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Psychologie

Comment nous jugeons le stress des autres, d’après une étude de l'Université de Tel-Aviv

Selon une étude menée le Prof. Sharon Toker, le Prof. Daniel Heller et la doctorante Nili Ben-Avi de l’Ecole de Gestion de l’Université de Tel-Aviv, nous évaluons l'état de stress de nos collègues et employés, en particulier leur état de santé, leur productivité au travail et leur degré d’épuisement professionnel, en fonction de notre propre expérience du stress, entraînant une mauvaise communication et parfois des occasions manquées. D’après les chercheurs, l’étude, qui évalue comment nous percevons les niveaux de stress des autres sur le lieu de travail, peut également éclairer nos relations avec nos conjoints ou nos enfants.

job stressElle a été publiée dans la revue en ligne Journal of Experimental Social Psychology.

« Notre étude est la première à montrer que notre propre état d'esprit psychologique vis-à vis du stress et plus  spécifiquement, si nous le percevons comme positif ou négatif détermine la façon dont nous jugeons les réactions des autres dans ce domaine », déclare le Prof. Toker  « Elle permet d’appréhender la manière dont les patrons évaluent la capacité de leurs employés à assumer diverses charges de travail, et peut également éclairer nos relations avec nos conjoints ou nos enfants ». Par exemple, une ‘mère-tigre’ typique qui considère le stress comme une bonne chose, ne verra tout simplement pas l’état d’épuisement de son enfant.

Positif ou négatif ?

« Si un manager estime qu'un employé particulier ne souffre pas de stress, il sera plus enclin à le considérer comme digne de promotion », explique le Prof. Toker. « Mais dans la mesure où il estime que le stress est une qualité positive qui conduit à l’indépendance, il sera également moins enclin à lui offrir une assistance s’il en a besoin ».

Pour réaliser cette étude, le Prof. Toker et ses collègues ont fait remplir un questionnaire en ligne sur le stress au travail à 377 employés américains. Les participants ont été invités à lire la description d’un employé fictif, nommé Ben, occupant un poste de direction, devant réaliser plusieurs tâches à la fois et restant de longues heures au travail. Ils ont ensuite dû remplir un questionnaire évaluant le niveau d'épuisement de Ben et son d'état de stress.

SHaronTOKER«Plus les participants considéraient le stress comme positif et valorisant, moins ils percevaient Ben comme victime d'épuisement professionnel  (‘burnout’), et par conséquent le considéraient comme plus digne d'être promu», explique le Prof. Toker.

Les chercheurs ont également voulu vérifier s'ils pouvaient changer la perception du stress chez les individus, et par conséquent la façon dont ils perçoivent celui des autres. Dans ce but, ils ont mené une série expériences supplémentaires auprès de 600 employés israéliens et américains pour déterminer si leur conception du stress pouvait être modifiée.

Ils ont réparti ces 600 employés au hasard dans des groupes de 120 à 350 personnes suivant qu’elles considéraient le stress de manière valorisante ou bien l’invalidait. Usant de la  technique dite d’«amorçage», ils ont invités les participants à écrire sur leurs expériences de stress passées d'une manière soit «positive / valorsiante» soit «négative / invalidante ». Les participants ont ensuite été invités à lire une description de la charge de travail de Ben et à évaluer son état d'épuisement, son taux de productivité et ses symptômes psychosomatiques. On leur a également demandé si à leur avis Ben devrait être promu et s'ils seraient disposés à l'aider dans sa charge de travail.

« Les participants avaient été incités à penser au mot «stress» en termes positifs / valorisants ont évalué Ben comme souffrant moins de symptômes liés au stress et étaient donc plus enclins à recommander sa promotion, mais également moins disposés à lui proposer de l'aide. Ceux qui avaient dû considérer le stress plutôt comme un état négatif / invalidant ont ressenti que Ben était plus épuisé et par conséquent moins apte à être promu ».

« La manière dont nous percevons le stress affecte notre jugement sur les réactions au stress des autres », conclut Nili Ben-Avi. « Mais nous avons montré que même si le stress nous affecte positivement, il peut déformer la manière dont nous voyons nos collègues, nos employés, nos conjoints, et même nos propres enfants. C’est pourquoi nous devons faire très attention en évaluant le niveaux de stress des autres ».

Vieillesse: le temps ne guérit pas tout, d’après les experts de l’Université de Tel-Aviv

Le temps ne guérit pas vraiment les blessures morales. Les moins fortunés savent mieux utiliser les mécanismes psychologiques qui agissent sur la perception du bonheur dans la vieillesse... Telles sont quelques unes des conclusions d’une nouvelle étude de l’Institut Herczeg sur le vieillissement de l’Université de Tel-Aviv, présentée lors d’un récent colloque, qui va à l’encontre des idées reçues, et riche en applications potentielles pour l’amélioration du bien-être mental des personnes âgées.

aging580Le bien-être psychologique des personnes vieillissantes, définies en l’occurrence comme celles de plus de 50 ans, est plus complexe qu’on ne le pensait, d’après une étude de  l'Institut Herczeg de l’Université de Tel-Aviv sur le thème «Le vieillissement dans un monde hostile: résilience ou vulnérabilité?». Selon les chercheurs, ces deux caractéristiques psychologiques, généralement considérées comme antinomiques, sont en fait entrelacées chez les personnes âgées lorsqu’elles sont confrontées à des difficultés particulières.

Table ronde sur la vieillesse

L’hypothèse de base des chercheurs était que les mécanismes psychologiques qui agissent sur la perspective individuelle du bonheur, comme le sentiment de bien-être ou l’impression que sa vie à un sens, régulent notre perception des situations potentiellement négatives (dits « scénarios de monde hostile »). En d'autres termes, la plupart des gens peuvent « négocier » entre leurs capacités au bonheur et les scénarios hostiles, de sorte que le bon surpasse le mauvais dans leur vie.

Cependant, l'étude a montré que ces mécanismes dynamiques existent de manière plus complexe chez les personnes âgées.

agingconference 580x330Une des conclusions notables est que, contrairement à l'adage populaire, le temps ne guérit pas tout. Les Dr. Kfir Ifrah et Rinat Lifshitz ont expliqué qu'il faut distinguer  chez les personnes âgées entre la capacité de fonctionner au quotidien et le sentiment de bonheur. Par exemple, les parents qui ont perdu un enfant font état à mesure que le temps passe, d’une part d'un meilleur fonctionnement quotidien qui se manifeste par une baisse des sentiments d’anxiété et de dépression, mais aussi d'une diminution de la satisfaction de la vie. Cette conclusion est particulièrement pertinente en Israël, où 30% des personnes âgées sont des parents endeuillés.

En outre, selon Noam Markovitz, co-chercheur de l'étude il s’avère que les personnes pauvres sont plus à même que les autres d'utiliser efficacement les mécanismes de propension au bonheur pour surmonter les perceptions d'un monde hostile dans la vieillesse.

Les chercheurs ont étudié quatre groupes de personnes âgées en Israël: les parents endeuillés, les pauvres, les handicapés et les homosexuels, groupes qui exemplifient les grands défis humains, dans le but d’explorer les implications de ces défis sur le processus de vieillissement, au moyen d'approches psychosociales et d'outils relevant du domaine des études sur la santé.

Aider les personnes âgées à vieillir avec dignité

« La recherche sur le vieillissement est particulièrement importante car la population âgée et en constante augmentation dans le monde, cette croissance ayant des conséquences psychologiques, sociales et économiques cruciales pour toutes les sociétés », a expliqué le Prof. Dov Shmotkin,  directeur de l'Institut Herczeg, lors du colloque. « En Israël, elle est de plus affectée par une accumulation d'expériences de vie négatives telles que l'Holocauste, l'immigration, les guerres et les pertes multiples. « Le but de cette étude était de donner une voix aux groupes cibles et de développer une prise de conscience de leur situation et de leurs besoins. Comprendre les personnes âgées est essentiel pour les aider à vieillir avec succès et dignité », a-t-il souligné.

Dans le cadre de la recherche, le Dr. Irit Bluvstein s’est en outre attardé sur la question des personnes âgées traumatisées.

« Cette recherche est très précieuse », a déclaré l’un des participants à la conférence, travailleur social gérant un centre de jour pour personnes âgées. « Il est essentiel de traduire ses résultats dans la pratique ». Selon les experts, les conclusions de l’étude pourraient être utilisées pour la formation des populations âgées vulnérables à l’utilisation de stratégies compensatoires pour contourner les défis du vieillissement, et pour encourager une réflexion plus approfondie sur la résilience en milieu adverse.

L'Institut Herczeg est un centre de recherche interdisciplinaire sur le vieillissement commun à la Faculté de médecine et à la Faculté des sciences sociales de l'Université de Tel-Aviv, qui vise à faire avancer les connaissances sur la vieillesse et le processus de vieillissement et à fournir aux personnes âgées de meilleurs moyens d'adaptation pour améliorer leurs conditions physiques, mentales et sociales.

Un cours de coaching pour avocats à l'Université de Tel-Aviv

L'Unité pour la formation continue de l'Ecole de Travail social de l'Université de Tel-Aviv lance à la rentrée un programme innovant spécial de coaching destiné aux avocats et aux juristes, dans le but de mieux les équiper pour servir leurs besoins et ceux des clients qu'ils représentent et atteindre le succès, en les aidant à formuler un langage professionnel personnel et unique.

Coaching pour avocatsLe monde juridique est en constante transformation, et les avocats sont continuellement tenus d'améliorer leurs compétences et de les adapter au 21e siècle. Comment donc relie-t-on le monde du coaching à la profession d'avocat?

L'idée de ce nouveau programme innovant est venu du succès obtenu par le cursus d'''Entrainement personnalisé à approche psychologique', de l'Unité pour la formation continue de l'École de travail social de l'Université qui offre aux professionnels de tous les domaines des outils de formation (coaching) pour les aider dans leur travail, et les forme au travail de "coach". Ces dernières années, on a constaté une demande croissante pour ces cours en particulier parmi les avocats et les juristes, qui saisissent la valeur ajoutée de ces outils pour les aider dans leur travail juridique complexe. Les juristes qui ont suivi le programme ont fait état d'un changement considérable dans leur carrière. De là est née l'idée de la création du nouveau programme "Outils de coaching pour les juristes", qui serait lancé à la rentrée prochaine.

Des avocats avec une valeur ajoutée

"Les publics cibles du programme sont les avocats et les juristes indépendants comme salariés, aux divers stades de leur carrière", explique Dolly Chotam, psychologue et coach, directrice académique du programme. "Nous avons décidé d'ouvrir ce cursus car nous avons constaté que les avocats qui intègrent des outils de coaching dans leur profession ressentent une nette différence à la fois dans leur travail avec leurs clients, et dans la manière de concevoir et d'orienter la poursuite de leur carrière".

Dolly ChotamLe domaine du coaching est intimement lié au concept de réalisation de soi, à la fois sur le plan personnel et professionnel. Il s'agit de la mise en œuvre ordonnée des principes qui mènent à la recherche d'un succès plus proche du « cœur » et d'une plus grande satisfaction au travail. L'un des axes centraux du nouveau programme traite des moyens pratiques que les avocats peuvent utiliser pour progresser professionnellement, arriver au succès et passer du mode réactif à la pro-activité.

Aujourd'hui, de nombreux avocats se trouvent confrontés à la charge de multiples tâches qui les empêche de planifier leur travail à l'avance et de réaliser leurs véritables désirs professionnels. Les outils du monde du coaching leur permettent de construire un plan stratégique professionnel, de gérer efficacement leur temps, éliminer les obstacles, les freins etc. Les participants au programme devraient être capables d'identifier les valeurs les plus importantes pour eux dans leur travail, et de connaître la valeur ajoutée personnelle qu'ils apportent à leurs clients. Il s'agit d'outils essentiels à la réussite dans un monde professionnel concurrentiel comme le monde juridique.

Des compétences de communication

Un autre axe central du programme est constitué par les compétences de communication. La profession d'avocat repose sur des compétences interpersonnelles et sur la capacité de transmettre efficacement des messages à des clients et à des collègues, au tribunal et en dehors. Le monde du coaching donne aux avocats et aux juristes des outils qui les aident à formuler des messages avec la plus grande précision possible d'une part, et de l'autre à apprendre à écouter. En effet, en coaching l'écoute est l'une des clés de la création d'un programme de travail efficace et de la formulation de messages adaptés à la réalité.

"Le programme sera semestriel et les étudiants recevront un certificat professionnel de l'Unité pour la formation continue de l'Université de Tel-Aviv", dit Dolly Chotam. "Les avocats et les juristes qui suivront ces cours y gagneront des compétences importantes qui les aideront à formuler un langage professionnel personnalisé et  unique, qui servira leurs besoins et ceux des clients qu'ils représentent".

 

S'incrire (programme en hébreu) : https://socialwork.tau.ac.il/swce/coaching_law

Le lourd tribut payé par les habitants du sud d'Israël vivant sous la menace des missiles – étude de l'Université de Tel-Aviv 3 ans après la guerre de Gaza

A l'occasion du troisième anniversaire de l'Opération Bordure protectrice en  été 2014, au cours de laquelle plus de 4 500 roquettes et mortiers ont été tirés sur Israël, une équipe de chercheurs sous la direction du Prof. Zahava Solomon, directrice du Centre pour l'étude des traumatismes de masse de l'Université de Tel-Aviv a examiné l'état physique et psychologique des habitants de Sderot et des agglomérations israéliennes limitrophes de la bande de Gaza, exposés depuis de nombreuses années à des évènements sécuritaires. Leur recommandation: développer les programmes de résilience sur une longue durée.

sderotD'après le Prof. Solomon, l'étude, menée en collaboration avec l'Institut national d'assurance sociale, le ministère de la Santé, le Ministère des Affaires sociales et l'Association israélienne pour la lutte contre les traumatismes, avait avant tout pour but de vérifier l'état psychologique  et fonctionnel des personnes vivant à l'ombre des missiles depuis plus de 17 ans, et l'efficacité des traitements psychologiques que les adultes et les enfants reçoivent dans les centres de résilience.

"La vie à l'ombre des missiles"

"La vie à l'ombre des missiles à un prix très élevé", explique-t-elle. "Il est donc nécessaire d'y répondre par des traitements de longue durée comme ceux qui sont donnés dans les centres de résilience, car souvent les symptômes se déclarent longtemps après coup. Je recommande à toutes les personnes qui vivent dans la région et en ressentent le besoin de ne pas hésiter à se rendre dans ces centres".

L'étude a été menée en quatre étapes: en 2010, soit dix ans après les débuts des tirs de roquettes continus sur le sud d'Israël, en mars-avril 2014 (avant l'opération Bordure protectrice), en juillet 2014 (au cours de l'opération), et en mars-avril 2015, après elle. "Nous avons comparé les données des résidents de Sderot et de la région avec celles des personnes vivant à Ofakim et dans la région de Lakis" dit le Prof.  Solomon. "A un certain stade de l'étude, lorsque les résidents d'Ofakim ont également été sous la menace, nous avons élargi la recherche à la ville de Or Akiva".

 zahava salomon z180"Les dommages les plus évidents ont été constatés chez les résidents de Sderot, qui ont vécu plus de pertes, à la fois personnelles et économiques, ont vu davantage de familles touchées, des amis, des maisons endommagées.  Ils rapportent un grand sentiment d'impuissance ressenti  lors des « alertes rouges », au cours desquelles ils se sentaient non protégés, et en grand danger pour eux et leurs familles. On retrouve chez eux à la fois des symptômes post-traumatiques classiques, mais également davantage de dépressions, d'insomnie, d'agitation et d'anxiété que, par exemple, chez les habitants d'Ofakim. Ces phénomènes,  dus à la pression continue dans laquelle ils vivent, sont devenus chez eux une seconde nature. C'est-à-dire que les mécanismes psychologiques de l'anxiété et de la dépression sont activés chez eux aussi en période de calme relatif".

Une détresse physique et psychologique

"Plus de 70% se sentent en danger vital et 72% ont dit se sentir impuissants face à la situation, ce qui est une terrible statistique. Un pourcentage très élevé également de personnes  se sentait coupable, ce qui caractérise les situations de traumatisme. Vous n'êtes pas coupable de vivre à Sderot et qu'on vous tire dessus, mais les habitants pensent: 'Pourquoi est-ce que je vis ici ? Je mets mes enfants en danger'".

L'étude a également révélé que la détresse s'exprime aussi sur le plan physique. "Les personnes souffrent d'un sentiment de malaise et de divers problèmes de santé, de sensations de douleur", dit le Prof.  Solomon. "Ces phénomènes ont une grande importance s'ils persistent pendant de nombreuses années. Les personnes exposées à un stress à long terme vieillissent plus rapidement et meurent avant l'âge. En d'autres termes, il faut considérer les résultats de l'étude dans une perspective beaucoup plus large que celle de la détresse ressentie au moment présent ".

Selon l'étude, les femmes s'avèrent plus vulnérables que les hommes : "Elles sont d'une part plus conscientes de leur détresse, et de l'autre plus préoccupées non seulement par ce qui leur arrivent à elles, mais aussi aux personnes de leur environnement". En outre, les populations qui ont moins de ressources financières et sont moins instruites sont davantage exposées. Autre élément important: la confiance dans la communauté et la famille: "Une personne qui pense que la communauté va le soutenir et que sa famille est une source d'aide réagit mieux. De même pour celles qui ont une plus grande flexibilité et d'aptitude à faire face aux changements ".

Développer la résilience

Les enfants, quant à eux, présentent  des problèmes de comportement, d'attention, des crises de colère, de l'énurésie, des crises de pleurs. 85% des enfants souffrent de peurs, presque la moitié de dépression.  "De nombreux phénomènes peuvent être décrits comme un comportement régressif. On note aussi des difficultés à se séparer et une dépendance excessive".

sderot2Point positif cependant: les thérapies proposées dans les centres de résilience semblent faire leur effet: "Chez les adultes on relève une amélioration significative de tous les marqueurs étudiés. Chez les enfants la plupart des indicateurs se sont améliorés, à l'exception de la question du TDAH (Trouble de déficit de l'attention). Ce constat est inquiétant parce que le TDAH crée des dommages au fil des ans et peut avoir des implications futures pour la réussite à l'école ou au travail. Il est donc fortement conseillé de continuer à suivre ces enfants", explique-t-elle.

Le Prof. Solomon conseille d'élargir les programmes de résilience : "Tout comme les vaccins construisent la résistance aux maladies, il existe toutes sorte de techniques par lesquelles il est possible de préparer les gens à faire face à des situations stressantes. Si nous avions suffisamment de ressources, il serait même bon de le faire pour tous les habitants du pays, mais c'est certainement nécessaire pour ceux de Sderot et de la région". 

 

Photo du haut: Sarah Schuman/Flash90

Un entrainement informatisé développé à l'Université de Tel-Aviv réduit par trois le risque de trouble de stress post traumatique

Un entrainement attentionnel informatisé préventif mis au point par le Prof. Yair Bar-Haim et Dr. Ilan Wald de l'École de psychologie et de l'École de Neuroscience de l'Université de Tel-Aviv, en collaboration avec le corps médical de Tsahal et son homologue de l'armée américaine a permis de diminuer par trois le risque de développer un trouble de stress post-traumatique (TSPT) chez les militaires au combat. Testé sur les soldats ayant participé à l'opération Bordure protectrice en 2014, il va être mis en œuvre dans toutes les unités combattantes terrestres de Tsahal et place l'armée israélienne à la pointe de la médecine préventive dans le domaine de la santé mentale dans le monde.

TSPTLes résultats de l'étude ont été publiés hier (5.7) dans la revue Psychological Medicine.

"Nous avons suivi des groupes de soldats d'infanterie à partir de 2008, depuis leurs classes jusqu'à leur service opérationnel", explique le professeur Bar-Haim. "Nous avons constaté que ceux qui s'abstenaient de prêter attention aux menaces potentielles de leur environnement risquaient davantage de développer un syndrome de stress post-traumatique par la suite".

Entrainer la capacité d'attention aux menaces

Le système neurocognitif qui régule l'attention aux menaces de l'environnement est actif en permanence chez tous les individus. Lorsque nous marchons dans la rue, par exemple, une partie de notre attention est systématiquement dirigée vers les dangers potentiels: visages menaçants, mouvements brusques, voitures qui se dirigent vers nous rapidement etc.

"Sur le plan pratique, un militaire au combat devrait être plus attentif aux menaces de l'environnement qu'une simple personne qui marche dans la rue", dit le Prof. Bar-Haim. "Au niveau psychologique, un soldat qui évite de prêter une attention précise et suffisante aux menaces de l'environnement pendant une opération militaire est  davantage susceptible de développer un symptôme post-traumatique par la suite. L'un des problèmes les plus importants des personnes qui souffrent de stress post-traumatique est l'incapacité de se confronter à l'événement traumatique sur le moment et le fait de le revivre sans contrôle par la suite. Il en résulte des flashbacks, des insomnies et une tentative d'éviter tout ce qui pourrait rappeler ou réveiller l'expérience traumatique. Une partie de la difficulté est associée au fait que l'événement traumatique n'a pas été assimilé correctement en temps réel. "

TSPT2"Suite à ces résultats, nous nous sommes demandé si nous pouvions faire un pas supplémentaire et former au moyen de l'ordinateur le système d'attention à la menace des soldats encore au stade de l'entrainement, et de réduire ainsi le risque de trouble post traumatique par la suite. Il s'agit d'un programme informatique qui présente simultanément des stimuli neutres et menaçants, comme des images ou des mots, et demande au participant d'identifier des objectifs qui apparaissent sur l'écran à côté de ces stimuli. L'entrainement dure environ dix minutes, et le soldat doit s'entrainer individuellement quatre fois par mois".

Un risque 3 fois plus faible de développer le TSPT

A partir de fin 2012, environ 800 soldats des troupes de combat de l'une des brigades d'infanterie de Tsahal ont suivi cette formation informatisée. Quatre mois après la fin des combats de l'opération Bordure protectrice en été 2014, le Prof. Bar-Haim et son équipe a examiné combien d'entre eux ont développé le syndrome de stress post-traumatique.

"Un trouble de stress post traumatique a été diagnostiqué parmi 7,8% des soldats qui n'ont pas suivi l'entrainement informatisé. Parmi ceux ayant suivi cet entrainement seuls 2,6% ont développé le syndrome. Il s'agit d'une différence significative. Cela signifie que si un soldat s'entraine sur son programme d'ordinateur son risque de développer le TSPT est trois fois plus faible. "

A la lumière de ces résultats positifs, Tsahal a récemment décidé de mettre en œuvre l'entrainement informatisé du Prof. Bar-Haim et de son équipe dans la formation des soldats des toutes les troupes de combat terrestre. Ces jours-ci les chercheurs travaillent en collaboration avec le commandement des forces terrestres, le médecin en chef et le chef du département de la santé mentale de Tsahal, le colonel Dr. Karen Ganit, pour mettre en œuvre le système dans l'armée. En outre, l'armée américaine, qui était parmi les bailleurs de fonds de la recherche, est en train d'examiner l'efficacité du système parmi ses soldats.

"Il est assez rare qu'une étude cognitivo-comportementale débouche sur une intervention préventive efficace, et encore plus rare qu'une telle intervention soit mise en œuvre d'une manière si large et si rapide", dit le Prof. Bar-Haim. "L'amélioration de la résilience mentale des soldats et la réduction de leurs risques de développer un TSPT par la suite est une grande nouvelle, et place l'armée israélienne à la pointe de la médecine préventive dans le domaine de la santé mentale dans le monde".

 

Cet article a été publié sur CoolIsrael sour le titre: "Réduire par trois le risque de Trouble de Stress Post-traumatique"

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