoir mondial se fait très lentement. Cette situation découle en grande partie des difficultés rencontrées par les chercheurs dans les universités lorsqu’ils veulent traduire leurs découvertes scientifiques en médicaments concrets, qui parviennent jusqu’à l'industrie et les cliniques et aident les patients. Le nouveau centre a été créé afin d’apporter une réponse créative et innovante à ce problème crucial.

Il mettra en œuvre un modèle révolutionnaire pour améliorer de manière significative le processus complexe de création de nouveaux médicaments, et permettra pour la première fois leur développement jusqu'au stade des essais cliniques, entre les murs de l'université. De cette manière, un grand nombre de médicaments parviendront à l'industrie à un stade très proche de la phase de production, minimisant ainsi les risques et réduisant les coûts pour les entreprises pharmaceutiques. Selon le Prof. Peer : « Le financement des recherches proviendra des donateurs et de l'Université de Tel-Aviv. Les mentors participeront bénévolement à l’entreprise, et les essais cliniques, qui peuvent être très onéreux, auront lieu dans le cadre des hôpitaux partenaires, à un coût bien moindre. Ainsi pourrons-nous amener vers l'industrie des médicaments à un stade plus avancé dont l'efficacité et la qualité auront déjà été démontrés lors d'essais cliniques initiaux, surmontant ainsi les risques pris par les entreprises pharmaceutiques dans les premières étapes du développement des médicaments ».

Ce modèle pionnier permettra d'ouvrir les portes à toute idée novatrice dans tous les domaines médicaux, y compris celles de grande envergure qui peuvent sembler un pari pour les investisseurs commerciaux. « Notre seul intérêt est le développement de nouveaux médicaments et leur succès », conclut le Prof. Peer. « Nous construisons des ponts  entre les universités, les hôpitaux et l'industrie ».

Suite au lancement du projet le 1er février 2018, un premier appel a été diffusé auprès des chercheurs de tout le campus et des médecins des hôpitaux affiliés. Toutes les propositions soumises seront examinées par un comité international d'experts et, la première année, trois projets seront sélectionnés. Plus tard, le nombre de projets passera à 10 par an.

Cancer: Une méthode innovante développée à l'Université de Tel-Aviv pour améliorer les performances des médicaments intelligents

Une nouvelle technologique révolutionnaire basée sur la biologie, mise au point par le Prof. Dan Peer, directeur du Centre de recherche sur la biologie du cancer de l'Université de Tel-Aviv, le Dr. Ranit Kedmi et Nuphar Veiga, chercheuses au Centre, en collaboration avec le Prof. Judy Lieberman de l'Université de Harvard, va permettre le ciblage des médicaments vers les cellules cancéreuses de la manière la plus efficace et la plus précise possible et de promouvoir la médecine personnalisée pour de nombreuses maladies.

DanPeer580 330 0L'étude a été publiée la semaine dernière dans la prestigieuse revue Nature Nanotechnology.

Le cancer n'est pas une maladie unique mais un ensemble de plus de 500 types d'affections présentant des caractéristiques génétiques et des profils différents. Ces dernières années, les avancées de la recherche ont permis d'appréhender en détail la signature génétique et les caractéristiques de chaque tumeur cancéreuse et de promouvoir une vision de la médecine dans laquelle chaque patient pourra être traité selon son profil personnel (prédispositions aux maladies et aux effets secondaires etc.).

'Sous-marins' et 'GPS' dans le corps humain

 "Une des méthodes innovantes de délivrance des médicaments dans le cadre de la médecine personnalisée est l'utilisation de 'véhicules' d'administration des médicaments, sortes de 'sous-marins', insérés dans le corps du patient, qui s'acheminent vers les cellules cibles des organes malades et y libèrent leur substance active", explique le Prof. Peer. "Le médicament est une molécule d'ARN qui permet de réduire au silence un gène particulier en fonction du profil du patient. Pour atteindre sa destination, le 'sous-marin' utilise une sorte de 'GPS', un anticorps du système immunitaire qui cible exactement le sous-ensemble spécifique de cellules malades et permet au médicament d'être libéré dans les cellules cibles. Le problème est que les cellules cancéreuses sont différentes les unes des autres et nécessitent également d'adapter le système GPS à chaque patient. Dans notre étude, nous avons trouvé une solution innovante à ce problème, et espérons qu'elle contribuera de manière significative à la mise en œuvre effective d'une médecine personnalisée".

Ranit kedmiPour permettre un traitement personnalisé, il faut non seulement adapter le médicament mais aussi le 'véhicule' qui puisse atteindre les cellules du patient en fonction de leurs caractéristiques. Il est donc nécessaire de créer un large éventail de ces 'sous-marins' qui puissent fournir des solutions aux divers patients, chose impossible dans l'état de la technologie existante. En effet, la connexion qui s'établit entre les anticorps (le GPS) et les transporteurs des médicaments (les sous-marins), est actuellement basée sur une approche chimique, caractérisée par de nombreuses difficultés et impliquant des processus complexes, longs et coûteux, et leurs résultats sont insatisfaisants: maitrise partielle du processus, orientation vers l'objectif et la libération de la charge médicamenteuse parfois imprécis etc.

D'innombrables combinaisons possibles 

Le procédé proposé par le Prof. Peer et ses collègues aborde le problème par une approche non pas chimique mais biologique, basée sur une protéine dite adaptatrice qui assure la liaison entre les véhicules de transport des médicaments et l'anticorps. La protéine adaptatrice se compose de deux parties: la première contient un lipide à chaîne, qui permet un lien avec le véhicule de transport du médicament, lui aussi composé de matières grasses, et la seconde partie a une affinité (attraction et ajustement naturel) élevée avec un élément permanent existant dans tous les anticorps, ce qui lui permet de se lier à des milliers, voire des millions d'anticorps différents. Ainsi sont rendues possible d'innombrables combinaisons entre les anticorps et plus encore, l'auto-assemblage des médicaments et des anticorps se liant d'eux-mêmes les uns aux autres, selon un processus simple et rapide. "Il suffit de mélanger les anticorps et les particules nécessaires en présence d'une protéine adaptatrice et ils se lient d'eux-mêmes entre eux, correctement et avec un maximum d'efficacité", explique le Prof. Peer. "Ainsi peut-on créer un 'sous-marin' performant, qui parvient exactement au bon endroit dans le corps, et conduit le bon médicament en quantité nécessaire. Avec cette méthode, nous avons été en mesure de produire en laboratoire une quantité industrielle de ces sous-marins en une heure seulement, soit une performance beaucoup plus élevée que la capacité industrielle existante actuellement. Plus important encore, l'effort de développement nécessaire pour orienter les sous-marins vers leur cible est minime".

Nuphar VeigaLes chercheurs ont testé leur méthode en laboratoire sur 8 types de cellules cibles de deux maladies différentes: le lymphome et une maladie inflammatoire de l'intestin. Dans le premier cas, ils sont parvenus à augmenter de 2,5 fois la durée de vie de souris malades du cancer du sang, avec un minimum d'effets secondaires. Dans le second, ils ont pu faire taire un gène inflammatoire dans une sous-population de cellules immunitaires, réduisant de manière significative l'inflammation des intestins.

"Il s'agit d'une percée technologique qui permet une grande avancée sur la voie de l'application d'une médecine personnalisée précise et efficace, à la fois sur le plan médical et économique", conclut le Prof. Peer. "Notre méthode permet de préparer un médicament prêt à l'injection adapté au profil génétique d'un patient spécifique en quelques semaines, par comparaison aux années de développement nécessaires avec les méthodes précédentes. Nous espérons arriver à des essais cliniques sur des patients dès que possible".

Ont également participé à l'étude des chercheurs du laboratoire du Prof. Dan Peer ainsi que du Prof. Itai Benhar de la Faculté des sciences de la vie de l'Université de Tel-Aviv, et le Dr. Mark Behlke de la société américaine IDT (Integrated DNA Technologies). La recherche a été financée par le Centre Dotan d'hémato-oncologie de l'Université de Tel-Aviv, la Fondation Helmsley pour la recherche en nanotechnologie, la Fondation Rainin et une subvention du Conseil européen de la recherche (ERC).

Des chercheurs de l'université de Tel-Aviv ont trouvé un moyen de retarder le développement du cancer du pancréas

Une équipe de chercheurs sous la direction du Prof. Ronit Satchi-Fainaro, chef du Département de physiologie et pharmacologie et du laboratoire de recherche sur le cancer et la nano-médecine de l'Université de Tel-Aviv, a réussi à développer un traitement qui inhibe de manière significative le développement du cancer du pancréas, cancer particulièrement agressif qui a notamment causé la mort de Steve Jobs. Basé sur l'observation des caractéristiques génétiques des patients qui survivent plus longtemps à la maladie, le traitement, encore au stade du laboratoire, pourra servir de base au développement d'un futur cocktail de médicaments efficace, et allonger la vie des patients atteints de la maladie et même d'autres types de cancer violents.

satchi fainaroL'étude a laquelle ont participé la doctorante Hadas Gibori et le Dr. Shay Eliyahu du groupe de recherche du Prof Satchi-Fainaro, en collaboration avec le Prof. Eytan Ruppin de l'Université du Maryland, le Prof. Galia Blum de l'Université hébraïque de Jérusalem, ainsi que le Prof. Iris Barshack et le Dr. Talia Golan du Centre médical Sheba, a été publiée le 2.1.2018 dans la revue Nature Communications.

"Le cancer du pancréas est une maladie extrêmement agressive", explique le Prof. Satchi-Fainaro. "En dépit de tous les traitements proposés par la médecine moderne, de nombreux patients atteints de ce cancer meurent dans les mois suivant le diagnostic, et 75% en moins d'un an. Cependant, sept pour cent des personnes diagnostiquées survivent cinq ans ou plus. Mais jusqu'à présent, on ne savait pas ce qui distinguait ces patients par rapport aux autres".

Une action synergique

Les chercheurs ont donc cherché à découvrir pourquoi un petit pourcentage de patients survit bien davantage que les autres. "Dans une première étape, nous avons prélevé des échantillons de cellules tumorales et examiné le niveau d'expression des gènes et des micro-ARN", décrit le Prof. Satchi-Fainaro  "Dans la plupart des cas, les résultats ont correspondu à description clinique d'un cancer violent: déficience en molécules d'ARN du type microARN- 34a, connu pour inhiber les gènes qui favorisent le cancer, et par contre haut niveau de l'oncogène Plk1, qui stimule l'activité des tumeurs cancéreuses".

Afin d'examiner la relation entre ces résultats et la durée de survie des patients les chercheurs se sont tournés vers le Prof. Eytan Ruppin, expert en bioinformatique, qui a utilisé la base de données géante TCGA - "l'atlas du génome du cancer" - et lui a appliqué des algorithmes spécifiques qu'il a développés à cet effet. Les calculs ont montré que chez les patients qui ont survécu longtemps, le rapport est inversé: niveau élevé de l'inhibiteur de cancer microARN-34a, et faible niveau de l'oncogène Plk1.

cancer pancreasPuis, afin de confirmer leurs résultats, les chercheurs ont examiné des tissus entiers de tumeurs de cancer du pancréas (au lieu d'échantillons de cellules isolées) de patients traités au Centre médical Sheba à Tel Hashomer, dont on savait déjà depuis combien de temps ils avaient survécu à la maladie. Ils ont examiné dans ces tissus d'une part les niveaux de microARN-34a et de l'autre ceux de l'oncogène Plk1. Et en effet, cette fois aussi, une relation inverse a été constatée entre les niveaux des deux marqueurs biologiques chez les patients "normaux" par rapport à ceux qui survivaient.

Les chercheurs se sont trouvés dès lors confrontés à la question critique: cette découverte pourrait-elle aider à retarder le cancer et à prolonger la vie des patients? Pour le savoir, ils ont mis au point de minuscules "véhicules de transport" de médicaments, des nanoparticules à base de polymères qui se décomposent en libérant leur chargement sous l'influence d'une enzyme spécifique se trouvant sur le site du cancer. Dans ces nanoparticules, ils ont stocké des microARN-34a (déficients chez les patients qui décèdent rapidement), et des siRNA (petits ARN interférents) qui déprime l'oncogène Plk1. Le produit a testé sur des souris de laboratoire, et les résultats sont prometteurs: les deux substances libérées simultanément sur le site de la tumeur ont agi en synergie, retardant la progression du cancer de 96% au bout de 45 jours de traitement.

"Nous pensons que notre découverte pourrait servir de base au développement d'un futur cocktail de médicaments efficace, qui allongera la vie des patients atteints d'un cancer du pancréas agressif", conclut le Prof. Satchi-Fainaro "De plus, les principes révélés par l'étude pourront constituer une infrastructure pour des recherches qui produiront des médicaments contre les autres types de cancer violents".

Le Prof. Satchi-Fainaro a été classée en 2014 au 13e rang des femmes les plus influentes en Israël par le magazine Forbes.

 

Cet article a été publié sur Siliconwadi.fr sous le titre: "Cancer du pancréas: la recherche israélienne trouve comment le retarder"

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