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05 Mar 2019
07:00PM -
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Biologie

Le Musée Steinhardt d'Histoire Naturelle de l'Université de Tel-Aviv, premier centre de recherche sur la biodiversité au Moyen-Orient

Centre mondialement reconnu de recherche en taxonomie (identification, classification et nomination des espèces et des organismes vivants), le Musée Steinhardt d'Histoire naturelle, Centre national d'Israël de recherche sur la Biodiversité, ouvrira ses portes au public en janvier 2017 sur le campus de l'Université de Tel-Aviv, avec pour mission de former la prochaine génération d'experts sur la faune et la flore d'Israël et du Moyen-Orient. D'une superficie de 9 620 mètres carrés, le Centre attend 100 000 visiteurs par an.

MuseeSteindhartDiving"La recherche taxonomique est la clé de la préservation des écosystèmes essentiels aux sociétés humaines", explique le Prof. Tamar Dayan, directrice du musée. " Elle est également importante pour l'agriculture, la santé, la biotechnologie et la sécurité. Le travail de taxonomie entrepris au Musée est crucial pour la recherche fondamentale et appliquée sur tous les organismes vivants. Nommer c'est connaitre, ou comme l'a dit Carl von Linné, père de la nomenclature, 'La connaissance des choses périt par l'ignorance du nom".

Promouvoir la paix par le dialogue scientifique

Parmi les 25 taxonomistes du Musée Steinhardt, le Dr. Noa Shenkar s'est  taillé une place parmi les sommités du monde dans le domaine de la taxonomie des ascidies, créatures marines qui s'accrochent aux surfaces dures au fond de l'océan. Ses classifications des ascidies de la Méditerranée et de la Mer Rouge sont considérées aujourd'hui comme définitives.

MuseeSteindhartNoaFormée à l'Université de Tel-Aviv, le Dr. Shenkar, 38 ans, a fait son post-doctorat à l'Université de Washington à Seattle. Fascinée par les ascidies, invertébrés aussi connus sous le surnom de "seringues de mer" qui assurent leur nutrition en filtrant l'eau, elle passe autant de temps qu'elle peut sous l'eau. "Les ascidies se nourrissent de minuscules particules marines, ce qui en fait un maillon important de la chaîne alimentaire», explique-t-elle. "elles sont également révélatrices de l'état de l'environnement marin."

Le Dr. Shenkar est régulièrement sollicitée par des biologistes marins de tout le Moyen-Orient, y compris des Etats du Golfe et l'Iran. Elle a récemment accueilli dans son laboratoire une chercheuse turque, le Dr. Sinem Aydin de l'Institut des sciences et technologies marines de l'Université Dokuz Eylul à Izmir, s'intéressant à l'utilisation des ascidies comme indicateurs biologiques pour la surveillance de la pollution par les métaux lourds dans les eaux de la mer Égée orientale.

«Je suis venueMuseeSteindhartSinem en Israël parce que le Dr. Shenkar est un expert dans ce domaine de recherche" a dit le Dr. Aydin. "Elle m'a procuré une formation de base dans la taxonomie des ascidies et m'a aidé à améliorer mes compétences pour leur identification précise. Il n'existe pas d'expert dans ce domaine en Turquie donc mon expérience à l'Université de Tel Aviv est donc essentielle pour combler ce déficit".

Pour le Dr. Shenkar, la coopération avec sa collègue turque représente un moyen de promouvoir la paix dans la région. "je ne peux bien sûr je ne peux pas parvenir à un tel résultat par moi-même" dit-elle, " mais le dialogue scientifique est un pas dans la bonne direction".

Un trésor national inestimable

MuseeSteindhartAscidieLe Musée Steinhardt d'Histoire Naturelle, et Centre national d'Israël pour les études de la biodiversité, est un trésor national inestimable renfermant environ 5 millions de spécimens d'animaux et de plantes qui racontent l'histoire de la biodiversité au Moyen-Orient au cours du siècle passé et celle de l'humanité à travers des millénaires. Parmi les spécimens sont présentés le dernier guépard du Moyen-Orient, les premiers humains modernes hors de l'Afrique, les derniers léopards de Galilée et des montagnes de Judée, et des vestiges des premières communautés agricoles du Moyen-Orient.

Le Musée, dont l'ouverture au public est prévue en janvier 2017, est reconnu comme infrastructure nationale de recherche sous les auspices de l'Académie nationale israélienne des Sciences, et est associé bénéficie d'une association avec  la Faculté des Sciences de la vie, la Faculté de Médecine, et la Faculté des Sciences humaines. Il regroupe  80 spécialistes et ses principaux objectifs sont l'enregistrement de la biodiversité, la recherche scientifique, la formation professionnelle et la l'organisation de programmes de sensibilisation du public. Les études du Centre servent de point d'appui aux décisions nationales dans un grand nombre de domaines, y compris l'agriculture, la gestion des zones humides, l'exploitation des ressources marines, la santé, la préservation des paysages et de la lutte biologique contre les parasites.

musse dhistoire nat5Le nouveau bâtiment, qui  englobera  9 620 mètres carrés, est prévu pour accueillir 100 000 visiteurs par an. Il comprendra entre autre l'Arche, un espace d'exposition évoquant l'Arche de Noé qui présentera  aux visiteurs aperçu parmi les millions de spécimens fascinants de la collection du Musée, l'aile du monde de la connaissances, espace réservé à la sensibilisation et aux programmes d'enrichissement destiné à ouvrir le monde de l'enseignement supérieur et de la recherche scientifique aux jeunes de tous les milieux, ainsi qu'à la formation de gardes forestiers et de guides de la nature.

MuseeSteindhardtMichaelSteinhardtLe nouveau bâtiment du Musée est réalisé grâce à la vision et la générosité de Michael Steinhardt, un des principaux donateurs de l'Université de Tel-Aviv, Docteur honoris causa de l'UTA, ancien président du Conseil des gouverneurs, et de sa femme, Judy. Les activités et le processus de construction du Musée sont également soutenus par le Comité de planification et de budgétisation du Conseil israélien de l'enseignement supérieur, les divers ministères gouvernementaux, le F.N.J. et des donateurs et fondations privés.

Des chercheurs de l'Université de Tel-Aviv révèlent les effets dévastateurs des crèmes solaires sur l'environnement marin

Une étude internationale menée par le Dr. Omri Bronstein et le Prof. Yossi Loya du Département de zoologie de la Faculté des sciences de la vie de l'Université de Tel-Aviv, en collaboration avec le Dr. Craig Downs du laboratoire d'études sur l'environnement Haereticus en Virginie, révèle que l'un des principaux ingrédients utilisés dans la composition des crèmes solaires, est hautement toxique pour l'environnement marin en général, et cause des dommages incalculables et irréversibles aux récifs coralliens dans le monde entier.

coral-reef-1La nouvelle recherche, continuation d'une étude parue en janvier 2014, qui avait suscité de nombreuses réactions dans le monde, a été publiée dans la revue Archives of Contamination and Toxicology. Plusieurs autres chercheurs aux États-Unis et à l'Université Ben Gourion du Néguev y ont également participé.

« Nous travaillons dans un domaine appelé éco-toxicologie, qui se concentre sur les substances nocives pour l'environnement naturel, et leur impact sur la flore et la faune», explique le Dr. Bronstein « Les recherches révèlent peu à peu les dégâts causés par des produits apparemment anodins, principalement alimentaires ou cosmétiques. Dans cette étude, nous avons choisi de nous concentrer sur un ingrédient qui sert à filtrer les rayons ultraviolets, utilisé dans la composition de la plupart des écrans solaires standard, appelé oxybenzone, et nous avons examiné ses effets sur les récifs coralliens dans la mer ».

Concentrations dangereuses à proximité des plages

La première phase de la recherche a été effectuée dans les laboratoires du Centre interuniversitaire des sciences marines d'Eilat. L'exposition à l'oxybenzone de larves coralliennes, a révélé des résultats alarmants dès une concentration minimale de 62 pour un trillion (0,062 microgramme par litre): dégâts sur l'ADN à l'état embryonnaire, graves distorsions structurelles et troubles hormonaux, interférant avec les mécanismes de la construction de l'exosquelette, qui font que les jeunes coraux s'ensevelissent dans leur propre carapace. En parallèle, les chercheurs ont également  examinés des tissus de coraux adultes, qui eux aussi ont subis des perturbations de leurs mécanismes hormonaux et de leur ADN.

ProfYossi LoyaEn outre, les chercheurs ont examiné l'effet de l'oxybenzone sur les coraux dans des conditions de lumière et d'obscurité, et ont constaté que sa toxicité augmentait considérablement lors de l'exposition à la lumière. Dans le cas des récifs coralliens, qui se trouvent dans des zones géographiques ensoleillées, où les personnes utilisent une grande quantité de crème solaire, se créé un cycle particulièrement dévastateur.

En plus des tests de laboratoire, les chercheurs ont effectué un suivi environnemental des plages dans deux zones géographiques : à Hawaï dans l'Océan Pacifique et dans les îles Vierges américaines, situées dans la mer des Caraïbes. Dans les deux endroits ont été mesurées des concentrations d'oxybenzone sur les plages les plus fréquentées, qui attirent de nombreux baigneurs utilisant un écran solaire, jusque sur des sites relativement éloignés de la côte. Les chercheurs ont également vérifié des zones où les eaux usées des villes à proximité sont déversés dans la mer. La concentration de substance toxique trouvée dans l'eau était énorme : jusqu'à 800 par trillion à Hawaï, et jusqu'à 1,4 par million dans les Iles Vierges, soit respectivement 13 et 23 fois la concentration établie comme dangereuse en laboratoire.

Des efforts en vue de modifier la législation

«Notre étude a prouvé que l'oxybenzone, qui se trouve dans presque tous les écrans solaires, cause d'énormes dégâts aux récifs coralliens, et en particulier aux coraux à l'état embryonnaire» déclare le Dr. Bronstein. « Les embryons coralliens attaqués par l'oxybenzone ne peuvent plus s'installer sur les récifs et maintenir la continuité de l'espèce. Cela signifie que de nombreux récifs dans le monde entier, déjà endommagés par le passé à la fois par des facteurs d'origine humaine et des changements globaux à large échelle, ne seront pas en mesure de récupérer et de reconstituer». Selon lui, ce fait a également une importance économique: d'importants fonds publics sont actuellement déployés dans la réhabilitation des récifs coralliens, mais à la lumière des conclusions de l'étude, il se pourrait bien qu'il s'agisse d'un gaspillage, car il existe une forte probabilité que ces récifs, en particulier ceux situés à proximité des plages ou de sites de déversement des eaux usées, ne puissent pas être reconstitués. Conclusion: dans les conditions actuelles il serait peut-être plus réaliste d'essayer de s'employer à réduire les dommages qui continuent de s'accumuler à un rythme alarmant, au lieu d'essayer de réparer leurs conséquences.

omri bronstein 0 0« Suite à notre précédente étude, qui avait examiné un autre composant de filtrage des UV, la benzophénone, l'utilisation des crèmes solaires a déjà été interdite dans certains endroits dans le monde» explique le Dr. Bronstein. « Certaines autorités officielles, comme le Service des Parcs nationaux aux États-Unis, ont organisés des campagnes massives pour encourager la protection par des moyens passifs comme les vêtements longs et les chapeaux à larges bords, et accroître la sensibilisation à l'utilisation de produits solaires ne contenant pas de produits chimiques nocifs. Dans le même temps de nombreux pays, dont les États-Unis, le Japon, l'Union européenne et Israël, agissent en vue de la modification de la législation et la révision des procédures de marquage et de délivrance de licence pour les produits contenant des ingrédients toxiques».

L'étude actuelle renforce la prise de conscience de la gravité du problème. «Nos résultats soulignent les dangers recélés par un grand nombre de produits que nous considérons comme indispensables à la santé et à la protection. De plus, l'étude envoie un message clair aux entreprises de cosmétiques pour qu'elles agissent immédiatement afin d'améliorer leurs produits. Car, au-delà de l'importance des dégâts causés à  l'environnement, nous recommandons également de réfléchir à deux fois avant d'utiliser sur notre corps des produits toxiques, provoquant une mutation mortelle et de graves dommages à l'ADN et au système hormonal ".

 

Cet article a été publié sur http://siliconwadi.fr/ sous le titre: "Les effets dévastateurs des crèmes solaires sur les récifs coralliens"

Rendre aux bactéries leur vulnérabilité aux antibiotiques

Une équipe de chercheurs de l'École de médecine de l'Université de Tel-Aviv, sous la direction du Prof. Udi Kimron, propose une nouvelle méthode qui attaque le mécanisme de résistance des bactéries et leur rend leur sensibilité aux antibiotiques. L'étude, menée en collaboration avec le Dr Ido Yosef et les doctorants Miri Manor et Ruth Kiro vient d’être publiée dans la prestigieuse revue PNAS de l'Académie américaine des Sciences, est susceptible entre autre de ramener sur les étagères des pharmacies les anciens antibiotiques ayant perdu leur efficacité.

Rendre-aux-bacteries-leur-vulnerabiblite-aux-antibiotiquesSelon les chercheurs, la course de vitesse accélérée que se livrent au cours de ces dernières décennies les antibiotiques et les bactéries risque d’être perdue par l’homme; le pourcentage de germes résistants aux antibiotiques est en croissance constante, les anciens médicaments perdent de leur efficacité, et les nouveaux ne parviennent pas sur le marché au rythme nécessaire. L'Organisation mondiale de la Santé commence même à parler d’une ère «post-antibiotique».

Inverser les pressions évolutives

« L'utilisation répandue des antibiotiques a créé chez les bactéries une sélection évolutive les rendant résistantes aux antibiotiques», explique le professeur Qimron. « Dans l'environnement dans lequel nous vivons, il y a très peu de pressions évolutives inverses capables de réduire la résistance bactérienne, ce qui est précisément l'objectif de notre recherche: tenter d’accroitre les pressions de sélection en faveur des bactéries sensibles aux antibiotiques ».

Udi-QimronLeur approche innovante est basée sur le système immunitaire des bactéries, un mécanisme de défense nommé CRISPR-CAS conçu pour détruire l'ADN des principaux ennemis des bactéries, des virus connus sous le nom de phages. D’après le Prof. Qimron ce mécanisme, découvert il y a quelques années, a révolutionné le domaine de l'ingénierie de l'ADN, « car il peut facilement être reproduit et programmé en laboratoire, et permet de couper l’ADN d'une manière qui nous est favorable. Dans la présente étude, nous avons utilisé le système immunitaire de protection des bactéries comme une épée à double tranchant agissant contre celles qui résistent aux antibiotiques » (Une nouvelle arme contre les bactéries résistantes aux antibiotiques).

Les chercheurs ont injecté aux bactéries de l'ADN codé selon la protéine CRISPR-CAS conçu de manière à annuler l'action des gènes responsables de la résistance aux antibiotiques chez les bactéries. Parallèlement, ce même ensemble CRISPR-CAS a eu une autre action: elle a immunisé ces bactéries, qui sont devenues désormais sensibles aux antibiotiques, contre des phages de type spécifique. En outre, lorsque l'ensemble de la population des bactéries a été exposée à ces phages, seules les bactéries résistantes aux antibiotiques ont été attaquées. Cette double action a augmenté de façon significative le pourcentage de bactéries sensibles aux antibiotiques dans le cadre de l'environnement traité en laboratoire.

« La méthode que nous avons conçue peut être utilisée comme une base pour le développement de produits nouveaux, qui feront pencher la balance en faveur des bactéries sensibles aux antibiotiques, par exemple, dans des environnements critiques tels que les hôpitaux», conclut le professeur Qimron. « Ainsi, on pourrait développer un pulvérisateur pour le nettoyage des chambres d'hôpitaux, ou des additifs aux solutions avec lesquelles le personnel se lavent les mains, opérant une sélection parmi la population des bactéries en place. Les bactéries résistantes traitées par notre CRISPR-CAS deviendront sensibles aux antibiotiques, et cesseront de propager des gènes de résistance aux autres bactéries, comme c’est le cas aujourd'hui. Peu à peu, nous pourrons rendre aux bactéries leur sensibilité aux antibiotiques, et réutiliser les anciens antibiotiques qui ont perdu de leur efficacité. Nous pourrons ainsi gagner la guerre d'usure de l’homme contre les bactéries ».

 

http://siliconwadi.fr/18210/rendre-aux-bacteries-leur-vulnerabilite-aux-antibiotiques

Cet article a été publié sur http://siliconwadi.fr/  le 26.05.2015.

Découverte du mécanisme du système immunitaire des bactéries.

Le Prof. Udi Qimron du Département de microbiologie et d'immunologie de la Faculté de médecine de l'Université de Tel-Aviv, le Prof. Rotem Sorek du Département de génétique moléculaire de l'Institut Weizmann, et leurs doctorants Moran Goren (UTA) Assaf Levy (Institut Weizman) ont découvert comment le système immunitaire des bactéries parvient à distinguer son propre code génétique de celui des bactéries "ennemies", parvenant ainsi à se protéger des virus qui les attaquent sans cesse. L’étude, qui vient d’être publiée dans la revue "Nature", pourra servir de base au développement de médicaments pour traiter les maladies liées système immunitaire et au génome humain.

Découverte-du-mécanisme-du-système-immunitaire-des-bactériesDepuis plusieurs années, on sait que les bactéries possèdent un système immunitaire similaire à celui de tous les êtres vivants, capable d’identifier ses «ennemis» et de s’en souvenir, surnommé CRISPR (Clustered Regularly Interspaced Short Palindromic Repeats). Ce mécanisme immunitaire leur sert  essentiellement à se protéger des virus qui les attaquent, les bactériophages ou phages, dont le nombre dans la nature est dix fois supérieur au leur. Les phages sont des protéines contenant un matériel génétique qui pénètrent dans les bactéries et utilisent leur mécanisme de réplication pour se reproduiremassivement à l’intérieur d’elles et les tuer. Pour survivre à ces assauts constants, les microbes ont donc besoin d'un système immunitaire extrêmement efficace et actif.

Virus et bactéries

Le Prof. Qimron a fait partie de l’équipe de scientifiques qui a révélé il y a quelques années comment le CRISPR parvient à se rappeler les ennemis qu'il a déjà rencontrés, en conservant une petite séquence de leur ADN dans une zone particulière du génome de la bactérie même. Cependant, dans certains cas, le système immunitaire stocke par erreur la séquence d'ADN de la bactérie, qui devient alors susceptible de s'attaquer elle-même. La capacité du système immunitaire à distinguer les deux ADN est donc essentielle pour la survie de la bactérie ; cependant son mécanisme est  resté pendant longtemps un mystère.

Udi QimronDans la nouvelle étude, les chercheurs ont créé en laboratoire des plasmides, segments d'ADN imitant les virus, et les ont injectés dans des bactéries. Sur environ 38 millions d'événements immunitaires observés, ils ont constaté que le CRISPR a presque toujours réussi à identifier l'ADN étranger et à l'incorporer à la mémoire cellulaire, ne se trompant que rarement. «Nous avons observé que le CRISPR est en mesure de localiser le phage en identifiant le point où se termine son processus de réplication » a expliqué le prof. Qimron. « Dans la mesure où les phages se reproduisent à un rythme rapide à l'intérieur de la bactérie hôte, ces points sont nombreux. On peut dire en fait que le système immunitaire bactérien utilise justement le mécanisme de survie de ‘l'ennemi’ pour l'identifier ». En outre, les chercheurs ont découvert que certaines séquences particulières n’existaient pas chez les virus intrus, ce qui aide le système immunitaire à identifier l'ADN de la bactérie, et ainsi à ne pas l'attaquer.

Identifier l'ennemi

«Nous avons pu identifier deux mécanismes complexes différents par lesquels le système immunitaire des bactéries est capable de distinguer amis et ennemis. Grâce à ces processus le système est capable de stocker dans sa mémoire presque exclusivement des segments d'ADN étrangers, et sait les attaquer en temps utile, et en même temps, il évite d’attaquer son propre ADN, cause des maladies auto-immunes. La résolution de ce mystère est susceptible d’avoir de nombreuses applications. Les phages qui attaquent les microbes peuvent être employés comme des antibiotiques. Le fait de connaitre la manière dont les microbes se protègent des phages permet à contrario de fabriquer des phages qui soient capables de se protéger contre les bactéries. C'est une recherche fondamentale susceptible à l'avenir de servir de base au développement de médicaments pour traiter diverses maladies liées au système immunitaire et au génome humain ».

 

http://siliconwadi.fr/17764/decouverte-du-mecanisme-du-systeme-immunitaire-des-bacteries

 

Cet article a été publié sur http://siliconwadi.fr/ le 15.04.2015

Fabriquer du poulet en laboratoire

Dans le cadre d’un projet innovant dans le domaine de la recherche sur la viande « artificielle », une équipe de chercheurs du Département d'ingénierie biomédicale de l’Université de Tel-Aviv, dirigée par le Dr. Amit Gefen, spécialiste mondial de génie tissulaire, va tenter de développer une méthode pour fabriquer de la poitrine de poulet en laboratoire. L’étude, commanditée par la Fondation pour l'agriculture moderne, organisation à but non lucratif fondée début 2014 en Israël visant à réduire la dépendance par rapport aux aliments d'origine animale, a pour but d’évaluer la faisabilité de la production in-vitro de ce type de viande.

Viande artificielleD’après les dirigeants de l’association, les résultats de la recherche, lancée officiellement le 1er janvier, seront publiés et partagés avec le grand public.

 

 «Avec la croissance actuelle de la population mondiale et se projetant vers l'avenir, l'humanité a besoin d’envisager des modèles plus durables de production alimentaire, qui fournissent des alternatives aux méthodes traditionnelles par lesquelles nous produisons actuellement des protéines de source animale pour la consommation. L'ingénierie tissulaire peut offrir de telles solutions de rechange. C’est pourquoi nous explorons la faisabilité du développement d’une poitrine de poulet, aliment populaire dans de nombreux pays, à partir de cellules multipliées en laboratoire, et des défis technologiques et financiers que se posent sur la voie d’une production commerciale» explique le Dr. Amit Gefen.

100% viande de poulet, mais sans poulet - une source alimentaire quasi-inépuisable

La viande in-vitro est produite depuis un pool de cellules récoltées à partir d'animaux vivants et placées en incubateur dans un sérum riche en substrats énergétiques, acides aminés et sels minéraux pour favoriser le métabolisme  et la croissance cellulaire. Au bout de quelques jours se créée une mince couche de tissu musculaire, identique au type de viande consommée aujourd'hui, 100% viande de poulet, mais sans poulet. D’après le Dr. Gefen : « dans l'hypothèse où l’on parvienne un jour à créer des lignes de production de viande de poulet ou autre au moyen de l'ingénierie tissulaire, simplement en cultivant des cellules in vitro et en les laissant se diviser et se multiplier, cela reviendra à produire un aliment à partir de rien. La biologie nous fournit une source alimentaire presque inépuisable ».

Amit Gefen in TE labLa production de viande artificielle est un défi auquel personne n'a encore pu faire face. Il y a deux ans, des chercheurs néerlandais ont produit le premier hamburger constitué de viande générée en laboratoire. Le coût de cette boulette a atteint un quart de million de livres sterling. Le prix élevé n'est pas le seul problème auquel se trouvent confrontés les chercheurs de l’Université de Tel-Aviv; ils doivent également faire face à de nombreuses difficultés techniques. Les cellules normales se développent in vitro sur une seule couche ; pour obtenir l'aspect d'un tissu  musculaire « en trois dimensions », il est nécessaire de produire une tension mécanique. Il faut également trouver les conditions optimales pour une croissance rapide des cellules, sans perdre leurs caractéristiques spécifiques. De nombreux autres problèmes se posent, comme celui de la source de nutrition des cultures (actuellement un sérum animalier), et du facteur de croissance utilisé pour la prolifération cellulaire. Les chercheurs soulignent toutefois qu’il ne s’agit pas de cellules génétiquement modifiées, mais de cellules naturelles, et qu’ils n’ont l'intention de ne produire artificiellement que l'environnement de croissance.

Vers un monde plus propre, plus sain, et plus respectueux de l'environnement

Quoiqu’il en soit, pour les dirigeants de la Fondation pour l'agriculture moderne, il s’agit bien d’aider à restructurer l'industrie alimentaire et à la faire progresser vers un monde plus propre, plus sain et plus respectueux de l'environnement. La viande de laboratoire ne nécessite pas d'élevage d'animaux dans des hangars industriels surpeuplés ni leur abattage, et elle produira une empreinte écologique considérablement réduite (en termes de terrain, d'eau, etc). Un tel produit sera également largement supérieur en termes de santé et de sécurité alimentaire à pratiquement toutes les viandes de chair de poulet actuellement consommées, fabriquées en usine.

L'étude de faisabilité devrait être achevée dans un an, et les chercheurs sauront alors s’ils auront pu relever le défi et élever des cellules de poulet in-vitro, révolutionnant potentiellement la manière dont nous produisons la viande pour la consommation humaine.

 

http://siliconwadi.fr/16571/nourriture-du-futur-de-la-vraie-viande-fabriquee-en-laboratoire

Cet article a été publié sur http://siliconwadi.fr/ le 6.01.2015, sous le titre: "Nourriture du futur: de la vraie viande fabriquée en laboratoire"