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Sociologie

Prix contre la violence sexiste à un Professeur de l'Université de Tel-Aviv

Le Prof. Einat Peled de l'École d'Assistance sociale de l'Université de Tel-Aviv a reçu le prix de l'Association israélienne des travailleurs sociaux pour sa contribution au développement de la connaissance et du traitement de la violence domestique et de la violence contre les femmes.

einatpeled580Le Prix, au nom du Professeur Yossi Kattan, est attribué chaque année aux professeurs et chercheurs qui développent des programmes en collaboration avec les institutions et les services sociaux de la communauté, mettant en œuvre avec succès leurs connaissances universitaires dans l'exercice de la profession.

Le Prof. Peled, qui travaille depuis de nombreuses années sur la violence sexiste, la violence domestique et les enfants exposés à la violence et la prostitution, a réussi à mettre les modèles qu'elle a développés en application par les groupes de soins et de soutien des centres de prévention de la violence en Israël. Pendant près d'une décennie, elle a participé au développement et à la direction de l'organisation israélienne "Women's Spirit" pour la promotion de l'indépendance économique chez les femmes victimes de violence. Elle a récemment pris part à l'évaluation et au développement du programme "Coeur 24/7" pour le traitement des mineurs et des jeunes subissant une exploitation sexuelle commerciale, en collaboration avec l'association ELEM pour la jeunesse en détresse en Israël, le Ministère des Affaires sociales et la municipalité de Tel-Aviv-Jaffa.

Influencer la société pour améliorer la justice sociale et l'égalité

"Il est nécessaire de traduire les connaissances théoriques dans un langage adapté à  l'intervention professionnelle pour permettre sa contribution au changement social", explique le Prof. Peled, pour qui les connaissances qu'elle développe permettront de promouvoir le changement social. "Un chercheur critique doit considérer son travail universitaire comme visant à influencer la société à définir la justice sociale. Je conçois mes recherches comme une aide pour améliorer la justice sociale et l'égalité, et faire face à l'exclusion et la discrimination".

Dans les années à venir, le Prof. Peled aspire à mettre en œuvre ces principes dans le cadre de son programme de recherche pour le développement de la connaissance et des méthodes pratiques "dans le domaine de la prostitution des femmes et des hommes qui paient pour le sexe", dit-elle. "Depuis plusieurs années, j'étudie cet espace de la prostitution et du sexe contre paiement, parmi les hommes et les femmes, et parmi les jeunes. Il est important pour moi de comprendre ce qui motive le fait de payer pour le sexe du point de vue de celui qui paie, généralement des hommes. L'un des résultats attendus de ces recherches est le développement d'interventions visant à réduire l'exploitation et la violence dans le domaine de la prostitution et du sexe payant".

La personnalité d’un individu permet de prédire ses choix immobiliers

Une étude réalisée par le Dr. Danny Ben-Shahar de la Faculté de Gestion de l'Université de Tel-Aviv et le doctorant Roni Golan du Technion de Haifa, montre une forte corrélation entre la personnalité et les choix individuels en matière d'immobilier. Selon cette recherche, publiée dans la revue Journal of Behavioral and Experimental Economics, le même lien se retrouve par ailleurs au niveau macroéconomique.

personnalite et choix immobiliersPour le Dr Ben-Shahar, « Cette étude  s'inscrit dans le cadre d’un débat beaucoup plus large dans le domaine des sciences sociales en général, et de l’économie en particulier, sur les éléments qui constituent la prise de décision: s’agit-il de facteurs rationnels ou bien le processus est-il affecté par des biais émotionnels et cognitifs ? Mon travail montre que, dans le cadre de l'immobilier, les personnes agissent 'irrationnellement', et non en fonction d'hypothèses économiques traditionnelles ».

Les chercheurs ont tout d’abord procédé à un test d'évaluation de la personnalité largement utilisé appelé le "Big Five", mené sur un échantillon diversifié de 1138 personnes. Il était demandé aux participants de s'évaluer sur une échelle allant de 1 à 5, sur des questions mesurant des traits de personnalité standards: ouverture à l’expérience (appréciation de l'art, émotivité, curiosité et imagination), conscienciosité (respect des obligations, organisation, efficacité), extraversion (sociabilité, expansivité, énergie), « agréabilité » (tendance à pardonner, exigences) et névrosisme (tendance à éprouver des émotions comme la colère ou l’inquiétude, dépression, vulnérabilité).

 

Les névrotiques préfèrent acheter

Une fois le type de personnalité établi, les chercheurs ont posé cinq questions sur les préférences des personnes interrogées en matière d'immobilier (tel le type et durée d'un prêt hypothécaire souhaité, préférence pour l’achat ou la location, préférence pour l’investissement dans l'immobilier ou dans des actions…).

danny-ben-shahar 1Les conclusions ont montré un lien clair entre la personnalité et les décisions immobilières. Les personnes névrotiques, par exemple, préfèrent l'accession à la propriété plutôt que la location. Si elles achètent, elles optent pour un prêt hypothécaire avec un rapport prêt-valeur plus bas, c’est-à-dire un montant de prêt faible par rapport au prix de la maison.

« Il s'avère, ce qui n'est peut-être pas surprenant pour les psychologues et économistes comportementaux, qu'il existe une corrélation significative entre les traits de la personnalité d’un individu et ses préférences dans le domaine de l'immobilier », conclue le Dr. Ben-Shahar.

La personnalité des Etats

Dans une étude de suivi, il a examiné les résultats du test de personnalité Big Five par rapport à un échantillon beaucoup plus large de 1,6 millions d'Américains, dans les différents Etats des Etats-Unis. Le type de «personnalité» des Etats a été défini en calculant la moyenne des réponses au test Big Five dans chaque Etat. En faisant correspondre ce « type » avec les données sur le logement du recensement national et de la Banque Centrale de New York, l'équipe a constaté que, là aussi, la personnalité a été associée à des choix immobiliers.

L'état de New York, par exemple, défini comme névrotique, a tendance à opter pour des prêts hypothécaires avec un rapport prêt-valeur bas, alors que les Etats comme la Caroline du Sud, présentant des marques relativement élevées d'ouverture à l’expérience, montraient une part relativement plus élevée de prêts hypothécaires à taux fixe. « Bien que tous les profils immobiliers des Etats ne concordent pas exactement avec leur personnalité dominante, le niveau macro reflète les tendances détectées au niveau micro » a déclaré le Dr. Ben-Shahar.

Le Dr. Ben-Shahar travaille actuellement sur d'autres modèles de décisions non-rationnelles sur le marché de l'immobilier.

Anthropologie : les actes individuels sont la clé de la préservation des traditions

Selon une étude réalisée par le Prof. David Eilam du Département de zoologie de l’Université de Tel-Aviv, en coopération avec les Dr. Michal Fux, Joel Mort et Tom Lawson de l'Université Queens de Belfast, les actes idiosyncrasiques (propres à chaque individu) sont essentiels à la survie des modèles comportementaux traditionnels d’une culture, au même titre que la variabilité génétique en biologie. Accompagnant les actes culturels communs fixes reproduits et retransmis par l’imitation (mèmes) à la base des traditions, les gestes individualisés assurent la survie même d'un rituel ou d’une pratique en offrant simplicité, flexibilité, et liberté créative.

L’étude doit paraitre dans la revue Neurosciences and Biobehavioral Review.

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L’étude des mèmes, ou « mémétique» est devenue particulièrement populaire parmi les chercheurs en histoire culturelle, particulièrement dans le domaine des nouveaux médias, en raison de la fréquence des éléments repris et déclinés en masse sur Internet, comme les vidéos virales. Initialement proposé par le biologiste évolutionniste Richard Dawkins le terme "mème", provient d'une association entre gène et mimesis (du grec « imitation »). Pour Dawkins, les mèmes sont des réplicateurs qui transférent les comportements et l'information culturelle comme les gènes le font pour les propriétés biologiques.

Pour réaliser cette étude sur l’importance de l’élément personnel dans la perpétuation de la tradition, le Prof. Eilam et son équipe ont observé et analysé une danse masculine traditionnelle de mariage connue sous le nom de "Umsindo", interprétée par les tribus Zoulou d’Afrique du Sud. Ils ont observé comment 19 participants  ont réalisé l’élément central de la danse, le battement « high kick », en le faisant précéder et suivre par des mouvements idiosyncrasiques supplémentaires semblables à la danse free-style. Selon eux, ces mouvements idiosyncrasiques sont indispensables pour faciliter le transfert et la préservation de ce rituel culturel ancestral.

 

L'identification à la tradition

 

eilam 1D’après le Prof. Eylam : « Toute tradition se perpétue grâce à la répétition d’un nombre très limité d'actes communs, ce qui est à la fois surprenant et logique. On ne peut pas enseigner ni transférer des choses très complexes. La danse Umsindo, par exemple, comporte une seule figure commune. Pour le reste, les participants sont libres d'improviser ». Comparant leurs résultats avec la pose des tefillin ou phylactères (petite boîte cubique enfermant des bandes de parchemin sur lesquelles sont inscrits des versets de la Torah, que les hommes juifs pratiquants s’attachent au bras gauche et sur le front pendant la prière du matin) à la synagogue de l’Université de Tel-Aviv, les chercheurs ont observé le même processus. Dans le rituel d'application des tefillin, seuls 11 des 67 actes ont été reconnus comme communs à tous les participants, pouvant donc être considérés comme des "mèmes" en vertu de leur caractère collectif et de leur fréquence de performance élevée. Ici également, la grande majorité des gestes effectués au cours du rituel se sont révélés idiosyncrasiques, présentant un caractère de flexibilité et de liberté créative au sein d'un rituel religieux rigoureux pratiqué à travers les siècles. « Les actes communs des mèmes sont toujours accompagnés d’actes idiosyncrasiques qui établissent l'identité et préservent la flexibilité comportementale » affirme le Prof. Eilam. « En d'autres termes, l’acte idiosyncrasique, ou 'variabilité comportementale' apparaît comme  un élément essentiel participant à l'évolution des  modèles comportementaux, similaires à la variabilité génétique en biologie ».

Le Prof. Eilam poursuit ses recherches sur les mèmes, explorant l’émergence de ces actions fixes la raison de leur choix pour l'évolution des pratiques culturelles et autres pratiques comportementales.