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Archéologie

Une nouvelle technologie de l'Université de Tel-Aviv révèle une inscription "cachée" sur un tesson biblique

Utilisant une caméra numérique modifiée et une nouvelle technique révolutionnaire d'imagerie multispectrale, une équipe interdisciplinaire de chercheurs de l'Université de Tel-Aviv, sous la direction des Prof. Eli Piasetzky de l'Ecole de physique et Israël Finkelstein du Département d'archéologie, a réussi à lire une inscription hébraïque sur un tesson de poterie vieux de près de 3000 ans jusqu'alors considéré comme vierge. La recherche réalisée par les doctorants Shira Feigenbaum-Golovin, Arie Shaus et Barak Sober du Département de mathématiques appliquées et le Dr. Anat Mendel-Geberovich du Département d'archéologie, va conduire les chercheurs à réexaminer tous les ostracons de cette période en vue de découvrir d'éventuelles inscriptions invisibles pour l'œil humain.

Elle a été publiée hier dans la revue PLoS ONE.

Nouvelle ostraca"Nous savons à présent que le niveau d'alphabétisation de la fin du premier Temple (1025 à 586 av. JC.) était très élevé; cependant, les textes importants de la période ont été écrits sur des papyrus, et n'ont pas survécu à l'humidité de la région", explique la doctorante Shira Feigenbaum-Golovin. "Les quelques inscriptions hébraïques qui subsistent des temps bibliques, en tout quelques centaines, sont des correspondances quotidiennes, écrites à l'encre sur des tessons de poterie, qu'on appelle des ostraca".

Au début des années 60, l'archéologue Yohanan Aharoni, ancien chef du département d'archéologie de l'Université de Tel-Aviv, aujourd'hui décédé, a découvert 91 de ces ostraca dans la forteresse de Tel Arad, collection qui constitue le plus grand corpus d'inscriptions hébraïques existant de la période du premier Temple.

"Bien plus que ce que nous cherchions..."

"Tel Arad était un fort militaire à la lisière sud du royaume de Juda ", explique le Dr. Mendel-Geberovich. "C'est une forteresse d'une superficie d'environ 2000 mètres carrés, dans laquelle servaient environ 20 à 30 soldats. Les inscriptions remontent à une courte période dans la dernière étape de l'histoire du fort, à la veille de la destruction du royaume par Nabuchodonosor en 586 avant JC. Une partie des inscriptions d'Arad est adressée à un dénommé Elyashiv Ben Oshiyahu, qui était apparemment l'intendant du fort. Ce sont des correspondances logistiques qui parlent principalement de la fourniture de farine, de vin et d'huile pour les unités de l'armée opérant dans la région".

"Toutes les inscriptions d'Arad ont été examinées à fond depuis les années 60 et certaines sont exposées en permanence au Musée d'Israël", précise le doctorant Barak Sober. "Nous avons mis au point une nouvelle méthode de photographie multispectrale qui divise les longueurs d'onde du spectre visible en segments plus fins et plus précis, et en ajoute d'autres situées en dehors du champ visible, comme l'infrarouge. Nous voulions réexaminer les inscriptions effacées et nous assurer que l'œil humain n'avait rien manqué. Nous pensions avoir en main un bon système, mais il se trouve que nous avons trouvé bien plus que ce que nous cherchions: une toute nouvelle inscription, qui est restée depuis cinquante ans au musée sans qu'aucun expert ne l'ai vue".

Nouvelle ostraca2Grâce à la méthode photographique qu'ils ont développé, les chercheurs ont pu lire des lettres et des mots supplémentaires sur l'un des côtés du tesson, ainsi que trois "nouvelles" lignes écrites sur l'autre face, que l'on avait cru vide.

"Nous pensons qu'il s'agit de la continuation de la lettre écrite sur la première face de l'ostracon", explique le doctorant Arie Shaus. "Il s'agit d'une demande de fourniture de vin et de nourriture à partir des entrepôts de la forteresse d'Arad à l'une des unités militaires. Le destinataire de la lettre est Elyashiv, l'officier responsable de la logistique de la forteresse d'Arad, qui joue un rôle central dans ces inscriptions, et l'expéditeur, Hananya, se trouve dans un autre endroit, peut-être à Beersheba. En outre, est également mentionné un messager nommé Galiyhu, envoyé à Arad avec une livraison de vin ".

De nouveaux mots qui viennent s'ajouter au dictionnaire hébraïque

"L'important ne réside pas dans le texte lui-même, qui est une lettre administrative", explique le Dr. Mendel-Geberovich. "Mais nous disposons de très peu de textes datant de la période du premier Temple, et tout élément supplémentaire nous ouvre un univers et améliore notre compréhension de l'histoire, de l'économie et la langue de la période. Dans ces trois lignes et sur la face antérieure de l'inscription nous avons pu identifier des mots nouveaux inconnus des chercheurs et qui ne figurent pas dans la Bible, des mots qui s'ajoutent maintenant au dictionnaire hébraïque".

Les chercheurs ont à présent l'intention de photographier selon cette méthode toutes les inscriptions hébraïques de la période du premier Temple. "Nous voulons nous assurer que l'œil humain n'a manqué aucune autre inscription", dit Shaus. "Je pense que dans l'avenir la photographie multispectrale sera systématiquement intégrée à toutes les entreprises de fouilles archéologiques. Il est triste de penser aux inscriptions qui ont peut-être été jetées à la poubelle simplement parce qu'il était impossible de les distinguer à l'œil nu sur le terrain".

Ont également participé à la recherche les Prof. Michael Cordonsky et Murray Moinester du Département de physique, les Prof. Eli Turkel et David Levin du Département de mathématiques appliquées, et le Prof. Benjamin Sass du Département d'archéologie.

 

Photo 1: La nouvelle inscription découverte par des chercheurs de l'Université de Tel-Aviv.

Photo 2: La nouvelle inscription, photographiée: A à la lumière visible. B - par imagerie multispectrale. C décodage de l'inscription.

(Crédit: Prof. Michael Cordonsky)

Après dix ans d'arrêt, l'Université de Tel-Aviv reprend les fouilles à Massada

Une équipe dirigée par le Dr. Guy Stiebel de l'Institut d'archéologie de l'Université de Tel-Aviv a repris les fouilles qui avaient cessé depuis 2006 sur le célèbre site de l'héroïsme juif. La mission archéologique, qui comprend des étudiants de BA et MA de l'Université de Tel-Aviv, ainsi que de nombreux volontaires étrangers, se déroule en ce moment, du 5 février au 3 mars, et a pour but de mettre au jour les zones encore inexplorées de la colline.

cropped masada 3Massada, le premier site israélien à avoir été qualifié pour entrer dans la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO (2001), est situé sur l'un des emplacements les plus spectaculaires d'Israël, en bordure de la rive occidentale de la mer Morte. Il a abrité Hérode le Grand qui a construit l'extravagant palais de la forteresse, et a été le dernier bastion de la résistance des rebelles juifs pendant la première guerre contre les Romains.

Cet hiver, les fouilles reprennent, pour la première fois sous les auspices de l'Université de Tel Aviv (la dernière saison de fouilles avait été dirigée par le Prof. Ehud Netzer de l'Université hébraïque de Jérusalem). Elles offrent une opportunité unique pour les étudiants de BA et du programme international de maîtrise de l'Université, de s'exercer sur le terrain, et de suivre de nombreuses conférences de spécialistes invités. L'expédition comprend également de nombreux bénévoles du monde entier, qui participent aux fouilles pendant la journée et suivent les conférences et des visites guidées l'après-midi et le soir.

"Bien que Massada ait fait l'objet de plusieurs saisons de fouille, il reste encore beaucoup à faire" explique le Dr. Stiebel. "L'expédition de 2017 intégrera un large éventail de technologies mises au service de l'archéologie et de nouvelles méthodes de fouille. Entre autres, nous fouillerons des sections d'habitations des rebelles ainsi que le jardin encore inexploré du roi Hérode. Nous voulons également investiguer davantage une mystérieuse structure souterraine qui avait été détectée sur les premières photographies aériennes du site en 1924. Le bâtiment est jusqu'à présent resté inexploré".

Découverte archéologique importante: les chercheurs de l'Université de Tel-Aviv ont retrouvé des preuves des conquêtes du roi David à Timna

Une équipe d'archéologues dirigée par le Dr. Erez Ben-Yosef du Département d'archéologie et des cultures anciennes du Proche-Orient a découvert un mur fortifié de plusieurs centaines de mètres sur le site des anciennes mines de cuivre de la vallée de Timna (30 km au nord d'Eilat). Les fortifications, datant du Xe siècle av. JC, viennent conforter la fiabilité historique du récit biblique de la conquête d'Edom par le roi David.

timna david 01.17PorteLes résultats des fouilles ont été publiés récemment dans la revue Journal of Archeological Science: Reports.

"Il n'est pas fait mention dans la Bible des « Mines du roi Salomon »," explique le Dr. Ben Yosef. "Cette idée a pris racine à partir d'un livre d'aventures populaire au XIXe siècle. Mais la Bible nous dit cependant que David descendit au sud de la mer Morte, vers le royaume d'Edom, y vainquit 18000 Edomites, y plaça des garnisons et les assujettit, c'est-à-dire leur fit payer un impôt, comme il est écrit dans le deuxième livre de Samuel, au chapitre VIII :"David se fit encore un nom en battant dix-huit mille hommes dans la vallée du Sel. Il mit des garnisons dans l'Idumée, il en mit dans toute l'Idumée et toute l'Idumée fut assujettie à David".

Aujourd'hui, 3000 ans plus tard, le Dr. Ben Yosef et son équipe d'archéologues ont peut-être trouvé la première preuve de cet ancien conflit militaire: un mur fortifié, d'une longueur de plusieurs centaines de mètres et d'au moins cinq mètres de haut, au cœur de la Vallée de l'Arava. Près de la muraille ont été également retrouvé une grande quantité de pierres de fronde.

 Au bout du monde

erezbenyoseph"On ne saurait exagérer l'importance du cuivre dans la région du Levant au Xe siècle avant JC", dit Ben Joseph. "Il servait a fabriquer les outils agricoles et les armes. C'était l'équivalent du pétrole pour l'époque. De nombreuses preuves archéologiques nous montrent que les ouvriers qui travaillaient dans ces mines n'étaient pas de simples esclaves, comme on le supposait précédemment, mais des experts, qui dirigeaient des apprentis et effectuait un travail complexe et exigeant. On pensait auparavant que les Edomites, comme les autres peuples de la région, étaient de simples nomades qui n'étaient pas organisés en société complexe sur le plan sociopolitique. Aujourd'hui, nous possédons de plus en plus de preuves de l'existence d'une société hiérarchisée et centralisée qui vivait en interaction avec ses voisins, ce qui correspond aux textes bibliques et extrabibliques".

"Lorsque nous évoquons les nomades nous pensons aux Bédouins que nous connaissons dans le Sinaï; mais ici, il s'agissait de royaumes puissants, de  confédérations de tribus. En plus de renforcer le récit biblique, cette muraille iduméenne, située sur une colline abrupte dans l'Arava, est une nouvelle preuve de la puissance de ces sociétés nomades de l'époque".

De plus, les archéologues ont découvert des vestiges organiques de chaque côté de la porte de la muraille. Le Dr. Lidar Sapir-Chen a identifié des ossements d'ânes, animaux probablement utilisés pour le transport du cuivre et le ravitaillement des mineurs. Le Dr. Dafna Langot a identifié dans le crottin des animaux des résidus de foin, contenant du pollen de la région méditerranéenne.

Timna david 01.17Orge"Les ânes de Timna étaient nourris avec du foin et non de la paille, et même des pelures de fruits, pour les maintenir en forme et en bonne leur santé", explique le Dr. Ben-Yosef. "Il s'agit d'une excellente alimentation, qui témoigne une fois encore de la capacité d'organisation des Edomites, et des relations qu'ils devaient entretenir, en tant de guerre comme de paix, avec les royaumes du nord, y compris le royaume d'Israël. Il faut se souvenir que Timna est situé au 'bout du monde'. La source d'eau la plus proche se trouve à Yotvata, à 15 km au nord ".

Dans une prochaine étape, le Dr. Ben-Yosef et son équipe ont l'intention d'analyser l'ADN des vestiges organiques qu'ils ont trouvés. "Il n'y a qu'à Timna qu'on peut trouver peut trouver du crottin d'âne, et même des noyaux de dattes, certains avec des restes de fruit dessus, de cette période. Le potentiel est grand pour la recherche. Qui sait, peut être un jour fera-t-on germer une datte de cette époque, ou bien parviendra-t-on a reconstituer le vin du temps du roi David."

 

Photos:

En haut: la porte de la muraille de la Colline des esclaves pendant les fouilles.

A droite: le Dr. Ben-Yosef

En bas: Grains d'orge parfaitement concervés, trouvés à proximité de la porte de la muraille.

Nouveau projet archéologique conjoint entre l'Université de Tel-Aviv et le Collège de France

Un nouveau projet de fouilles sur le site biblique de Kiriyat-Yéarim va être lancé en aout 2017, sous la direction conjointe du Prof. Israël Finkelstein, responsable de la chaire d'archéologie des périodes du bronze et du fer en Israël de l'Université de Tel-Aviv, et des Prof. Christophe Nicolle et Thomas Römer du Collège de France. Il a pour but d’enrichir les connaissances sur le statut, l’étendue et l’organisation des territoires des royaumes de Juda et d'Israël à l’âge du fer (1200 à 1000 av. J.-C., période des Juges et du début de la royauté).

KiriyatYearimLes chercheurs tenteront également de répondre à des questions importantes pour la connaissance de la période, comme celle de l'existence dans les monts de Judée d'un temple dédié au dieu Baal, contemporain du premier temple de Jérusalem, et celles ayant trait à l’arrière-plan historique des passages bibliques liés à l’Arche d’alliance.

Située sur l'une des plus hautes collines des monts de Judée (756m), à 12 km à l’ouest de Jérusalem, la ville biblique de Kiriyat Yéarim est en effet le dernier endroit où l'Arche d'alliance a été entreposée par Eléazar pendant une période de vingt ans avant d'être conduite à Jérusalem par le roi David (Premier Livre de Samuel 7:1; I Chron 13, 5-8). Elle fut également probablement le lieu d’un temple de Ba‘al, comme le suggère son nom antérieur, Kiriath-Baal (Jos. 15,60 ; 18,14).

D'une superficie de plus de 6 ha (250 m. sur 250 m), le site est l'un des plus gros tells archéologiques de l’âge du Fer de la région. C’est un des rares sites bibliques de cette importance encore non fouillés. Ses pentes servent encore exclusivement à la culture des oliviers, ce qui signifie que ses strates archéologiques sont à la fois bien préservées et accessibles.

FinkelsteinIDLa mission archéologique de Kiriath-Jearim bénéficiera de l’infrastructure de la mission archéologique de Megiddo, codirigée par le Prof. Finkelstein, reconnue pour ses méthodes de recherche d’avant-garde. Elle aura ainsi à sa disposition les méthodes et les techniques les plus avancées pour mener à bien les fouilles, l’enregistrement des données et toutes les analyses nécessaires. Les fouilles mobiliseront une soixantaine de chercheurs confirmés et d’étudiants, venant d’Israël, de France et d’autres pays. Selon les chercheurs de l'UMR 7192, unité mixte de recherche sur le Proche-Orient-Caucase qui associe des membres du Collège de France, de l’École pratique des Hautes Études, du CNRS et de l’INALCO: "Cette coopération internationale marquera un renouveau des activités archéologiques françaises sur la période de l’âge du Fer en Israël".

 

Informations et inscriptions à la saison des fouilles:

https://kiriathjearim.wordpress.com/

 

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Eté 2016: les dernières découvertes de l’Institut d’archéologie de l’Université de Tel-Aviv

A l’occasion de la fin de la saison des fouilles de l’année 2016, l’Institut d’archéologie de l’Université de Tel-Aviv, le plus grand département d’archéologie d’Israël classé parmi les 100 premiers du monde, a présenté  les découvertes de ses derniers chantiers lors de sa sixième conférence annuelle le 3 novembre, devant un auditoire de 300 personnes. Des ânes de la colline des esclaves de Timna au retour prochain sur le rocher de Massada, en passant par la tombe royale de Megiddo, les strates archéologiques de la Cité de David, et un voyage au centre de la terre dans la grotte de Qesem : les dernières nouvelles du pays de la Bible.

ArcheologyKenes1Les fondeurs de cuivre de l’âge de fer qui faisaient fonctionner les fours il y a 3000 ans dans la plus ancienne mine de cuivre connue au monde, celle de la Vallée de Timna, au cœur de la plaine de l’Arava en Israël, étaient non pas des esclaves mais des ouvriers respectés et hautement qualifiés. On le savait depuis les fouilles effectuées l’an dernier par les Dr. Erez Ben-Yosef et Lidar Sapir-Chen. Mais comment étaient transportés les produits commercialisés dans toute la contrée au 10e siècle avant JC ? D’après leurs recherches en zooarchéologie, les premiers animaux de trait de la région, bien avant l’apparition des chameaux étaient les ânes. D’après les vestiges organiques trouvés (os, poils et crottes), les ânes étaient logés dans des enclos entourés de clôtures de bois situés à proximité de la porte du mur d’enceinte. Ils étaient bien nourris et mangeaient du foin et des pelures de fruits, signe de l’importance qu’on leur accordait comme « véhicule » principal du commerce "international" dans la région.

Tombeau royal et examens d'ADN

ArcheologyKenesfinkelsteinLe Prof. Israël Finkelstein dirige depuis plus de vingt ans le chantier de fouille de Tel Megiddo, l’un des plus importants sites archéologiques d’Israël, situé dans la vallée de Jezréel et recouvrant 7000 ans d’histoire. Cet été, 9 échantillons d’ADN ont été prélevés sur le terrain et envoyés notamment au laboratoire de l’Université de Harvard, dans le but de cartographier les populations de la région au 16e siècle avant J.C., âge du bronze, période où l’empire égyptien régnait sur le pays de Canaan. Les équipes du Prof. Finkelstein ont en effet mis à jour un ensemble de tombeaux, dont un qu’ils ont surnommé le « tombeau royal », composé d’un long couloir (dromos) conduisant à une chambre funéraire contenant les restes d’un homme, d’une femme et d’un enfant, des tessons de poterie en terre cuite et de nombreux bijoux en or et ivoire. Situé à proximité du palais, ce tombeau monumental est l’un des plus grands et des plus riches de la période retrouvés en Israël, mais les chercheurs pensent en fait avoir retrouvé une sorte de cimetière royal qui aurait existé pendant plusieurs siècles. Enfin, les fouilles ont dévoilé un ancien sanctuaire qui aurait été démantelé par la suite.

ArcheologyKenesMegiddoParmi les études entreprises sur le chantier de Megiddo, on peut signaler une recherche en archéobotanique et parasitologie du Dr. Daphna Langot, qui a analysé des vestiges d’aliments, de parasites et d’échantillons osseux prélevés dans le tombeaux, concluant que les personnes enterrées là n’avaient pas de maladie intestinale, et que leur état de santé général était bon ! L’analyse des restes de charbons retrouvés dans la tombe dévoilent la présence de myrte, de laurier et d’olive, témoignages de rites mortuaires. Des vestiges de cèdres, de caroubes, de myrte et de sauge indiquent l’existence probable d’un jardin à proximité du palais, signalant que l’environnement était habité par la classe aisée de la population. Enfin d’autres vestiges organiques suggèrent la présence de latrines, à priori également réservées aux riches…

Datation au carbone 14 de la Cité de David

Malgré son importance sur le plan de l'archéologie biblique, la ville de David n'avait pas fait l'objet de fouilles universitaires depuis celles menées par Yigal Shilo dans les années 80. Selon le Dr. Yuval Gadot, qui a repris le chantier en 2012, "Jérusalem est toujours au centre de débats archéologiques". La Cité de David, site de l'ancienne Jérusalem avant l'exil à Babylone, n'est pas un tell (colline artificielle formée par les différentes couches d'habitations humaines, véritable trésor pour les archéologues), ses vestiges sont généralement mal conservés et difficiles à dater, à l'exception de la zone dite E, située à proximité du tunnel de Siloé. Le projet du Dr. Gadot est de reprendre les coupes archéologiques laissée à l'abandon depuis les fouilles d'Yigal Shilo pour dater au carbone 14 les différentes strates archéologiques de la ville de David depuis la période du bronze ancien (3500- 2350 ans av JC) jusqu'à celle de l'âge de fer tardif (1000-900 av. JC), afin de "remettre à l'heure les pendules de l'histoire", à la veille de la construction du premier temple de Jérusalem, celui du roi Salomon.

QesemfouillesDécouverte par hasard il y a 16 ans, lors de la construction d'une route, la grotte de Qesem est l'un des sites archéologiques les plus riches et les plus étonnants du Levant. On y a retrouvé, entre autre, les premières traces de l'utilisation du feu par l'homme pour griller la viande, et la preuve la plus archaïque de l'existence d'un type humain, qui est peut-être l'ancêtre de l'homme moderne dans la région, avant même son apparition en Afrique. "La grotte nous surprend à chaque fois de nouveau", dit le Prof. Ran Barkai, chef du département d'archéologie et des anciennes cultures du Proche-Orient, qui dirige le chantier de fouilles avec le Prof. Avi Gopher. Elle représente une étape culturelle très importante dans l'histoire de l'homme, qui se situe entre l'homo erectus et l'homme moderne et celui du Neandertal, entre 400 000 et 200 000 ans avant notre ère, et qui n'existe que dans la région. La grotte et les vestiges qui s'y trouvent sont dans un excellent état de conservation. Nous continuons de creuser et ne sommes pas encore arrivés au fond. Sur les traces de Jules Verne, la grotte nous invite à un voyage au centre de la terre".

les chevaux de Bet Shemesh, et bientôt le secret de Massada ?

C'est maintenant pour la 25e saison que le Dr. Zvi Lederman dirige le chantier de fouilles de Tel Bet Shemesh, important site biblique philistin de la période du royaume de Juda situé à 20km à l'ouest de Jérusalem. Cette année les fouilles ont mis à jour d'étonnants chaudrons géants destinés selon les chercheurs à la préparation de l'huile d'olive en grande quantité, datant de la période philistine, contenant d'énormes pierre de 100 kilos qui étaient disposées sur les olives, elles-mêmes recouvertes d'une couche de branches qu'on brûlaient. Le dispositif pouvait fabriquer jusqu'à 76 litres d'huile en une pression. De même, les chercheurs ont émis cette année la théorie selon laquelle le réservoir souterrain géant d'une contenance de 800 mètres cubes d'eau retrouvé sous la roche était en fait destiné à l'abreuvage des chevaux de la ville fortifiée.

archeologyKenesmasadaisrael3Enfin, le Dr. Guy Stiebel a officiellement annoncé le renouvellement des fouilles sur le rocher de Massada, le site de la rébellion juive contre l'empire romain il y a 2000 ans, à partir du mois de février 2017, après 10 années d'arrêt. Alors qu'on pensait que 95% du potentiel archéologique du site avait été exploité, pour les chercheurs, Massada n'a pas encore livré son secret qui reste à découvrir. Aussi reviennent-ils vers la colline de l'héroïsme juif avec de nouvelles théories et des méthodes de haute technologie mises au service de l'archéologie. A suivre !

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