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Psychologie

Aider les enfants à faire face aux traumatismes de la guerre

Un programme scolaire mis au point par des chercheurs de l’université de l’Université de Tel-Aviv visant à  ‘immuniser’ les enfants sur le plan psychologique et affectif face aux traumatismes vécus en période de guerre a été testé avec succès sur des écoliers vivant à la frontière de la bande de Gaza en Israël après l’Opération Bordure protectrice.

sderotSelon l’étude, réalisée par le Prof. Michèle Slone de l’Ecole des Sciences psychologiques de l'Université de Tel-Aviv,  initiatrice du programme, les enfants l’ayant suivi ont été capables de développer des stratégies et une résilience psychologiques leur permettant de faire face aux évènements violents.

Les résultats du programme ont été présentés aujourd’hui lors d’un Congrès de l’Institut Adler de recherche sur le développement et la psychopathologie de l’enfant qui s’est tenu à l’Université de Tel-Aviv à l’occasion des un an de l’opération Bordure protectrice, sous le titre : « La résilience face à l’adversité: l’impact de la situation sécuritaire sur les résidents du sud ».

Renforcer les facteurs de résilience

Il est généralement admis qu’il existe un lien direct entre le degré d'exposition des enfants à la violence politique et leurs risques de développer une série de symptômes psychologiques et psychiatriques, dont la dépression, l'anxiété, la panique, la phobie, des comportements agressifs et un état de détresse générale. Mais selon le Prof. Slone, cette hypothèse n'a pas de fondement scientifique.

Michelleslone« Le postulat de base de ces travaux de recherche est qu'il existe une corrélation directe entre la gravité des événements et leur impact psychologique sur les enfants», explique-t-elle « Mais ce n’est pas le cas dans les faits ». Elle rapporte avoir étudié par exemple, l’impact du deuxième Intifada sur des enfants israéliens et palestiniens: « Au lieu d’une corrélation linéaire j’ai trouvé une courbe en cloche: alors qu’une faible exposition à la violence politique augmente l'impact psychologique sur l'enfant, mais une exposition plus élevée au contraire l'affaiblit ».

Le Prof. Slone a donc fait l’hypothèse qu'il existe des facteurs qui atténuent le lien entre l'exposition la violence et son impact. « Au fil du temps, les enfants développent une immunité aux événements et trouvent des stratégies d'adaptation, mais tous n’y parviennent pas dans une même mesure. Un enfant avec une image de soi positive, par exemple, développera une immunité meilleure que celui qui possède une faible estime de soi, même si tous deux sont exposés exactement à la même violence ».

Le Professeur Slone a pu identifier trois facteurs atténuants, qu’elle a appelé «facteurs de résilience »: la capacité à mobiliser un soutien social de son environnement, l'estime de soi et le sentiment d'auto-efficacité. « Une fois ces facteurs isolés, nous avons décidé de les renforcer à travers un programme d'intervention efficace, une sorte d'immunisation psychologique, ayant pour but d’atténuer la relation entre l'exposition à la violence et les effets psychologiques graves ».

Ce programme a été testé immédiatement après l'opération "Bordure protectrice", sur 494 adolescents habitant le sud d’Israël, âgés de 14-19, à qui on a remis plusieurs questionnaires : un questionnaire démographique, un sur l’exposition à la violence politique, un vérifiant leur état psychologico-psychiatrique, et un dernier examinant les trois paramètres de résilience.

Par le biais de l'école

Les chercheurs ont cherché à renforcer les trois facteurs de résilience au moyen d’un programme scolaire. « L'idée était de réaliser une intervention psychologique à grande échelle » dit le Prof. Slone. « En temps de catastrophes naturelles ou de guerre, nous n’avons pas le luxe de traiter chacun individuellement. Nous cherchons à aider un grand nombre d’enfants en peu de temps et à faible coût, et la meilleure façon est de le faire par le biais de l'école ».

À cette fin, le prof. Slone et son équipe ont formé des éducateurs pour organiser avec leurs élèves des activités ludiques qui renforcent l'interaction entre les enfants d’une part, et de l’autre celle entre les enfants et les enseignants, dans l’optique du renforcement des trois facteurs discernés : capacité des jeunes à mobiliser le soutien social de son environnement, estime de soi et sentiment d’auto-efficacité.

Les 494 enfants ont été divisés en deux groupes plus ou moins égaux, à la fois numériquement et en termes d'âges, socio-économiques, sexe et autres. Un groupe a suivi le programme d'intervention, l'autre servant de groupe témoin. Les résultats ont été surprenants.

« Le groupe ayant suivi le programme d'intervention a montré une nette amélioration de tous les paramètres - estime de soi, auto-efficacité et capacité à mobiliser un soutien affectif et psychologique, en particulier à l'école», explique le professeur Slone. « Au contraire chez les enfants du second groupe nous avons effectivement constaté une baisse des trois, qu’on peut comprendre comme une sorte de déception, peut-être inconsciente, de la part des enfants du fait qu'ils ne soient pas parvenu à mobiliser tout le soutien dont ils auraient eu besoin après le traumatisme ».

Dans l'ensemble, les enfants du groupe suivi ont montré une diminution de 50 pour cent des symptômes psychologiques et psychiatriques de dépression, anxiété, panique, phobie, comportements agressifs, et détresse générale.

 « S’il n’y a pas de réponse adaptée à la détresse psychologique des enfants, non seulement les séquelles ne disparaissent pas avec le temps, mais elles se poursuivent pendant des années. Notre intervention a non seulement renforcé les enfants de manière significative face aux évènements de l’Opération ‘Bordure protectrice’, mais de plus, les éducateurs qui ont suivi notre formation ont acquis des outils pour faire face à des traumatismes semblables à l’avenir ».

 

http://coolisrael.fr/24438/aider-les-enfants-a-faire-face-aux-traumatismes-de-la-guerre

Cet article a été publié sur http://coolisrael.fr/ le 22.06.205

 

 

Traiter les troubles du sommeil des enfants par l’Internet

Le Prof. Avi Sadeh, directeur du Centre Adler pour la recherche sur la psychopathologie et le développement des enfants ainsi que du Laboratoire de sommeil pour les enfants de l’Université de Tel-Aviv, et sa doctorante Michal  Kahan mènent actuellement une étude dont le but est d’améliorer les habitudes de sommeil et de nutrition des enfants de 4 à 6 ans, au moyen de programmes Internet spécifiques destinés aux parents.

sommeil enfantsLes troubles du sommeil et des comportements alimentaires sont de plus en plus courants chez les enfants. 27 à 40% des enfants à l’âge de l’école maternelle en Israël souffrent de surpoids ou d’obésité, et 20 à 30% de troubles du sommeil, difficultés à s’endormir, peurs et réveils nocturnes etc. On note également au fil des ans une baisse constante du nombre d’heures de sommeil des enfants. Or, selon les chercheurs, la réduction d’une heure du temps de sommeil d’un enfant a des conséquences négatives significatives sur ses capacités d’écoute et de concentration et sur son humeur.

Les causes de ces changements dans les habitudes de sommeil et d’alimentation des enfants sont multiples, et comprennent entre autre l’évolution de la technologie et des média et les transformations dans le mode de vie familial. Souvent impuissants face à ces phénomènes, de nombreux parents se tournent vers les psychologues et autres professionnels de la santé, mais il semble que les progrès de la connaissance et les nouvelles méthodes de traitement et de prévention sophistiquées sont impuissants à résoudre, les problèmes.

Une efficacité avérée

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L’une des solutions qui a commencé à se développer au cours de ces dernières décennies, est l’utilisation de programmes d’encadrement, de traitement et de prévention par Internet destinés aux parents. Les avantages sont multiples : accès immédiat et permanent, coûts restreints ou nuls,  disponibilité sur place sans besoin de se déplacer vers une clinique, et bien sûr préservation de la privauté.

De plus d’après les tests réalisés, ces programmes s’avèrent efficaces. Des observations menées sur 24 programmes d’intervention par Internet pour la prévention du surpoids chez les enfants ont montré l’importance de leur impact positif  sur les habitudes de vie des enfants. Les enfants dont les parents y avaient participé ont diminué leur consommation de boissons sucrées, augmenté celle d’aliments riches en vitamines et en minéraux et développé leur niveau d’activités physiques.

Michal KahanLa recherche actuellement menée par le Prof. Avi Sadeh et la doctorante Michal Kahan au Centre pour les troubles du sommeil chez les jeunes enfants de l’Université de Tel-Aviv est soutenue en grande partie par les Amis français de l’Université, en particulier par Woolf Marmot et Marc Haddad.

Les spectateurs de cinéma présentent la même activité cérébrale que les schizophrènes

Selon le Prof. Talma Hendler de l'Ecole des sciences psychologiques de la Faculté de médecine et de l’École des neurosciences de l'Université Tel-Aviv, les schémas d’activité cérébrale des spectateurs de films sont similaires à ceux observés chez de nombreux schizophrènes.

NportmanLors d'un événement récent parrainé par l’Académie américaine des arts et des sciences du cinéma, le Prof. Talma Hendler a présenté une étude sur les réactions mentales et émotionnelles de spectateurs ayant visionné l’une des scènes finales de Black Swan, thriller psychologique sorti en 2010 dans lequel Nina, ballerine jouée par Natalie Portman, finit par perdre le contact avec la réalité, s’imaginant qui lui pousse un plumage noir et qu’elle devient elle-même le cygne qu’elle incarne. Présentant des images d’IRM cérébraux des spectateurs de la scène, elle conclut que le modèle d'activité cérébrale du public qui regarde cette scène ressemble à celui observé chez des personnes diagnostiquées comme schizophrènes : « A mesure que Nina devient folle, le public lui-même ressent quelque chose proche de la schizophrénie».

TalmaHLe Prof. Hendler et son équipe de recherche étudient les mécanismes cérébraux à l’œuvre dans les réactions mentales et émotionnelles, utilisant des méthodes de neuro-imagerie comme l’IRM et l'électroencéphalogramme. Dans ce cadre, ils ont examiné les circuits du cerveau qui jouent un rôle dans l’empathie, capacité de reconnaitre et partager les émotions d’une autre personne. Ils ont retrouvé les traces d’au moins deux sortes d'empathie enregistrées par le cerveau du spectateur, chacune liés à un réseau différent de zones cérébrales. La première ‘l'empathie mentale’ exige de sortir de soi pour penser ou ressentir ce qu’une autre personne pense ou ressent. La seconde, ‘l’empathie incarnée’, est une forme d’empathie intuitive et primale que l’on peut ressentir, par exemple, lorsque l’on voit quelqu'un battu ou blessé.

movieschizocover 1Lors de l'événement, le prof. Hendler a présenté des images d’IRM cérébraux de sujets ayant visionné la scène dramatique de Black Swan, constatant que lorsqu’une plume sortait du dos de Nina, le réseau ‘empathie mentale’ prédominait, tandis que celui de ‘l'empathie incarnée’ était totalement flou. Ce modèle, qui fait prévaloir le réseau de l'empathie mentale même face à une expérience viscérale, est celui dont elle a été témoin chez ses patients atteints de schizophrénie. « C'est comme s’ils devaient réfléchir à l'impact émotionnel de situations que d'autres personnes saisissent de manière intuitive et automatique » dit-elle.

Comparant ces résultats avec des images IRM de spectateurs ayant visionnés d’autres types de films émotionnels, comme par exemple ‘Ma meilleure ennemie’, film de Chris Colombus avec l’actrice Susan Sarandon, elle a cependant remarqué que d’autres types de scène, comme par exemple l’émouvant face-à-face mère-fils de ce film, pouvaient éveiller l’empathie incarnée, suggérant que les cinéastes pourraient jouer sur ces différentes réactions pour influencer l’expérience du spectateur.

Le réalisateur du film, Darren Aronofsky, un des plus grands producteurs de thrillers, présent lors du panel, a été impressionné par la recherche, déclarant qu’«il semblerait qu’il y ait encore du chemin jusqu’à ce que l’industrie du cinéma réalise des films d’après les réactions émotionnelles et cérébrales des spectateurs, mais qu’il est possible que le genre du Thriller soit sous peu rebaptisé ‘expérience schizophrénique’ ».

Renforcer la résilience chez les enfants en période de conflit

Un programme d'intervention en milieu scolaire de l'Université de Tel-Aviv aide les jeunes à faire face au stress de la vie sur la ligne de feu.

Enfants - SirènesEn raison du conflit dans la bande de Gaza, de nombreux jeunes Israéliens vivent actuellement un été de violence et de peur susceptible de produire chez eux un large éventail de troubles psychologiques et psychiatriques cliniques ou subcliniques (dont les symptômes ne se déclareront que plus tard), incluant détresse et anxiété, troubles obsessionnels-compulsifs, dépression, isolement, troubles de l'alimentation et du sommeil, mauvais rendement scolaire, adoption de comportements à risque et toxicomanie.

Selon le Prof. Michelle Slone de l'École des Sciences psychologiques de la Faculté des Sciences sociales de l'Université de Tel-Aviv, en dépit de la violence, la plupart de ces enfants font preuve de résilience et de capacités d'adaptation qui leur permettent de continuer à mener leur vie quotidienne.

Le Prof. Slone et son équipe ont constaté que la capacité des enfants à faire face à des périodes de conflit aiguës et prolongées dépend d'un certain nombre de "facteurs de résilience". Il s'agit d'une part de facteurs individuels de personnalité, tels que l'estime de soi, l'auto-efficacité (croyance d'un individu en sa capacité de réaliser une tâche spécifique) et l'aptitude à mobiliser un soutien; d'autre part, de facteurs familiaux tels que certains styles parentaux, et de facteurs communautaires comme l'apport d'assistance, l'existence d'interventions sociales, etc.

Favoriser la résilience

Le Prof. Slone et son équipe ont élaboré un programme d'intervention en milieu scolaire ayant pour but de favoriser la résilience et la résistance des enfants vivant sur la ligne de feu, basé sur certains facteurs individuels possédant des qualités vérifiées dans ce domaine. Initialement mis en place une semaine après l'opération Plomb durci en décembre 2008-janvier 2009, il avait alors reçu le nom générique de "Programme Sderot", et fut introduit dans deux écoles. Ce programme a été adopté et généreusement soutenu par Woolf Marmot et son épouse regrettée Hélène ainsi que par d'autres membres de l'Association française des amis de l'Université de Tel-Aviv, dont Marc Haddad.

Ce programme d'intervention, désigné par l'expression "Se sentir en sécurité", est mené par des enseignants spécialement formés, sous la supervision de psychologues et de conseillers scolaires. Les enseignants suivent des ateliers expérimentaux et théoriques à la fois dans les écoles et à l'université. Le programme est constitué de modules, chacun centrés sur un facteur de résilience particulier. Par exemple, dans le cadre du module portant sur l'auto-mobilisation d'une aide extérieure, on a demandé aux enfants d'énumérer toutes les personnes ou les ressources de la communauté dont ils pouvaient obtenir de l'aide. De cette façon, la classe était en mesure de produire un plan d'"aide sociale" et de discuter de la meilleure façon d'utiliser les ressources à sa disposition. L'exercice a contribué à accroître l'utilisation par les enfants des systèmes de soutien sociaux ainsi que leur sentiment de sécurité.

Assurer la sécurité

Un autre module consistait à créer une "carte d'alerte rouge" montrant les points les plus proches d'accès aux abris dans l'environnement des enfants. Dans une activité à part de construction de l'auto-efficacité, on a demandé aux enfants de préparer un sac à dos spécial avec les biens et les ressources qu'ils aimeraient avoir avec eux en période de danger.

Au cours de ces dernières années, le programme a été étendu à 60 écoles du réseau ORT en Israël, grâce à un financement supplémentaire des Amis français. Il faut noter que beaucoup d'enfants de ces écoles sont issus de milieux socio-économiques défavorisés et affichent des comportements à haut risque.

Une étude d'évaluation menée par la suite sous la direction du Prof. Slone a constaté que le programme a entraîné une nette amélioration des capacités et stratégies d'adaptation psychologique chez les enfants. "Non seulement l'intervention a pu améliorer la résilience chez ses enfants, mais nous avons de plus pu déterminer pour lesquels elle est le plus bénéfique", dit le Prof. Slone, qui ajoute: "Il s'agit d'une approche totalement nouvelle. Jusqu'à récemment, les enseignants n'avaient que peu d'indications sur ce qu'ils devaient faire dans ses situations de conflit. Au cours de la deuxième Intifada, par exemple, les enfants et les jeunes se promenaient dans les rues en pleurant".

Slone considère ce programme comme un modèle qui pourrait être adopté par le Ministère de l'éducation à l'échelle de l'ensemble du pays, et espère pouvoir le mettre en œuvre après l'opération "Bordure protectrice". "Ce programme peut être utilisé comme un outil de dépistage pour évaluer les problèmes psychologiques et comme un modèle de prévention primordial pour conférer résistance et résilience aux enfants, à la fois avant et entre les épisodes de violence", dit-elle.

Les soldats qui refoulent et ignorent les menaces sont plus enclins à développer un « choc de combat »

Des chercheurs de l’université de Tel-Aviv ont découvert que les soldats qui ont tendance à ignorer les menaces présentent plus de risque de développer un syndrome de stress post-traumatique et tentent de mettre au point un programme spécial d’entraînement de l’attention avant le départ sur le terrain

Soldats

Différents tests de biais attentionnel réalisés auprès de soldats combattants de l’armée israélienne ont mis en évidence le fait que ceux qui ont tendance à faire abstraction ou à ignorer la menace juste avant une opération sur le terrain ou pendant son déroulement présente plus de risque de développer un syndrome de stress post-traumatique au cours de leur service militaire. Telle est l’importante conclusion d’une nouvelle étude réalisée par des chercheurs de l’université de Tel-Aviv, en collaboration avec les services de santé mentale de l’armée israélienne, l’Institut national pour la santé mentale aux États-Unis et l’École de médecine Mont Sinaï à New-York. Cette étude, qui vient d’être publiée dans l’importante revue de l’Association médicale américaine JAMA Psychiatry éveille déjà un grand intérêt dans le monde.

Qui présente le plus de risque de développer un choc de combat?

Le trouble post-traumatique, plus connu sous le nom de « choc de combat » est un problème grave et répandu en Israël en raison des nombreuses guerres qu’elle subit. Bien des soldats combattants souffrent pendant de longues années de ce phénomène, qui inclut cauchemars, flash-back, anxiété profonde, pensées incontrôlables sur les événements ayant causé le traumatisme, parfois combinés à un évitement des stimuli associés avec le traumatisme entraînant insomnies, crise de rage et hypertension – symptômes causant une détérioration de la vie sociale, professionnelle et privée des sujets. Le professeur Yair Bar-Haim, chef du département de psychologie de l’université de Tel-Aviv, a examiné les facteurs de risque de ce phénomène, et plus encore, tenté de lui trouver une réponse.

« La grande question est de savoir si l’on peut identifier à l’avance les personnes qui sont prédisposées à développer un trouble post-traumatique, et le cas échéant comment il est possible de l’empêcher » explique-t-il. « On sait aujourd’hui que lorsque des soldats sont exposés à une situation de combat difficile, près de 20% d’entre eux développeront des symptômes cliniques du syndrome de stress post-traumatique (SSPT ou ESPT – état de stress post-traumatique). Jusqu’à présent on ne savait pas pourquoi certaines personnes souffre de ce trouble alors que d’autres parviennent à surmonter ces expériences difficiles et à les dépasser. Notre étude est l’une des plus vastes et des plus ambitieuses qui aient été réalisées dans le monde sur ce sujet ».

1100 soldats d’infanterie suivis pendant près d’un an dans les territoires et dans la bande de Gaza

Pendant le déroulement du projet le Prof Bar-Haim et le chercheur Ilan Wald dont c’était le sujet de doctorat, ont bénéficié de l’entière collaboration de l’armée israélienne, qui a reconnu l’importance de l’étude, et leur a permis de suivre les soldats. Les chercheurs ont examiné un groupe d’environ 1100 soldats d’infanterie à trois moments distincts de leur période militaire : pendant la première semaine de leurs classes, six mois plus tard, juste avant de partir au combat, et après six mois passés sur le terrain. Tous les soldats examinés servaient dans les territoires ou la Bande de Gaza, une partie d’entre eux dans des lieux de frictions importantes avec la population palestinienne (Naplouse, la casbah de Hébron, Kissoufim et la frontière de Gaza), les autres dans des endroits des territoires relativement plus calmes.

« La spécificité de cette étude est qu’elle est prospective, c’est-à-dire qu’elle commence à un point où les sujets n’ont pas encore été exposés à l’expérience du combat, et les accompagne ensuite » explique le Prof. Bar-Haim. « Jusque là la plupart des études étaient réalisées à posteriori, c’est-à-dire qu’elles portaient sur des personnes qui souffraient déjà de troubles, et il était donc difficile de distinguer entre les problèmes antérieurs qui se sont aggravés et les symptômes de la maladie elle-même. Nous avons commencé par examiner l’état des soldats juste après leur enrôlement, et comparé les résultats du début à ceux obtenus par la suite ».

Après six mois sur le terrain, 6% des soldats ont montré des signes de SSPT, dont 1;8% de ceux ayant servi dans des zones de friction, et 1,5% de ceux qui se trouvaient dans des zones de calme. Le principal test psychologique subi par les soldats avait pour but de mesurer leurs biais attentionnel vis-à-vis de la menace. Ces biais se mesurent au moyen de tests informatisés sophistiqués qui examinent l’allocation des ressources cognitives chez le sujet face à des menaces apparaissant sur l’écran de l’ordinateur, c’est-à-dire dans quelle mesure leur attention est attirée par ces menaces. De plus, des témoignages subjectifs ont été relevés auprès des soldats sur leur état psychologique à chacun des moments spécifiques, et des échantillons de leur salive ont été prélevés pour un examen d’ADN.

 Un marqueur génétique

Après ajustement de tous les résultats et données, les chercheurs sont arrivés à la conclusion que « les soldats qui ont tendance à éviter ou ignorer les menaces, juste avant la période des opérations et pendant leur déroulement présentent plus de risque de développer un trouble post-traumatique que les autres » explique le Prof. Bar-Haim.

Le test d’ADN a montré que le niveau d’attention à la menace avait un fondement génétique. Il existe un gène spécifique, lié à l’activité de la sérotonine dans le cerveau possède plusieurs versions, qui influencent de manière différente le niveau d’attention à la menace, et donc l’immunisation ou le risque de développer un trouble post-traumatique. Il s’avère que la version la moins efficace de ce gène est celle qui protège le mieux les soldats du syndrome du choc de combat. « Ces conclusions nous aident à comprendre quels sont les facteurs qui augmentent le risque de développement du syndrome, et à tenter de les modifier » explique le Prof. Bar Haim.

Nouvel entraînement informatique pour les combattants : l’allocation d’attention à la menace

Sur la base de ces résultats, les chercheurs tentent de développer un programme informatique spécial d’entraînement de l’attention pour les soldats combattants qui présentent un risque plus élevé de développer le syndrome de stress post-traumatique en raison de leurs activités. Dans le cadre de l’entraînement prévu, les combattants s’entraîneront au moyen de l’ordinateur à accorder de l’attention aux menaces au lieu de les éviter, et ce avant de partir en opération militaire. Ceci dans l’espoir de diminuer les symptômes du trouble et d’alléger de nombreuses souffrances. Ces travaux doivent aboutir dans un an et demi.

Suite à cette étude , le Prof. Yair Bar Haim participe à un vaste projet réalisé actuellement avec l’armée américaine, qui vise à la ré-accoutumance à la vie sociale normale des soldats rentrés chez eux après avoir servi onze mois en Afghanistan.