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Des archéologues de l'Université de Tel-Aviv ont découvert le squelette d'une femme enceinte dans les Mines du roi Salomon

Une équipe d'archéologues de l'Université de Tel-Aviv sous la direction du Prof. Erez Ben Yosef du Département d'Archéologie et des anciennes cultures du Proche-Orient de l'université ont découvert les restes d'une femme enceinte adjacents à un temple égyptien sur le chantier de fouilles de la vallée de Timna, connu sous le nom des Mines du roi Salomon. La découverte a été présentée le 26 novembre lors d'une conférence à l'Université de Tel-Aviv. Ont également participé aux recherches le Prof. Israel Hershkovitz et le Dr. Hila May spécialistes d'anthropologie physique de la Faculté de médecine de l'Université de Tel-Aviv.

SqueletteTimna"On n'a retrouvé que la partie inférieure du squelette, y compris le fœtus" raconte le Dr. May. "Le haut du corps a été perdu, probablement parce que la tombe a été pillée dans l'Antiquité". Selon ses estimations, la femme devait avoir une vingtaine d'années, mais les millénaires qui se sont écoulés et les ossements manquants rendent difficile de déterminer la cause du décès, notamment s'il était lié ou non à la grossesse. "Le climat sec du désert a également drainé des os tout leur collagène, protéine dont la présence est nécessaire pour la datation au radiocarbone". Cependant, en passant au crible le sable dans lequel la femme avait été enterrée, les archéologues ont trouvé un indice déterminant: deux minuscules perles de verre gravées, d'origine égyptienne, reliant également la femme au temple voisin dédié à la déesse Hathor, où des perles très similaires ont été trouvées précédemment.

Les premiers ossements de femme

Les fouilles menées depuis cinq ans dans la Vallée de Timna au nord d'Eilat ont donné lieu à de nombreuses découvertes archéologiques importantes. Cependant, peu de vestiges humains avaient jusqu'à présent été découvert aux environs des mines, qu'on pense avoir été exploitées du 14e au 9e siècle avant JC. D'après le Prof. Ben Yosef, qui conduit les fouilles depuis 2012, les derniers remontent à 1964 : "On n'a trouvé que de rares ossements humains à Timna, et c'est la première fois que nous retrouvons des ossements de femme", dit-il. "Il n'y a pas de sources d'eau à Timna et le site en lui-même est très inhospitalier au niveau des conditions de vie, il est donc permis de penser que personne ne s'y est jamais installé de façon permanente", poursuit le Prof. Ben Yosef. "On ne venait dans les mines que pendant de brèves expéditions pendant l'hiver pour en extraire le cuivre".

PerleTimnaD'après le chercheur, cela expliquerait pourquoi la plupart des tombes de Timna ont été retrouvées vides: non pas en raison des pillages, comme c'est le cas pour la plupart des sépultures anciennes, mais parce qu'elles auraient été volontairement vidées de leurs contenu. "Notre hypothèse est que les gens étaient enterrés temporairement et que leurs ossements étaient ramenés dans leurs foyers lors d'une expédition ultérieure", explique le Prof. Ben-Yosef. "De plus, il y avait peu de tombes car seules les personnes importantes étaient enterrées; le corps des esclaves morts était probablement tout simplement jeté dans un des puits de la mine".

Conclusion: la femme dont les ossements ont été retrouvés devait avoir été une personne importante. Le squelette, déterré cet hiver durant le dernier jour de la saison des fouilles, avait été laissé in situ par les archéologues. L'équipe est revenue sur le site au cours de l'été pour en extraire les os avec l'aide de spécialistes d'anthropologie physique de l'université.

Une chanteuse pour la déesse de l'amour, Hathor ? 

"Les perles trouvées pourraient indiquer qu'il s'agissait d'une Egyptienne venue pour être chanteuse ou musicienne dans le temple d'Hathor", suggère le Dr. Deborah Sweeney, égyptologue du Département d'archéologie de l'université de Tel-Aviv. Hathor était la déesse de l'amour, de la fertilité, de la musique et des ressources naturelles en dehors de l'Egypte. Elle était également protectrice des mineurs, ce qui explique son importance à Timna. "De nombreuses divinités égyptiennes avaient une personnalité de type Dr. Jekyll et Mr. Hyde. Elles pouvaient être charmantes et changer soudainement pour devenir très agressives. C'était particulièrement vrai de Hathor". Ainsi, aux yeux des anciens Egyptiens, la présence de femmes musiciennes à Timna pour chanter les louanges d'Hathor aurait maximisé les chances d'apaiser la divinité, d'assurer la sécurité des mineurs et le succès du processus complexe d'extraction et de fusion du cuivre. .

Timna fouilles"Malheureusement, la jeune femme a du mourir pour une raison quelconque et être enterrée à proximité du temple afin qu'Hathor la protège", explique le Dr. Sweeney. Pourquoi alors ses ossements sont-ils restés à Timna? "Nous ne pouvons que spéculer" dit le Dr. Ben-Yosef. "Peut-être est-elle morte dans l'une des dernières expéditions minières avant que l'Egypte ne perde le contrôle de la région à la fin de l'âge de bronze, période de bouleversement qui a vu la plupart des grands empires détruits ou diminués.

Après sa découverte dans les années 1930, Timna a été initialement reliée au royaume biblique de Salomon, au 10ème siècle B.C.E. Les fouilles menées dans les années 1960 ont mis à jour le temple égyptien d'Hathor et d'autres indications selon lesquelles le site minier aurait été exploité par les Egyptiens de la période du bronze tardif, des siècles avant les jours de David et Salomon.

Cependant les fouilles récentes de l'Université de Tel-Aviv ont montré que, malgré la présence égyptienne antérieure, le pic d'activité des mines ainsi que leur principal site de fonderie, situé sur la 'Colline des Esclaves', remontent effectivement au 10e siècle av. JC, l'époque de David et Salomon. Néanmoins les chercheurs pensent que leur exploitation était le fait des tribus édomites, qui contrôlaient de vastes territoires dans le Néguev et la région qui est aujourd'hui le sud de la Jordanie, et n'était pas liée au Royaume de Jérusalem.

Selon le Prof. Ben-Yosef, la découverte du squelette féminin ne change pas la chronologie du site, mais introduit les femmes dans son histoire : "Nous devons y penser non seulement en relation avec les Egyptiens, mais aussi en termes post-égyptiens. Des familles entières se sont-elles déplacées vers les zones de production du cuivre, ou bien seulement des hommes, ou encore uniquement des hommes et des femmes?".

L'équipe de Tel-Aviv sera de retour sur le terrain en janvier, à la recherche d'ossements d'anciens mineurs et de nouvelles réponses aux mystères de Timna.

Photo: Central Timna Valley Project