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Les chercheurs de l'Université de Tel-Aviv jouent un rôle essentiel dans le décryptage du génome du blé

Les chercheurs de l'Université de Tel-Aviv, sous la direction du Dr. Assaf Distelfeld, de l'Institut de recherche sur les céréales de la Faculté des sciences de la vie de l'Université, ont tenu un rôle essentiel dans le décryptage et le séquençage du génome du blé tendre, mené par une équipe de plus de 200 scientifiques de 20 pays, avec la participation de la startup israélienne NRGene. Selon les chercheurs, l'étude, qui permettra de développer des variétés de blé plus productives, résistantes aux maladies et adaptées à l'environnement, présente une importance exceptionnelle pour l'avenir de l'humanité.

BleElle a été publiée ce week-end dans la prestigieuse revue Science.

Un an après le décryptage du génome du blé sauvage par l'équipe de recherche du Prof. Distelfeld et la société israélienne de High Tech NRGene, un consortium international de scientifiques, auquel a également participé l'Université de Haifa, a réussi à réaliser ce qui était considéré comme impossible il y a encore quelques années: décoder et séquencer le génome du blé cultivé, le blé tendre, avec lequel on fait le pain.

Prévenir la famine mondiale

"Il est important de connaitre la séquence de l'ADN de tout organisme, en particulier celui des animaux et des plantes que nous utilisons pour notre alimentation", explique le Prof. Distelfeld. "Le blé représente 20% des calories et des protéines consommées par l'humanité, beaucoup plus que n'importe quelle autre plante alimentaire. Si nous parvenons à mieux connaitre le séquençage de son ADN et à mieux comprendre comment fonctionnent ses gènes, nous pourrons améliorer les qualités nutritionnelles de cette céréale de base, la rendre plus saine, et obtenir de meilleures récoltes".

Selon les chercheurs, pour répondre aux prévisions de la consommation alimentaire en 2050, lorsque la population mondiale comptera environ 10 milliards de personnes, la production de blé devrait croitre d'environ 1,6% par an. Or ces dernières années, elle augmente deux fois moins que cela. Dès lors, le défi est simple: soit s'attendre à une future crise de famine mondiale, soit augmenter la productivité sur les sols cultivés aujourd'hui par amélioration génétique.

Assaf Distelfeld mediumMais les efforts pour l'amélioration génétique du blé se sont heurtés jusqu'à présent à un obstacle presque infranchissable: "Le génome du blé est composé de 17 milliards de lettres, situées sur 21 chromosomes répartis en trois sous-génomes. A titre de comparaison, le génome humain n'en compte 'que' 3,2 milliards", explique le Prof. Distelfeld. Pour faire face à cette tâche presque impossible, des spécialistes du monde entiers se sont réunis en un consortium international destiné au séquençage du génome du blé (IWGSC - international Wheat Genome Sequencing Consortium), regroupant plus de 2400 membres de 68 pays. Chaque groupe de recherche s'est concentré sur une petite fraction de l'un des 21 chromosomes, dans le but ultime de rassembler en fin de compte toutes les pièces du puzzle. Mais même de cette manière, les progrès ont été lents et la tâche semblait difficilement surmontable.

C'est alors qu'est intervenue la société NRGene, une entreprise de haute technologie composée d'anciens membres de l'unité 8200, unité de l'Armée israélienne responsable du renseignement de source électromagnétique et du décryptage de codes, qui a présenté son propre algorithme pour déchiffrer le génome. La méthode a multiplié par 10 l'efficacité du décodage, et permis de déchiffrer l'an dernier le génome du blé sauvage. "Après la preuve de la haute qualité du décodage du génome du blé sauvage, nous avons pu convaincre le Consortium, jusque là sceptique, d'aller dans la même voie et avons même permis à la communauté internationale d'accéder aux bases de données des séquences, avant même la publication officielle", déclare le Prof. Distelfeld. "La technologie révolutionnaire de nos partenaires israéliens nous a permis de faire avancer nos études sur l'amélioration du blé à pas de géant", a ajouté le Dr. Curtis Pozniak, de l'Université de Saskatchewan au Canada, qui a visité Israël en 2016 et financé une grande partie de l'étude.

17 milliards de lettres

Cette collaboration a permis au consortium de décoder les 17 milliards de bases en un an. Il a alors fallu aux chercheurs une année supplémentaire pour comprendre ce qui était écrit dans ces lettres. Le génome du blé de culture, qui comprend environ 107 000 gènes, ne représentent en effet qu'environ 2% de l'ensemble du génome du blé. 85% du génome est constitué par des séquences de virus, qui s'y sont adjoint au cours des millions d'années d'évolution, et ont pris une part importante dans la formation de sa structure et de son organisation, sans cependant posséder d'impact important sur le fonctionnement quotidien de la plante.

"Jusqu'au décodage du génome, nous étions comme des navigateurs dans l'obscurité, sans carte. Il m'a fallu 25 ans pour découvrir un petit nombre de gènes jouant un rôle important dans la résistance aux maladies et l'augmentation de la qualité nutritionnelle du blé. Maintenant, ce processus pourra être raccourci à environ trois à cinq ans. C'est une découverte d'une importance exceptionnelle pour l'avenir de l'humanité ", a déclaré le Dr. Tzion Fahima, Directeur de l'Institut de recherche sur l'évolution de l'Université de Haïfa, qui a participé à l'étude.

Le défi que doivent à présent relever les chercheurs est de trouver parmi ces 107 000 gènes ceux dont la manipulation produira des variétés de blé avec une production accrue, qui croissent plus rapidement, ont des valeurs nutritives plus élevées, peuvent se développer dans des conditions extrêmes de chaleur ou de froid, avec moins d'eau, sur un sol plus salé etc. "Nous recherchons à présent les gènes dont le fonctionnement est important, par exemple celui qui pourra influencer la résistance à la sécheresse. Grâce au déchiffrage du génome, nous pourrons trouver ces gènes plus facilement et plus rapidement", conclut le Prof. Distenfeld.

Les différences sexuelles n'ont pas de base génétique mais sont le résultat de l'environnement selon les chercheurs de l'Université de Tel-Aviv

D’après une étude menée par le Prof. Daphna Joel de l'École de psychologie et de l'École des neurosciences de l'Université de Tel-Aviv, en collaboration avec les Prof. Cordelia Fine de l'Université de Melbourne en Australie et John Dupré de l'Université d'Exeter en Grande-Bretagne, une grande partie des différences sexuelles n'ont aucune base génétique et sont le résultat de l'environnement. Selon les chercheurs, des milliers d'années de vie dans un environnement sexo-spécifique ont "dispensé" nos gènes de la nécessité de développer les mécanismes qui assurent les différences de comportement entre les sexes.

fillesgarconsL’étude a été publiée au mois d’aout dans la revue Trends in Cognitive Sciences.

Nul ne doute plus que l'environnement joue un rôle important dans la perpétuation des  différences entre les hommes et les femmes en termes de comportement, de préférences et de capacités. Mais beaucoup pensent que ces distinctions existeraient même dans un environnement totalement égalitaire car elles découlent selon eux de  différences biologiques entre les sexes. Pourtant, selon le Prof. Daphna Joel : "Le fait qu'un comportement particulier réapparaisse à chaque génération ne signifie pas nécessairement qu’il soit inscrit dans nos gènes".

"Des moutons élevés par des chèvres préfèreront s'accoupler avec des chèvres"

Pour essayer de comprendre l'hypothèse des chercheurs, il faut déconstruire l'analogie généralement admise entre l'hérédité, transfert d'informations de génération en génération, et la génétique, transfert de l'information d'une génération à l'autre par les gènes. Les développements récents des théories de l'évolution, notamment les travaux du Prof. Hava Yablonka de l'Université de Tel-Aviv, montrent que la transmission intergénérationnelle peut également se produire en dehors des gènes, par exemple par l'épigénétique, le comportement ou les symboles.

Daphna Joel"Lorsque l'environnement est suffisamment stable, il peut fournir les conditions de l'apparition d'un comportement qui passe d'une génération à l'autre", explique le Prof. Joel. "Par exemple, on pense généralement que les moutons préfèrent s'accoupler avec des moutons - préférence qui présente un avantage clair sur le plan de l'évolution – pour des raisons génétiques. Mais des expériences ont montré que des moutons élevés par des chèvres préféreront s'accoupler avec des chèvres plutôt qu'avec d'autres moutons".

En d'autres termes, les gènes ne sont pas les seuls facteurs de l'hérédité. L'animal hérite aussi d'un environnement comprenant entre autre des animaux du même type que lui. Un tel environnement diminue la nécessité de développer les mécanismes génétiques responsables du développement des préférences sexuelles. Une génération de changements environnementaux suffit donc à modifier totalement les préférences sexuelles : au lieu de préférer les moutons, l'agneau élevé avec des chèvres optera pour les chèvres. Cela peut sembler surprenant, mais ça ne l'est pas : dans la nature pendant des générations les agneaux ont toujours été élevé par des brebis, et donc il n'a jamais existé de conditions dans lesquelles une sélection génétique aurait pu s'opérer pour que les moutons préfèrent s'accoupler avec des moutons plutôt qu'avec des chèvres par exemple.

"Les différences de comportement ne proviennent pas forcément des gènes

mais peuvent découler d'un environnement permanent au fil des générations"

Selon les chercheurs, ces principes peuvent également être vrais pour les différences entre les femmes et les hommes : "le fait que les humains vivent depuis des milliers d'années dans des environnements extrêmement "sexo-spécifiques", où garçons et filles sont élevés de manière très différente depuis leur naissance, permet d'émettre l'hypothèse qu'il n'y a aucune pression sur les gènes pour qu'ils développent une quelconque préférence et que donc au moins une grande partie des différences que nous connaissons entre les sexes n'a pas de fondement génétique, justement parce que l'environnement les a provoqué au fil des générations. Il est possible par exemple que les filles préfèrent jouer à la poupée et les garçons au ballon non parce que c'est "inscrit dans nos gènes", mais parce que nous apprenons de notre environnement. Il se trouve que la capacité d'une guenon à prendre soin de son enfant dépend du fait qu'elle ait grandi avec d'autres singes. Les différences de comportement ne proviennent donc pas forcément des gènes mais peuvent découler d'un environnement permanent au fil des générations

"La perspective selon laquelle la plupart des différences entre les sexes découlent de notre environnement sexo-specifique au lieu d'être inscrites dans nos gènes est plutôt une bonne nouvelle", conclue le Prof. Joel. "En effet, à l'encontre du potentiel génétique, l'environnement culturel peut être modifié. Mais il faut se rappeler que nous vivons dans un monde très sexué, depuis les jouets donnés aux bébés jusqu'à l'attitude de nos parents, en passant par celle des enseignants, des amis, la presse, la littérature, le cinéma, la télévision, et même les annonces publicitaires; et donc il ne suffit pas de modifier un seul aspect culturel pour provoquer un changement dans les différences entre les sexes au niveau de la population".

 

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Une étude génétique menée à l'Université de Tel-Aviv prouve les origines de la communauté juive indienne des Bene Israël

Selon une étude menée au laboratoire du Prof. Eran Halperin au Centre de bioinformatique de l'Université de Tel-Aviv, en collaboration avec une équipe de recherche internationale dirigée par le Dr. Yedael Waldman et le Prof. Alon Keinan  de l'Université Cornell aux Etats-Unis, la communauté des "Bene Israël" ("Fils d'Israël) ou Juifs de Bombay a émigré du Moyen-Orient en Inde il y a environ un millier d'années, et a depuis préservé sa spécificité génétique.
Selon la recherche, publiée dans la revue PLoS One il y a deux semaines, la migration a été effectuée par des hommes qui ont  épousé des femmes de la population locale, probablement après la conversion de celles-ci au judaïsme.

JewishIndianCommunityLes "Bene Israël" constituent la principale des trois communautés juives originaire de l'Inde, les deux autres étant les Juifs de Cochin, et la communauté Baghdadi. Ils comptent aujourd'hui  plus de  70 000 membres en Israël, depuis leur alyah en 1952. Bien que leur judéité soit aujourd'hui officiellement reconnue, les sources et documents relatifs à leur histoire s'arrêtent au 18ème siècle, et le récit  de leurs origines et des migrations de la communauté repose principalement sur l'héritage culturel et la tradition. Certains se considèrent comme les descendants des dix tribus perdues exilées de Samarie, capitale du royaume d'Israël, par Salmanasar, roi d'Assyrie, en 722 avant JC, d'où leur appellation de "Fils d'Israël". D'autres pensent qu'ils ont fui le règne d'Antioches Epiphane, en passant par Eilat et Suez, en 175 avant JC, ou encore que leurs ancêtres ont fui Israël à la période de la destruction du second Temple en 70 après JC.  La nouvelle étude génétique internationale réalisée dans les laboratoires de l'Ecole d'Informatique de l'Université de Tel-Aviv révèle des informations précieuses sur son origine et son passé lointain.

Entre 19 et 33 générations

Selon l'étude les «Bene Israël» sont originaires d'une des communautés juives du Moyen-Orient, et leur passage en Inde a eu lieu il y a environ entre 19 et  33 générations, soit approximativement 600 à 1000 ans. Les chercheurs supposent que la migration fut essentiellement le fait d'hommes qui à leur arrivée ont épousés des femmes de la population locale, peut-être après leur conversion au judaïsme, bien que sur ce point la génétique ne fournisse pas de réponse. Au cours des siècles, les Bene Israël ont conservé leurs  caractéristiques spécifiques sur le plan génétique, ses membres se mariant uniquement à l'intérieur de la communauté et évitant de s'intégrer aux populations non juives de l'Inde.

Eran.HalperinLa plupart des groupes ethniques existant aujourd'hui en Inde sont le résultat de la fusion il y a 2000 à 4000 ans de deux groupes principaux, l'un originaire du nord du continent, l'autre du sud. Le défi représenté par la cartographie génétique des Bene Israël, est donc double, expliquent les chercheurs. "Tout d'abord, même s'ils ont une base génétique partagée avec d'autres communautés juives, il faut montrer qu'il ne viennent pas de cette même fusion de tous les Indiens, car la population d'origine du nord de l'Inde présente une certaine similitude génétique avec les populations du Moyen-Orient, et donc les communautés juives. En outre même s'il  existe chez eux une base génétique qui n'existe pas chez d'autres populations indiennes, on doit montrer qu'elle est lié aux communautés juives et non pas seulement aux peuples originaires du Moyen-Orient ".

Les chercheurs ont donc examiné soigneusement les marqueurs génétiques de 18 membres de la communauté des Bene Israël, et les ont comparé, à l'aide d'algorithmes sophistiqués,  à ceux d'un échantillon de 486 personnes de 41 groupes de populations différentes, y compris des Indiens, des Pakistanais et des Juifs de la diaspora à travers le monde (Yémen, Irak, Syrie, Iran,  Géorgie,  Turquie, Grèce, Italie, nord de la France, Allemande de l'ouest, Libye, Tunisie, Maroc et Algérie), ainsi que de plusieurs centaines d'échantillons provenant du monde entier, y compris de populations non-juives du Moyen-Orient.

Plus proches des communautés juives que de tous les autres communautés indiennes et pakistanaises

Il s'est avéré que, même s'il existe de nombreuses similitudes génétiques entre les Bene Israël et les autres groupes indiens, ses membres possèdent cependant une composante qui ne se retrouve pas dans le spectre génétique indien et implique une origine différente. De plus, bien que dans certains cas, la similitude entre les Bene Israël, et d'autres communautés juives n'était pas plus significative que celle d'autres populations, en particulier au Pakistan, des analyses plus poussées, examinant notamment les liens entre les différents marqueurs génétiques adjacents dans le génome, ont montré que la communauté des Bene Israël était  plus proche génétiquement des autres communautés juives que de toutes les communautés indiennes et pakistanaises.

"Il se trouve que la ressemblance des groupes indiens et pakistanais avec les communautés juives et les nations du Moyen-Orient découle d'une ancienne origine commune à tous les peuples du Moyen-Orient et d'Asie centrale, alors que  la ressemblance des Bene Israël avec les communautés juives est unique, et découle du fait qu'ils sont les descendants de Juifs" expliquent les chercheurs.

Ils ont également constaté que le pourcentage de segments communs entre le génome des Bene Israël et celui des populations non-juives du Moyen-Orient (Bédouins,  Druzes et Palestiniens) est faible comparé à leur taux de similarité avec les communautés juives, ce qui suggère leur lien direct avec elles, et pas seulement avec  les peuples du Moyen-Orient.

L'étude constitue  un nouvel  exemple de l'apport de la génétique mise au service de l'histoire au cours de ces dernières années.

 

Photo: la famille Bamnolker en Inde dans les années 20, Reproduction du Prof. Eliyahu Hershkowitz

Des chercheurs de l'université de Tel-Aviv découvrent de nouvelles lois de l'hérédité

Le Dr. Oded Rechavi du Département de microbiologie et de l'Ecole des neurosciences de l'Université de Tel-Aviv et son étudiante Léa Houri Zeevi ont découvert un mécanisme qui régule l'hérédité épigénétique, liée aux conditions environnementales (climat, alimentation, stress…) et transmise sans mutation de l'ADN, et le moyen de l'activer ou de la désactiver au fil des générations.
Selon les chercheurs, les résultats de l'étude, récemment publiée dans l'importante revue Cell, sont susceptibles de conduire au réexamen de l'ensemble du processus de l'hérédité.

ADN« Les créatures vivantes réagissent à leur environnement par des changements dans l'activité des gènes, dits 'épigénétiques', qui n'impliquent pas de modifications des séquences d'ADN » explique le Dr. Rehavi. « Contrairement aux modifications génétiques qui sont permanentes, les changements épigénétiques sont plastiques et dynamiques. Ainsi, par exemple, en réponse aux défis environnementaux, les petites molécules d'ARN peuvent bloquer l'expression de gènes spécifiques dans l'ADN pendant la durée de vie d'un individu. La plupart de ces réactions épigénétiques sont effacées des gamètes, par un processus appelé reprogrammation. Cet effacement de la mémoire épigénétique explique par exemple que notre entrainement en salle de sport n'implique pas que nos enfants seront plus forts ».

La transmission héréditaire des caractères acquis

Cinquante ans avant Darwin, Jean-Baptiste Lamarck avait déjà formulé une théorie de l'évolution selon laquelle les réactions à l'environnement pouvaient se transmettre de génération en génération. Il pensait par exemple que les girafes avaient un long cou parce que leurs ancêtres avaient tendu la tête pour atteindre les feuilles élevées des arbres, efforts qui selon lui auraient ont porté leurs fruits chez leurs descendants nés avec un cou allongé. Bien que cette vision simpliste ait été scientifiquement démentie, les découvertes de ces dernières années suggèrent bien l'existence d'une hérédité épigénétique qui passe par le transfert de génération en génération de molécules dites "petits ARN".

Oded-RechaviLes études réalisées dans le laboratoire du Dr. Rechavi ont démontré dans le passé que les vers léguaient à leur progéniture de telles molécules, contenant des informations sur leur environnement, notamment  sur les infections virales et leur état nutritionnel, aidant ainsi au développement de la capacité de survie de leur prochaine génération. L'équipe du Dr. Rechavi a également été la première à montrer que des enzymes spécifiques, nommés RdRPs permettent la copie et l'amplification des petites molécules d'ARN chez les descendants, de sorte que la réaction épigénétique ne soit pas "oubliée", mais se reproduise au fil des générations.

Cependant on ne savait pas jusqu'à présent pourquoi la majorité des réactions épigénétique ne se produisent que sur un nombre limité de générations, généralement trois à cinq. On supposait qu'elles étaient tout simplement détruites au fil du temps par un processus de dilution. La nouvelle étude du Dr. Rechavi et de son équipe montre qu'il existe des lois qui dictent quelles réactions épigénétiques seront "mémorisées", et lesquelles seront «oubliées» par les descendants, et pour combien de générations.

Remettre à zéro le chronomètre de l'hérédité

« Nous avons découvert un processus actif, un mécanisme d'hérédité épigénétique que l'on peut activer ou désactiver », explique Léa Houri-Zeevi. « Nous décrivons un processus d'interaction entre les petites molécules d'ARN qui régulent l'expression des gènes et sont transmises par hérédité, et les gènes nécessaires pour les produire et les transmettre. Cette interaction détermine la transmission ou non de la mémoire épigénétique par l'hérédité, et pour combien de générations. Une fois que ces gènes -que nous avons appelés Motek, abréviation de gènes transgénérationnels cinétiques épigénétiques modifiés - sont isolés, nous pouvons en fait influencer la durée de l'héritage épigénétique».

Les chercheurs ont constaté qu'en initiant artificiellement une réaction épigénétique chez les vers, c'est-à-dire en contrôlant chez eux l'action d'un gène spécifique, on remettait à zéro le "chronomètre" du mécanisme d'hérédité épigénétique, de sorte que les réactions épigénétiques autorisées n'étaient pas oubliées par les générations suivantes. En activant ce mécanisme de manière répétée, et en utilisant un groupe de gènes Motek fabriqué, ils ont été en mesure de doubler le nombre de générations influencées par la réaction épigénétique des parents.

L'équipe de Dr. Réchavi examine à présent ces mécanismes chez d'autres espèces. « Il est possible que l'héritage épigénétique chez les humains soit régie par des lois semblables; le temps nous le dira », commente-t-il. "Auquel cas c'est tout le processus de l'hérédité qu'il faudra réexaminer ». Par exemple, il est possible que le diagnostic génétique de diverses maladies chez les groupes à risque doive inclure non seulement une analyse génomique, à savoir des séquences d'ADN, mais aussi celle des molécules d'ARN concernées. « Il s'agirait d'une bonne nouvelle, car la présente recherche nous suggère déjà les moyens par lesquels il sera possible d'inhiber ou de stimuler l'hérédité épigénétique au fil des générations  ».

 

Cet article a été publié sur Siliconwadi sous le titre: "Découverte israélienne de nouvelles lois de l'hérédité"

Cartographier l'ADN du blé pour améliorer l’approvisionnement alimentaire mondial

Une équipe internationale de chercheurs sous la direction du Dr. Assaf Distelfeld de la Faculté des Sciences de la vie de l’Université de Tel-Aviv, en collaboration avec la start-up israélienne NRGene, a entrepris de décoder le génome de l'amidonnier sauvage, ancêtre de la plupart des variétés de blé cultivé, dans le but d’améliorer l’approvisionnement alimentaire mondial.

Une-solution-israélienne-contre-la-malnutrition-mondiale 1« Le séquençage du génome d’une plante permet de relier ses données génétiques et ses performances sur le terrain. C’est une ressource très importante qui nous aide à mieux adapter les graines à leur environnement afin d’améliorer leur rendement, leur qualité, leur valeur nutritionnelle et leur résistance aux maladies » explique le Dr. Distelfeld, spécialiste renommé de la génétique et de l’amélioration des plantes cultivées, en particulier du blé. « Le séquençage du génome du blé sauvage, qui grandit spontanément dans la région, fera progresser la recherche sur le blé et facilitera l'identification génétique nécessaire pour poursuivre son amélioration ».

Quatre fois le génome humain

L'assemblage du génome sera réalisé par la startup israélienne NRGene, spécialisée dans l’analyse des Big Data génomique pour l'amélioration de la performance des plantes cultivées, qui a mis au point un assembleur de génome ayant la capacité de réunir les génomes les plus complexes d’une manière particulièrement rapide et précise (DeNovoMAGICTM). La recombinaison génétique se fera au moyen de la carte génétique ultra-dense développée en collaboration entre la startup et le laboratoire du Dr. Distelfeld au Département de biologie moléculaire et d'écologie des plantes de l’Université de Tel-Aviv, spécialisé dans  l'amélioration du rendement et de la qualité des plantes cultivées, notamment du blé. Le projet devrait être achevé en environ six mois, malgré le défi de calcul représenté par la taille énorme du génome de l’amidonnier sauvage : 12 Go, ce qui représente l’équivalent d’environ 54 000 livres de 200 pages, ou de 30 fois le génome du riz, ou encore de quatre fois le génome humain.

DistelfeldSelon les chercheurs, le projet présente une grande importance sur le plan international. « L'amidonnier sauvage a été découvert par Aaron Aaronsohn à Rosh Pina en 1906. Maintenant, il est sur le point de fournir des données génétiques qui pourront considérablement améliorer l'approvisionnement alimentaire mondial » déclare le Dr. Gil Ronen, CEO de NRGene. « Israël occupe depuis longtemps une place de leader dans le développement agricole mondial, depuis la mise au point du système d'irrigation au goutte à goutte jusqu’à la création de certaines variétés de produits les plus robustes, les plus saines et plus savoureuses de la planète. Avec ce projet, nous dévoilons les secrets de notre succès et nous les partageons avec le monde »

Participent également au projet des chercheurs représentant les principales universités en Israël : l'Université hébraïque de Jérusalem, l'Institut Weizmann des Sciences, l’Université de Haïfa, l'Université Ben Gourion, et l'Institut Volcani de recherche agricole, ainsi que l’Université Sabanci en Turquie et l’Institut Leibniz de génétique végétale et de recherche cultures végétales en Allemagne (IPK).

 

http://siliconwadi.fr/17329/une-solution-israelienne-contre-la-malnutrition-mondiale

Cet article a été publié sur http://siliconwadi.fr/ sous le titre: "Une solution israélienne contre la malnutrition mondiale"

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