Slide background
Slide background
Slide background

nov1

A LA UNE

Les dernières nouvelles de l'Université de Tel-Aviv


events

EVENEMENTS

Aucun événement

video

VIDEOS

vid1

semel uni2

SOUTENIR L’UNIVERSITÉ

Soutenez la recherche et les étudiants


9 chercheurs du monde entier lauréats du prestigieux Prix Dan David remis à l'Université de Tel-Aviv

Le prestigieux prix Dan David a été remis la semaine dernière à neuf chercheurs et chercheuses exceptionnels du monde entier lors d'une cérémonie festive à l'Université de Tel-Aviv. C'est la 18e année que le prix, d'un montant total de 3 millions de dollars, est décerné dans les trois "dimensions du temps": passé, présent et avenir. Parmi les lauréats: la baronne Mary Warnock (93 ans) et le Prof. Ezekiel Emanuel, frère du maire de Chicago. Désormais considéré comme l'un des plus grands prix internationaux, il a été attribué en présence des Prof. Joseph Klafter, président de l'Université de Tel-Aviv, Itamar Rabinovitch, président de la fondation Dan David et de l'ambassadeur de Grande-Bretagne, David Quarrey.

DAN DAVID WINNERS2018 Le prix prestigieux, au nom de Dan David, homme d'affaires et philanthrope de renommée internationale, décédé depuis plusieurs années, est remis chaque année à des personnes qui ont fait preuve d'une excellence particulière et apporté une contribution exceptionnelle à l'humanité dans le domaine des sciences, des sciences humaines et des arts. La famille du philanthrope était représentée par Gabriela David, son épouse, et son fils Ariel David.

Cette année les prix ont été décernés dans les domaines suivants: dans la dimension du passé: l'histoire de la science; dans la dimension du présent: la bioéthique, et dans celle du futur : la médecine personnalisée.

Lauréats du Prix Dan David pour 2018:

Dimension temporelle du passé : l'histoire de la science

Le Prof. Lorraine Daston, historienne des sciences, directrice de l'Institut Max Planck d'histoire des sciences à Berlin, pour ses recherches historiques sur "la logique", "la preuve", "le fait", "l'observation", "l'objet scientifique", "la loi naturelle", "les données" et "l'objectivité" qui font autorité dans le monde dans le domaine de l'histoire scientifique et intellectuelle de la période moderne.

Le prof. Simon Schaffer, historien et philosophe des sciences de l'Université de Cambridge, pour le changement total qu'il a introduit dans notre compréhension de l'histoire. Ses impressionnants travaux interrogent les rapports entre science, technologie et société, et montrent comment on peut trouver des pratiques relevant de la science empirique et mathématique dans des usages délimités dans le temps et l'espace comme le commerce de troc, les négociations politiques et les activités quotidiennes. .

Le Prof. Evelyn Fox Keller du MIT, physicienne (et féministe, selon sa définition), pour son travail pionnier dans les domaines de la science et du genre, qui a révolutionné notre point de vue sur l'histoire de la science. Ses recherches actuelles portent sur l'histoire et la philosophie de la biologie moderne, du genre et de la science. Le prix lui a été décerné pour sa perspicacité remarquable à discerner la relation entre le féminisme et la science, montrant comment le genre a façonné la réflexion sur la génétique des populations, et sa capacité à imaginer une science libérée du poids du genre. Ses études constituent une étape importante dans la compréhension du rôle et de l'importance historique du langage dans la science, en particulier dans le domaine de la génétique et de la biologie moléculaire.

 

Dimension temporelle du présent : la bioéthique

GloverLe Prof. Jonathan Glover du King's College de Londres, a reçu le prix pour sa contribution originale aux aspects théoriques de la bioéthique, qui a mis à l'ordre du jour scientifique de nombreuses questions, en particulier dans le domaine de l'amélioration humaine (Human Enhancement) et de l'éthique de la fertilité. Ses recherches originales recouvrent des sujets divers, allant de la nature humaine à la guerre et l'Holocauste, en passant par l'éthique de la génétique, la neuro-éthique et les questions psychiatriques.

Le Prof. Ezekiel Emanuel de l'Université de Pennsylvanie a reçu le prix pour sa promotion de la bioéthique, grâce à la précieuse combinaison de ses compétences de médecin, de responsable politique et d'universitaire. Le Prof. Emanuel est un pionnier de la question des traitements de fin de vie et de l'éthique de la recherche. Il a été le premier à montrer que les patients demandant l'euthanasie ne le faisaient pas à cause de la douleur mais en raison de leur détresse émotionnelle, leur état dépressif et leur désespoir. Son travail sur les relations médecin-patient représente un tournant dans le domaine et est largement utilisé dans le monde dans le cadre des programmes d'études et de la formation des étudiants en médecine.

La Baronne Mary Warnock a reçu le prix pour son rôle central dans le développement des aspects éthiques pratiques de la biologie et de la médecine, en particulier pour sa contribution à l'éthique de l'embryologie et de la génétique et leurs implications éthiques et philosophiques pour les technologies de la fertilité et la recherche dans le domaine des handicapés. Marie Warnock a apporté une contribution significative à la promotion de la santé et du bien-être dans la société en brisant les barrières entre le monde universitaire et la pratique éthique.

Dimension temporelle du Futur : la médecine personnalisée

Le prof. Mary-Claire King de l'Université de Washington a reçu le prix pour son leadership dans le domaine de la génétique médicale et son importante contribution à l'étude des bases moléculaires de divers cancers. Son travail révolutionnaire a mené à la découverte des mutations du gène BRCA1 dont la présence implique un risque accru de cancer du sein et de l'ovaire chez les femmes. Cette découverte fondamentale contribue à la compréhension de la tendance au cancer héréditaire précoce et révolutionne l'approche médicale du dépistage du cancer, des interventions individuelles et de l'adaptation du traitement au type spécifique de la maladie.

Dan Dqvid Israel harari Baronne Lorrqine Evelyne Mary Keller King

Le Prof. Bert Vogelstein de l'Ecole de Médecine Johns Hopkins a reçu le prix pour sa contribution fondatrice à la compréhension de la génétique et de la génomique du cancer. Le Prof. Vogelstein a développé et mis en œuvre des méthodologies performantes pour l'analyse simultanée de milliers de gènes et de génomes permettant une caractérisation complète du paysage génomique de divers cancers. Ses recherches ont ouvert la voie au diagnostic précoce de la maladie, sa caractérisation précise et à l'adaptation du traitement individuel aux patients atteints.

Le Prof. Carlo Croce de l'Université de l'Ohio a reçu le prix pour son travail pionnier sur la détection des gènes responsables de divers types de leucémie et de lymphome. Sa vaste connaissance de la cytogénétique et de la biologie moléculaire lui a permis d'identifier le rôle des principaux oncogènes comme catalyseurs du développement, de la progression du cancer et de sa résistance au traitement. Il a également montré le rôle des microARN dans la formation du cancer. Ses nombreuses découvertes permettent un diagnostic précis de la maladie, la personnalisation des traitements et le développement de nouveaux médicaments anticancéreux.

Selon la tradition, les lauréats du prix reverseront 10% de son montant pour le financement de 20 bourses d'études pour de jeunes doctorants et post-doctorants en Israël et à l'étranger.

Parmi les précédents lauréats du Prix Dan David, on compte le violoncelliste Yo Yo Ma (2006), le Maestro Zubin Mehta (2007), les écrivains Amos Oz (2008) et AB Joshua (2017), l'ancien vice-président des États-Unis et lauréat du prix Nobel de la paix Al Gore (2008), l'ancien Premier ministre britannique Tony Blair (2009), le Prof. Robert Gallo (2009), Margaret Atwood, les frères Ethan et Joel Cohen, cinéastes (2011), le philosophe Leon Wizeltier (2013) et la neuropsychologue Prof. Brenda Milner (2014).

Photos: Israel Hadari

Articles liés:

L\'écrivain AB Yehoshua et 3 astrophysiciens parmi les lauréats du Prix Dan David de l\'Université de Tel-Aviv pour 2017

Université de Tel-Aviv : trois spécialistes de la pauvreté et trois femmes parmi les lauréats du Prix Dan David 2016

Le co-fondateur de Wikipedia parmi les lauréats du Prix Dan David 2015

Prix Dan David à Saul Friedlander

"La vérité germe de la terre et la justice se reflète des cieux": Visite exceptionnelle des Amis de l'Université de Tel-Aviv à la Cour Suprême

L'Association française de l'Université de Tel-Aviv et son président François Heilbronn, en compagnie de l'ancien Garde des Sceaux Dominique Perben et de Dorit Koskas, adjointe au Doyen de la faculté de Droit de l'Université, a effectué dimanche 6 mai une visite exceptionnelle à la Cour Suprême de l'Etat d'Israël. Elle y a été reçue par la juge Daphne Barak-Erez, ancienne doyenne de la Faculté de Droit de l’Université de Tel-Aviv et Docteur honoris causa de Sciences Po, qui a fait bénéficier ses membres de sa riche expérience, et éclairé la question compliquée du droit israélien, au cours d'une passionnante table ronde.

PerbendaphnafrancoisLe Prof. Daphne Barak-Erez est juge à la Cour Suprême d’Israël depuis mai 2012, Spécialiste de droit constitutionnel et administratif, elle est devenue professeure titulaire à l'UTA à l’âge de 27 ans. Juriste internationalement reconnue, elle a fait ses études à l’université de Tel-Aviv et son post-doctorat à l'Ecole de Droit de Harvard. Elle a de plus enseigné comme professeur invité dans de nombreuses facultés de droit dans le monde, dont celles de Stanford, Columbia, Duke, Virginie, UCLA et Toronto. Auteure de plus de 40 ouvrages, elle a été nommée en décembre 2017 Docteur honoris causa de l’Ecole de Droit de Sciences Po, titre qui lui a été conféré par un vote unanime du Conseil de l’Institut.

La juge Barak-Erez s'est déclarée très honorée de cette rencontre, et a répondu de bonne grâce aux nombreuses questions de la délégation.

Des juges "généralistes"

Les juges de la Cour suprême, a-t-elle expliqué, sont des "généralistes", qui traitent de toutes les questions qui leur sont présentées, sans spécialisation : "C'est l'une des différences les plus importantes entre mon rôle à la Cour suprême et le monde universitaire très spécialisé, qui constitue à la fois l'un des plus grands défis et l'une des caractéristiques qui me séduit le plus".

Sur une question de l'ancien ministre Dominique Perben, la juge explique les bases du droit constitutionnel israélien: "Dès janvier 1949, quelques mois après la proclamation de l'Etat, ont eu lieu les élections d'une Assemblée constituante. Il existait donc dès l'origine une volonté d'établir une constitution pour le pays. Mais la longue guerre d'indépendance, de même que les conflits entre les différents groupes sociaux, essentiellement entre laïcs et religieux, possédant des visions de l'Etat aux antipodes les unes des autres ont amené à un compromis: repousser à plus tard l'élaboration d'une Constitution unique précédée d'un Préambule source de conflit, et se mettre d'accord sur des lois fondamentales régissant les rapports entre les pouvoirs publics, qui seraient unifiées dans une future Constitution. C'est bien ainsi que la Cour suprême considère ces 13 lois fondamentales : comme des chapitre d'une Constitution". Selon la juge Barak-Erez, ces lois couvrent près de 97% des sujets à traiter: "On pensait alors que les 2 à 3% de questions restant à résoudre se simplifieraient avec le temps, mais elles sont en fait devenues plus compliquées…".

CSGroupe

Sur l'épineuse question de la laïcité versus religion, la juge précise que :"La loi israélienne est laïque. La législation est aux mains de la Knesset. Le problème est autour de l'expression "juif et démocratique", contenue dans la Déclaration d'indépendance de l'Etat d' Israël. Pour certains elle signifie simplement que la population du pays est en majorité juive, et que le pays doit adopter des éléments de culture juive, comme la langue, les jours fériés etc. Pour d'autres, cela signifie que l'Etat lui-même doit intégrer des éléments du judaïsme. Enfin il y a les éléments concernant la famille, comme le mariage civil, qui, dans le cas de l'établissement d'une Constitution, poseraient problème. Dans les faits, cela marche très bien: le concubinage est reconnu par le droit civil et le mariage civil à Chypre est reconnu par les autorités civiles. Il s'agit d'un compromis avec lequel chacun peut vivre".

Concernant la polémique autour de la protection des minorités par la Cour suprême, la juge précise que : "la loi de la majorité est importante, mais elle n'est pas suffisante pour assurer la démocratie". Sur la question de l'immigration illégale des pays d'Afrique (Soudan, Erythrée etc. ) vers Israël: "Nous sommes un pays de réfugiés. C'est dire que cette question est proche de notre cœur. Mais tous ces réfugiés demandent à venir en Israël et dans aucun autre pays de la région, comme l'Egypte ou autres. Il existe une constante tension entre les idéaux et les contraintes de la réalité".

Questionnée sur le cas le plus difficile qu'elle a eu jusqu'à présent à juger, elle répond que : "les difficultés pour un juge ne sont pas forcément les grandes questions, mais plutôt le fait d'envisager les conséquences de ses décisions pour les personnes dont le cas est jugé. Je rencontre sur une base journalière des tragédies, viols, familles brisées etc. auxquelles j'échappais lorsque j'enseignais à l'université, où les personnes, même dans le cas où elles proviennent de milieux difficiles, sont déjà sur la voie d'un avenir meilleur".

Le système judiciaire israélien

La rencontre a été précédée d'une visite de la Cour suprême elle-même, au cours de laquelle la délégation a eu l'occasion de se familiariser avec son fonctionnement, et celui du système judiciaire israélien.

csjugesLa Cour suprême est la plus haute instance judiciaire de l'Etat d'Israël. Située depuis la création de l'Etat dans le 'Quartier russe' de Jérusalem, dans l'ancien bâtiment de la Cour Suprême du Mandat britannique, elle a rejoint en 1992, le Quartier Ben-Gourion, cité administrative du pays, inauguré par le Premier Ministre David Ben Gourion en décembre 1949, et qui comprenait déjà la Knesset, la banque d'Israël, et depuis peu également le contrôleur de l'Etat.

Le système judiciaire et le droit israéliens sont hérités du mandat britannique et donc de la common law. Il comporte trois niveaux de juridiction. Les 29 tribunaux de paix jugent en première instance les affaires civiles jusqu'à la somme de deux millions et demi de shekels, et les affaires pénales pour les délits allant jusqu'à 7 ans de prison (y compris les affaires familiales, violations du code de la route et les infractions commises par des mineurs). Les 6 tribunaux de district sont compétents pour toutes les affaires allant au-delà, et fonctionnent comme cour d'appel pour les tribunaux de paix. La Cour Suprême est seule compétente pour un second appel. Environ 10 000 cas par an arrivent à la Cour Suprême en deuxième appel, généralement à partir des tribunaux de district. Ce fut le cas notamment pour les procès d'Eichmann, de Dameniuk, d'Yigal Amir pour l'assassinat d'Itzhak Rabin, de Moshé Katzav pour abus sexuels et d'Ehud Olmert pour pots de vin. Contrairement à la Cour de cassation en France qui renvoie les jugements vers les tribunaux subalternes, la Cour suprême tranche. Elle fonction de plus comme Haute Cour de Justice ('Bagatz'), notamment en ce qui concerne le contrôle juridictionnel des décisions de l'Etat et celui de la constitutionnalité des lois, et peut être à ce titre saisie par tout résident du pays, y compris par des non citoyens, comme par exemple des réfugiés demandant le droit d'asile, ou des habitants de la Bande de Gaza.

La Cour Suprême est composée de 15 juges, et présidée par le plus ancien. L'actuelle présidente en est Esther Hayut, qui a succédé en 2017 à Miriam Naor, partie à la retraite obligatoire à l'âge de 70 ans. Ses juges sont nommés par comité composé de neuf personnes: deux ministres (dont le ministre de la justice), deux députés (de partis politiques différents), trois juges de la Cour suprême et deux avocats du Barreau. Ils sont élus par une majorité de sept voix sur neuf, le système assurant ainsi en principe le consensus autour de la personne du juge.

L'architecture du bâtiment

SallepasperdusLe bâtiment actuel de la Cour suprême a été conçus par les architectes Ram Karmi et Ada Karmi-Melamed (sa sœur), qui se sont efforcé de respecter le caractère de la ville, en le construisant en pierre de Jérusalem et en introduisant une dimension de symbolique spirituelle, voire biblique, dans l'architecture. La lumière naturelle est utilisée le plus possible pour éclairer le bâtiment: ainsi, dans les salles d'audience, la lumière vient du ciel, l'idéal vers lequel on doit se diriger, car d'après le Livre des Psaumes (85:12) : "la vérité germe de la terre et la justice se reflète des cieux".

Le sol est orné de formes géométriques carrées et de lignes droites, symbolisant les lois, le Droit et la Règle. La lumière, par contre, entre dans le bâtiment par des cercles (Maagalei Tsedek, les "cercles de Justice", Psaumes, 23:3). Ce sont les lois qui doivent nous mener vers l'idéal ultime, la Justice. Les cinq salles d'audience s'ouvrent sur la vaste salle des pas perdus par des portails symbolisant les portes de la ville où se tenait la justice dans les temps bibliques ('Chaarei Tsedek', Deut. 16:18). Les juges siègent au nombre minimum de trois, face aux avocats et aux visiteurs. Il n'y a ni témoins, ni jurés.

Au centre du bâtiment la bibliothèque, ouverte au public est construite autour d'une pyramide, qui résume l'ensemble de ce symbolisme: à son sommet se trouvent des ouvertures circulaires qui permettent à la lumière du soleil de pénétrer à l'intérieur, alors que la structure même de la pyramide de caractérise par des lignes droites et des angles aigus: les lois doivent mener à la Justice.

Les cliniques juridiques de l'UTA

A l'issue de la visite, Dorit Koskas, adjointe au Doyen de la Faculté de droit, a présenté à la délégation le travail des cliniques juridiques de l'Université de Tel-Aviv, mini-cabinets d'avocat indépendants à l'intérieur de la faculté, qui permettent aux étudiants d'allier outils académiques et expérience pratique. Leur objectif est double: tout d'abord pédagogique, car les étudiants peuvent toucher à la pratique juridiques dans le cadre de vrais dossiers d'intérêt général ayant un impact important sur la société israélienne, mais également social puisque les cliniques fournissent des services juridiques aux populations qui n'y ont pas accès. "Nous avons actuellement 8 cliniques juridiques, dirigées par 15 avocats, qui traitent de cas Pro bono (pour le bien public à titre gracieux), et accueillent 150 étudiants par an, autour de questions comme les demandes d'asile politique, le droit au logement, les Droits de l'Homme, les droits des survivants de l'Holocauste, ou les recours collectifs" explique-t-elle. "Les étudiants vont au tribunal, écrivent des ébauches de documents, et font tout le travail d'un avocat sous la supervision de leur professeur et de l'avocat en charge de la clinique. Depuis 8 mois notamment, les cliniques ont pris en charge le combat juridique concernant le dossier des réfugiés et sont parvenues à stopper l'expulsion qui était prévue".

Le fondateur d'Alibaba et la gouverneure de la Banque d'Israël Docteurs honoris causa de l'Université de Tel-Aviv

Le titre de Docteur honoris causa de l'Université de Tel-Aviv a été décerné le 3 mai 2018 à sept personnalités exceptionnelles de la vie publique et du monde des sciences, parmi lesquelles Jack Ma, fondateur du Groupe Alibaba, le Dr. Karnit Flug, gouverneure de la Banque d'Israël, et la journaliste Ilana Dayan. La troupe de danse Batsheva a été nommée membre d'honneur de l'Université. "Ne perdez jamais espoir et ne renoncez jamais", a déclaré Jack Ma lors de son émouvant discours de remerciement à la fin de la cérémonie, et devant les étudiants de l'UTA.

HonoriscausaJackMa"Je n'étais pas considéré comme un bon élève", a raconté le fondateur du géant du e-commerce. "J'ai essayé trois fois d'entrer à l'université sans succès. Mais j'ai appris une chose : ne perdez jamais espoir et ne renoncez jamais. Et si vous échouez dans votre recherche te travail, ne soyez pas déçus: peut-être devez-vous fonder une entreprise, qui pourrait bien un jour devenir Alibaba".

L'optimisme de Jack Ma n'a d'égal que son admiration pour Israël: "Lorsque vous êtes arrivés dans ce pays, il n'y avait que du sable et des arbres. Et maintenant que je me trouve devant ce grand Etat avec votre vision, votre créativité et votre intelligence, je suis fier de recevoir cette distinction. Venir en Israël est la réalisation de mon rêve depuis de longues années. Lorsque je suis arrivé il y a quelques jours, c'était très différent de ce que j'avais entendu dire: que c'était un endroit dangereux, avec des bombes et des mitrailleuses. J'ai découvert un pays très tranquille, avec une économie est en plein essor grâce à l'innovation et la technologie, et j'ai pensé que j'étais arrivé trop tard, et que j'aurais du venir ici plus tôt. J'ai pensé que grâce à cette grande université je pourrais venir ici de plus en plus. Je pense qu'il ne faut pas lire de la documentation sur Israël: il faut venir, sentir, toucher. C'est pourquoi j'ai amené cette fois avec moi 40 membres de la direction du groupe Alibaba. Notre but est d'apprendre et de ressentir".

"N'ayez pas peur des machines, elles n'ont pas de coeur, elles n'ont que des 'puces'"

"Vous n'avez pas de diamants, mais vous avez la plus grande bourse aux diamants du monde, vous ne faites pas de voitures, mais vous avez la meilleure technologie dans le domaine de la fabrication automobile. Vous n'avez pas de pétrole, pas d'eau, aucune ressource naturelle, pourtant vous avez su vous rendre si forts. Quand Alibaba a été fondée, nous n'avions pas non plus d'argent, ni de technologie, et aucune ressource. Personne ne pensait que nous pourrions réussir. 19 ans ont passé, nous avons connu des crises et des problèmes, nous avons fait beaucoup d'erreurs, mais nous n'avons jamais perdu l'espoir et jamais renoncé".

Pour Jack Ma, il ne faut pas craindre l'évolution technologique, mais plutôt s'y adapter, et y adapter le système éducatif: "Le monde entre dans la troisième révolution industrielle, de la technologie de l'information à celle des données, qui se concentre sur l'adaptation à l'individu. N'ayez pas peur des machines. Elles n'ont pas de cœur, elles n'ont que des 'puces'. Nous devons apprendre aux enfants à être plus innovants, plus créatifs. Dans les dix prochaines années, nous devrons nous concentrer davantage sur la réforme du système éducatif. Les machines vont supprimer des emplois, et il faut fournir aux jeunes une formation adaptée à la nouvelle ère".

HC2018Groupe

Les récipiendaires des diplômes de doctorats honoris causa de l'Université de Tel-Aviv sont Carnit Flug, Gouverneure de la Banque d'Israël, la journaliste Ilana Dayan, le Dr. Dmitri B. Zimine, chercheur et entrepreneur russe, le Dr. Luis Alberto de Herrera, ancien président de l'Uruguay, le Prof. Laszlo Lubash, mathématicien hongrois et le Prof. Knut W. Urban, physicien de pointe en microscopie électronique.

Dr. Karnit Flug, Gouverneur de la Banque d'Israël

Le Dr. Karnit Flug est Gouverneure de la Banque d'Israël depuis octobre 2013, après avoir été pendant des années sous-gouverneur et chef du département de la recherche de la Banque. Le titre lui a été décerné pour l'excellence de sa gestion de la politique monétaire et économique de l'Etat d'Israël, pour son rôle pionnier en tant que première femme Gouverneure de la Banque d'Israël, son engagement de longue date en faveur de la prospérité du pays, la stabilité de son économie et le progrès social en Israël, l'esprit d'égalité qu'elle a révélé en soutenant les initiatives visant à prévenir la discrimination fondée sur l'âge et à réduire les inégalités sociales, ses recherches dans des domaines vitaux, y compris la macroéconomie, le marché du travail et l'éducation, et ses relations étroites au fil des ans avec l'Université de Tel-Aviv.

Ma Yoon (Jack Ma), Chine - Fondateur et PDG du Groupe Alibaba

Jack Ma est le fondateur et le président d'Alibaba, leader mondial dans le commerce électronique, qui fournit des services à des dizaines de millions de petites entreprises et entrepreneurs dans le monde entier. Il est titulaire d'un diplôme en enseignement de la langue anglaise, et a travaillé comme enseignant pendant six ans, pratique qui a profondément affecté sa perception sociale et entrepreneuriale. En 1995, il lance un répertoire des entreprises en ligne d'abord en Chine, et en 1999, Alibaba. Le titre lui a été décerné comme entrepreneur visionnaire, qui a transformé l'univers des affaires et de l'Internet en Chine et dans le monde; pour sa ténacité face aux obstacles qui lui a permis de devenir un homme d'affaires estimé à l'influence internationale; sa perspicacité dans l'établissement et la gestion du Groupe Alibaba, son soutien exemplaire aux initiatives de l'ONU visant à promouvoir le développement durable; pour ses vastes activités philanthropiques dans le domaine de l'éducation, de l'autonomisation des femmes, de l'assistance aux zones sinistrées, la lutte contre la pauvreté et la protection de la faune et de l'environnement; ainsi que ses efforts pour renouveler les arts martiaux chinois et les faire connaitre à un large public à travers le monde.

אילנה דיין קרנית פלוג פרופ יוסף קלפטר. צילום ישראל הדריDr. Ilana Dayan-Orbach, Israël, journaliste

Le Dr. Ilana Dayan est une journaliste israélienne. Elle est titulaire d'un LLB de l'Université de Tel-Aviv, d'une maîtrise et d'un doctorat en droit de l'Université de Yale aux États-Unis. Depuis 1993, elle est rédactrice et animatrice d'Ouvda ("Fait"), la principale émission de journalisme d'enquête en Israël. Elle enseigne également un cours sur la liberté d'expression à la Faculté de droit de l'UTA. Le titre lui a été attribué pour son importante contribution au discours public et démocratique en Israël, en tant que journaliste enquêtrice, professeure de droit respectée et experte des médias; pour ses révélations audacieuses qui ont défié les conventions et ouvert de nouvelles perspectives sur la politique, la société et la culture israéliennes; sa détermination inébranlable à fournir des informations précises au public; pour sa contribution à l'émergence d'un large éventail de questions importantes à l'ordre du jour public, et son engagement à éduquer de nouvelles générations de juristes et d'intellectuels depuis des décennies.

Dr. Dmitry Zimin, Russie, fondateur de Vimpelcom

Le Dr. Dmitry B. Zimin est professeur d'ingénierie, leader technologique et entrepreneur russe, fondateur, ancien PDG et président honoraire de l'opérateur de réseau cellulaire russe Vimpelcom Ltd. Dans le cadre de ses liens chaleureux avec l'Université de Tel-Aviv, il a initié des programmes d'étude du droit russe et des échanges d'étudiants de la Faculté de droit, et a fondé l'Institut Zimin pour les projets améliorant le monde à la Faculté d'ingénierie. Le titre lui est décerné pour ses réalisations exceptionnelles comme scientifique, inventeur, homme d'affaires et philanthrope; pour son courage, ses compétences et son initiative dans la mise en place de l'opérateur cellulaire Vimpelcom, première société russe cotée à la bourse de New York; pour sa carrière académique riche et fructueuse depuis plus de 60 ans; sa foi profonde dans le pouvoir de l'éducation, et la création de la première association de soutien à la science fondamentale et l'éducation dans la Russie post-soviétique; son amitié avec l'État d'Israël et son engagement à faire progresser l'influence positive d'Israël sur le bien-être des gens à travers le monde.

Luis Alberto Lacalle de Herrera, ancien président de l'Uruguay

Le Dr. Luis Alberto Lacalle de Herrera a été président de l'Uruguay entre 1995 et 1990. Depuis lors, il est connu comme un ami cher et un fervent partisan d'Israël, et l'un des fondateurs de l'initiative "Amis d'Israël" en 2010. Le titre lui a été décerné en reconnaissance de ses réalisations exceptionnelles comme ancien Président de la République de l'Uruguay, comme homme d'État, législateur et journaliste international, pour son engagement audacieux en faveur de la protection des valeurs de la démocratie et des droits de l'homme, la promotion des réformes économiques et sociales en Uruguay, sa dénonciation féroce de l'antisémitisme et de la discrimination sous toutes ses formes, son amitié pour l'Université de Tel-Aviv et sa participation enthousiaste aux événements de l'Association des amis de l'Université en Argentine, ainsi que son amitié sincère, sans compromis et inconditionnelle pour le peuple juif et l'Etat d'Israël, depuis des décennies.

Prof. Laszlo Lovasz, Hongrie, mathématicien

Le Prof. Lazlo Lubash est un mathématicien international de premier plan, pionnier et révolutionnaire dans les domaines de l'analyse combinatoire, la théorie des graphes et l'informatique. Dès sa jeunesse, il a remporté des médailles d'or aux Olympiades internationales de mathématiques. Lauréat du prix Wolf, il a été président de l'Union internationale des mathématiques, et enseigne aujourd'hui au Département d'informatique de l'Université Eotvos Lorand à Budapest. Le titre lui a été décerné comme mathématicien de renommée mondiale, l'un des pères fondateurs de la combinatoire moderne; pour ses découvertes dans le domaine de la théorie algorithmique, qui ont profondément influencé les mathématiques pures et l'informatique; son style particulier d'enseignement et d'écriture, présentant la science de manière accessible et informelle; pour ses liens courageux et fructueux avec la communauté académique en Israël, et particulièrement sa coopération avec les chercheurs de l'Université de Tel-Aviv.

Prof. Knut W. Urban, Allemagne, physicien

Le Prof. Knut W. Urban est un physicien de renommée internationale, l'un des fondateurs du Centre Ernst Ruska pour la microscopie et la spectroscopie à électrons. Il a dirigé de 1987 à 2010 l'Institut pour l'étude des micro-structures du centre de recherche de Julich en Allemagne, l'un des plus grands centres de recherche interdisciplinaires d'Europe. Le titre lui a été décerné pour sa carrière universitaire brillante sur plus de quatre décennies, comme physicien, chercheur dans le domaine de la science des matériaux et pionnier de la prochaine génération de la microscopie électronique; pour le développement d'un microscope électronique révolutionnaire capable de corriger les écarts-type, qui lui a valu de nombreux prix prestigieux, dont le Prix Wolf en physique; pour son amitié chaleureuse et sincère avec l'Etat d'Israël et sa coopération prolongée et fructueuse avec les chercheurs de l'Université de Tel- Aviv.

  bat sheva gadi dagon 580

Membres d'honneur

Ohad Naharin et la Batsheva Dance Company, Israël

La Compagnie des ballets Batsheva a été fondée en 1964 par la baronne Batsheva de Rothschild, et compte aujourd'hui parmi les troupes leaders dans le domaine de la danse contemporaine. Chaque année, elle réalise environ 250 représentations pour 100 000 spectateurs en Israël et dans le monde. Le titre lui est décerné pour sa contribution à l'autonomisation de la vie culturelle en Israël depuis plus d'un demi-siècle; son riche répertoire de productions, exprimant l'originalité artistique israélienne, qui, sous la direction visionnaire de Ohad Naharin, en a fait l'une des troupes de danse les plus aimées et acclamées et dans le monde; sa voix chorégraphique courageuse et sa volonté d'innover dans le mouvement et l'expression de la danse; son engagement intransigeant à cultiver l'excellence et l'égalité dans le travail artistique, et son rôle important dans l'exportation des trésors culturels d'Israël vers un public international.

  

Lili Peyser-Racine, Israël

Lili Peyser-Racine est une philanthrope israélienne, membre du directoire de la WIZO mondiale, et membre de l'Association des Amis et du Conseil des Gouverneurs de l'Université de Tel-Aviv. Au fil des ans, elle a soutenu de nombreux projets pour la promotion des étudiants et des jeunes chercheurs de l'Université de Tel-Aviv, et a récemment contribué à la construction de l'esplanade d'entrée du Jardin botanique de l'Université. Le titre lui est décerné pour son amour profond de l'État d'Israël et son dévouement pour son développement scientifique et social; son esprit de compassion qui s'exprime dans ses projets pour promouvoir la santé et l'éducation, l'égalité des chances, la réduction des écarts sociaux et l'aide aux nécessiteux; ses efforts pour développer l'héritage philanthropique de sa famille en renforçant la société israélienne; et pour des décennies de soutien au développement académique et à l'expansion de l'Université de Tel-Aviv, en tant que membre dévoué du Conseil des Gouverneurs et donatrice fidèle.

Happening: Art, théâtre et nourriture à la Galerie d'art universitaire de l'Université de Tel-Aviv

Dans le cadre des évènements du conseil des Gouverneurs, le Dr. Sefy Hendler, directeur du Département d'Histoire de l'Art de l'Université de Tel-Aviv et le Dr. Sharon Aronson-Lehavy, directrice du Département de Théâtre ont présenté aux Amis français de l'Université leur projet original combinant art, théâtre et art culinaire au sein d'une exposition multidisciplinaire intitulée "Bonnes manières à table", dans la Galerie d'art universitaire de l'Université de Tel-Aviv.

Piece"Bonnes manières à table", happening lancé le 8 mars dernier et ouvert au public jusqu'au 31 juillet, traite de la place de la nourriture dans la culture à travers le regard des artistes, et comprend une fascinante exposition d'artistes israéliens et internationaux en nombre égal, un cycle de conférences et des représentations théâtrales d'œuvres de la dramaturge française Jeannine Worms.

Le lieu d'affrontement de nos désirs et de nos frustrations

"Cette première collaboration avec le Département d'art fut un réel plaisir pour nous et un grand succès", raconte le Dr. Aronson-Lehavy. "Nous avons dû construire un théâtre à l'intérieur même de la Galerie. Les pièces de Jeannine Worms, traduites et présentées pour la première fois en Israël, ont été entièrement montées et jouées par des étudiantes du Département".

" La présence de la nourriture dans l'existence humaine remonte à la préhistoire, mais nous avons voulons la considérer non seulement comme une réponse à des besoins physiologiques, mais aussi comme le lieu d'affrontement de nos désirs et parfois de nos frustrations", explique le Dr. Sefy Hendler.

PainsLe visiteur de l'exposition est accueilli par une œuvre de l'artiste roumain Mircea Cantor, Stanieri ('Etranger') constituées de baguettes de pain disposées sur une table, chacune traversée par un couteau. De l'entaille s'écoule du sel: "C'est l'accueil traditionnel de l'étranger par le pain et le sel, mais avec une ambivalence, car le pain 'saigne' du sel", commente le Dr. Hendler, qui explique que pour la réalisation de la version israélienne de cette œuvre qui a déjà été présentée dans de nombreuses galeries à travers le monde, les organisateurs ont fait appel à l'une des plus grands boulangeries de Tel-Aviv, Lehamim, qui leur a préparé des baguettes qui durent 5 mois ! "Est-ce qu'on accueille ? Est-ce qu'on blesse ? Qu'est-ce que la nourriture ? Qu'est-ce que l'art ? Et comment les deux peuvent-ils communiquer: autant de questions que cette exposition explore".

"Soldats en chocolat"

Certaines œuvres utilisent des techniques classiques appliquées à des matériaux étonnants, comme la sculpture en parmesan de Zohar Gotesman, représentant les Trois Grâces: "Pendant le vernissage, le public a été invité à manger l'œuvre. Le but est d'observer le processus de dégradation d'une création. L'intérêt était aussi de suivre les réactions du public: allait-il essayer de détruire l'œuvre ? Ce ne fut pas le cas, car les statuettes sont bien entamées, mais toujours là".

La deuxième salle est axée sur une critique politico-sociale: "Nous avons eu l'honneur et le plaisir d'accueillir lors du vernissage le très grand artiste turc TUNCA dont le projet Désir est présenté ici". Le projet de TUNCA s'intéresse aux goûts culinaires des grands leaders du 20e siècle: "L'artiste s'est d'abord renseigné sur leurs plats favoris, puis s'est rendu à l'Institut culinaire d'Istanbul pour apprendre à les cuisiner". Ainsi peut-on découvrir entre autre le bortsch de Nikita Khruschchev, la truite aux amandes d'Hitler, le bouillon aux vermicelles de Mussolini, l'assiette d'huitres de Ceausescu et le roastbeef accompagné de Yorkshire pudding de Churchill.

Pour sa série Armes en légumes, le photographe japonais Tsuyoshi Ozawa a, pour sa part, rencontré des jeunes femmes à travers le monde, leur demandant de se laisser photographier tenant à la main une 'arme' faite des légumes nécessaires pour réaliser la soupe locale, dans le but final de tourner en dérision la violence de la guerre.

Soldats en chocolatUne des œuvres les plus émouvantes de l'exposition est sans doute celle de l'artiste israélien Micha Laury, Soldats en chocolat, présentée pour la première fois au lendemain de la guerre des six jours, et constituée de trente statuettes de soldats préparées par un chocolatier. "Le public, alors invité à réagir s'est littéralement jeté sur les statuettes, les cassant et les mutilant", commente le Dr. Hendler. Une seconde tentative a été faite en 1994 au Musée d'Israël, aboutissant au même résultat. "Nous avons racheté au Musée ce qui restait de l'œuvre après 24 ans. Personnellement j'y vois une sorte de prophétie de l'artiste anticipant dès 1969 la tragédie de la guerre de Kippour".

Métaphore des classes sociales

La troisième salle est consacrée à l'excès, avec notamment un autoportrait de la photographe américaine Cindy Sherman. "Manger n'est pas toujours un plaisir et peut même inspirer un certain dégoût". On y trouve également entre autre les deux sablés Oréo géants de Yael Franck, 'Double Trouble', et des œuvres vidéo de Paul Mac Carthy.

La partie théâtre est constituée par deux pièces culinaires de Jeanine Worms, dramaturge française liée au courant du théâtre de l'absurde d'Eugène Ionesco, décédée en 2006 à Paris: La recette, deux concierges qui cuisinent sur scène en devisant et Un gros gâteau (Café Veouga en hébreu), deux femmes de statut social différent assises dans un café qui papotent tout en mangeant des pâtisseries. Les pièces, originales et drôles, mises en scène par Liron Lubel, sont interprétées par de jeunes étudiantes talentueuses du Département de théâtre: Shiri Lotan, Noa Yarkony, Yarden Endelvet, Netta Levit et Eden Shoshani. "La nourriture est aussi une métaphore et une métonymie des classes sociales", relève le Dr. Aronson-Lehavy, remerciant au passage l'acteur Gilles Cohen, ami de l'Université de tel-Aviv, qui a fait don d'une copie originale de la pièce au Département de théâtre.

Prochaines et dernières représentations:

Jeudi 24 mai à 20h.

Vendredi 25 mai à 12h.

et dimanche 27 mai à 20h.

L'exposition est ouverte au public du dimanche au jeudi de 11h00 à 19h00 et le vendredi de 11h00 à 14h00, jusqu'au 31 juillet 2018.

Renseignements: 03-6408860

Sharon Sefy

Le prix Mints de l'Université de Tel-Aviv décerné à l'économiste américain du développement Michael Kremer

Le Prix Boris Mints de l'Université de Tel-Aviv pour la recherche de solutions stratégiques aux défis mondiaux, d'un montant de 100 000 $, sera décerné au Prof. Michael Kremer de l'Université Harvard, chercheur de premier plan dans le monde sur la réduction de la pauvreté et des inégalités, et l'amélioration de la santé publique. Le Prix lui sera attribué pour son action qui a amélioré la qualité de vie de centaines de millions de personnes dans les pays pauvres et sera remis le 3 mai lors des cérémonies du Conseil des gouverneurs de l'Université.

Mintzafrica children580Il lui sera décerné pour ses réalisations exceptionnelles dans le domaine de la recherche universitaire, ainsi que sa contribution significative à l'élaboration de politiques de développement mondial, portant en particulier sur le traitement des questions de l'inégalité, de la pauvreté et de la sécurité alimentaire, qui sont au cœur de la vision et de la mission de l'Institut Mints. La remise du prix au Prof. Kremer souligne le caractère globaliste de l'approche de l'Institut et son engagement à se confronter aux problèmes

les plus urgents de notre temps.

Les recherches du Prof. Kremer visent à trouver des solutions pratiques aux problèmes difficiles auxquels sont confrontées les populations les plus pauvres dans le monde. L'une de ses innovations consiste dans l'utilisation d'essais randomisés pour évaluer les interventions dans le domaine des sciences sociales, approche jusqu'ici rarement appliquée à l'économie, l'éducation et la santé dans les pays africains. Ses travaux sont à l'origine d'un changement profond dans les sciences sociales, ont eu un impact significatif sur les politiques locales et mondiales dans divers domaines, et ont directement amélioré la vie de centaines de millions de personnes dans les pays en développement.

Un changement profond dans les sciences sociales

Entre autre, le prof. Kremer a eu une contribution très importante dans le domaine de la promotion des accords de garantie marché (Advance Market Commitment), mécanisme d'incitation qui encourage le développement et la mise en œuvre accélérés de nouveaux vaccins contre diverses maladies tropicales mortelles permettant de sauver des millions de personnes dans les pays en développement. Son approche est notamment à l'origine du vaccin contre le pneumocoque, bactérie dangereuse provoquant des méningites et des pneumonies graves, maintenant administré dans 60 pays.

Le Prof. Kremer est actuellement en charge de la chaire Gates pour les sociétés en développement du Département d'économie de l'Université Harvard. Il est membre de l'Académie américaine des Arts et des Sciences, lauréat du prestigieux prix MacArthur, et membre de la communauté des Young Global Leaders (jeunes leaders mondiaux) du Forum économique mondial de Davos. En outre, il a été directeur scientifique pour l'innovation de l'Agence américaine pour le développement international, et l'un des fondateurs de World Teach, organisme à but non lucratif créé à l'initiative de Harvard qui envoie des étudiants et jeunes diplômés enseigner dans les pays en développement. Le Prof. Kremer a été nommé par la revue Scientific American comme l'un des 50 meilleurs chercheurs de l'année.

L'Institut Boris Mints pour le développement de solutions stratégiques pour les défis mondiaux a été fondé en 2016 dans le cadre du Département de politique publique de la Faculté des Sciences sociales de l'Université de Tel-Aviv. Son objectif est d'encourager la recherche et la conception de solutions politiques innovantes pour promouvoir des changements positifs adaptés à l'ensemble de la société humaine. Le prix, inauguré en 2017, est décerné à des universitaires de premier plan dans le monde, qui sont également profondément impliqués dans l'action publique et ont amené à des changements véritables dans la mise en œuvre des politiques globales, contribuant ainsi à l'amélioration du bien-être de vastes populations à travers le monde.