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Les soldats qui refoulent et ignorent les menaces sont plus enclins à développer un « choc de combat »

Des chercheurs de l’université de Tel-Aviv ont découvert que les soldats qui ont tendance à ignorer les menaces présentent plus de risque de développer un syndrome de stress post-traumatique et tentent de mettre au point un programme spécial d’entraînement de l’attention avant le départ sur le terrain

Soldats

Différents tests de biais attentionnel réalisés auprès de soldats combattants de l’armée israélienne ont mis en évidence le fait que ceux qui ont tendance à faire abstraction ou à ignorer la menace juste avant une opération sur le terrain ou pendant son déroulement présente plus de risque de développer un syndrome de stress post-traumatique au cours de leur service militaire. Telle est l’importante conclusion d’une nouvelle étude réalisée par des chercheurs de l’université de Tel-Aviv, en collaboration avec les services de santé mentale de l’armée israélienne, l’Institut national pour la santé mentale aux États-Unis et l’École de médecine Mont Sinaï à New-York. Cette étude, qui vient d’être publiée dans l’importante revue de l’Association médicale américaine JAMA Psychiatry éveille déjà un grand intérêt dans le monde.

Qui présente le plus de risque de développer un choc de combat?

Le trouble post-traumatique, plus connu sous le nom de « choc de combat » est un problème grave et répandu en Israël en raison des nombreuses guerres qu’elle subit. Bien des soldats combattants souffrent pendant de longues années de ce phénomène, qui inclut cauchemars, flash-back, anxiété profonde, pensées incontrôlables sur les événements ayant causé le traumatisme, parfois combinés à un évitement des stimuli associés avec le traumatisme entraînant insomnies, crise de rage et hypertension – symptômes causant une détérioration de la vie sociale, professionnelle et privée des sujets. Le professeur Yair Bar-Haim, chef du département de psychologie de l’université de Tel-Aviv, a examiné les facteurs de risque de ce phénomène, et plus encore, tenté de lui trouver une réponse.

« La grande question est de savoir si l’on peut identifier à l’avance les personnes qui sont prédisposées à développer un trouble post-traumatique, et le cas échéant comment il est possible de l’empêcher » explique-t-il. « On sait aujourd’hui que lorsque des soldats sont exposés à une situation de combat difficile, près de 20% d’entre eux développeront des symptômes cliniques du syndrome de stress post-traumatique (SSPT ou ESPT – état de stress post-traumatique). Jusqu’à présent on ne savait pas pourquoi certaines personnes souffre de ce trouble alors que d’autres parviennent à surmonter ces expériences difficiles et à les dépasser. Notre étude est l’une des plus vastes et des plus ambitieuses qui aient été réalisées dans le monde sur ce sujet ».

1100 soldats d’infanterie suivis pendant près d’un an dans les territoires et dans la bande de Gaza

Pendant le déroulement du projet le Prof Bar-Haim et le chercheur Ilan Wald dont c’était le sujet de doctorat, ont bénéficié de l’entière collaboration de l’armée israélienne, qui a reconnu l’importance de l’étude, et leur a permis de suivre les soldats. Les chercheurs ont examiné un groupe d’environ 1100 soldats d’infanterie à trois moments distincts de leur période militaire : pendant la première semaine de leurs classes, six mois plus tard, juste avant de partir au combat, et après six mois passés sur le terrain. Tous les soldats examinés servaient dans les territoires ou la Bande de Gaza, une partie d’entre eux dans des lieux de frictions importantes avec la population palestinienne (Naplouse, la casbah de Hébron, Kissoufim et la frontière de Gaza), les autres dans des endroits des territoires relativement plus calmes.

« La spécificité de cette étude est qu’elle est prospective, c’est-à-dire qu’elle commence à un point où les sujets n’ont pas encore été exposés à l’expérience du combat, et les accompagne ensuite » explique le Prof. Bar-Haim. « Jusque là la plupart des études étaient réalisées à posteriori, c’est-à-dire qu’elles portaient sur des personnes qui souffraient déjà de troubles, et il était donc difficile de distinguer entre les problèmes antérieurs qui se sont aggravés et les symptômes de la maladie elle-même. Nous avons commencé par examiner l’état des soldats juste après leur enrôlement, et comparé les résultats du début à ceux obtenus par la suite ».

Après six mois sur le terrain, 6% des soldats ont montré des signes de SSPT, dont 1;8% de ceux ayant servi dans des zones de friction, et 1,5% de ceux qui se trouvaient dans des zones de calme. Le principal test psychologique subi par les soldats avait pour but de mesurer leurs biais attentionnel vis-à-vis de la menace. Ces biais se mesurent au moyen de tests informatisés sophistiqués qui examinent l’allocation des ressources cognitives chez le sujet face à des menaces apparaissant sur l’écran de l’ordinateur, c’est-à-dire dans quelle mesure leur attention est attirée par ces menaces. De plus, des témoignages subjectifs ont été relevés auprès des soldats sur leur état psychologique à chacun des moments spécifiques, et des échantillons de leur salive ont été prélevés pour un examen d’ADN.

 Un marqueur génétique

Après ajustement de tous les résultats et données, les chercheurs sont arrivés à la conclusion que « les soldats qui ont tendance à éviter ou ignorer les menaces, juste avant la période des opérations et pendant leur déroulement présentent plus de risque de développer un trouble post-traumatique que les autres » explique le Prof. Bar-Haim.

Le test d’ADN a montré que le niveau d’attention à la menace avait un fondement génétique. Il existe un gène spécifique, lié à l’activité de la sérotonine dans le cerveau possède plusieurs versions, qui influencent de manière différente le niveau d’attention à la menace, et donc l’immunisation ou le risque de développer un trouble post-traumatique. Il s’avère que la version la moins efficace de ce gène est celle qui protège le mieux les soldats du syndrome du choc de combat. « Ces conclusions nous aident à comprendre quels sont les facteurs qui augmentent le risque de développement du syndrome, et à tenter de les modifier » explique le Prof. Bar Haim.

Nouvel entraînement informatique pour les combattants : l’allocation d’attention à la menace

Sur la base de ces résultats, les chercheurs tentent de développer un programme informatique spécial d’entraînement de l’attention pour les soldats combattants qui présentent un risque plus élevé de développer le syndrome de stress post-traumatique en raison de leurs activités. Dans le cadre de l’entraînement prévu, les combattants s’entraîneront au moyen de l’ordinateur à accorder de l’attention aux menaces au lieu de les éviter, et ce avant de partir en opération militaire. Ceci dans l’espoir de diminuer les symptômes du trouble et d’alléger de nombreuses souffrances. Ces travaux doivent aboutir dans un an et demi.

Suite à cette étude , le Prof. Yair Bar Haim participe à un vaste projet réalisé actuellement avec l’armée américaine, qui vise à la ré-accoutumance à la vie sociale normale des soldats rentrés chez eux après avoir servi onze mois en Afghanistan.