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Archéologie

Les chercheurs de l'Université de Tel-Aviv ont peut-être découvert une nouvelle preuve de l'existence de l'Atlantide

Une équipe de chercheurs sous la direction du Prof. Zvi Ben Abraham du Département de Géophysique et des Sciences planétaires de l'Université de Tel-Aviv et du Dr. Emanuele Lodolo de l'Institut National d'Océanographie et de Géophysique expérimentale de Trieste, ont découvert un monolithe massif en eau profonde  au large des côtes de la Sicile sur le sol d'une ancienne île sous-marine submergée il a près de 9 500 ans. Selon les chercheurs l'étrange monument de pierre pourrait être la preuve de l'existence d'une mystérieuse civilisation ensevelie par la mer, comme celle de la légende de la civilisation perdue d'Atlantide.

Atlantis-stonehenge-underwater-665x385La découverte a été publiée dans le dernier numéro de la revue Journal of Archaeological Science: Reports.

Il s'agit d'une pierre de 15 tonnes, cassée en deux parties, percée de trois trous, deux sur ses côtés, le troisième à une l'extrémité. Les scientifiques l'ont découverte l'an dernier  à environ 40 mètres de profondeur au large de la côte de Sicile sur une ile sous-marine connue sous le nom de Pantelleria Vecchia Bank après avoir passé un an à cartographier le fond de la mer à l'aide de la technologie du sonar. Selon les chercheurs l'île aurait abrité une ancienne société florissante jusqu'à ce qu'une inondation massive ne la submerge vers 7 500 avant notre ère.

Une sorte de phare ou un système d'ancrage

L'objet est à présent brisé en deux morceaux, mais les archéologues pensent qu'il formait sans aucun doute un bloc unique de plusieurs mètres de long ou de haut. D'après eux, les trous sont également de fabrication humaine. "Il n'y a pas de processus naturels connus qui puisse raisonnablement produire ces éléments". Les scientifiques ne savent pas encore comment le monument était positionné à l'origine. Ils n'ont de même encore atteint aucune conclusion définitive quant à raison de l'existence du monolithe et ce qu'il pouvait signifier pour les personnes qui l'ont construit. Ils subodorent que la structure était fonctionnelle, et qu'il devait s'agir "d'une sorte de phare ou d'un système d'ancrage".

ProfZviBenAbrahamDe plus, d'après le Prof Zvi Ben-Abraham : "le monolithe trouvé, fait d'un seul grand bloc, exigeait des capacité de coupe, d'extraction, de transport et de mise en place, qui révèlent sans aucun doute d'importantes compétences de techniques et d'ingénierie. La croyance selon laquelle nos ancêtres manquaient des connaissances, des compétences et de la technologie nécessaires pour exploiter les ressources ou réaliser des traversées maritimes doit être peu à peu abandonnée".

La légende d'Atlantide, ancienne civilisation disparue au fond de l'océan, a été écrite à l'origine par le philosophe grec Platon en 360 avant JC. La version de Platon était un récit hautement mythologique sur une société utopique habitée par des êtres mi-dieux mi-hommes. Mais les scientifiques et les historiens ont longtemps doutés des bases réelles du récit du philosophe.

Selon les chercheurs, les zones côtières de la Sicile constituent un candidat de choix pour servir de base historique au mythe d'Atlantide, car c'est l'endroit où "les conséquences du changement du niveau de la mer ont été les plus dramatiques et les plus intenses".

Un archéologue de l'Université de Tel-Aviv a découvert le camp de la légion romaine qui a réprimé la révolte de Bar Kochba

Dans le cadre de son doctorat au Département d’Archéologie de l'Université de Tel-Aviv, le Dr. Yotam Tepper a identifié l’emplacement de la légion VI Ferrata, qui fut déployée entre la première révolte juive (67-70 EC) et celle de Bar Kokhba (132-136 CE), et est resté stationnée en Judée jusqu’au milieu du 3ème siècle.

CampromainruePendant le règne de l'empereur romain Hadrien (117-138 EC), deux légions impériales étaient stationnés dans la province de Judée: la légion X Fretensis (qui assiégea Massada) à Jérusalem et la légion VI Ferrata dans le nord. Basée dans la vallée de Jezréel près de Tel Megiddo, à un carrefour stratégique au nord d’Israël, la légion VI Ferrata (légion bardée de fer) contrôlait les routes impériales, et l’accès à la Galilée et aux vallées intérieures du nord de la Palestine, centres importants de la population juive locale. Jusqu'à récemment, l'emplacement exact du camp militaire de la sixième Légion n'avait pas été confirmé, mais des preuves textuelles la situaient dans la vallée de Jezréel le long de la route allant de Césarée à Beth Shéan dans le voisinage de Megiddo.

yotamteperDans le cadre de son travail de doctorat au Département d’Archéologie de l'Université de Tel-Aviv, le Dr. Yotam Tepper a identifié des vestiges matériels de culture romaine, tels que des pièces de monnaie et des tuiles estampillés du nom de la sixième légion, concentrés dans un large périmètre agricole près de Tel Megiddo. Des photographies aériennes et des images satellite ont indiqué la présence d'une grande structure rectangulaire juste au-dessous de la surface du sol, entourée de dépressions de terrain, qui ont conduit Tepper à identifier la zone comme l'endroit le plus probable du quartier général de la Sixième Légion. Sur la base de ce travail préparatoire, il s’est joint il y à deux ans aux équipes du Projet régional de la vallée de Jezréel et a entrepris les fouilles du camp disparu de la Legio VI Ferrata.

CampromainpipeL'équipe a découvert des travaux de terrassement de tranchées défensives à côté des fondations d'un grand mur d'environ 6 mètres de large. A l'intérieur du mur ont été mises au jour des pièces appartenant probablement à l'une des casernes du camp, contenant de nombreuses tuiles de céramique portant la marque de la légion, des pièces de monnaie, des fragments d'écailles d’armures etc. Les chercheurs ont également localisé la Via principale du camp.

Les fouilles de cet été ont dévoilé des vestiges des rues transversales du camp impérial, ainsi que des conduites d'eau et des égouts. Les fouilles ont également mis au jour un grand bâtiment, peut-être la résidence du commandant de la forteresse. Le camp, d’environ 300 mètres sur 500, était occupé par environ 5.000 soldats romains. « La légion avait dans ses rangs des ingénieurs, experts des systèmes d'irrigation et d'assainissement et disposait de technologies qui ont contribué à développer le pays » a commenté le Dr. Tepper.

Campromainpipe2Comme il s’agit du seul camp militaire romain de ce genre découvert dans la partie orientale de l'Empire romain, les récentes découvertes contribuent à une meilleure compréhension de l'architecture et de l'ingénierie militaire romaines.

Les fouilles, maintenant dans leur deuxième saison, ont été menée par Institut de recherche archéologique W.F. Albright avec le soutien de l'Autorité des Antiquités d'Israël dans le cadre du projet régional de la vallée de Jezréel. 

 

Photos: les vestiges de la rue romaine, le Dr. Yotam Teper, des restes de canalisations

Crédit: Jezreel Valley Regional Project

Le bébé éléphant était un met de choix pour l'homme du Neandertal, d'après les archéologues de l'Université de Tel-Aviv

Selon une étude du Prof. Ran Barkai et de sa doctorante Hagar Reshef, du Département d'archéologie et des anciennes cultures du Proche-Orient de l'Université de Tel-Aviv, les éléphants juvéniles étaient particulièrement recherchés et chassés intentionnellement par les premiers hominidés en raison de leur gout et de leur valeur nutritive.

BébéséléphantsL'étude sera publiée dans l'un des prochains numéros de la revue Quaternary International.

Les termes "Néandertal" et "fin gourmet" ne semblent pas aller de pair. Pourtant, pour le Prof. Ran Barkai et sa doctorante Hagar Reshef, les préférences alimentaires existaient déjà chez les premiers hominidés. "Le gout joue un rôle essentiel dans la vie humaine, et les préférences gustatives sont intégrées dans l'empreinte sociale et culturelle" dit Hagar Reshef.

Lors des fouilles de la grotte de Qesem, à 25km à l'est de Tel-Aviv, les archéologues de l'UTA ont déjà découvert la preuve que l'homme du Neandertal utilisait le feu pour faire cuire la viande (Archéologie: les traces du premier foyer allumé par l'homme découvertes à proximité de Tel-Aviv), et que l'éléphant a constitué la base de l'alimentation humaine de la région jusqu'à il y a 400 000 ans (voir: Il y a 400000 ans on souffrait déjà de la pollution).

Le gout, force motrice de l'évolution humaine

Aussi les chercheurs ont-ils exploré les liens nutritionnels et culturels entre les humains et les éléphants à la période paléolithique pour tenter de détecter les préférences gustatives de nos ancêtres et d'examiner leur rôle dans leurs prises de décision concernant la chasse et la consommation de l'animal."Il est impossible d'évaluer directement les préférences gustatives des hommes de l'époque paléolithique" explique Hagar Reshef, "mais il existe un grand nombre de preuves circonstancielles. Nous avons compilé des rapports ethnico-historiques sur la consommation de l'éléphant en Afrique pour tenter d'établir des modèles basés sur les préférences gustatives. Puis nous avons exploré des assemblages faunistiques paléolithiques contenant des vestiges d'éléphants pour tenter de détecter si ces préférences ont pu influencer la sélection de la nourriture dans le lointain passé".

Selon les chercheurs, les jeunes éléphants étaient probablement plus faciles à chasser que les grands. Mais étaient-ils également particulièrement recherchés parce que leur viande était meilleure ? D'après Hagar Reshef, "les deux éléments, à la fois la vulnérabilité et le gout sont pertinents. Nous suggérons que les premiers hominidés auraient eu des préférences gustatives et que la viande d'éléphant a joué un rôle important dans leur alimentation, lorsqu'elle était disponible. En outre, les preuves archéologiques couplées avec les observations ethnographiques et l'étude de mammouths de la période glaciaire suggèrent que les éléphants juvéniles étaient particulièrement recherchés et chassés intentionnellement car leur viande et leur graisse semblent avoir eu un meilleur goût et également, d'après leur composition, une meilleure valeur nutritive.

Pourquoi est-il intéressant de connaitre les préférences alimentaires de l'homme du Neandertal ? Pour la chercheuse : " les préférences de gout de nos ancêtres ont été une force motrice de l'évolution humaine car ils ont poussé à la créativité et au développement de capacités technologiques". 

Il y a 400000 ans on souffrait déjà de la pollution

Des chercheurs de l'Université de Tel-Aviv ont découvert des particules de suie dans la plaque dentaire de dents humaines préhistoriques trouvées dans la grotte de Qesem en Israël, sans doute l'un des premiers cas de pollution atmosphérique dans l'histoire de l'humanité, due probablement à l'inhalation de la fumée des premiers feux de camp permanents allumés pour la cuisson de la viande.

QesemfouillesL'étude, qui a également révélé des résidus d'aliments végétaux, est une nouvelle preuve des changements biologiques et culturels vécus par l'homme il y a 400000 ans, livrée par les fouilles de l'un des sites préhistoriques les plus exceptionnels de la planète.

Elle vient d'être publiée dans la revue Quaternary International.

Fouillée depuis 2000 par des chercheurs du Département d'archéologie de l'Université de Tel-Aviv, la grotte de Qesem, située à proximité de Rosh HaAyin (25 km à l'est de Tel-Aviv) a produit à ce jour une série de vestiges archéologiques qui fascinent le monde. La nouvelle étude, menée par le Prof. Ran Barkai, le Prof Avi Gopher et le Dr. Rachel Sarig de l'Université de Tel-Aviv, a été réalisée en collaboration avec le Prof. Karen Hardy de l'Institut de recherche catalan ICREA, Anita Radini et Stephen Buckley de l'Institut BIOARCH de l'Université York et le Prof. Les Copeland de l'Université de Sydney.

Une étape extraordinaire de l'évolution biologique et culturelle de l'homme

"La grotte de Qesem, représente une étape extraordinaire de l'évolution biologique et culturelle de l'homme, qui a duré environ 200.000 ans, entre 400.000 et 200.000 ans avant nos jours", explique le Prof. Barkai. "Il existe des sites similaires dispersés dans la région du sud du Levant jusqu'en Syrie, mais en termes de conservation elle n'a pas son équivalent".

Ran-BarkaiDepuis 2000, on y a trouvé jusqu'à présent la plus ancienne preuve d'une utilisation permanente du feu pour la cuisson de la viande (Archéologie: les traces du premier foyer allumé par l'homme découvertes à proximité de Tel-Aviv), des témoignages du recyclage des outils (La technologie verte a débuté en Israël il y a 400 000 ans) et de la première preuve de l'existence d'un type humain susceptible d'être l'ancêtre de l'homme moderne dans la région, découverte qui défie la conception conventionnelle selon laquelle l'origine de l'Homo sapiens aurait été l'Afrique de l'est (Le chainon manquant de l’évolution humaine trouvé dans une grotte en Israël).

Un examen attentif des dents humaines trouvées dans la grotte de Qesem a montré qu'elles n'appartiennent pas à l'homme moderne, ni à notre ancêtre l'Homo erectus ni à nos frères du Neandertal, mais à un nouveau type d'hominidé qui partage des caractéristiques à la fois avec l'homme du Neandertal et avec l'Homo sapiens.

D'après le Prof. Barkai, l'une des causes possibles des changements biologiques et culturels vécus par les habitants de la grotte de Qesem, notamment de l'émergence du phénomène de la cuisson de la viande, est la disparition de l'éléphant dans l'alimentation locale. "Différentes espèces d'humains ont vécu ici pendant un million d'années en mangeant de l'éléphant. Puis, il y a environ 400000 années les os d'éléphants ont disparu des lieux de résidence et d'activité de l'homme. Or l'éléphant représente un incroyable complexe calorique; sur le plan nutritionnel, il possède est une valeur équivalente à 80 cerfs au moins. La disparition ou l'extinction des éléphants a poussé les humains à s'adapter à leur nouvel environnement, à la fois sur le plan biologique et culturel. Pour survivre, l'homme devait courir vite et développer ses capacités cognitives. Ces changements ont encouragé l'utilisation du feu pour la cuisson, afin de produire plus de calories à partir de la viande de cerfs ".

Qesemdents2Pour reproduire la plaque dentaire des dents humaines trouvées dans la grotte de Qesem, les chercheurs israéliens se sont adressés au Prof. Karen Hardy de l'Université de Barcelone. Puis, à l'aide d'un processus chimique complexe, ils ont vérifié ce qui se trouvait entre les dents lorsque le tartre s'est formé. Les résultats ont été surprenants.

L'analyse de la plaque des anciennes dents a révélé la présence de particules de charbon, premier témoignage direct de l'inhalation de fumée. "Tout le monde parle du feu comme d'une merveille et d'un miracle du progrès", explique le Prof. Barkai, "mais comme toute forme de progrès, il a également eu un lourd prix environnemental. Les hommes ont appris à rôtir la viande, mais cette découverte leur a coûté la santé: vivant dans la grotte, ils inhalaient la fumée des feux qu'ils avaient eux-mêmes allumé. Il est probable que cette inhalation ait eu des implications pour leur santé et qu'ils aient dû trouver une solution créative à ce problème, qui a accompagné l'humanité depuis sa naissance".

Deuxième trouvaille: des restes de nourriture végétale, y compris plusieurs sortes d'amidons provenant de graines diverses. Il s'agit de la première preuve directe d'une alimentation végétale des humains de la grotte de Qesem :"Nous pensions que les hommes préhistoriques se nourrissaient essentiellement de viande et de graisse, mais il n'y a à présent aucun doute qu'ils mangeaient aussi des aliments végétaux. On avait déjà retrouvé des graines sur des sites préhistoriques, mais ici, pas de doute : ce sont des graines qui sont restées coincées entre leurs dents."

En outre, les chercheurs ont trouvé dans le tartre des fibres végétales, sans qu'il soit en mesure de décider si les habitants de la grotte utilisaient leurs dents pour travailler les fibres ou s'ils utilisaient les fibres pour nettoyer leurs dents, comme fil dentaire.

"L'image qui devient claire, donc, est celle d'un changement biologique et culturel progressif de l'Homo erectus à l'homme moderne, à savoir nos propres ancêtres", conclut le professeur Barkai. "Et comme pour compléter ce tableau, dans l'une des dents on a même trouvé un morceau de l'aile d'un papillon de nuit. Un homme a avalé un papillon et un morceau de son aile est resté collé à l'une de ses dents. 400000 années plus tard, nous savons reproduire ce morceau à partir de la plaque dentaire et dire qu'il s'agissait d'un papillon de nuit."

 

http://siliconwadi.fr/18512/archeologie-il-y-a-400-000-ans-on-souffrait-deja-de-la-pollution

Cet article a été publié sur http://siliconwadi.fr/ le 22.06.2015

Le récit biblique peu à peu confirmé par la haute technologie.

Des mathématiciens et des archéologues de l’Université de Tel-Aviv révèlent les secrets de lettres écrites il y a plus de 2500 ans en caractères paléo-hébraiques, ancêtres de l’hébreu et même de l’araméen, attestant de la sophistication et de l’alphabétisation du royaume de Judée à la fin du 7ème siècle avant J.C., et fournissant des indices sur l’époque de la rédaction du texte biblique.

arad-ostraconFinkelsteinLancé il y a 6 ans par l’archéologue Israël Finkelstein et le physicien Eli Piasetsky, le projet a pour but d’appliquer des méthodes scientifiques aux textes écrits avant la destruction du Premier Temple en 586 avant JC, des centaines d'années avant les fameux rouleaux de la Mer Morte. La réalisation en a été confiée à trois doctorants en mathématiques : Arie Shaus, Shira Faigenbaum-Golovin et Barak Sober.

eli piasetskyLa plupart des documents de la période du Premier Temple, probablement écrits sur des papyrus fragiles, ne sont pas parvenus jusqu’à nous. Mais tout au long du 20e siècle, les archéologues israéliens ont déterré au moins quatre grands trésors de tessons portant des inscriptions en caractères paléo-hébraïque, ancien alphabet utilisé à partir du 10e siècle av. JC jusqu’à son remplacement au 5e siècle av. JC. siècle par l’araméen, qui donnera lui-même naissance à l’alphabet hébreu moderne.

Ces morceaux de poterie brisées, connues sous le nom d’ostraca (singulier: ostracon, du nom des tessons de poterie sur lesquels les anciens Athéniens inscrivaient le nom de ceux qu'ils désignaient pour être exclus de la ville - d’où le terme ‘ostracisme’) étaient couramment utilisés par la bureaucratie militaire ou civile pour transmettre des messages écrits à l’encre.

Imagerie multispectrale

La plus grande collection d’ostraca de la période du Premier Temple a été retrouvée dans la ville de Samarie, capitale de l'ancien royaume d'Israël, et remonte à la première moitié du 8ème siècle av. JC, quelques décennies avant la conquête du royaume par les Assyriens. Trois autres groupes de tessons datant de la fin du 7ème siècle et du début du 6e siècle avant notre ère, au moment où les Babyloniens et leurs alliés commencèrent à empiéter sur les frontières du royaume de Judée, ont été retrouvés dans d’autres place-fortes de Judée.

multispectralimagingPour les besoins de l’étude, les chercheurs ont commencés par prendre des clichés numériques des collections pour préserver le texte, car, expliquent-ils une fois les éclats excavés et exposés à la lumière, l'encre se détériore et s'estompe. Ils ont donc construit une caméra qui prenne des images multi-spectrales de haute qualité de l'ostraca, capturant des fréquences de la lumière  invisibles à l'œil humain, notamment dans la gamme des infrarouges. Pour cela, ils ont réussi à « cannibaliser » le système d’un appareil photo Canon hyper-sophistiqué, reproduisant à moindre frais un mécanisme produisant les mêmes excellents résultats. Non seulement l’encre sombre des tessons apparaissait plus clairement et plus lisiblement, mais dans certains cas, les images ont révélé des textes passés inaperçus.

A partir des images obtenues, l'équipe a développé des algorithmes qui permettent au logiciel de reconnaître les caractères de l’alphabet paléo-hébreu écrits à la main et de produire un fac-similé automatique du texte, réduisant le risque que les chercheurs prennent une lettre pour une autre. «Auparavant, les épigraphistes transcrivaient manuellement les inscriptions, ce qui est un processus subjectif et interprétatif » explique l’un des membres de l’équipe.

Un royaume sophistiqué au niveau d'alphabétisation élevé

Au-delà du contenu des ostraca dont certains (‘les lettres de Lakish’), faisant écho au Livre de Jérémie, témoignent des derniers jours du royaume de Judée, notamment de la chute de Lakich et d’Azéqa, les deux dernières forteresses de Judée tombées avant le siège et la destruction de Jérusalem par les Babyloniens du roi Nabuchodonosor II, la partie la plus importante du projet concerne les personnes qui les ont écrit.

AradOstracon-MFA 1Les chercheurs se sont pour le moment concentrés sur les tessons retrouvés dans la lointaine forteresse d'Arad, dans le désert du Néguev, adressées au commandant de l'avant-poste, Eliashiv, cherchant à déterminer combien de mains différentes étaient derrière les lettres qui atteignirent le petit avant-poste, qui abritait peut-être 50 soldats. Sélectionnant 17 des quelque 100 ostraca trouvés à Arad, ils ont écrit un logiciel qui compare l'écriture à la main des lettres les plus utilisées de l'alphabet, pour répondre aux questions qu’ils se posent : «Y a-t-il eu un seul scribe qui a noté tous les ordres destinés à Eliashiv et les autres personnes de la forteresse, ou y avait-il beaucoup de gens qui savaient lire et  écrire? L’écriture était-elle généralisée ou était-ce juste un outil pour les élites? ». Les résultats de l'analyse seront bientôt officiellement publiés, mais le Prof. Finkelstein estime qu'il y a suffisamment de preuves pour montrer qu’à la fin du 7ème siècle avant JC. la Judée était un royaume sophistiqué possédant un niveau d'alphabétisation relativement élevé.

« Ce moyen de communication était si répandu que même le plus humble commandant d’un lointain petit poste dans le désert pouvait l’employer » dit Finkelstein. « Il devait donc exister un large système d’éducation pour permettre cela ». Cette analyse constitue un autre indice du fait que d’autres types d'écrits pourraient avoir existé à cette époque note Finkelstein.

Un premier noyau de textes probablement écrits avant l'exil de Babylone

Historiens et archéologues débattent de la question de savoir quand le récit biblique a été rédigé.  « Le problème est que de 586 jusqu'à la période des Asmonéens nous ne disposons que d’un montant très faible, presque inexistant d’inscriptions en hébreu en Judée » dit Finkelstein à Haaretz. « D'un autre côté, nous sommes témoin de cette forte activité alphabétisée avant l'exil, à la fin période monarchique ». Ce qui donne à penser qu'au moins certaines parties du texte sacré peuvent avoir été mis par écrit avant l'exil.

Arie ShausShira Faigenbaum-GolovinBarak SoberFinklestein a depuis longtemps soutenu la théorie selon laquelle un premier noyau du texte biblique aurait été écrit sous la période monarchique, après la conquête du royaume d'Israël par l'Assyrie, autour de 720 avant notre ère, alors que le petit royaume de Judée luttait pour absorber les réfugiés de son voisin autrefois prospère du nord. Dans ce contexte, une partie du narratif biblique aurait d’après lui servi à intégrer les différentes traditions des deux peuples pour créer un terrain d'entente : « L'objectif était de créer une seule entité, un seul peuple, un seul Israël ».

 

Source : Haaretz – 22.04.2015