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05 Mar 2019
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A la une de Sciences et Avenir : les archéologues de l'Université de Tel-Aviv vont-ils découvrir le mystère de l'Arche d'alliance ?

Selon le Prof. Israël Finkelstein détenteur de la chaire d'archéologie des périodes du bronze et du fer en Israël de l'Université de Tel-Aviv, les fouilles menées depuis août 2017 sur le site de Kiryat Ye'arim en collaboration avec les Prof. Thomas Römer et Christophe Nicolle du Collège de France pourrait enfin apporter un nouvel éclairage sur le récit biblique de l'Arche d'alliance, symbole terrestre de la présence divine, qui a accompagné les Hébreux vers la Terre promise. Des recherches qui ont fait l'objet d'un dossier spécial dans le magazine Sciences et Avenir de janvier 2019.

sciences et vie 2019 01 23 104329"On fera une arche en bois d'acacia, ayant deux coudées et demi de long, une coudée et demi de large, une coudée et demie de hauteur. Tu la revêtiras d'or pur, intérieurement et extérieurement […] Tu déposeras dans l'arche le Statut que je te donnerai…", lit-on dans le Livre de l'Exode (25: 10-16). L'arche sera portée par les Lévites de la sortie d'Egypte à l'entrée des enfants d'Israël dans le pays de Canaan et les précèdera avant la prise de Jéricho. Dérobée par les Philistins, elle sera restituée aux Israélites à Kiryath Yearim. C'est là que le roi David viendra la chercher pour la transporter à Jérusalem (Premier Livre de Samuel 7:1; I Chron. 13, 5-8). Placée dans le Saint des Saints par le roi Salomon, elle a disparu après la destruction du Temple de Jérusalem par les Babyloniens au 6e siècle avant notre ère.

Selon le Prof. Finkelstein, la ville moderne de Kiryat Yearim, située à un point culminant des collines de Judée, à 13km au nord-ouest de Jérusalem, se trouve à l'endroit même où l'Arche d'alliance a été entreposée pendant une période de vingt ans avant d'être conduite à Jérusalem. D'après lui, plusieurs facteurs identifient le lieu au site biblique, situé à la limite entre les deux anciens royaumes, le royaume d'Israël au nord et celui de Juda au sud: "il correspond à la représentation détaillée faite par Josué de la frontière entre les tribus de Benjamin et de Juda. Il n'y a pas d'autre site qui corresponde à cette description. D'après l'historien byzantin Eusebius, Kiryath Yearim se trouvait à neuf ou dix milles[1] à l'ouest de Jérusalem, ce qui est le cas de ce site. De plus, le nom de la colline en arabe, Deir el-Azar, reprend celui de l'ancien monastère byzantin érigé sur le lieu, le monastère d'Elazar. Selon le livre de Samuel, Elazar était le prêtre responsable de l'Arche[2]".

Le dernier sanctuaire avant Jérusalem ? 

Les chercheurs ont pu identifier clairement différentes phases d'occupation du promontoire. Sous l'actuelle église catholique Notre-Dame de l'Arche d'Alliance construite en 1924 sur les ruines du monastère byzantin des 4e et 5e siècles, détruit lors de la conquête de Jérusalem par les Perses sassanides en 614, on retrouve des preuves de l'occupation de la colline aux périodes romaine (le site pourrait avoir un lien avec la Legio X Fretensis qui aurait pris part à la destruction du Temple de Jérusalem en 70), helléniste, et surtout à celle de l'âge du fer (1200 à 1000 av. J.-C., période des Juges et du début de la royauté).

Les archéologues ont entre autre mis à jour les vestiges d'un sanctuaire colossal de cette période: des restes de murs massifs en pierre de trois mètres d'épaisseur, qui soutenaient une sorte de podium rectangulaire. Selon le Prof. Finkelstein, ces murs auraient été construits entre 900 et 700 avant notre ère, alors que se côtoyaient les Royaumes d'Israël au nord et de Juda au sud.

Kiryat Yearim2"Kiryath Yearim était une ville de montagne typique, située au sommet d'une colline aux pentes relativement abruptes. La plate-forme surélevée que nous avons mise au jour indique probablement l'emplacement d'un temple". Cependant, d'après le Prof. Finkelstein, le petit royaume de Juda de l'époque était trop faible pour avoir construit cette imposante plate-forme. Selon lui, il pourrait s'agir d'un ouvrage réalisé par le Royaume d'Israël avant sa destruction par les Assyriens : "Aucune construction monumentale de ce type n'est attestée dans le royaume de Juda de l'époque; par contre, des plateformes comparables étaient déjà bien connues dans le royaume d'Israël, et ont été retrouvées du côté de Samarie et de Megiddo". Le Prof. Römer précise quant à lui qu'il pourrait s'agir d'un sanctuaire construit par des rois d'Israël tels que Joas ou Jéroboam II, identique à celui qu'ils possédaient à Béthel en Samarie. Ce serait dans ce sanctuaire que l'Arche aurait été entreposée avant de prendre sa route vers le temple de Jérusalem.

"Nous ne recherchons pas vraiment l'Arche d'alliance", explique le Prof. Finkelstein. "Nous essayons de comprendre le récit biblique: qui l'a composé, quand et pourquoi". Selon les chercheurs, ce récit est à replacer dans le cadre des luttes de pouvoir et des aspirations territoriales des deux royaumes dans la première moitié du 8e siècle BC. "Nous espérons obtenir des réponses à nos interrogations lors de la prochaine saison de fouilles qui se déroulera en aout 2019", conclut le Prof. Finkelstein.

 

La photo aérienne du bas est tiré du site Internet de l'expédition.

 

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[1] Le mille romain valait 1478 mètres.

[2] "Les gens de Kiryath-Yearim vinrent prendre l'arche du seigneur, la transportèrent dans la maison d'Abinabad, sur la colline, et consacrèrent son fils Eléazar pour lui en confier la garde" (premier Livre de Samuel 7:1).

Une étude pionnière de l'Université de Tel-Aviv révèle les origines des populations préhistoriques de Galilée

Selon une étude internationale pionnière menée sous la direction du Prof. Israël Hershkovitz et du Dr. Hila May du Département d'anatomie et d'anthropologie de l'Université de Tel-Aviv, analysant l'ADN de 22 squelettes vieux de 6500 ans retrouvés dans une grotte funéraire en Haute-Galilée, la population de la région à cette époque résultait d'un mélange entre les habitants locaux et une population venue de la zone actuelle de la Turquie et de l'Iran, aux yeux bleus et à la peau claire.

Pekiin cave 2L'étude, conduite en collaboration avec le Dr. Dina Shalem de l'Institut Kinneret d'archéologie de la Galilée et de l'Autorité israélienne des Antiquités, le Prof. David Reich et le chercheur Eadaoin Harney de l'Université Harvard, a été publiée aujourd'hui dans la prestigieuse revue Nature Communications.

"Il s'agit d'un site funéraire unique en son genre, située dans une grotte de stalactites naturelle, découverte en 1995 lors de l'élargissement de la route qui mène vers le village de Peqi'in en Haute Galilée", explique le Dr. Shalem de l'Institut Kinneret. "On y a retrouvé les restes de plus de 600 personnes de la période dite chalcolithique, ou période du cuivre, environ 6500 ans avant notre ère. Les ossements y ont été enterrés selon un rite d'inhumation secondaire qui consiste à regrouper les os du mort dans des urnes ou des coffrets funéraires en argile (ossuaires), sculptés sous forme de traits humains, avec des yeux, des oreilles, et parfois une barbe, des bras ou des seins. A côté de ces urnes funéraires ont été retrouvés de nombreux autres objets et ustensiles, dont certains sont caractéristiques de cette période dans la région, et d'autres indiquent un lien culturel avec des contrées éloignées". Pendant plus de 20 ans, les chercheurs se sont demandé si la population qui avait enterré ses morts dans la grotte avait immigré d'une autre région, apportant avec elle des éléments culturels nouveaux ou bien s'il s'agissait d'une population locale qui avait adopté des pratiques venues de cultures voisines par le biais de relations commerciales.

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" Dès le départ, il était clair que seule une analyse génétique pourrait apporter une réponse à cette question, mais les chances étaient minces", commente le Dr. Hila May de l'Université de Tel-Aviv. " Pour créer le profil génétique d'individus qui ont vécu il y a des milliers d'années, il fait extraire le matériel génétique conservé dans les os. La plupart des tests génétiques effectués sur les populations préhistoriques en Israël ont échoué ou fourni peu d'informations, en raison des conditions climatiques du pays qui provoquent la destruction du matériel génétique au fil du temps. Par chance, des séquences de l'ADN (le matériel génétique) des os de 22 humains enterrés dans la grotte, ce qui représente un grand nombre pour un même site en termes de recherche génétique sur des populations préhistoriques, ont été conservées, bien que partiellement". Selon le Prof. Hershkovitz, cette conservation exceptionnelle du matériel génétique s'explique apparemment par les conditions climatiques particulières qui prévalent dans la caverne ainsi que par le revêtement crayeux qui s'est formé sur les os à la suite de l'égouttement de l'eau à travers le plafond de la grotte, et les a isolés de l'environnement.

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"L'analyse génétique indique qu'il s'agit d'une population homogène différente des habitants précédents de la région", précise le Prof. Reich de l'Université de Harvard. "La population de Peqi'in à la période chalcolithique est un mélange de la population locale avec des humains venus du nord de la Mésopotamie (actuelles régions de Turquie et d'Iran). Le mélange des populations a conduit à la pénétration de gènes qui n'existaient pas chez les populations locales, comme celui des yeux bleus et celui la couleur claire de la peau".

Le Dr. May relève également que l'on n'a pas trouvé de continuité génétique entre la population de Peqi'in à la période chalcolithique et les populations plus tardives, ce qui montre selon elle un changement démographique supplémentaire qui a conduit à la disparition de la culture chalcolithique dans la région, et à son remplacement par la civilisation du bronze ancien.

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Des archéologues de l'Université de Tel-Aviv découvrent une boucle d'oreille vieille de 2200 ans à Jérusalem

Une boucle d'oreille en or datant du 2e ou 3e siècle av. JC (période hellénistique) a été découverte sur le site de fouilles de la "Cité de David" au pied du Mont du temple, dirigé par le Prof. Yuval Gadot de l'Ecole d'Archéologie de l'Université de Tel-Aviv, en collaboration avec le Dr. Yiftah Shalev de l’Autorité des Antiquités d'Israël. L'anneau, représentant la tête d'un animal à cornes, est le premier de ce type trouvé à Jérusalem. Selon les chercheurs, il a été porté par une personne appartenant à la classe privilégiée, et sa découverte ouvre une nouvelle fenêtre sur le caractère de la ville à cette période.

Boucle"Le bijou a été retrouvé à l'intérieur d'un édifice découvert lors des fouilles datant du début de la période hellénistique, époque fascinante dont les caractéristiques à Jérusalem sont mal connues. Depuis plus de cent ans que la ville fait l'objet de fouilles, on a pu découvrir de nombreux tessons datant de cette période, mais pratiquement pas vestiges de bâtiments", explique le Prof. Gadot.

Le bijou, en forme d'anneau, est décoré d'une tête d'animal à cornes, antilope ou cerf. Une perle en or finement ciselée a également été retrouvée à côté. D'après les chercheurs, on ignore si la boucle était portée par un homme ou par une femme, de même que l'identité culturelle et religieuse de cette personne; mais la qualité du bijou et le fait qu'il ait été découvert à proximité du Mont où s'élevait alors le temple de Jérusalem, laissent supposer que son propriétaire appartenait à une classe privilégiée des habitants de la ville.

D'après les Dr Ariel Polokoff et Adi Erlich du Département d’Archéologie de l’Université de Haïfa, qui ont étudié ces bijoux, ils ont été fabriqués selon la technique du filigrane, qui utilise de minces fils de métal pour créer un effet de broderie. Selon eux, ce type de boucles d’oreille est apparu pour la première fois en Grèce au début de la période hellénistique et donc les bijoux doivent remonter à une période allant du 4ème au 2ème siècle avant notre ère.

Selon les chercheurs, des boucles d'oreilles similaires ont déjà été retrouvées dans divers sites à travers la Méditerranée, en particulier en Grèce, mais elles sont rares en Israël. "On n'en a retrouvé que quelques exemples isolés, la plupart dans les régions côtières; mais c'est la première fois qu'on en trouve une à Jérusalem dans des vestiges archéologiques de la période", commente le Prof. Gadot. "Cette découverte ouvre une fenêtre sur la ville de Jérusalem à la période helléniste: il semblerait qu'à l'époque la ville ne se serait pas restreinte à la Cité de David, mais s'étendait légèrement plus vers l'ouest. Par ailleurs, il ressort des fouilles que les habitants de cette zone de la ville appartenaient aux classes aisées, les populations pauvres étant installées sur les terrains laissés libres autour du centre. Enfin, la ville de Jérusalem a toujours été considérée comme très conservatrice, ne laissant pas entrer des objets venant du monde extérieur; la découverte d'une boucle d'oreille de style grec est donc très surprenante, et ouvre un débat sur les influences grecques et la nature de la population de Jérusalem à cette époque".

 

Photo: Clara Amit, Autorité des Antiquités d'Israël.

Le plus ancien fossile humain hors d'Afrique a été découvert en Israël, rapportent les chercheurs de l'Université de Tel-Aviv

Le plus ancien fossile humain à l'extérieur du continent africain a été découvert dans la grotte de Misliya sur le Mont Carmel près de Haïfa. C'est ce que rapporte une équipe internationale de chercheurs, dirigée par le Prof. Israël Hershkovitz du Département d'anatomie et d'anthropologie de la Faculté de médecine de l'Université de Tel-Aviv et le Prof. Mina Weinstein-Evron de l'Institut d'archéologie Zinman de l'Université de Haïfa. Selon les chercheurs le fossile, une mâchoire anatomiquement identique à celle de l'homme moderne (Homo sapiens), âgée de plus de 170 000 ans, constitue l'une des plus importantes découvertes anthropologiques de ces dernières années, et recule de manière significative la date de la migration de notre espèce de l'Afrique vers l'Europe, jusque-là estimée à 100 000 ans.

MisliyaLes résultats de cette découverte historique ont été publiés le 26 janvier 2018 dans la prestigieuse revue Science.

L'âge du fossile, la mâchoire supérieure d'un homme adulte, portant plusieurs dents qui présente des caractéristiques morphologiques de l'homme moderne a été évalué  entre 177 000 et 194 000 ans, grâce à différentes méthodes de datation radiométrique. "Il s'agit de l'une des plus importantes découvertes anthropologiques de ces dernières années", explique le Prof. Hershkovitz, qui est également directeur du Centre Dan David pour l'histoire de l'homme du Musée Steinhardt d'histoire naturelle de l'Université de Tel-Aviv. "La découverte de la grotte de Misliya apporte un éclairage nouveau sur l'évolution de l'homme. Elle sape la théorie traditionnelle sur la date de son départ d'Afrique, change le calendrier et la définition de l'homme moderne".

Un couloir des migrations humaines 

L'apparition de l'Homo Sapiens, explique-t-il, la date de son départ d'Afrique et ses voies de migration d'Afrique vers l'Europe et l'Asie sont centrales pour la compréhension de l'évolution de l'humanité. Israël constitue un couloir des migrations humaines durant la période pléistocène (il y a environ deux millions d'années), au cours de laquelle ont vécu et parfois coexisté divers groupes humains. La nouvelle découverte est révolutionnaire pour comprendre comment les humains ont évolué d'un ensemble de groupes locaux vers une population homogène unique.

"Pour les humains qui ont quitté l'Afrique, le monde n'était pas vide", ajoute le Prof. Hershkowitz. "En plus de l'Homo sapiens, y vivaient différents groupes de la famille humaine comme les Néandertaliens et les Dénisoviens, qui entretenaient sans aucun doute des relations avec lui. Notre découverte suggère qu'une partie importante de l'évolution morphologique de l'homme moderne a probablement eu lieu en dehors de l'Afrique, peut-être en Israël, entre autres à cause du croisement avec ces autres espèces d'hommes".

HershkovitzSelon la théorie conventionnelle, l'homme moderne sur le plan anatomique s'est développé en Afrique il y a 200 000 ans et en a migré il y a 100 000 ans. Mais le fossile de Misliya ressemble beaucoup plus aux humains modernes qu'aux autres fossiles datés de la même période qui ont été trouvés en Afrique, et est beaucoup plus ancien que les humains modernes découverts dans les grottes de Qafzeh (près de Nazareth) et de Skhul (Carmel), jusqu'à présent considérés comme les plus anciens en dehors d'Afrique.

La révélation de Misliya coïncide avec un certain nombre d'autres découvertes archéologiques et anthropologiques nouvelles, qui elles aussi indiquent une origine plus ancienne de l'homme moderne, et sa migration de l'Afrique avant la date jusque là établie de 100 000 ans avant le présent. Ces résultats sont complétés par des études génétiques publiées ces dernières années qui renforcent l'hypothèse selon laquelle les humains modernes se sont développés en Afrique plus tôt qu'on ne le croyait, il y a 300 à 500 mille ans.

Selon le Prof. Mina Weinstein-Evron, de l'Institut archéologique Zinman de Haïfa, les vestiges archéologiques suggèrent que les habitants de la grotte de Misliya étaient un groupe de chasseurs-cueilleurs expérimentés qui chassaient de grands mammifères, maitrisaient le feu, utilisaient une variété de plantes et fabriquaient des outils en pierre typiques du début de la période du Paléolithique moyen dans la région, tout comme les humains modernes en Afrique.

"L'industrie de fabrication des outils des humains modernes de Misliya était très différente de celle de leurs prédécesseurs au Levant et témoigne d'une grande sophistication et d'innovation", a-t-elle déclaré. "La présence d'un tel type d'outils dans la grotte de Misliya à côté de fossiles humains vieux de presque 200 000 ans suggère que le changement culturel qui a marqué la transition entre les différentes périodes dans la région a été accompagné cette fois par des échanges de populations différentes d'hominiens".

Un site préhistorique vieux de 500 000 ans découvert par l'Université de Tel-Aviv en collaboration avec l'Autorité des Antiquités d'Israël

Un site rare et important datant d'un demi-million d'années a été découvert au cours de fouilles menées conjointement par le Département d'Archéologie de l'Université de Tel-Aviv, sous la direction du Prof. Ran Barkai, et de l'Autorité israélienne des Antiquités, dans la région du Sharon, au centre de la plaine côtière israélienne. Selon les chercheurs, le site, d'une superficie d'un hectare, extraordinaire tant par la quantité des artefacts retrouvés que par leur niveau de conservation, permettra de retracer le comportement et le mode de vie de nos ancêtres préhistoriques immédiats.

Jaljulia1"Le site est particulièrement intéressant, important et très surprenant car il est resté enseveli à six mètres de profondeur pendant un demi-million d'années en plein milieu d'Israël, et personne ne soupçonnait son existence", commente le Prof. Barkai. "Il s'agit d'un site énorme, en fait un ensemble de sites". Sur le terrain, situé entre la petite ville arabe israélienne de Jaljulia à 3 kilomètres au sud de Kfar Saba et la route 6, une autoroute traversant le pays du nord au sud, ont été découvert des centaines de bifaces en silex typiques de la dernière phase de la "culture acheuléenne" à la période du paléolithique inférieur.

"Les outils en silex découverts en quantité exceptionnelle au cours des fouilles fournissent des informations capitales sur le mode de vie des anciens humains de la période paléolithique inférieur dans notre région. Ils peuvent être attribués à l'Homo erectus,  l'ancêtre direct de tous les êtres humains vivant aujourd'hui", explique le Prof. Barkai. "A cette période, les hommes étaient des chasseurs-cueilleurs, utilisant la chasse et la cueillette comme mode de subsistance, qui se déplaçaient en petits groupes de lieu en lieu en fonction de l'offre que leur procurait le terrain".

"Une sorte de paradis préhistorique"

La reconstitution de l'environnement montre que sur le site coulait un cours d'eau (peut-être la rivière de Qana dont le lit passe aujourd'hui à environ 500 mètres au sud). Il réunissait donc en un seul lieu la réponse aux trois besoins fondamentaux de l'homme préhistorique: l'eau potable, différents types d'aliments (plantes et animaux) et les pierres de silex, dont on faisait des outils. "La rivière fournissait l'eau, et l'eau attirait les animaux. En d'autres termes c'était une sorte de paradis préhistorique, qui réunissait tout ce dont avaient besoin nos ancêtres pour vivre. La superficie du site montre que l'homme avait une mémoire géographique du lieu, et il est possible qu'il soit revenu dans la région selon un cycle saisonnier, pour bénéficier de cet environnement privilégié".

ranbarkai hhDes centaines de milliers d'artefacts en silex ont été révélés au cours des fouilles, dont des centaines de bifaces, outils caractéristiques de la période, utilisés par les anciens humains pendant plus d'un million d'années. Selon les chercheurs, la taille et la conception des bifaces sont des tâches complexes qui nécessitent une planification méticuleuse à l'avance et une connaissance approfondie de la matière première. Certains suggèrent que ces outils étaient principalement utilisés pour dépecer les grands animaux, tels que les éléphants, d'autres pensent qu'ils servaient de "couteau suisse" de l'âge de pierre, et avaient d'autres utilisations telles que la chasse et le traitement des aliments végétaux.

" Nous ne connaissons que deux sites de cette période: l'un au kibboutz Eyal, à cinq kilomètres au nord, et le second dans la grotte de Qesem à environ cinq kilomètres au sud", explique Maayan Shemer, directrice des fouilles pour l'Autorité des antiquités. "Les outils en silex du site témoignent d'innovation et de créativité technologique. Les artefacts découverts sont étonnants en termes de quantité, de niveau de conservation et de qualité de la taille. Il n'y a aucun doute que leur étude en profondeur contribuera grandement à la compréhension du mode de vie et du comportement humain il y a un demi-million d'années".

"Il est incroyable que précisément ici, entre Jaljulia et l'autoroute 6, sous 5 mètres de terre, se soit trouvé un paysage vieux de 500 000 ans préservé de manière si impressionnante", conclu le Prof. Barkai. " Notre passé commun à tous est enseveli sous terre et nous avons ici une opportunité unique de voyager à travers un demi-million d'années pour apprendre à connaître les anciens humains qui vivaient ici avant nous et reconstruire leur mode de vie et leurs manières de se comporter".

Photo: Samuel Magal, Autorité des Antiquités d'Israël

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