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Archéologie

L'Université de Tel-Aviv participe à la numérisation des rouleaux de la Mer Morte

Les Prof. Nachum Dershowitz et Lior Wolf de l'Ecole d'informatique de l'Université de Tel-Aviv et le Dr. Noam Mizrahi du Département d'Etudes de la Culture hébraïque, participent, en collaboration avec le Dr. Jonathan Ben-Dov de l'Université de Haïfa, le Prof. Reinhard Kratz de l'Université de Göttingen et le Prof. Daniel Stoekl Ben Ezra de l'Ecole Pratique des Hautes Etudes à Paris, à la création d'une énorme base de données numérisée regroupant toutes les informations ayant trait aux rouleaux de la Mer Morte, l'une des découvertes archéologiques les plus importantes du 20e siècle. Entre autre, le nouvel environnement de travail permettra de construire un puzzle virtuel à partir des milliers de pièces de parchemins retrouvées dans les grottes du désert de Judée.

megilot2Le nouveau projet, d'un montant de 1,6 million d'euros, est financé par le Fond de recherche conjoint Allemagne Israël (DIP), géré par la Fondation Nationale de la Recherche en Allemagne (DFG).

Près de 70 années se sont écoulées depuis la découverte des quelques 850 manuscrits bibliques dans les grottes de Qumran au bord de la Mer Morte, les plus anciens textes connus jusqu'alors. Dans le laboratoire de conservation de l'Autorité des Antiquités d'Israël à Jérusalem on étudie des milliers de fragments de ces rouleaux âgés d'environ 2000 ans. Une nouvelle collaboration de ces chercheurs avec des informaticiens va permettre de créer un environnement de recherche numérisé et dynamique mettant à profit les innovations technologiques les plus récentes pour créer des outils qui permettront de nouvelles analyses et de nouvelles approches de ces anciens manuscrits.

megilot4Le nouvel environnement de travail virtuel sera créé en reliant entre elles les grandes bases de données et de recherche sur ces parchemins: le dictionnaire de langue des Manuscrits de la Mer Morte de l'Académie des sciences de Göttingen et la bibliothèque en ligne des rouleaux de la mer Morte Léon Levy de l'Autorité des Antiquités d'Israël.

Il permettra aux chercheurs du monde entier de travailler ensemble et simultanément, et constituera une nouvelle plate-forme pour la création et la publication en commun de nouvelles éditions des rouleaux du désert de Judée.

Depuis les années 50 et le début des années 60 du 20ème siècle, des dizaines de chercheurs travaillent à relier entre eux les milliers de fragments de parchemins retrouvés à Qumran, certains en tout petits morceaux. Les outils numériques sophistiqués développés dans le cadre du projet permettront de proposer de nouvelles combinaisons de ces pièces, et aideront les chercheurs à identifier les liens entre les différents morceaux et manuscrits.

megilot5Dans l'environnement de travail virtuel seront également proposés des outils d'analyse d'écriture (paléographie), ainsi que des liens permettant un passage aisé entre les bases de données: les lecteurs pourront accéder au texte original des manuscrits, aux dernières mises à jour des traductions, à des photos des textes à haute résolution, à des entrées lexicographiques et à des textes parallèles. Tous ces développements seront disponibles sur le site de la bibliothèque en ligne des rouleaux de la mer Morte Léon Levy.

Participent également à la réalisation de ce projet l'Académie des sciences de Göttingen, représentée par le Prof. Reinhard Kratz et le Dr. Ingo Kotsifr, l'Autorité des Antiquités d'Israël, représentée par Pnina Shor, conservatrice et directrice des rouleaux de la mer Morte et le Prof. Shani Tsoref de l'École d'études juives de l'Université de Potsdam.

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Photos: Shai Halevi, Autorité des Antiquités d'Israël.

 

Cet article a été publié sur Siliconwadi sous le titre: "Qumrân, le numérique au profit de l'archéologie"

L'université de Tel-Aviv découvre la mode de l'époque des rois David et Salomon

Une équipe d'archéologues de l'Université de Tel-Aviv a découvert des dizaines de pièces de vêtements datant de la période du royaume d'Israël, au 10e siècle avant JC, sur le site de Timna dans la vallée de l'Arava. Selon le Dr. Erez Ben-Yosef, chef de l'expédition, ces tissus, les seuls de cette époque retrouvés dans tout le Levant, jettent une première lumière sur la mode de la période biblique.

Timna-Textile1-580 0«Timna est un site unique, qui n'a son parallèle ni en Israël ni ailleurs au Levant», explique le Dr. Ben-Yosef. « La sécheresse extrême qui y règne a permis la conservation d'artefacts organiques qui ne sont préservés nulle part ailleurs. Nos fouilles y ont débuté il y a quatre ans, et cette année, nous avons trouvé des dizaines de pièces de textile datant du 10ème siècle avant JC, et allant de simples morceaux de sacs jusqu'à des vêtements luxueux, beaux et raffinés, de manière surprenante pour l'époque».

Selon la Bible, les mines de cuivre de Timna étaient exploitées par des Edomites, sous la dépendance de Jérusalem depuis les conquêtes du roi David. Les chercheurs pensent qu'une légion envoyée de Jérusalem était stationnée dans la région, avec pour rôle de superviser l'extraction du cuivre, de défendre le site et de collecter des impôts auprès des Edomites.

Laine de mouton, poils de chèvre et lin

« Le cuivre possédait une importance extrême dans le Levant du 10ème siècle avant JC» explique le Dr. Ben-Yosef. «Il servait à fabriquer aussi bien des outils agricoles que des engins de guerre. Son importance était comparable à celle du pétrole d'aujourd'hui. De plus, nous possédons suffisamment de preuves archéologiques pour établir que les personnes qui vivaient et travaillaient dans la région des mines n'étaient pas de simples esclaves, comme on le supposait par le passé, mais une élite qui comprenait des experts en métallurgie, et des responsables civils et militaires qui commandaient ce travail complexe et exigeant. Dans le passé on pensait qu'à cette époque la population de la région était constituée de simples nomades. Aujourd'hui, nous nous trouvons en présence de plus en plus de preuves de l'existence d'une société hiérarchique et stratifiée, ce qui correspond d'ailleurs au récit des textes bibliques et extrabibliques».

TimnaTextile4Les tissus retrouvés sur le site étaient tissés dans trois types de fils différents: de la laine de mouton, des poils de chèvre et du lin. Celui-ci, bien sûr, n'était pas une production locale de Timna; de même les moutons et les chèvres ne pâturaient certainement pas sur place, ce qui signifie que tous ces matériaux étaient ramenés de loin vers les mines, comme c'était d'ailleurs le cas d'autres éléments organiques dont on a retrouvé des vestiges sur place, tels que des arêtes de poisson. Outre les pièces de vêtements, on a également trouvé sur le site d'autres tissus provenant de sacs et de selles.

Une qualité surprenante pour l'époque

« Nous avons trouvé des textiles de deux qualités différentes», explique l'étudiante de maîtrise Vanessa Workman. «D'une part des tissus bruts, en général en poil de chèvre, et de l'autre des tissus en laine teints, présentant de fines bandes décoratives. Le Dr .Naama Sukenik, notre partenaire de recherche à l'Autorité des Antiquités, qui a effectué des analyses de ces couleurs dans les laboratoires de l'Université de Bar-Ilan, a affirmé qu'il s'agit de l'exemple le plus ancien en Israël de teinture par plantes. N'oublions pas que Timna est un site industriel d'extraction minière au milieu du désert. Y trouver des tissus de laine teints dans diverses nuances de rouge et de bleu, est une preuve supplémentaire de la richesse introduite dans cette industrie, et du prestige du cuivre à cette période».

«Lorsque le Dr. Orit Shamir, chercheur à l'Autorité des Antiquités d'Israël, a vu ces textiles pour la première fois» raconte le Dr. Ben-Josef, « elle a souligné leur similitude avec les tissus romains à cause de cette qualité élevée de tissage et de teinture surprenante pour l'époque. D'après le contexte dans lequel nous les avons trouvés, nous supposons que ces vêtements étaient portés par les forgerons eux-mêmes pendant qu'ils travaillaient à la fusion du cuivre dans les fourneaux. Les grandes connaissances techniques nécessaires à cette activité, et l'élément de rituel religieux qui faisait sans aucun doute partie du processus de transformation de la pierre en métal, donnait aux forgerons un statut spécial dans la société antique dans laquelle ils vivaient».

Timnatextile3Ces pièces rares de tissus viennent s'ajouter à une collection exceptionnelle d'objets organiques bien conservés découverts récemment à Timna par la mission archéologique du Dr. Ben Yosef, comprenant des morceaux de cuir traité, des cordes, des tressages et des graines de céréales et de fruits des "sept espèces" entre autres. «La préservation rare de la matière organique à Timna ouvre une fenêtre vers tout un monde, qui était jusqu'à présent totalement absent des sites de la période biblique. Elle ouvre de nouveaux axes de recherche, comme l'étude de l'ancien ADN ou la reconstitution du processus de domestication des animaux».

Le Dr Ben-Yosef précise que qu'il ne s'agit pas de vêtements provenant du Royaume d'Israël lui-même, mais de l'exemple le plus proche dont nous disposons de la façon dont on s'habillait à la période de David et de Salomon. «Nous supposons que dans la société qui vivait dans la vallée de l'Arava au 10e siècle avant JC, on tissait et on s'habillait de la même manière qu'à Jérusalem. Si la région dépendait bien de la capitale comme il est inscrit dans le récit biblique, il est tout à fait possible que les tissus eux-mêmes en provenaient. Ce sont les seuls textiles de cette époque découverts dans tout le sud du Levant. On n'a jamais retrouvé d'échantillons de tissus à Jérusalem même, et il est probable qu'on n'en trouvera pas non plus dans l'avenir».

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D'après les archéologues de l'Université de Tel-Aviv, les hommes préhistoriques servaient de la tortue en hors d'œuvre.

D'après une étude menée par les Prof Ran Barkai et Avi Gopher du Département d'archéologie de l'Université de Tel-Aviv, en collaboration avec le Dr Ruth Blasco de l'Institut national pour l'étude de l'évolution humaine en Espagne et les Dr. Lutz Christian Maul et Krister Smith du Musée d'histoire naturelle Senckenberg à Francfort en Allemagne, les premiers humains qui vivaient dans la Grotte de Qesem à 25km à l'est de Tel-Aviv dépeçaient les tortues, les cuisinaient de diverses manières et les utilisaient comme complément alimentaire il y a plus de 400 000 ans.

tortuesL'étude, à laquelle ont également participé les Prof. Jordi Rosell et Pablo Sanudo de l'Université de Tarragone en Espagne, a été publiée début février dans la revue Quaternary Science Reviews.

"La Grotte de Qesem représente une étape extraordinaire de l'évolution biologique et culturelle de l'homme", explique le Prof. Barkai. "Ce stade, qui se situe chronologiquement entre 400.000 à 200.000 ans avant notre ère, est également repérable dans tout le sud du Levant, de Qesem jusqu'en Syrie, mais la grotte de Qesem n'a pas son équivalent en termes de préservation naturelle".

C'est dans cette grotte, découverte en 2000, que l'on a retrouvé les traces de la première preuve de l'utilisation d'un feu permanent pour griller la viande, ainsi que des témoignage très anciens de recyclage d'outils et la preuve la plus archaïque de l'existence d'un type humain, qui est peut-être l'ancêtre de l'homme moderne dans la région, une découverte qui remet en question la conception conventionnelle selon laquelle l'origine de l'homo Sapiens se trouve en Afrique orientale.

Une gastronomie à la française ?

"D'une manière générale", dit le Prof. Barkai, "le régime alimentaire des habitants de la grotte de Qesem était basé sur la chasse d'animaux de taille grande ou moyenne. La grotte est pleine d'os de mammifères, en particulier des cerfs, des bovins, des chevaux et des porcs. Les premiers humains exploitaient pleinement ces calories, y compris la moelle osseuse. En outre, un précédent travail de recherche, analysant des restes de graines trouvés dans des dents d'humains qui vivaient dans la grotte a révélé qu'ils mangeaient également des aliments végétaux, probablement en plus petite quantité que la viande. Maintenant, nous pouvons dire qu'il y avait aussi un composant supplémentaire et intéressant dans l'alimentation de ces premiers habitants de la grotte: les tortues".

Les humains ont de tout temps mangé des tortues, mais grâce à la préservation particulière de la Grotte de Qesem, l'équipe les archéologues ont été en mesure d'analyser des vestiges de ces petits animaux et de parvenir à des conclusions surprenantes sur la façon dont ils étaient préparés, cuisinés et mangés dans la préhistoire.

Ran-Barkai"Dans certains cas elles étaient rôties entières dans leur carapace, dans d'autres on cassait la carapace au moyen d'outils en silex, puis on démembrait l'animal. Les tortues ont été consommées dans la grotte de Qesem tout au long des 200 000 années durant lesquelles elle a été habitée, mais selon des méthodes différentes d'après les périodes. Nous avons retrouvé des os de tortues, qui sont très petits, sur lesquels on distingue à la fois des signes de brisure, d'entailles, et des traces de brûlures. C'est une découverte inhabituelle. En effet, on n'est pas forcé de dépecer une tortue, comme on le fait pour la carcasse d'un gros mammifère. Les tortues du type de celles qui étaient consommé dans la grotte fournissent, selon nos calculs, tout au plus 190 grammes de viande. C'est-à-dire une quantité minime que l'on peut manger en une ou deux bouchées. Et pourtant ces humains les dépeçaient, avec des outils presque chirurgicaux, comme pour en fabriquer des plats gastronomiques à la française ".

Division du travail

Le Prof. Gopher indique que ces témoignages de consommation des tortues suggèrent également de nouvelles hypothèses sur la division du travail dans la grotte. Les tortues sont par nature des animaux lents et il n'est pas difficile de les chasser, comme c'est le cas pour les cerfs, ou les chevaux. Il s'agit plutôt d'une sorte de collecte. D'après des témoignages ethnographiques sur les sociétés de chasseurs-cueilleurs, nous savons que différents secteurs du groupe étaient responsables de l'approvisionnement des différentes ressources, les hommes jeunes étant généralement ceux qui partaient chasser les gros animaux. Il est possible qu'il en ai été de même dans la grotte de Qesem. Les petits animaux, y compris les tortues, étaient apparemment collectés par les personnes âgées et les enfants.

Avi Gopher"Jusqu'à il y a quelques années, de nombreux chercheurs supposaient que seuls les humains modernes sont parvenu à utiliser toute la gamme des ressources naturelles, alors que les premiers hommes tels que l'Homo erectus et les néandertaliens ne chassaient que de gros animaux", ajoutent les Prof. Barkai et Gopher. "Aujourd'hui, nous savons que ce n'est pas exact, et ces nouveaux résultats confirment qu'il s'agit de préjugés. Les anciens humains de la Grotte de Qesem appréciaient une alimentation variée, équilibrée et savoureuse composée de steaks, de moelle osseuse, de nourriture végétale, et parfois même de tortues, et tout cela il y a 400 000 ans. De plus, le fait que les hommes ont mangé des tortues pendant 200 000 ans nous montre que les habitants de la grotte n'ont pas détruit cette population animale, qui a une croissance naturelle faible. Ils savaient donc comment utiliser toutes les ressources à leur disposition, sans toutefois les détruire".

 

Cet article a été publié sur CoolIsrael sous le titre "Les hommes préhistoriques servaient de la torute en hors-d'oeuvre", le 5.02.2016.

Des archéologues de l'Université de Tel-Aviv découvrent une nouvelle pièce du puzzle des origines de l’alphabet

Une équipe de chercheurs dirigée par le Dr. Benjamin Sass du Département d'archéologie de l'Université de Tel-Aviv a découvert les ancêtres de plusieurs lettres de l'alphabet sur une intrigante inscription cananéenne de neuf lettres datant du 12e siècle avant notre ère trouvée sur le site biblique de Lakish. Selon les chercheurs, une telle découverte, qui apporte une nouvelle pièce au puzzle de la genèse de l'alphabet, n'arrive qu'une fois par génération.

AlphabetprotocananeenL'étude, à laquelle ont participé le Prof. Yosef Garfinkel de l'Université hébraïque de Jérusalem ainsi que les Dr. Martin G. Klingbeil et Michael G. Hasel de l’Université Adventiste du Sud dans le Tenessee a été publiée dans le numéro de novembre/ décembre du Bulletin of the American Schools of Oriental Research.

Le tesson, découvert en 2014 lors de la quatrième expédition des fouilles sur le site biblique de Lakish dans le sud d’Israël est daté d'environ 1130 ans avant JC et comporte une inscription sur trois lignes contenant neuf anciennes lettres sémitiques exceptionnellement claires, gravées dans un pot en argile avant sa cuisson.

L'ancêtre des alphabets

Benjamin-SassLe caractère fragmentaire du texte ne permet pas d'interpréter son sens, bien que sa découverte dans les ruines d’un temple de la fin de l’Age de Bronze suggère qu'il pourrait s'agir d'un texte sacré. Cependant, les lettres en elles-mêmes fournissent des informations cruciales sur le développement de l’alphabet proto-cananéen, l'un des plus anciens alphabets connus, précurseur des alphabets hébreu, grec et latin.

Le tesson présente les premiers exemples datables des lettres Kaf, ancêtre de la lettre latine K, Samekh (S) et Resh (R). La première ligne comporte les précurseurs des lettres latines PKL et la deuxième celles des lettres SPR. Les caractères de la troisième ligne ont une signification incertaine (l'une d'elles est partiellement effacée).

« Les inscriptions datant de la fin de l’âge de Bronze sont très rares », affirme le Dr. Benjamin Sass, spécialiste de la genèse et du développement de l'alphabet du Département d'Archéologie de l’Université de Tel Aviv. «Il n'existe que quatre à six inscriptions de cette période, couvrant le 13e siècle et une partie du 12e». C'est pourquoi chaque nouvelle inscription retrouvée a une importance considérable pour comprendre l'évolution progressive des lettres, de pictogrammes vers des symboles linéaires.

LakishLes Cananéens ont commencé à développer l’alphabet vers 1800 avant notre ère, plus de mille ans après l'apparition de l'écriture cunéiforme en Mésopotamie. Leur écriture donnera naissance à l'écriture phénicienne vers 1050 avant JC, elle-même engendrant l'alphabet paléohébraïque (10e siècle) qui sera lui-même remplacé par l'araméen, puis par l'alphabet hébreu.

Lakish était une importante cité biblique de la période du bronze moyen (3000 av. JC) jusqu'à la chute de la Judée (586 av. JC). On y a notamment retrouvé les fameuses Lettres de Lakish, 22 tessons de poterie écrites en alphabet paléohébraïque qui apportent d'importants renseignements sur la paléographie, l'orthographe, le vocabulaire et la grammaire de l'hébreu ancien. 

 

Des archéologues de l’Université de Tel-Aviv ont découvert que les premiers humains avaient de bonnes manières

Selon une étude réalisée par le Dr. Rachel Sarig, anthropologue et chercheuse au Département d’orthodontie de l'Université de Tel-Aviv sur 13 dents humaines datant de 200 à 400 000 ans trouvées sur le chantier de fouilles de la grotte de Qesem, à proximité de Rosh HaAyin (25 km à l'est de Tel-Aviv), les premiers humains mangeaient à l’aide de couverts primitifs en silex avec lesquels ils découpaient leur viande.

Qesemfouilles2L’étude, qui vient d’être publiée dans la revue Quaternary International, révèle en outre qu’ils possédaient des mâchoires énormes et beaucoup plus puissantes que celles de l’homme moderne.

D’après les marques de dents repérées sur les ustensiles alimentaires retrouvés sur le terrain, les chercheurs ont pu reconstituer la manière dont les premiers hommes consommaient leur nourriture : ils tenaient la viande entre leurs dents, en la tirant d’une main, et en coupaient des morceaux de la taille d’une bouchées à l’aide d’une petite lame de silex très tranchante qu’ils tenaient dans l’autre.

QesemDents3Le Dr. Sarig a examiné au microscope électronique 13 dents d'êtres humains retrouvées dans la grotte de Qesem, chantier de fouilles exceptionnel dirigé par le Prof. Avi Gopher, chef du Département d’Archéologie de l’Université de Tel-Aviv, découvert par hasard en 2000 lors de la construction d'une route, et sur lequel ont déjà été retrouvé entre autre un trésor d'outils en silex et en os d'animaux, ainsi que les vestiges du plus ancien foyer connu pour la cuisson de la viande.

QesemDents4Toutes les 13 dents, sauf deux, appartenaient à des personnes différentes, enfants ou adolescents, et ont été datées à différents moments d’une période s’étendant sur près de 200 000 ans,  pendant laquelle des hominidés ont vécu dans la grotte. Selon le Dr. Sarig, les signes d’usure identiques visibles sur ces dents, leur orientation et les nombreuses rayures découvertes sur leur face externe prouvent que leurs propriétaires « utilisaient un ustensile de silex pour couper la nourriture. Ils tenaient leurs aliments dans leur bouche, en les tirant d’une main et les coupaient à l’aide d’un outil ».

Les archéologues ont trouvé dans la grotte de petits outils en silex, souvent récupérés d’outils plus grands utilisés pour découper la viande. Ils estiment que ces ustensiles étaient un genre de couverts primitifs. Autre conclusion de l'étude : la grande érosion des dents, bien qu’elles aient appartenu à des adolescents, qui montre que leur nourriture était dure et demandait une longue mastication.

Une précédente étude de la plaque dentaire sur des dents trouvées dans la grotte, publiée l'été dernier, avait permis d’identifier de minuscules particules d'amidon et de fibres, impliquant que le régime alimentaire de leur propriétaires ne se composait pas uniquement de viande, mais aussi probablement de racines et de légumes. Selon le Dr. Sarig, la présente étude montre que les habitants de la grotte de Qesem étaient munis d’un système de mastication très fort,  avec d'énormes mâchoires beaucoup plus  développées que celles de l'homme moderne. Ceci pourrait expliquer pourquoi 70% de la population moderne a besoin de soins dentaires, et d’où vient le problème des dents chevauchées ou des dents qui poussent dans la gencive par manque de place lors de la sortie des dents de sagesse.

rachel sarig square«Aujourd'hui, nous enlevons même la croûte du pain pour les enfants » relève le Dr. Sarig. « Si vous n'utilisez pas vos dents pour transformer les aliments, les muscles, les os et tout le système de mastication s’atrophient ; par contre la taille des dents qui dépend davantage de la génétique, est resté plus ou moins la même au fil des millénaires. D’où les problèmes ».

Une des questions qui reste à résoudre est celle du type d’hominidé qui habitait la grotte de Qesem. Selon le Prof. Gopher, les dents retrouvées ne correspondent pas à celles de l’Homo erectus, considéré comme le premier à avoir migré d’Afrique en Eurasie il y a 1,7 million d'années. « Le débat qui se déroule actuellement est de savoir s’il s’agit d’un être humain anatomiquement moderne ou d’un Néandertalien » dit-il. « Il est possible qu’il s’agisse de leur ancêtre commun ». Mais les outils et les techniques utilisées par les habitants de la grotte montrent qu’ils étaient tout près de nous sur l'échelle de l'évolution. « C’est un genre d'être humain différent de celui qu'il y avait ici auparavant » dit le Prof. Gopher, se référant à l'Homo erectus. « La technologie, l'utilisation du feu, tout indique un nouveau type d’hominidé, plus proche de nous ».

 

Cet articel a été publié sur CoolIsrael sous le titre: "Les premiers hommes ne mangeaient pas avec les mains !", le 17.11.2015