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Les combattants juifs de la seconde guerre mondiale – colloque à l’Université de Tel-Aviv

Le Centre Goldstein-Goren de recherche sur la Diaspora de l’Université de Tel-Aviv, sous la direction du Prof. Simha Goldin, a présenté ce jeudi 20 avril, les travaux en cours d’un important projet d'études sur le 1,5 million de soldats juifs ayant combattu contre les nazis pendant la seconde guerre mondiale, lors d’un colloque qui s’est déroulé sur le campus dans l’auditorium du Centre Cymbalista de l’héritage juif. Le projet, soutenu en partie par l’Association des Amis français de l’Université, a pour but d’éclairer cet aspect jusque-là quasi-inconnu de la seconde guerre mondiale, et de mieux comprendre la vie et le rôle de ces soldats dans les différentes armées pour lesquelles ils combattaient, ainsi que les problématiques auxquelles ils se trouvaient confrontés.

Jewsinthe war« Contrairement à la première guerre mondiale, où les Juifs ont combattu essentiellement pour les  pays dont ils étaient citoyens, durant la deuxième ils avaient la conscience de se battre pour la sauvegarde du peuple juif, et pour prouver aux autres que les Juifs étaient capables de combattre » a déclaré le Prof. Simha Goldin, directeur du Centre Goldstein-Goren, relevant l’importance de ce projet qui porte à la conscience du public un aspect du conflit resté dans l’ombre : « Lorsqu’on parle de la seconde guerre mondiale, on évoque à juste titre les victimes de la Shoah. Mais plus de 1,5 million de Juifs ont pris part à la lutte contre les Nazis dans des unités combattantes des armées alliées ».

Les soldats juifs dans les armées française, britannique et américaine

Galit22.4.17La première session du colloque a été consacrée aux soldats juifs dans les armées française, britannique et américaine. La recherche de Galit Haddad (UTA) porte sur l’expérience des prisonniers de guerre français d’origine juive dans les camps allemands (1940-1945). Environ 86 000 soldats de confession juive ont combattu sous le drapeau français au début de la guerre. Suite à la défaite de juin 40, entre 10 000 et 15 000 se sont retrouvés prisonniers. Grâce à la convention de Genève de 1929 relative aux prisonniers de guerre, ils ont pu échapper au destin tragique des juifs de France sous le régime de Vichy. Comment leur identité juive a-t-elle pu s’exprimer pendant leur captivité ? Se différenciaient-ils des prisonniers non-juifs des camps ? Comment ces derniers les considéraient-ils ? Selon la chercheuse, malgré la relative égalité entre les prisonniers créée par la captivité, les Juifs, « qui avaient eu l’habitude pendant des années de se considérer comme faisant partie de la communauté française ont soudain redécouvert leur identité ‘israélite’ ». 

francoiseOuzan22.4.17Françoise Ouzan (UTA) s’attache à la rencontre chargée de sens des soldats juifs américains avec les Juifs locaux pendant le débarquement en Afrique du Nord : « Parmi les 16 millions d'Américains ayant servi pendant la Deuxième Guerre mondiale,  plus d'un demi million étaient juifs. Motivés par le patriotisme et une féroce détermination à combattre les nazis et leurs alliés, ils ont servi dans toutes les unités de l'armée américaine » explique la chercheuse, qui analyse les modalités et la spécificité des  interactions qui ont suivi le débarquement allié au cours de l'opération Torch (8 novembre 1942), en particulier dans la ville d'Oran en Algérie. Pour cette recherche, elle a consulté de nombreux fonds d'archives aux États-Unis et en France et conduit des entretiens du côté américain et de celui des Juifs d'Algérie, à une période cruciale de leur histoire.  

Maya22.4.17Maya Guez (TAU), quant a elle, se concentre sur les soldats de l’armée britannique : « On a beaucoup écrit sur les actions des volontaires de la communauté juive de Palestine dans la Brigade juive sous les auspices du gouvernement britannique. Mais  ils ne représentaient que 5000 personnes sur un total de 62 000 juifs venus de toute l'Europe et de la Palestine mandataire qui ont rejoint l'armée anglaise pour combattre l'ennemi nazi. Nombre d’entre eux n’avaient pas la nationalité britannique. Pourtant, ils se sont battus courageusement dans le cadre d'une armée avec laquelle ils n'avaient à priori aucun lien. Se considéraient-ils comme des patriotes juifs ou britanniques ? Par quels moyens exprimaient-ils leur judéité dans le cadre de l'armée anglaise? La chercheuse a présenté les cas particuliers de soldats d’origines différentes ayant combattu dans les rangs de l’armée britannique, dont Haïm Herzog, père du député Itzhak Herzog, citoyen britannique, Stef Werteimer, originaire d’une famille allemande ayant émigré vers la Palestine et Romain Gary, né en Pologne mais citoyen français depuis l’âge de 14 ans.

Deux Musées des combattants juifs

La deuxième session portait sur les musées destinés à pérenniser la mémoire de ces combattants. Le Musée des combattants juifs de la seconde guerre mondiale de Latroun, ouvert au public en 2014, a été présenté par son fondateur et directeur Zvi Kantor. « Pendant la seconde guerre mondiale, alors que le monde se battait pour sa liberté, des territoires, une idéologie ou des frontières, le peuple juif a combattu pour sa survie. Toute personne qui se rend au Yad Vashem devrait compléter sa visite par celle du musée de Latroun » a-t-il déclaré, précisant que l’armée israélienne a été créée grâce à l’expérience acquise par les soldats juifs qui ont combattu dans les armées alliées.

Gregory Reikhman a présenté le Musée de l’énergie du courage, situé à Hedera, créé il y a 22 ans et consacré aux 500 000 combattants juifs de l’armée soviétique. La troisième session toute entière a été consacrée à ces derniers, avec la participation d’Evgeny Krinko (Académie russe des sciences), intervenant sur « l’historiographie moderne soviétique et russe sur la participation des soldats juifs à la seconde guerre mondiale », et  Arkadi Zeltser (Yad Vashem) sur le thème « Soldats juifs et conscience ethnique dans l’Armée rouge ». Leonid Smilovitsky (TAU), se consacre quant à lui à l’étude de la correspondance des soldats juifs avec leur famille ainsi qu’à celle des journaux intimes des combattants comme source historique.

Les chercheurs poursuivront leur recherche cette année, en les élargissant si possible aux juifs dans les armées d'Europe centrale, en Pologne et en Hongrie. 

 

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Honorer les héros juifs – "Les Combattants juifs de la Seconde guerre mondiale" à l'Université de Tel-Aviv

La véritable histoire de Hanoucca, d’après le Département d’Archéologie de l’Université de Tel-Aviv

Intrigues, corruption et rébellion populaire, quels sont les véritables dessous de la Fête  des Lumières ? Sans déflorer le récit que nous aimons tous, voici quelques mises au point historiques du Département d'Archéologie et des anciennes Cultures orientales de l'Université de Tel-Aviv, à la veille de l’allumage des dernières bougies de Hanoucca.

macabi 580 0«Tout a commencé vers 160 avant notre ère», raconte Naama Walzer, qui rédige son mémoire de maitrise sur l’âge du bronze dans la Shfelah sous la direction du Prof. Israël Finkelstein. «Lors de la montée au pouvoir d'Antiochos Epiphane, Jason, frère du Grand prêtre de Jérusalem, lui promet un pot-de-vin ainsi qu'une augmentation de la taxe annuelle payée par la Judée à l'Empire séleucide pour obtenir le poste convoité de son frère, qui comportait pouvoir et autorité ».

Les "anciens" contre les "modernes"

Jason devient donc Grand Prêtre et tente d'ouvrir Jérusalem au reste du monde grec. Les villes de la Méditerranée se caractérisaient alors par des relations basées sur le commerce, la culture, l'éducation et les divertissements. Dans tout le bassin de la Méditerranée orientale, les religions et les cultures antérieures à la conquête grecque continuent de coexister avec le nouveau monde culturel dominant. Jason pensait que le judaïsme devait suivre le même chemin. Aussi transforma-t-il Jérusalem en polis de type grec.

Mais ses tentatives d’hellénisation sont mal acceptées par les diverses factions de Judée. Cependant, il est supplanté à son tour par Ménélas, qui profite d’une mission auprès d’Antiochos pour se faire nommer à sa place. « Le gouvernement du petit royaume de Jérusalem continue d'être instable » explique Naama Walzer. « Son contrôle passe de mains en mains avec beaucoup d'interférences extérieures et une utilisation constante des trésors du Temple pour promouvoir les ambitions politiques ».

Antiochos, qui doit faire face à des problèmes constants pour protéger son empire, perd patience face au chaos régnant dans la petite ville de Jérusalem. Il y envoie les troupes grecques, pille le temple et institue de nouvelles lois qui rendent impossible la pratique du culte juif.

De la rébellion des Maccabées au royaume des Hasmonéens

L'invasion physique et culturelle du monde grec en Judée, avec notamment les jeux du gymnase (auxquels participaient les Juifs), avait provoqué de plus en plus de conflits entre les « modernes » qui étaient ouverts à la culture grecque et à l’adoption de comportements compatibles selon eux avec la torah, et les traditionnalistes qui voulaient préserver leurs coutumes et poursuivre le mode de vie de leurs ancêtres. Les lois d'Antiochos ajoutèrent de l'huile sur ce feu et provoquèrent l’explosion.

Hanoucca2La rébellion contre les lois séleucides ne vint pourtant pas de la capitale, mais de la campagne. Une famille juive, menée par Juda Macchabée, réussit à déjouer l'armée séleucide par une tactique de guérilla. Les troupes envoyées par Antiochos sont successivement battues. Juda Macchabée s’empare de Jérusalem, purifie le Temple et y restaure le culte juif. Après sa mort, la dynastie hasmonéenne continuera de régner dans la ville, non plus au moyen de Grands prêtres, comme ce fut le cas jusque-là, mais par des rois dans un royaume autonome détaché de la Grèce.

Comment les archéologues connaissent-ils les détails de cette histoire? «De manière intéressante, nos connaissances sur la rébellion n'ont pas été préservée dans des sources juives, mais à travers les livres des Maccabées et les lettres de Flavius Josèphe. Les livres des Maccabées n'ont pas été inclus dans le canon juif, mis en place au cours du premier siècle après JC. Il est possible que les sages juifs (Hazal), n’aient pas voulu conserver le souvenir de cette rébellion à cause d'un événement plus tardif, la révolte de Bar Kokhba, qui elle, fut réprimée par les Romains et provoqua la ruine de Jérusalem. Il est possible que Hazal, par leur décision, ai tenté d’empêcher une autre rébellion juive armée contre une présence étrangère en Israël ».

Corruption, conflits politiques internes et combat pour  de la liberté, tels sont donc les maitres mots derrière la fête des lumières et de la bravoure parvenue jusqu’à nous.

Un historien de l'Université de Tel-Aviv explore les Olympiades oubliées de 1936 à Barcelone

Le saviez-vous ?
6000 athlètes de 23 pays étaient inscrits aux Olympiades populaires programmées à Barcelone en 1936 par les autorités françaises, espagnoles et catalanes, pour contrer la "moquerie fasciste de l'idéal olympique" constituée par les Jeux Olympiques de Berlin sponsorisés par les nazis la même année. Alors que le monde a les yeux tournés vers Rio, le vice-président de l'Université de Tel-Aviv et historien, le Prof. Raanan Rein, se plonge dans ce chapitre peu connu de l'histoire des JO, qui fut ironiquement interrompu par le soulèvement militaire du général Franco, immergeant l'Espagne dans une guerre civile longue et sanglante.

JOBarcelone1La décision d'organiser des Olympiades populaires à Barcelone pour contrer les Jeux Olympiques de Berlin fut prise dès la victoire du Front populaire espagnol, le 18 février 1936. 4000 sportifs espagnols s'y inscrivirent, ainsi que 2000 athlètes d'autres pays comme les États-Unis, les Pays-Bas, la Belgique, la  Tchécoslovaquie etc., y compris une délégation de la Palestine juive. Ironie du sort, le 18 Juillet 1936, un jour avant la date fixée pour le début des Jeux, la rébellion nationaliste contre le gouvernement républicain espagnol éclata, et les Olympiades populaires de Barcelone n'eurent jamais lieu.

L'étude du Prof. Rein se concentre sur les 20 à 30 athlètes juifs venus de Palestine pour participer aux Jeux, et sur leur implication ultérieure dans la guerre civile espagnole. La délégation de Palestine comprenait une équipe de football prometteuse, dont la plupart des joueurs étaient membres des clubs hautement côtés Hapoel Tel-Aviv et Hapoel Haïfa.

Une fois la guerre civile éclatée, plusieurs athlètes de différents pays décidèrent de rester en Espagne pour défendre la République espagnole aux côtés des milices anti-fascistes. Après de longs débats, le chef de la délégation du club Hapoel, Israël Carmi, l'interdit à ses joueurs, et organisa leur voyage de retour vers la Palestine.

Certains des athlètes de la délégation, cependant, n'étaient pas membres de Hapoel. Selon le Prof. Rein, au moins trois, Imre Jacob, Chaim Elkon et Nachum (Arie) Weiss, qui appartenaient au Parti communiste de Palestine (PCP),  décidèrent de rester en Espagne et furent parmi les premiers volontaires internationaux à se battre pour la République espagnole. Tous trois ont trouvé la mort sur le champ de bataille.

Le Prof. Rein est détenteur de la chaire d'histoire de l'Amérique latine et de l'Espagne et directeur du Centre d'Etudes Internationales et interrégionales de l'Université de Tel-Aviv. 

Son étude est financée en partie par l'Institut israélien de Washington DC.

Une nouvelle aile du Musée de la Diaspora sur le campus de l'Université de Tel-Aviv consacrée à la créativité juive

Qu'y a-t-il de commun entre Bob Dylan, l'Opération Moïse et les grands héros du peuple juif ? Ils ont tous leur place dans la nouvelle aile du Musée de la Diaspora/ Musée du Peuple juif inaugurée ce mois-ci sur le campus de l'Université de Tel-Aviv, et consacrée à la créativité juive dans sa richesse et sa passionnante diversité.

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La nouvelle aile comprend une galerie exposant de manière originale et stimulante pour l'esprit la fameuse collection de maquettes de synagogues du Musée de la Diaspora. Chacun des 21 modèles présente une des différentes fonctions de la synagogue: rassemblement social, apprentissage, prière, mariages, bar/bat mitzvas, réunions communautaires, événements de collecte de fonds, soupes populaires et charité etc. A côté de chaque modèle est exposé un ustensile de rituel original provenant de la synagogue ou de la communauté associée, qui enrichit l'exposition et notre compréhension de l'identité culturelle et artistique des communautés. Sont également exposés un impressionnant vitrail créé en 1919 en Allemagne par l'artiste Friedrich Adler, des articles de Judaïca historiques et modernes, des livres de prières et des manuscrits de différentes époques. La richesse des outils muséologiques permet de mettre en valeur la créativité et le renouvellement qui s'incarnent dans la vie juive et la culture de la synagogue, et le pluralisme des représentations produit un effet d'identification et d'actualité.

L'exposition comprend également des films, une performance d'art vidéo et des activités interactives pour adultes et enfants (Curateur de l'exposition: Amitai Achiman, Designers: Gallagher & Co., Washington, DC États-Unis).

"Notre" Dylan

BetHatfousotBobDylanLa deuxième exposition nouvelle célèbre la richesse culturelle et la créativité sans limite incarnées par l'œuvre multi-facettes de Bob Dylan, qui a influencé la culture du XXe siècle plus que tout autre musicien juif. Elle présente la figure énigmatique de Dylan à travers des films, des photos, des affiches et bien sûr beaucoup de musique. L'exposition se concentre sur la révolution provoquée par Dylan, son influence sur la musique et les musiciens d'Israël et du monde entier, et son lien avec le judaïsme et l'Etat d'Israël.

Dans ce cadre sont présentées pour la première fois en Israël des photos originales d'Elliott Landy (Landau), le photographe officiel du Festival de Woodstock. L'exposition comprend aussi un court-métrage documentaire, "Mon Dylan", sur l'influence du musicien sur la musique israélienne, contenant des interviews de musiciens israéliens importants de différentes générations qui racontent l'influence que Dylan a eu sur eux (Curateur: Amitai Achiman et Assaf Galai, directeur artistique: Yoav Kutner).

Opération Moïse - 30 ans après

Autre exposition de la nouvelle aile : une présentation audio-visuelle de l'histoire de dix familles d'immigrants ayant participé à l'Opération Moïse, il y a 30 ans. Le Musée de la Diaspora a été parmi les premières institutions à rassembler des documents sur l'immigration des juifs éthiopiens lors de l'Opération Moïse et le début de leur intégration en Israël entre 1984 et 1991. Doron Bachar, alors photographe du Musée, avait été envoyé sur place jusque dans les années 90 pour réaliser des reportages sur la vie des Juifs éthiopiens. Il existe aujourd'hui dans les Archives du Musée une collection rare de quelque 10 000 photographies racontant l'histoire de leurs premiers pas. Pour l'anniversaire des trente ans de l'Opération Moïse, la metteuse en scène Orly Malessa est partie sur les traces des personnes qui apparaissent sur ces photos.

BetHatfoutsotEthiopiaEn collaboration avec l'équipe du Musée, elle s'est adressée à la communauté des immigrants de l'Opération Moïse via Facebook, demandant son aide pour identifier les personnes photographiées. L'initiative a produit d'innombrables réactions enthousiastes de personnes qui se sont identifiées, elles-mêmes ou leurs proches. Malessa a choisi les histoires les plus fascinantes et a rassemblé des documents sur  le cheminement des sujets photographiés. Le but de cette exposition média est de refléter les histoires de ceux qui ont vécu l'immigration de leur point de vue personnel. Sont présentées les parcours de dix familles, faisant référence au déracinement, aux difficultés de l'immigration et de l'intégration, et la réception par la société israélienne, avec ses bons et ses mauvais côtés. (curateurs: Michel Huminer et Assaf Galai)

Et bientôt: "Héros : les pionniers du peuple juif"

Une nouvelle exposition permanente sera inaugurée prochainement dans la galerie familiale Milton et Tamar Malz, présentant les "super-héros" juifs à travers l'histoire: scientifiques, penseurs, révolutionnaires, personnalités culturelles, sportifs et dirigeants économiques. Chaque groupe présente un aspect différent de la bravoure ou du courage. Le but est de pousser  les enfants à repenser la notion d'héroïsme, en leur présentant des personnalités qui ont su surpasser leurs pulsions et osé penser et agir différemment. Elle montre la spécificité du peuple juif qui permet diverses expressions du succès, autres que la force physique ou l'héroïsme sur le champ de bataille, et met un accent particulier sur les héros de la culture juive.

BetHatfoutsotHerosLa galerie est conçue comme un espace ouvert, avec des activités interactives et des films d'animation adaptés aux parents et aux enfants. Au centre se trouveront des sièges pour les parents avec des tablettes (iPad) contenant des informations sur les 148 personnages présentés (Exposition conçue pour les 6-12 ans. Conservateur en chef: Dr. Orit Shaham Gover, curateurs: Dvir Tzur et Assaf Galai; Production et direction artistique: FAZA Haert and Mind Marketing, conception: Lilas Shtayit, Studio Link).

 

"Shoah et antisémitisme" - Journée d'étude à l'Université de Tel-Aviv à l'occasion de la sortie du livre dédié au Prof. Dina Porat

"Après des années où nous avons tenté de définir séparément antisémitisme et antisionisme, aujourd'hui on ne peut plus les séparer". Ainsi le Prof. Dina Porat, directrice du Centre Kantor pour l'étude du Judaïsme contemporain de l'Université de Tel-Aviv, a-t-elle clôturé la journée d'étude à l'occasion de la sortie du recueil d'essais Holocauste et antisémitisme qui lui a été dédié, pour sa contribution exceptionnelle à l'étude de la Shoah. Le colloque s'est déroulé le 15 mars au Beit Hatfoutsot, en la présence du président de l'Université, le Prof. Joseph Klafter, du directeur du Yad Vashem, Avner Shalev, et du directeur du Centre de recherche sur la Diaspora de l'Université de Tel-Aviv, le Prof. Simha Goldin. Y ont participé des professeurs et des chercheurs de l'ensemble des universités israéliennes, ainsi que l'écrivain A.B. Yehoshua.

Holocaust and AntisemitismTous les intervenants ont insisté sur l'apport considérable du Prof. Dina Porat, également historienne en chef du Yad Vashem, professeur émérite du Département d'Histoire du peuple juif de l'Université de Tel-Aviv et titulaire de la chaire de recherche sur l'antisémitisme et le racisme, qui est à l'origine des études universitaires sur la Shoah en Israël.

Le colloque a été ouvert par le Dr. Roni Stauber, du Département d'Histoire juive de l'UTA, qui a insisté sur l'influence du Prof. Dina Porat sur son parcours universitaire personnel: "Dina Porat a créé l'Institut pour la rechercher sur l'antisémitisme en 1990, elle a osé entrer dans un domaine que personne jusque-là n'avait abordé en Israël".

Le Prof. Klafter a relevé sa contribution à la recherche sur l'antisémitisme, et l'entreprise monumentale que constitue la base de données du Centre Kantor, qui publie tous les ans avant la journée israélienne de la commémoration de la Shoah un  rapport statistique sur l'antisémitisme dans le monde, présenté au ministre chargé des relations avec la Diaspora et diffusé dans le monde entier : "Le Prof. Porat a rendu un service énorme à la société israélienne toute entière, en lui faisant prendre conscience du sujet et de l'importance de le transmettre de génération en génération".

"Elle a libéré notre capacité à traiter de ce sujet en tant que Juifs et qu'Israéliens", a souligné à son tour Avner Shalev, qui a relevé l'intégrité intellectuelle de la chercheuse qui ne s'est jamais laissé entrainer par les modes. Le Prof. Dan Michman, Directeur de l'Institut international de recherche sur la Shoah du Yad  Vashem, a souligné à son tour le rôle du Prof. Dina Porat dans l'introduction des études sur la Shoah à l'université en Israël, alors que le débat faisait rage dans la société israélienne de l'époque, et que le sujet n'était pas encore considéré comme un thème de recherche universitaire.

Recherche universitaire et prise de conscience du grand public

Les interventions portaient sur les thèmes qui ont préoccupé le Prof. Porat pendant ses 45 années de carrière universitaires et qui constituent également ceux du livre: la recherche sur la Shoah ("la relation des villageois de l'est de la Pologne à leur voisins juifs" par le Dr.  Bella Gutterman, chercheuse indépendante, "L'historien face à la vie quotidienne dans les ghettos d'Europe de l'est, par le Prof. Dalia Ofer, de l'Université Hébraïque, "Albert Ganzenmuller, la vapeur alimentant la machine de guerre allemande et la solution finale" par le D. Yaron Pesher, Yad VaShem), la colonie juive de Palestine et la Shoah (Prof. Yohav Gelber du Centre interdisciplinaire d'Herzelyia et Dr. Hana Eshkoli, Université de Bar-Ilan), l'impact de la Shoah sur la société israélienne contemporaine: le souvenir du sauvetage des Juifs du Danemark (Dr. Liat Steir-Livni, Université ouverte), la mémoire des rescapés de la Shoah (Dr. Anat Livne, Maison des Combattants des Ghettos), Shoah et révoltes (Prof. Dan Laor, Université de Tel-Aviv).

ABJoshuaEnfin, l'écrivain A.B. Yehoshua a tenté d'identifier les bases sur lesquelles repose l'antisémitisme: à la suite de Leon Pinsker, il l'attribue à la peur du Juif, due selon lui à la nature insaisissable de l'identité juive, entre nation et religion, qui n'entre pas dans les cases habituelles et sur laquelle le non-juif projette ses peurs et ses folies.

Le Prof. Porat a à son tour remercié les organisateurs de la journée et les intervenants ainsi que les rédacteurs de l'ouvrage. Elle précise que pour elle l'antisémitisme est l'écart entre le Juif et ses capacités dans la réalité d'une part et l'image que l'antisémite se créé de lui dans son imaginaire. Elle a ensuite rappelé de nombreuses anecdotes de sa vie personnelle pour expliquer comment elle est arrivée à respecter le peuple juif, son histoire, sa culture, et à consacrer sa vie à l'étudier. Parlant de sa dernière grande réalisation, le Centre Kantor pour l'Etude du judaïsme européen contemporain, inauguré en mai 2010 à l'Université de Tel-Aviv pour fournir un cadre académique à la recherche interdisciplinaire sur le judaïsme européen de la fin de la deuxième guerre mondiale à nos jours, elle commente : "Après des années ou nous avons essayé de définir séparément l'antisémitisme de l'antisionisme, aujourd'hui on ne peut plus les séparer".

DinaPoratNée en Argentine, le Prof. Dina Porat a immigré enfant en Israël avec ses parents en 1950. Sa thèse de doctorat, transformée en livre en 1986 et consacrée au rôle des dirigeants de la colonie juive de Palestine dans le sauvetage des Juifs d'Europe dans les années 1942-1945, est devenue un ouvrage de base sur le sujet. Elle a depuis écrit de nombreux livres sur les thèmes qui la préoccupent: la Shoah,  la réaction du Yichouv de Palestine à la Shoah, l'impact de l'Holocauste sur la société israélienne, la résistance des Juifs dans les ghettos face à la tentative de les exterminer, l'organisation clandestine dans les ghettos et dans les maquis et le parcours des militants après l'Holocauste, l'antisémitisme contemporain et les réactions qu'il provoque. Au cours de ses 30 années d'enseignement, elle a occupé divers postes au sein de l'Université de Tel-Aviv, notamment directrice de l'Ecole d'Etudes du judaïsme, chef du Département d'histoire juive et directrice de l'Institut de recherche sur l'antisémitisme et le racisme, et dirigé 31 mémoires de maitrise et 20 thèses de doctorat. Holocauste et antisémitisme dans la recherche et le discours public  est un recueil d'essais qui lui est dédié, composé d'articles en hébreu et en anglais, écrits par les meilleurs chercheurs dans le domaine en Israël et dans le monde (Holocaust and Antisemitism – Research and Public Discourse: Essays Presented in Honor of Dina Porat, Roni Stauber, Aviva Halamish, Ester Webman (Eds), Yad VaShem Publications, 2016).

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