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Archéologie

Eté 2016: les dernières découvertes de l’Institut d’archéologie de l’Université de Tel-Aviv

A l’occasion de la fin de la saison des fouilles de l’année 2016, l’Institut d’archéologie de l’Université de Tel-Aviv, le plus grand département d’archéologie d’Israël classé parmi les 100 premiers du monde, a présenté  les découvertes de ses derniers chantiers lors de sa sixième conférence annuelle le 3 novembre, devant un auditoire de 300 personnes. Des ânes de la colline des esclaves de Timna au retour prochain sur le rocher de Massada, en passant par la tombe royale de Megiddo, les strates archéologiques de la Cité de David, et un voyage au centre de la terre dans la grotte de Qesem : les dernières nouvelles du pays de la Bible.

ArcheologyKenes1Les fondeurs de cuivre de l’âge de fer qui faisaient fonctionner les fours il y a 3000 ans dans la plus ancienne mine de cuivre connue au monde, celle de la Vallée de Timna, au cœur de la plaine de l’Arava en Israël, étaient non pas des esclaves mais des ouvriers respectés et hautement qualifiés. On le savait depuis les fouilles effectuées l’an dernier par les Dr. Erez Ben-Yosef et Lidar Sapir-Chen. Mais comment étaient transportés les produits commercialisés dans toute la contrée au 10e siècle avant JC ? D’après leurs recherches en zooarchéologie, les premiers animaux de trait de la région, bien avant l’apparition des chameaux étaient les ânes. D’après les vestiges organiques trouvés (os, poils et crottes), les ânes étaient logés dans des enclos entourés de clôtures de bois situés à proximité de la porte du mur d’enceinte. Ils étaient bien nourris et mangeaient du foin et des pelures de fruits, signe de l’importance qu’on leur accordait comme « véhicule » principal du commerce "international" dans la région.

Tombeau royal et examens d'ADN

ArcheologyKenesfinkelsteinLe Prof. Israël Finkelstein dirige depuis plus de vingt ans le chantier de fouille de Tel Megiddo, l’un des plus importants sites archéologiques d’Israël, situé dans la vallée de Jezréel et recouvrant 7000 ans d’histoire. Cet été, 9 échantillons d’ADN ont été prélevés sur le terrain et envoyés notamment au laboratoire de l’Université de Harvard, dans le but de cartographier les populations de la région au 16e siècle avant J.C., âge du bronze, période où l’empire égyptien régnait sur le pays de Canaan. Les équipes du Prof. Finkelstein ont en effet mis à jour un ensemble de tombeaux, dont un qu’ils ont surnommé le « tombeau royal », composé d’un long couloir (dromos) conduisant à une chambre funéraire contenant les restes d’un homme, d’une femme et d’un enfant, des tessons de poterie en terre cuite et de nombreux bijoux en or et ivoire. Situé à proximité du palais, ce tombeau monumental est l’un des plus grands et des plus riches de la période retrouvés en Israël, mais les chercheurs pensent en fait avoir retrouvé une sorte de cimetière royal qui aurait existé pendant plusieurs siècles. Enfin, les fouilles ont dévoilé un ancien sanctuaire qui aurait été démantelé par la suite.

ArcheologyKenesMegiddoParmi les études entreprises sur le chantier de Megiddo, on peut signaler une recherche en archéobotanique et parasitologie du Dr. Daphna Langot, qui a analysé des vestiges d’aliments, de parasites et d’échantillons osseux prélevés dans le tombeaux, concluant que les personnes enterrées là n’avaient pas de maladie intestinale, et que leur état de santé général était bon ! L’analyse des restes de charbons retrouvés dans la tombe dévoilent la présence de myrte, de laurier et d’olive, témoignages de rites mortuaires. Des vestiges de cèdres, de caroubes, de myrte et de sauge indiquent l’existence probable d’un jardin à proximité du palais, signalant que l’environnement était habité par la classe aisée de la population. Enfin d’autres vestiges organiques suggèrent la présence de latrines, à priori également réservées aux riches…

Datation au carbone 14 de la Cité de David

Malgré son importance sur le plan de l'archéologie biblique, la ville de David n'avait pas fait l'objet de fouilles universitaires depuis celles menées par Yigal Shilo dans les années 80. Selon le Dr. Yuval Gadot, qui a repris le chantier en 2012, "Jérusalem est toujours au centre de débats archéologiques". La Cité de David, site de l'ancienne Jérusalem avant l'exil à Babylone, n'est pas un tell (colline artificielle formée par les différentes couches d'habitations humaines, véritable trésor pour les archéologues), ses vestiges sont généralement mal conservés et difficiles à dater, à l'exception de la zone dite E, située à proximité du tunnel de Siloé. Le projet du Dr. Gadot est de reprendre les coupes archéologiques laissée à l'abandon depuis les fouilles d'Yigal Shilo pour dater au carbone 14 les différentes strates archéologiques de la ville de David depuis la période du bronze ancien (3500- 2350 ans av JC) jusqu'à celle de l'âge de fer tardif (1000-900 av. JC), afin de "remettre à l'heure les pendules de l'histoire", à la veille de la construction du premier temple de Jérusalem, celui du roi Salomon.

QesemfouillesDécouverte par hasard il y a 16 ans, lors de la construction d'une route, la grotte de Qesem est l'un des sites archéologiques les plus riches et les plus étonnants du Levant. On y a retrouvé, entre autre, les premières traces de l'utilisation du feu par l'homme pour griller la viande, et la preuve la plus archaïque de l'existence d'un type humain, qui est peut-être l'ancêtre de l'homme moderne dans la région, avant même son apparition en Afrique. "La grotte nous surprend à chaque fois de nouveau", dit le Prof. Ran Barkai, chef du département d'archéologie et des anciennes cultures du Proche-Orient, qui dirige le chantier de fouilles avec le Prof. Avi Gopher. Elle représente une étape culturelle très importante dans l'histoire de l'homme, qui se situe entre l'homo erectus et l'homme moderne et celui du Neandertal, entre 400 000 et 200 000 ans avant notre ère, et qui n'existe que dans la région. La grotte et les vestiges qui s'y trouvent sont dans un excellent état de conservation. Nous continuons de creuser et ne sommes pas encore arrivés au fond. Sur les traces de Jules Verne, la grotte nous invite à un voyage au centre de la terre".

les chevaux de Bet Shemesh, et bientôt le secret de Massada ?

C'est maintenant pour la 25e saison que le Dr. Zvi Lederman dirige le chantier de fouilles de Tel Bet Shemesh, important site biblique philistin de la période du royaume de Juda situé à 20km à l'ouest de Jérusalem. Cette année les fouilles ont mis à jour d'étonnants chaudrons géants destinés selon les chercheurs à la préparation de l'huile d'olive en grande quantité, datant de la période philistine, contenant d'énormes pierre de 100 kilos qui étaient disposées sur les olives, elles-mêmes recouvertes d'une couche de branches qu'on brûlaient. Le dispositif pouvait fabriquer jusqu'à 76 litres d'huile en une pression. De même, les chercheurs ont émis cette année la théorie selon laquelle le réservoir souterrain géant d'une contenance de 800 mètres cubes d'eau retrouvé sous la roche était en fait destiné à l'abreuvage des chevaux de la ville fortifiée.

archeologyKenesmasadaisrael3Enfin, le Dr. Guy Stiebel a officiellement annoncé le renouvellement des fouilles sur le rocher de Massada, le site de la rébellion juive contre l'empire romain il y a 2000 ans, à partir du mois de février 2017, après 10 années d'arrêt. Alors qu'on pensait que 95% du potentiel archéologique du site avait été exploité, pour les chercheurs, Massada n'a pas encore livré son secret qui reste à découvrir. Aussi reviennent-ils vers la colline de l'héroïsme juif avec de nouvelles théories et des méthodes de haute technologie mises au service de l'archéologie. A suivre !

Une étude pionnière de l'Université de Tel-Aviv fournit des indices pour la datation des textes bibliques

Selon une étude interdisciplinaire menée sous la direction du Prof. Israel Finkelstein du Département d'archéologie et des anciennes civilisations du Proche Orient de l'Université de Tel-Aviv et du Prof. Eliezer Piasetzky de l'Ecole de physique et d'astronomie, le haut niveau généralisé d'alphabétisation du royaume de Juda au 7e siècle av. JC, avant la destruction du Premier Temple, fournit un contexte plausible pour la compilation de la première version des œuvres bibliques clé, du Deutéronome au deuxième Livre des Rois.

LettresARADL'étude, publiée dans la prestigieuse revue américaine PNAS (Proceedings of the National Academy of Sciences), est basée sur l'analyse informatisée de 16 inscriptions trouvées sur le site du fort de Tel Arad, montrant qu'elles ont été écrites par au moins six auteurs différents.

Les chercheurs ont longtemps débattu de la question de savoir quelle partie de la Bible hébraïque a été composée avant la première destruction de Jérusalem et du royaume de Juda en 586 av. JC. La plupart s'accordent sur le fait qu'ils ont été écrits à partir du 7e siècle avant notre ère, mais la date exacte de leur compilation reste en suspens.

La nouvelle étude de l'Université de Tel-Aviv suggère qu'un niveau généralisé d'alphabétisation était nécessaire pour une entreprise de cette envergure et fournit des preuves empiriques de cette éducation dans les derniers jours du royaume de Juda. "Le moment de la composition de la masse critique des textes bibliques fait l'objet de discussions animées entre les chercheurs" a déclaré le Prof. Finkelstein. "Mais pour répondre à cela, il faut poser une question plus large: quel était le taux d'alphabétisation en Judée à la fin de la période du Premier Temple ? Et plus tard, sous la domination perse?"

Au moins 6 auteurs différents

Pour répondre à cette question, les chercheurs ont examiné 16 des lettres d'Arad, ostraca (morceaux de poterie portant des inscriptions à l'encre) déterrées sur le site de Tel Arad dans les années soixante, à l'aide de nouvelles technologies de pointe de traitement d'image et d'apprentissage automatique.

Finkelstein"Tel Arad était une forteresse militaire située dans une zone périphérique du royaume de Judée, d'une superficie d'environ deux hectares, dans laquelle étaient stationnés 20 à 30 soldats", explique le doctorant Barak Sober. " Les inscriptions que nous avons étudiées datent d'une brève période de la dernière phase de la vie de la forteresse, à la veille de la destruction du royaume de Juda. Une partie de ces lettres sont adressées à Elyashiv Ben Ishay, intendant du fort. Elles sont de nature logistique et traitent d'instructions pour des mouvements de troupes et de la fourniture de farine, de vin et d'huile aux unités militaires de la région. La thèse d'origine était que les soldats étaient analphabètes, et que les écritures et la correspondance de tous les habitants du fort étaient réalisées par un scribe. Nous avons émis une autre hypothèse, selon laquelle les inscriptions ont été écrites par différents officiers de la citadelle, représentants d'une large population alphabétisée ".

eli piasetsky"Nous avons décidé d'examiner la question de l'alphabétisation empiriquement, à partir de méthode de traitement de l'image et d'apprentissage automatique, domaines qui servent aujourd'hui à l'identification et l'analyse des manuscrits et des lettres autographes. Le grand défi était d'adapter ces technologies modernes à des ostraca âgées de 2600 ans. Après beaucoup d'efforts, nous avons pu créer un algorithme qui sait comparer des caractères et distinguer s'ils ont été écrits par des mains différentes. Puis nous avons mis au point un mécanisme statistique pour évaluer nos résultats. Nous avons déterminé avec un haut taux de certitude statistique que les 16 inscriptions étudiées, les plus longues parmi celles trouvées à Tel Arad ont été écrites par au moins six auteurs différents".

"Cela signifie que le commandant du fort, le responsable de l'entrepôt et même son adjoint, savaient lire et écrire. Si sur 16 inscriptions trouvées dans un petit avant-poste périphérique de 20 à 30 soldats, on trouve des preuves de six personnes alphabétisées, on peut en tirer des conclusions sur le niveau d'alphabétisation de l'ensemble de la société".

Un Etat organisé, avec des écoles, des enseignants et un système éducatif développé

"Dans la Judée de la fin du premier Temple, les gens s'écrivaient ", commente le Prof. Piasetzky. "Nous estimons d'après les enquêtes archéologiques que la Judée de l'époque comptait environ 100 000 personnes. Nous savons maintenant qu'un nombre important d'entre elles étaient alphabétisées. Il ne s'agit pas d'une poignée de scribes qui vivaient à Jérusalem et composaient des textes administratifs et religieux à usage limité. Le royaume de Juda à la veille de sa destruction était un Etat organisé, probablement avec des écoles, des enseignants et un système éducatif développé. Le fait est que même dans des avant-postes militaires périphériques comme Arad, Lakish et d'autres, les ordres étaient donnés par écrit. L'alphabétisation existait à tous les niveaux des systèmes administratif, militaire et sacerdotale de Juda. La lecture et l'écriture n'était pas limités à une élite restreinte".

"Le contenu des lettres nous apprend que l'alphabétisation s'est infiltrée dans les couches inférieures de l'administration militaire du royaume" commente le Prof. Finkelstein. Si l'on projette ces données sur les autres régions de Judée ainsi qu'à l'administration civile et aux prêtres, on obtient un niveau d'alphabétisation évident, qui peut servir de toile de fond à la rédaction des textes bibliques ".

"Après la chute de Juda, il faut attendre jusqu'au deuxième siècle avant JC pour retrouver le même niveau de production d'inscriptions hébraïques et de preuves d'alphabétisation généralisée, ce qui réduit les chances de la compilation d'une littérature biblique importante à Jérusalem entre 586 et 200 BCE. "

Cette recherche interdisciplinaire dirigée par les Prof. Finkelstein et Piasetsky a été réalisée par les doctorants Shira Faigenbaum-Golovin, Arie Shaus et Barak Sober, sous la supervision des Prof. Eli Turkel et David Levin du Département de mathématiques appliquées de l'Université de Tel-Aviv. Y ont également collaboré les Prof. Nadav Na'aman du Département d'histoire d'Israël et Benjamin Sass du Département d'archéologie et des anciennes cultures du Proche-Orient.

 

Cet article a été publié sur CoolIsrael sous le titre: "Une étude de l'Université de Tel-Aviv fournit des indices sur la datation des textes bibliques", le 15.4.2016.

Une étude de l'Université de Tel-Aviv révèle comment l'alimentation a façonné l'évolution humaine

Selon les Prof. Ran Barkai et Avi Gopher, et le doctorant Miki Ben-Dor du Département d'archéologie de l'Université de Tel Aviv, la morphologie particulière de l'homme du Neandertal, en particulier la structure élargie de sa cage thoracique s'explique par la taille considérable de son foie, adapté à l'alimentation hyper-protéinée de l'époque glaciaire.

Neandertal2Les résultats de leur étude ont été publiés récemment dans la revue American Journal of Physical Anthropology.

Pourquoi la cage thoracique des Néandertaliens était-elle différente de celle de l'Homo sapiens moderne? Des chercheurs de l'Université de Tel-Aviv proposent une nouvelle explication surprenante : selon eux elle a évolué en fonction du métabolisme de leur foie, hypertrophié pour permettre la digestion d'une quantité accrue de protéines nécessaire à la production de l'énergie.

L'homme du Neandertal était le type humain courant en Europe et au Moyen-Orient, y compris en Israël, jusqu'à leur extinction il y a environ 30 à 40 000 ans. "Les Néandertaliens avaient une anatomie différente de celle de l'humain moderne, l'Homo sapiens", explique Miki Ben-Dor. "Entre autres, ils possédaient une cage thoracique élargie dans sa partie inférieure un peu comme une cloche. Jusqu'à présent, on pensait que cette morphologie était due au fait qu'ils étaient plus lourds que nous et avaient besoin d'une plus grande capacité pulmonaire pour pouvoir chasser les grands animaux de la période glaciaire européenne. Cependant, la partie élargie de leur thorax ne correspond pas du tout à l'emplacement des poumons, mais plutôt à celui du foie".

Un ajustement anatomique aux pressions de l'environnement

ranbarkai hhSelon la nouvelle explication proposée par les chercheurs, la clé de cette anatomie se trouve dans le régime alimentaire des Néandertaliens. "Etant donné que l'homme provient du singe, qui a une alimentation essentiellement végétale, il n'est pas en mesure d'ingérer des quantités illimitées de protéines", dit Ben-Dor. "L'Homo sapiens est capable d'absorber sous cette forme environ un tiers des calories dont il a besoin par jour, le reste provenant d'autres sources, en particulier d'aliments et de matières grasses végétaux. Les Néandertaliens, en raison des dimensions de leur organisme et du climat froid dans lequel ils évoluaient, avaient besoin d'un approvisionnement en calories plus élevé, et donc cette limitation de la digestion des protéines constituait pour eux une contrainte très problématique".

Avi GopherC'est pourquoi, selon les chercheurs, leur foie s'est développé beaucoup plus que le nôtre, afin de permettre la digestion d'une quantité accrue de protéines, hypothèse qui pourrait expliquer la forme inhabituelle de leur cage thoracique. "Les Néandertaliens vivaient en Europe à la période glaciaire de l'ère pléistocène», explique le Prof. Ran Barkai. "A cette époque, la glace recouvrait entièrement le sol pendant de longues périodes, et il leur était difficile, voire impossible de trouver des aliments végétaux. Ils dépendaient donc essentiellement d'une alimentation animale, provenant en particulier des grands animaux comme les mammouths. Nous pensons que leur organisme a dû s'adapter à la nécessité de  consommer une plus grande quantité de protéines animales de sorte que leur foie, mais également leurs reins et leur vessie se sont agrandis, de même que la partie inférieure de leur cage thoracique et leur bassin. Il s'agit en fait d'un ajustement anatomique sous la pression d'un environnement caractérisé par une pénurie de lipides et de glucides, et d'une grande disponibilité de protéines. "

La disparition des mammouths

"C'est la jonction de plusieurs éléments, alimentation, environnement, climat et anatomie, qui nous a conduit à cette nouvelle explication", explique le Prof. Gopher. "N'oublions pas que l'Homo Sapiens et l'homme du Neandertal ont leur origine dans un ancêtre commun  qui a probablement vécu en Afrique, où l'alimentation était diversifiée. Dans la froide Europe préhistorique, la situation était très différente. Et alors, par un processus de sélection naturelle, les individus nés avec une meilleure capacité physiologique de digérer la viande, c'est-à-dire ceux avec un foie hypertrophié, avaient un avantage évolutif. Et ce sont eux qui ont formé la base de lignée du Neandertal ".

Ce fut une adaptation évolutive réussie, puisque les Néandertaliens ont prospéré pendant 200 à 300 000 ans. Par ailleurs, les chercheurs suggèrent un lien entre leur extinction et celle des grands animaux préhistoriques, il y a environ 50 000 ans. "Nous pensons que cette adaptation anatomique, appropriée à l'alimentation provenant essentiellement des protéines et des graisses des grands animaux, est devenue inadaptée avec leur disparition. Même le foie hypertrophié de l'homme du Neandertal n'a pas suffi alors  à lui fournir le niveau d'énergie nécessaire pour survivre."

 

Cet article a été publié sur Siliconwadi sous le titre: "Archéologie: une théorie israélienne sur Neandertal", le 8.04.2016

L'Université de Tel-Aviv participe à la numérisation des rouleaux de la Mer Morte

Les Prof. Nachum Dershowitz et Lior Wolf de l'Ecole d'informatique de l'Université de Tel-Aviv et le Dr. Noam Mizrahi du Département d'Etudes de la Culture hébraïque, participent, en collaboration avec le Dr. Jonathan Ben-Dov de l'Université de Haïfa, le Prof. Reinhard Kratz de l'Université de Göttingen et le Prof. Daniel Stoekl Ben Ezra de l'Ecole Pratique des Hautes Etudes à Paris, à la création d'une énorme base de données numérisée regroupant toutes les informations ayant trait aux rouleaux de la Mer Morte, l'une des découvertes archéologiques les plus importantes du 20e siècle. Entre autre, le nouvel environnement de travail permettra de construire un puzzle virtuel à partir des milliers de pièces de parchemins retrouvées dans les grottes du désert de Judée.

megilot2Le nouveau projet, d'un montant de 1,6 million d'euros, est financé par le Fond de recherche conjoint Allemagne Israël (DIP), géré par la Fondation Nationale de la Recherche en Allemagne (DFG).

Près de 70 années se sont écoulées depuis la découverte des quelques 850 manuscrits bibliques dans les grottes de Qumran au bord de la Mer Morte, les plus anciens textes connus jusqu'alors. Dans le laboratoire de conservation de l'Autorité des Antiquités d'Israël à Jérusalem on étudie des milliers de fragments de ces rouleaux âgés d'environ 2000 ans. Une nouvelle collaboration de ces chercheurs avec des informaticiens va permettre de créer un environnement de recherche numérisé et dynamique mettant à profit les innovations technologiques les plus récentes pour créer des outils qui permettront de nouvelles analyses et de nouvelles approches de ces anciens manuscrits.

megilot4Le nouvel environnement de travail virtuel sera créé en reliant entre elles les grandes bases de données et de recherche sur ces parchemins: le dictionnaire de langue des Manuscrits de la Mer Morte de l'Académie des sciences de Göttingen et la bibliothèque en ligne des rouleaux de la mer Morte Léon Levy de l'Autorité des Antiquités d'Israël.

Il permettra aux chercheurs du monde entier de travailler ensemble et simultanément, et constituera une nouvelle plate-forme pour la création et la publication en commun de nouvelles éditions des rouleaux du désert de Judée.

Depuis les années 50 et le début des années 60 du 20ème siècle, des dizaines de chercheurs travaillent à relier entre eux les milliers de fragments de parchemins retrouvés à Qumran, certains en tout petits morceaux. Les outils numériques sophistiqués développés dans le cadre du projet permettront de proposer de nouvelles combinaisons de ces pièces, et aideront les chercheurs à identifier les liens entre les différents morceaux et manuscrits.

megilot5Dans l'environnement de travail virtuel seront également proposés des outils d'analyse d'écriture (paléographie), ainsi que des liens permettant un passage aisé entre les bases de données: les lecteurs pourront accéder au texte original des manuscrits, aux dernières mises à jour des traductions, à des photos des textes à haute résolution, à des entrées lexicographiques et à des textes parallèles. Tous ces développements seront disponibles sur le site de la bibliothèque en ligne des rouleaux de la mer Morte Léon Levy.

Participent également à la réalisation de ce projet l'Académie des sciences de Göttingen, représentée par le Prof. Reinhard Kratz et le Dr. Ingo Kotsifr, l'Autorité des Antiquités d'Israël, représentée par Pnina Shor, conservatrice et directrice des rouleaux de la mer Morte et le Prof. Shani Tsoref de l'École d'études juives de l'Université de Potsdam.

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Photos: Shai Halevi, Autorité des Antiquités d'Israël.

 

Cet article a été publié sur Siliconwadi sous le titre: "Qumrân, le numérique au profit de l'archéologie"

L'université de Tel-Aviv découvre la mode de l'époque des rois David et Salomon

Une équipe d'archéologues de l'Université de Tel-Aviv a découvert des dizaines de pièces de vêtements datant de la période du royaume d'Israël, au 10e siècle avant JC, sur le site de Timna dans la vallée de l'Arava. Selon le Dr. Erez Ben-Yosef, chef de l'expédition, ces tissus, les seuls de cette époque retrouvés dans tout le Levant, jettent une première lumière sur la mode de la période biblique.

Timna-Textile1-580 0«Timna est un site unique, qui n'a son parallèle ni en Israël ni ailleurs au Levant», explique le Dr. Ben-Yosef. « La sécheresse extrême qui y règne a permis la conservation d'artefacts organiques qui ne sont préservés nulle part ailleurs. Nos fouilles y ont débuté il y a quatre ans, et cette année, nous avons trouvé des dizaines de pièces de textile datant du 10ème siècle avant JC, et allant de simples morceaux de sacs jusqu'à des vêtements luxueux, beaux et raffinés, de manière surprenante pour l'époque».

Selon la Bible, les mines de cuivre de Timna étaient exploitées par des Edomites, sous la dépendance de Jérusalem depuis les conquêtes du roi David. Les chercheurs pensent qu'une légion envoyée de Jérusalem était stationnée dans la région, avec pour rôle de superviser l'extraction du cuivre, de défendre le site et de collecter des impôts auprès des Edomites.

Laine de mouton, poils de chèvre et lin

« Le cuivre possédait une importance extrême dans le Levant du 10ème siècle avant JC» explique le Dr. Ben-Yosef. «Il servait à fabriquer aussi bien des outils agricoles que des engins de guerre. Son importance était comparable à celle du pétrole d'aujourd'hui. De plus, nous possédons suffisamment de preuves archéologiques pour établir que les personnes qui vivaient et travaillaient dans la région des mines n'étaient pas de simples esclaves, comme on le supposait par le passé, mais une élite qui comprenait des experts en métallurgie, et des responsables civils et militaires qui commandaient ce travail complexe et exigeant. Dans le passé on pensait qu'à cette époque la population de la région était constituée de simples nomades. Aujourd'hui, nous nous trouvons en présence de plus en plus de preuves de l'existence d'une société hiérarchique et stratifiée, ce qui correspond d'ailleurs au récit des textes bibliques et extrabibliques».

TimnaTextile4Les tissus retrouvés sur le site étaient tissés dans trois types de fils différents: de la laine de mouton, des poils de chèvre et du lin. Celui-ci, bien sûr, n'était pas une production locale de Timna; de même les moutons et les chèvres ne pâturaient certainement pas sur place, ce qui signifie que tous ces matériaux étaient ramenés de loin vers les mines, comme c'était d'ailleurs le cas d'autres éléments organiques dont on a retrouvé des vestiges sur place, tels que des arêtes de poisson. Outre les pièces de vêtements, on a également trouvé sur le site d'autres tissus provenant de sacs et de selles.

Une qualité surprenante pour l'époque

« Nous avons trouvé des textiles de deux qualités différentes», explique l'étudiante de maîtrise Vanessa Workman. «D'une part des tissus bruts, en général en poil de chèvre, et de l'autre des tissus en laine teints, présentant de fines bandes décoratives. Le Dr .Naama Sukenik, notre partenaire de recherche à l'Autorité des Antiquités, qui a effectué des analyses de ces couleurs dans les laboratoires de l'Université de Bar-Ilan, a affirmé qu'il s'agit de l'exemple le plus ancien en Israël de teinture par plantes. N'oublions pas que Timna est un site industriel d'extraction minière au milieu du désert. Y trouver des tissus de laine teints dans diverses nuances de rouge et de bleu, est une preuve supplémentaire de la richesse introduite dans cette industrie, et du prestige du cuivre à cette période».

«Lorsque le Dr. Orit Shamir, chercheur à l'Autorité des Antiquités d'Israël, a vu ces textiles pour la première fois» raconte le Dr. Ben-Josef, « elle a souligné leur similitude avec les tissus romains à cause de cette qualité élevée de tissage et de teinture surprenante pour l'époque. D'après le contexte dans lequel nous les avons trouvés, nous supposons que ces vêtements étaient portés par les forgerons eux-mêmes pendant qu'ils travaillaient à la fusion du cuivre dans les fourneaux. Les grandes connaissances techniques nécessaires à cette activité, et l'élément de rituel religieux qui faisait sans aucun doute partie du processus de transformation de la pierre en métal, donnait aux forgerons un statut spécial dans la société antique dans laquelle ils vivaient».

Timnatextile3Ces pièces rares de tissus viennent s'ajouter à une collection exceptionnelle d'objets organiques bien conservés découverts récemment à Timna par la mission archéologique du Dr. Ben Yosef, comprenant des morceaux de cuir traité, des cordes, des tressages et des graines de céréales et de fruits des "sept espèces" entre autres. «La préservation rare de la matière organique à Timna ouvre une fenêtre vers tout un monde, qui était jusqu'à présent totalement absent des sites de la période biblique. Elle ouvre de nouveaux axes de recherche, comme l'étude de l'ancien ADN ou la reconstitution du processus de domestication des animaux».

Le Dr Ben-Yosef précise que qu'il ne s'agit pas de vêtements provenant du Royaume d'Israël lui-même, mais de l'exemple le plus proche dont nous disposons de la façon dont on s'habillait à la période de David et de Salomon. «Nous supposons que dans la société qui vivait dans la vallée de l'Arava au 10e siècle avant JC, on tissait et on s'habillait de la même manière qu'à Jérusalem. Si la région dépendait bien de la capitale comme il est inscrit dans le récit biblique, il est tout à fait possible que les tissus eux-mêmes en provenaient. Ce sont les seuls textiles de cette époque découverts dans tout le sud du Levant. On n'a jamais retrouvé d'échantillons de tissus à Jérusalem même, et il est probable qu'on n'en trouvera pas non plus dans l'avenir».

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