Slide background
Slide background
Slide background

nov1

A LA UNE

Les dernières nouvelles de l'Université de Tel-Aviv


events

EVENEMENTS

Aucun événement

video

VIDEOS

vid1

semel uni2

SOUTENIR L’UNIVERSITÉ

Soutenez la recherche et les étudiants


Remise du Prix d'architecture Michel Gelrubin 2016 à l'Université de Tel-Aviv

Le Prix d'architecture Michel Gelrubin pour 2016 a été décerné comme chaque année par son fils Samuel aux étudiants les plus talentueux du Département d'architecture de l'Université de Tel-Aviv, dans le cadre des cérémonies du Conseil des Gouverneurs, en présence du Prof. François Heilbronn, président des Amis français de l'Université, du Dr. Eran Neuman, directeur du Département d'architecture, des membres de la famille Gelrubin et de l'architecte parisien Philippe Maidenberg. Le défi de cette année, "Design for a designer", portait sur la conception d'une boutique de mode.

A01A4775Le Dr. Eran Neuman a remercié la famille Gelrubin-Birène-Benitah qui aide le Département d'architecture de l'Université de Tel-Aviv depuis quatre générations, relevant que ce Prix, qui permet de faire concourir les étudiants, est également une forme de financement du Département. Cette année, 4 groupes d'étudiants, soit 80 en tout, ont pu participer à la compétition, sous la direction de quatre professeurs.

L'aide financière au Département a également permis l'achat d'une machine de découpe au laser 3D, don de la famille Maidenberg en mémoire de Paul Maidenberg, père de l'architecte décédé il y a deux mois. La machine, qui facilite le travail créatif des étudiants en leur permettant de tester différentes formes, a été inaugurée à la fin de la cérémonie par Philippe Maidenberg et sa mère Violette.

Cette année 44 étudiants ont également pu participer à des voyages d'études à Montréal et à Venise.

A01A4685L'étudiante Nadya Raiter présente le voyage à Montréal réalisé en novembre 2015 qui a notamment inclue un atelier d'architecture digitale centré sur le style brutaliste à l'Ecole d'architecture de l'Université Mc Gill. Les étudiants ont de même pu découvrir la ville sur le plan architectural, en autre visiter le site de la fameuse Expo 67 de Montréal, l'ensemble architectural Habitat 67 et la ville souterraine. Au cours de ce voyage ils ont réalisés des films vidéo, dont l'un d'entre eux a été visionné durant la cérémonie, présentant leur vision de l'architecture brutaliste entrevue dans la ville.

Un second groupe d'étudiants s'est récemment rendu à Venise pour effectuer un voyage ayant pour thème la combinaison de l’ancien et du nouveau dans la restauration architecturale. A travers la visite des différentes places et monuments de la ville, ils ont pu appréhender le style de restauration italienne qui s'efforce de rendre aux édifices leur caractère d'origine, en prêtant attention aux détails, à la préservation de l'atmosphère etc.

Le projet "Design for a Designer" consistait pour les étudiants à concevoir le design d'une boutique de mode, après avoir rencontré les stylistes, pour s'inspirer de l'esprit de leur collection dans la réalisation de leur travail.

A01A4725Le 3e Prix a été remis à deux projets. Le premier, "Kid me not" de Ronen Porat et Dan Horowicz, dirigés par Amit Mandelkern, était consacré au design d'une boutique de vêtements pour enfants. Les étudiants se sont inspirés des esquisses et des tissus du styliste, qui base sa collection sur des histoires pour enfants et crée des vêtements aux couleurs douces, et ont imaginé un magasin sur deux étages dans lesquels les enfants peuvent découvrir différents "mondes".

La 3e place ex-aequo a été obtenue par Daniel Simantov et Dina Epstein, sous la direction de Guy Re Moor, pour leur projet "Cutting Edge".

La seconde place a été attribuée à Eedo Zigelboim , Aviv Amiel et Esther Carmon qui ont choisi de présenter un projet de boutique pour la styliste Rimma Romano, inspiré de sa ligne minimaliste, des contrastes blanc/noir, jouant sur divers niveaux de transparence et estompant les frontières entre intérieur et extérieur.

Le 1er prix est revenu à Nadya Raiter et Shaked Tamir sous la direction d'Ester Ramon pour la conception d'un atelier de robes de mariées pour le styliste Ran Zuriel, inspiré de sa conception proche de la nature, et de son exigence d'intimité avec le client auquel il accorde une place importante dans le processus de création. Les étudiants ont tenté de combiner éléments naturels et industriels, manipulant le bois pour le "tisser" avec des fils de métal, et utilisant le terrazo, matériau constitué de fragments de pierre naturelle agglomérés à du ciment.

"C'est un grand honneur pour moi d'être ici pour la 3e année. Je suis sûr que mon père serait très fier de nous tous" a conclu Samuel Gelrubin.

Le prix Gelrubin 2015 avait été attribué pour la conception d'un loft, et celui de 2014 pour le design d'un hôtel parisien.

A01A4540

Honorer les héros juifs – "Les Combattants juifs de la Seconde guerre mondiale" à l'Université de Tel-Aviv

Beau succès pour le colloque sur les combattants juifs de la Seconde guerre mondiale, qui s'est déroulé à l'Université de Tel-Aviv le jeudi 19 mai, dans le cadre des évènements du Conseil des gouverneurs. Organisé par le Centre Goren-Goldstein de recherche sur la Diaspora, les Associations des Amis français et des Amis francophones de l'Université et le groupe de recherche ADARR, en collaboration avec l'Institut français en Israël, il a rendu hommage au million et demi de soldats juifs qui ont combattu contre les nazis dans les armées alliées, aspect de la seconde guerre mondiale jusque-là quasi-inconnu. Mêlant conférences, litérature et témoignages, il a été dédié au sous-lieutenant Hadar Goldin, tombé au combat pendant la guerre de Gaza en aout 2014 à l'âge de 23 ans, dont le père, le Dr. Simha Goldin, directeur du Centre Goren-Goldstein, est lui-même le fils d’un soldat juif ayant servi dans l’armée polonaise.

A01A3294"Partout et toujours les Juifs ont combattu contre les nazis. Mais cette vérité n'est que partiellement connue" a souligné le Prof. François Heilbronn, président de l'Association des Amis français de l'Université de Tel-Aviv, en ouverture du colloque. Remerciant le Dr. Goldin pour avoir initié ce projet de recherche essentiel, il rappelle que les Juifs de toutes nationalités se sont battus sous l'uniforme de leurs armées respectives sur tous les fronts, entre autre  plus de 70 000 dans l'armée française, dont 10 000 prisonniers dans les camps allemands, et 35 000 dans l'armée britannique (sur les 300 000 qui composaient la communauté juive anglaise en 1939). Les Juifs se sont soulevés dans les camps de la mort (à Treblinka, Sobibor etc.) et ont été nombreux dans les mouvements de la Résistance.

Le Prof. Ruth Amossy, coordinatrice du groupe de recherche ADARR a pour sa part  remercié la famille Heilbronn dont la générosité a permis de financer une première recherche sur les prisonniers juifs dans l'armée française.

Un projet historique important en Israël

Avant de présenter le projet du Centre, le Dr. Goldin a tout d'abord rappelé que le corps de son fils Hadar, est toujours détenu par le Hamas, de même que celui du sergent-chef Oron Shaul et que les familles font tous les efforts possibles pour les faire rapatrier.

Le projet du Centre Goren-Goldstein a pris forme après un premier colloque international fin 2014, à la suite duquel le Centre a reçu de nombreux fonds d'archives. Son but est de rassembler, préserver et étudier les lettres et autres documents d’origine personnelle retrouvés dans les archives familiales de ceux qui ont participé à la guerre et de leurs descendants, et de les organiser en une base de données accessible aux étudiants et au grand public. Selon le Dr. Goldin, il s'agit d'un projet historique important en Israël, où l'on connait généralement l'histoire de la Shoah et des révoltes des ghettos, mais pas cet aspect de la lutte des soldats juifs au front.

A01A3364Le Dr. Leonid Smilovitsky a ensuite présenté la collection d'archives des correspondances de la Seconde guerre mondiale du Centre, en particulier celle provenant des soldats de l'Armée rouge. Pendant les 4 années de guerre (1941-1945), entre 490 000 et 520 000 Juifs soviétiques se sont portés volontaires, ou ont été mobilisés dans l’Armée rouge. Pas moins de 200 000 sont tombés en servant sur le front, dans le détachement des partisans, et en captivité. Selon le Dr. Smilovitsky, cette mission d'archivage est urgente, car "sous nos yeux, la dernière génération des témoins et participants à la guerre est en train de disparaître, et plus personne ne sera en mesure de commenter les documents". La collection comprend en tout quelques 5 000 éléments, notamment des centaines de lettres récoltées auprès des familles, représentant une correspondance presque quotidienne entre le front et l’arrière, qui donne une idées des expériences émotionnelles, des sentiments, projets, espoir et de la vie quotidienne des deux côtés, y compris les réactions aux nouvelles venues du front, des récit sur le travail et la vie de tous les jours etc. Une des questions qui émerge est celle de l'auto-identification des Juifs. "Un Juif pendant la guerre éprouvait des sentiments différents de ceux d'un non-Juif. Il devait prouver sans cesse son «utilité» comme patriote et combattant intrépide. Si un Juif faisait preuve de lâcheté, de malhonnêteté, de mauvaise conduite, ou volait, ses défauts étaient immédiatement attribués à tous ses coreligionnaires. Privés de tradition, détachés de la religion, ne connaissant pas le Yiddish (ou y ayant consciemment renoncé), nombreux se considéraient sincèrement comme une partie du peuple soviétique. Cependant leur environnement et l'Etat lui-même continuaient de les considérer comme des Juifs. L'antisémitisme étatique croissant en URSS, soutenu par un antisémitisme intérieur (à l'arrière comme au front), a rendu la population juive soviétique largement vulnérable, sinon sans défense".

"Etre un soldat juif britannique en Palestine n'étati pas agréable"

Selon le Dr. Smilovitsky, malgré la censure (chaque lettre portait le tampon "Vu. Censure militaire n° .... "), ces documents constituent également une source d'information sur la Shoah: "Les lettres contiennent des renseignements sur les crimes nazis, les meurtres de civils et la destruction massive des Juifs, qui apparaissent aussi bien dans celles en provenance du profond arrière-pays soviétique (Oural, Sibérie, Asie centrale, Extrême-Orient), que dans celles des soldats de l'armée combattante qui décrivaient ce qu'ils voyaient. On peut trouver de nombreux détails dans les lettres des anciens prisonniers des ghettos qui ont survécu et ont été mobilisés dans l'Armée rouge, ou l'on rejoint volontairement. Les Juifs soviétiques écrivaient à leurs parents et amis à l'étranger à propos de la tragédie qu'ils vivaient. Les nouvelles tragiques sur le sort des Juifs restés en territoires occupés (qui ne pouvaient pas, ne réussirent pas, ou ne voulurent pas quitter leur terre natale) étaient partagées par leurs voisins non-juifs etc.

A01A3434La session suivante fut consacrée aux témoignages. Le Prof. Ruth Amossy présente l'ouvrage de Georges Brandstatter, Les Combattants juifs dans les armées de la Libération[1], somme de 50 témoignages classés et commentés de combattants engagés dans la lutte contre les nazis, en présence de l'auteur. Georges Brandstatter a été caché pendant la guerre dans une famille chrétienne dans le village d'Andoins, où il fut enfant de chœur dans la chorale de l'Eglise du village. Vers l’âge de 12 ans, il découvre les récits que se racontent les rescapés de la Shoah, puis décide de recueillir leurs témoignages. On lui doit un premier recueil de témoignages sur la Résistance juive en Europe.

Woolf Marmot, combattant juif dans l'armée britannique durant la Seconde guerre mondiale, parmi les 4% de Juifs encore en vie ayant combattu dans les armées alliées, fit ensuite une intervention colorée et teintée d'humour. Né à Londres de parents originaires d'Ukraine, il fut enrôlé dans le contingent britannique et fit partie de la première vague des soldats qui débarquèrent à Anzio, en Italie en 1943. Blessé, il est opéré à Naples, où il y participe à un grand Seder de Pessah organisé pour les combattants juifs. Il prend ensuite part à la campagne de Sicile et à la prise de Rome en juin 1944, et assiste au premier service religieux officiel dans la synagogue de Rome libérée. Atteint de la diphtérie, il est soigné dans un hôpital militaire à Florence et termine la guerre dans un camp de convalescence. "Bien que Juif, j'ai rarement ressenti l'antisémitisme pendant mon service" dit-il. Son régiment est alors envoyé en Palestine. "Le fait d'être un soldat juif britannique en Palestine n'était pas agréable ". Dans le cadre de la politique des Livres blancs du mandat britannique, qui visait à restreindre l'immigration juive, on lui demande d'empêcher un bateau de rescapés de l'Holocauste d'accoster et il refuse. Son commandant se contente cependant de demander son transfert. Néanmoins, c'est aussi pendant cette période qu'il rencontre sa femme française Hélène, avec qui il finira par aller vivre définitivement en France: "Nous étions de très heureuses victimes de guerre" conclue-t-il.

A01A3510Les combattants français juifs dans les camps de prisonniers en Allemagne

Le Dr. Galit Hadad du Centre Goldstein-Goren a ensuite présenté l’expérience de captivité des combattants français d’origine juive dans les camps de prisonniers de guerre en Allemagne, à travers l'histoire tragique du Prof. Georges Ascoli, "dont le destin fait ressortir avec acuité, la répercussion de l’Histoire dans l'homme". Né en 1882 à Paris dans une famille juive d’origine italienne assimilée, Ascoli entame des études littéraires à l’ENS et obtient l’agrégation. Mobilisé en 1914, il est blessé trois fois, et décoré de la Légion d’honneur. Après la guerre, il est nommé Président d’une Association d'Anciens combattants et obtient une chaire d’Histoire de la littérature française à la Sorbonne. En 1939, âgé de 53 ans, il endosse à nouveau l’uniforme. Fait prisonnier à la veille de l’armistice, il est interné à Nuremberg. Protégé à l’instar de ses camarades non juifs, par la Convention de Genève, il fonde l’université de captivité dont il est recteur au début, mais, cible de certains prisonniers français, il en est rapidement éjecté. Il forme alors autour de lui un cercle académique rassemblant des anciens normaliens et universitaires. Dénoncé, et suspecté d'être gaulliste, il se retrouve interné dans un baraquement réservée aux juifs.

Libéré en août 1941, à titre d'ancien combattant de la Grande Guerre, il apprend que son deuxième fils est fait prisonnier de guerre, et ne retrouve plus son poste à la Sorbonne puisque son statut de juif lui interdit d’exercer son métier dans l'Éducation Nationale. Invité par le Maire de Sèvres, à l'automne 1943, à titre de Président de l’Association locale des anciens combattants, il est dénoncé, arrêté par la Gestapo et transféré à Drancy avec sa femme, puis déporté à Auschwitz le 10 mars 44. "Le tragique paradoxe du destin d’Ascoli, c’est que sa liberté retrouvée a permis son arrestation. Dès qu’il n’est plus captif, son identité se résume à son origine et il n’échappe plus au destin génocidaire réservé aux juifs de France. L’Histoire des deux guerres mondiales est inscrite dans son parcours et son destin : libéré grâce à son titre d’ancien combattant il est dénoncé lors d'une cérémonie où il est invité au même titre".

A01A3301Douze destins héroïques

François Heilbronn, professeur à Sciences Po Paris, présenté par Sébastien Linden, attaché de coopération scientifique et universitaire auprès de l'ambassade de France, comme "un homme de multiple talents qui se bat en permanence pour les valeurs de la république française et s'exprime chaque fois qu'elles sont menacées", a consacré sa communication à la présentation de douze destins héroïques, six parachutistes juifs de la France libre et six autres d'espions israélites dans les services de renseignements alliés. Il l'a débuté en faisant entendre le chant de la prière des parachutistes, écrit par André Zirnheld, Juif d'origine alsacienne, aspirant du commando des forces spéciales de l'armée britannique (SAS), premier officier parachutiste de la France libre tombé sur le champ de bataille, en 1942 dans le désert de Cyrénaïque. Le texte de la prière a été retrouvé sur lui. Les cinq autres parachutistes étaient le commandant René-Georges Weill, capitaine de la première compagnie d'infanterie de l'armée de l'Air, tombé en captivité et décédé par suicide en mai 1942; Jean-Salomon Simon, commandant du 3e régiment de chasseurs, parachuté en Belgique en avril 45 et mort au combat. Didier Heilbronn, oncle de François Heilbronn, volontaire dans le 1er bataillon parachutiste de choc, blessé à la jambe. Maurice Rheims, membre de l'Académie française, commandant en second du premier groupe de commandos parachutistes en Algérie. Norbert Beyrard (Benchemoul), parachuté au Pays-Bas, fait prisonnier et évadé. Sur 400 parachutistes, près de 100 étaient juifs, dont 15 officiers.

Combattre contre l'effacement de l'identité juive

La deuxième partie de l'intervention était un hommage aux espions et saboteurs juifs des services secrets alliés. Jean Rosenthal, du Bureau central de renseignement et d'action de la France libre (BCRA), héros de La Vallée des rubis de Joseph Kessel; le lieutenant Bernard Bermond (Benjamin Benezra), du Bureau des services stratégiques des Etats-Unis (OSS), le commandant François Klotz, du SPOC américain, torturé à plusieurs reprises et disparu en juillet 44, grand-oncle de François Heilbronn à l'origine de son prénom et de son désir de servir dans le régiment des parachutistes. Jean Worms, agent secret français du SOE britannique, arrêté, torturé et exécuté à Flossenburg en 1945. Philippe Koenigswerther du BCRA, exécuté en Alsace au camp de Stuttoff. Denise Bloch du SOE, parachutée en France en 1942, torturée et abattue par la Gestapo en janvier 1945. Enfin Nahum Ben Shemoul, qui s'enrôla comme volontaire étranger vers la Palestine, et sera à l'origine de la première unité de parachutistes de l'armée israélienne. Le Prof. Heilbronn estime la participation des Juifs de France à plus de 10% de l'ensemble des services secrets alliés, alors qu'ils ne représentaient que 1% de l'ensemble de la population française.

A01A3660Introduisant la conférencière suivante, Yves Wahl, directeur du nouveau programme de Culture française de l'Université de Tel-Aviv, remercie au passage l'AFAUTA pour avoir a permis la réouverture du programme de culture française de l'Université et rappelle que son père, Henri Wahl, était également chef d'un réseau de résistance juive. Le Dr. Françoise Ouzan, du Centre Goldstein-Goren présente l'itinéraire du  résistant Otto (Toto) Giniewski, militant sioniste et dirigeant de l'Armée juive et du Mouvement de la jeunesse sioniste en France (MJS). Né à Vienne en 1920, Otto Giniewski (devenu Eytan Guinat) quitte l'Autriche pour la Belgique en 1935, où il devient militant sioniste actif. Il y poursuit ses études à Bruxelles où il devient président de l'organisation étudiante. Après l'invasion allemande de la Belgique, il est envoyé dans le sud de la France, où il devient l'un des co-fondateurs et des principaux dirigeants de l'Armée juive, organisation derésistance qui permit le passage enEspagnede centaines deJuifs. En parallèle, il poursuit un doctorat en chimie, et son laboratoire à l'Université de Grenoble devient rapidement le quartier général de la fabrication de faux papiers. En juillet 1945 il immigre en Palestine. "L'itinéraire de Toto montre le double combat des membres du mouvement de la jeunesse sioniste, résistants mais aussi combattants contre l'effacement de l'identité juive et pour sa réactivation par l'intermédiaire du sionisme".

A01A3680Le Gardien de nos Frères

Enfin, la dernière session fut consacrée à la romancière Ariane Bois[2], qui présenta son 5e et nouveau roman sur la résistance juive en France, Le gardien de nos frères. Histoire d'un jeune homme, Simon Mandel, de la bourgeoisie juive parisienne, patriote, dreyfusarde, laïque, au père franc-maçon, dont le monde s'est fracassé avec la guerre. La famille est séparée, il prend le maquis et rejoint la résistance juive. Après la guerre il rencontre Lena, une jeune fille d'un milieu de petits commerçants polonais qui a réussi à survivre au Ghetto de Varsovie. Tous deux se vouent à la cause des enfants juifs cachés pendant la guerre. "Dans mon livre, j'ai voulu rendre hommage à ces combattants de l'ombre, et tordre le cou au cliché selon lequel les Juifs ne furent que des victimes. J'ai voulu rappeler les héros, tous ces hommes courageux qui ont aussi préparé les jeunes pour leur alyah vers la Palestine".

Ce très riche après-midi s'est terminée par une dédicace de livres.

A01A3320



[1]Georges Brandstatter, Combattants juifs dans les armées de Libération (1939-1948), Ed. Ouest-France, 2015.

[2] "Et le jour pour eux sera comme la nuit" (Ramsay, 2009; J'ai Lu, 2010), prix du premier roman de la ville de Dijon, et le Prix de Combs-la-Ville "Le Monde d'Hannah" (Robert Laffont, 2011; J'ai Lu, 2014), "Le monde d'Hannah" (Belfond, 2011) et "Sans oublier" (Belfond, 2014).

L'Ecole dentaire de l'Université de Tel-Aviv a fêté ses 40 ans

L'Ecole Goldschleger de Médecine dentaire de l'Université de Tel-Aviv a fêté ses 40 ans les 17 et 18 mai, dans le cadre des cérémonies du Conseil des Gouverneurs de l'Université. A cette occasion ont été inaugurées deux nouvelles salles de soin sponsorisées par les familles Amiach, Boublil, Cattan et Hodara, en présence du Prof. Ervin Weiss, directeur de l'Ecole, du Dr. André Amiach, membre du conseil des Gouverneurs de l’Université et du comité d’Honneur des Amis français de l’Université de Tel-Aviv, du Prof. François Heilbronn, président de l’Association, du Dr. Wendy Spektor, présidente de la Fraternité dentaire internationale Alpha-Omega et des étudiants de l'Ecole.
"Grâce à notre nouveau cursus révolutionnaire, nous allons devenir la meilleure école dentaire du monde" a annoncé le Prof. Weiss.

SallesdentairesweissheilbronnamiachhodaraLe Prof. François Heilbronn a rappelé que l'Ecole a été fondée il y 40 ans par un Français, Maurice Goldschleger, a insisté sur le rôle de l'Association des Amis français, notamment de son premier président Hugo Ramniceanu, dans sa création et remercie le Dr. Amiach, dont les prodigieux efforts ont réussi à sauver l'Ecole de la fermeture, il y a moins d'une dizaine d'années.

Le Dr. Amiach a retracé son action permanente et de longue durée en faveur de l'Ecole et la lutte qu'il a mené pour la  faire revivre après la crise financière qu'elle a subi il y a quelques années, et exprimé sa profonde reconnaissance envers les donateurs qui l’ont suivi dans ce défi et ont permis sa reconstruction pierre par pierre.

Le Prof. Weiss remercie la Fraternité Alpha Omega pour son rôle dans la création et le développement de l'Ecole. Il rappelle que ces débuts avaient été une initiative conjointe de l'Université de Tel-Aviv et de la Kupat Holim, et que la philosophie de l'Ecole a toujours été d'apporter la santé dentaire à la périphérie, et aux familles défavorisées. Ce programme, interrompu en raison de la crise financière qu'elle a traversé il y a une dizaine d'années, a pu reprendre grâce aux efforts d'Alpha Omega et des donateurs de l'Université dans le monde entier. "Nous avons aujourd'hui 50 étudiants par classe nous en voulons 100. Nous avons mis au point un nouveau cursus révolutionnaire qui fera de nous la première école dentaire dans le monde à enseigner la dentisterie digitale en premier choix. Grâce à votre vision, vous allez créer la meilleure école dentaire du monde" a-t-il déclaré aux donateurs.

SalledentaireanniversaireDeux nouvelles salles ont été inaugurées, l'une par la famille Hodara, représentée par Michèle Hodara Amiach, en la mémoire de leurs parents Anszel et Rifka Dawid et de leur frère Arie, décédé accidentellement à l'âge de 24 ans; la seconde au nom de David et Julien Amiach, Stéphane, Fabrice et Jérémy Boublil, ainsi que David et Olivier Cattan.

L'an dernier, une autre salle de soins avait été inaugurée à la mémoire de Naftali Frenkel, Gilad Shaer et Eyal Yifrah, les trois adolescents enlevés et assassinés avant l’Opération Bordure protectrice.

Sur la photo, de gauche à droite: le Prof. Erwin Weiss, directeur de l'Ecole dentaire, le Prof. François Heilbronn, président des Amis français de l'Université de Tel-Aviv, Michèle Amiach, le Dr. André Amiach, le DR. Wendy Spektor, présidente e la Fraternié internationale Alpha-Oméga. (Crédit: Assaf Silo/Israel Sun)

Articles liés:

UNE SALLE DE SOINS À LA MÉMOIRE DE NAFTALI FRENKEL, GILAD SHAER ET EYAL YIFRAH À L’UNIVERSITÉ DE TEL-AVIV

INAUGURATION DE SIX NOUVELLES CLINIQUES DENTAIRES

LES AMIS FRANCAIS RENCONTRENT ALPHA OMEGA A LYON 

INAUGURATION DE LA SALLE ROGER HODARA A L'ECOLE DE MEDECINE DENTAIRE

 

Le Prix Ramniceanu 2016 du meilleur entrepreneur d'Israël remis au Dr. Fischer

Le Prix d'Economie Hugo Ramiceanu pour l'année 2016 a été décerné au Dr. Eli Fischer, fondateur et président du groupe pharmaceutique et cosmétique Dr. Fischer, en reconnaissance de son impact profond sur le développement de l'économie et de l'industrie en Israël, le 20 mai à l'Université de Tel-Aviv, dans le cadre des cérémonies du Conseil des Gouverneurs de l'Université. Il en a fait don à deux doctorantes en médecine.

Ramniceanu2016.1Le Prix Ramniceanu est attribué chaque année depuis 29 ans pour récompenser les réalisations en Israël dans le domaine de l'économie, de la recherche technologique et du développement. Il a été remis au Dr. Eli Fischer par le Dr. Monique Barel, fille d'Hugo Ramniceanu, son fondateur, industriel dans le domaine du textile considéré comme l'un des plus grands donateurs en faveur de l'Etat d'Israël,  en présence du Prof. Klafter, président de l'Université de Tel-Aviv, du Prof. Yaron Oz, recteur, du Prof. Jacob Frenkel, président du Conseil des Gouverneurs et du Prof. François Heilbronn, président des Amis français de l'Université de Tel-Aviv.

Le Prof. Heibronn a rappelé qu'Hugo Ramniceanu fut le premier président de l'Association des Amis français et qu'il avait une vision d'excellence et d'entreprenariat pour Israël, en raison de laquelle le Prix est décerné chaque année au meilleur entrepreneur du pays.

Esprit d'entreprise, excellence et conscience sociale

Le Prof. Klafter a pour sa part souligné que les valeurs de la société Dr. Fisher, esprit d'entreprise, promotion de l'innovation, excellence et conscience sociale étaient en résonnance avec celles de l'Université de Tel-Aviv.

Le Prix été décerné au Dr. Eli Fischer en reconnaissance de son impact profond sur le développement de l'économie et de l'industrie en Israël; des qualités de leadership dont il a fait montre dans la direction de sa société depuis plus de 50 ans; de sa réussite dans la construction et le développement de l'entreprise en un groupe international qui exporte ses produits dans 30 pays à travers le monde; de sa créativité commerciale qui a fait de la marque Dr Fisher le synonyme de produits et traitements fiables et de haute qualité, dans les domaines de la santé, de l'hygiène, des soins oculaires et des soins de la peau;  pour sa promotion des valeurs de responsabilité sociale dans les affaires, son esprit humanitaire, notamment son soutien, avec sa défunte épouse Deborah, à une série de programmes philanthropiques pour promouvoir la paix, l'éducation et le bien-être; et enfin son soutien à l'Université de Tel-Aviv dont il est depuis peu membre du Conseil des Gouverneurs.

Le Dr. Eli Fischer, qui s'est déclaré "très fier" de l'obtention de ce prix, a ensuite partagé son expérience et sa vision économique. Diplômé de l'Université hébraïque de Jérusalem et des Universités de Harvard et de Californie aux États-Unis, il a créé sa société en 1965 avec sa femme Deborah, après avoir mis au point un médicament pour traiter le glaucome pendant son doctorat. En 1975, il commença à fabriquer des préparations pharmaceutiques sans ordonnance pour les soins de la peau, notamment pour le traitement des nourrissons. Les produits antiseptiques de la série Polydine, mis  au point au moment de la guerre du Kippour, ont aidé les blessés de guerre. En 1982, après dix années de recherches sur les dangers de l'exposition au soleil, il entame la production des produits Ultrasol, premiers du pays et parmi les premiers dans le monde à protéger aussi bien contre les UVA que contre les UVB. En 1993 il créa  la chaine de produits cosmétiques naturels Body Shop Israël, qui compte aujourd'hui 45 magasins. La Fondation Deborah Fisher, créée en mémoire de sa femme, fait don de médicaments et d'argent à des organismes de bienfaisance. La société est en outre active dans des organisations d'aide à l'enfance dans le besoin.

Ramniceanu2016.2"Je suis un scientifique, pas un homme d'affaires"

"Je suis à l'origine un scientifique, pas un homme d'affaires" dit le Dr. Eli Fischer. "Depuis 50 ans je m'intéresse à la biochimie pour tenter de prolonger la vie. Si nous parvenons à ralentir le processus de vieillissement, nous arriverons peut-être à freiner les maladies qui viennent avec l'âge". Selon lui, l'indépendance de l'Etat d'Israël dépend de son industrie: "Sans industrie, pas d'exportations, et sans exportations pas d'indépendance". Optimiste sur l'avenir de l'économie israélienne, il pense cependant qu'Israël doit agir vite, en mettant l'accent sur la coopération avec ses amis plutôt que sur la lutte contre le BDS: "La plus grande partie du monde nous est soit favorable, soit indifférente. C'est avec elle que nous devons travailler, et non nous polariser contre les boycotteurs".

Le Dr. Fischer a fait don du montant de son Prix à Hagar Malcov et Yamit Cohen-Tayar, toutes deux doctorantes en médecine, qui travaillent sur la prévention du mélanome (le cancer de la peau).

La bourse Hugo et Valérie Ramniceanu, remise à la même occasion, a été attribuée à une étudiante nouvelle immigrante en économie, Anna Lerman.

Parmi les lauréats de ce prestigieux Prix ces dernières années on trouve Rami Levy, Bruno Landsberg, président de Sano, le Dr. Yossi Vardi, l'industriel Stef Wertheimer, l'homme d'affaires et industriel Dov Lautman, l'ancien gouverneur de la Banque d'Israël, le Prof. Jacob Frenkel, le président de Check Point Gil Shwed, le président d'El al, le Prof. Israël (Izy) Borowitz, l'ancienne PDG de la Banque Leumi, Galia Maor, le PDG d'Intel Israël, Maxine Fassberg, les fondateurs de Medinol, Kobi et Judith Richter et les créateurs et développeurs de la société WAZE: Noam Bardin, Uri Levine, Ehud Shabtai et Amir Shinar.

 

Sur la photo de gauche à droite: le Prof. Jacob Frenkel, président du Conseil des Gouverneurs de l'Université de Tel-Aviv, le Dr. Eli Fischer, le Dr.Monique Barel, le Prof. Francois Heilbronn, président des Amis français de l'Université et le Prof. Joseph Klafter, présent de l'UTA.

Photo du bas, le Dr. Eli Fisher entre les deux doctorantes Hagar Malcov (à droite) et Yamit Cohen-Tayar.

Discours de François Heilbronn lors de la remise de la médaille George Wise à Manuel Valls à l'Université de Tel-Aviv

Voici le discours prononcé par François Heilbronn, président de l'Association des Amis français de l'Université de Tel-Aviv, lors de la remise de la médaille George Wise, plus haute distinction de l'Université de Tel-Aviv, au Premier Ministre français Manuel Valls le dimanche 22 mai, à l'occasion du 60e anniversaire de l'Université.

 

DiscoursHeilbronnVallsMonsieur le Premier Ministre, Cher Manuel Valls

Monsieur le Président de l’Université de Tel-Aviv, Cher Professeur Joseph Klafter

Monsieur le Président du Conseil des Gouverneurs de l’Université de Tel-Aviv, cher Professeur Jacob Frenkel

Madame la Ministre de la Culture et de la Communication, Chère Audrey Azoulay

Monsieur le Secrétaire d'État auprès du Premier Ministre, chargé des Relations avec le Parlement, Cher Jean-Marie Le Guen

Madame la Secrétaire d'État auprès du ministre de l'Économie, de l'Industrie et du Numérique, chargée du Numérique, Madame Axelle Lemaire

Madame et Monsieur les ambassadeurs d’Israël en France et de France en Israël, Chère Aliza Bin Noun, Cher Patrick Maisonnave

Messieurs les sénateurs, députés et maires

Mesdames et Messieurs les membres de la délégation française du Premier Ministre

Mesdames et Messieurs les Présidents d’organisations juives et amies d’Israël

Mesdames et Messieurs les Professeurs

Mesdames et Messieurs les amis français de l’université de Tel-Aviv,

Chers Gouverneurs, Chers étudiants, Chers amis

 

Monsieur le Premier Ministre, Il y a 181 ans, un de nos plus grands poètes français revenait d’Orient. Ce républicain et démocrate dans l’âme, futur Ministre des Affaires étrangères de la seconde République, Alphonse de Lamartine, nous rapportait son « Voyage en Orient ». Sur les hauteurs du Mont-Carmel non loin d’ici, il écrivait en 1835 :

 

« Un tel pays, repeuplé d’une nation neuve et juive, cultivé et arrosé par des mains intelligentes,... - un tel pays, dis-je, serait encore la terre de promission aujourd’hui, si la Providence lui rendait un peuple, et la politique du repos et de la liberté”

  

Et nous vous accueillons ce jour en Israël, redevenue cette « terre de promission », comme l’avait si clairement imaginé Lamartine. Cette « terre de promission ! » Oui, par sa recherche scientifique, ses innovations, ses écrivains, ses musiciens, ses cinéastes et ses entreprises innovantes dans tous les secteurs de pointe.

 

Israël redevenue cette nouvelle Terre promise, de la Science et de la Culture, grâce à la qualité de son système universitaire, dont l’Université de Tel-Aviv est un des fleurons.

 

Et c’est à l’Université de Tel-Aviv, dont nous fêtons les 60 ans ces jours-ci, que nous vous accueillons. Cette jeune université est devenue en 60 ans, la toute première université d’Israël en nombre d’étudiants mais surtout en nombre de brevets déposés et se situant dans les trente premières mondiales. Parmi les toutes premières dans de nombreux domaines comme la nanotechnologie, la biologie, la cybersécurité, l’informatique, le management et même la musique et le cinéma. 

 

L’université de Tel-Aviv est aussi l’expression vibrante de partenariats universitaires et scientifiques avec la France. Depuis plus de 10 ans déjà, il existe un partenariat d’échanges d’étudiants, de professeurs et d’organisation de colloques avec Sciences Po. Plus de 50 étudiants israéliens étudient en ce moment à Sciences Po et près de 10 étudiants de Sciences Po sont ici à l’Université de Tel-Aviv. Nous avons aussi des partenariats avec la Sorbonne, l’INALCO, Polytechnique, l’ESPCI. Un laboratoire commun en informatique avec le CNRS, dénommé FILOFOCS.

 

Comme vous pouvez ainsi le constater, un des ponts du savoir et de l’échange avec la France est ici à l’Université de Tel-Aviv. C’est une réponse vivante et constructive aux appels délétères et illégaux du boycott d’Israël.

 

Cette université ouverte sur le monde accueille plus de 1.500 étudiants de tous les pays. Cette université de tolérance compte plus de 2.000 étudiants arabes israéliens.

 

Monsieur le Premier Ministre, vous accueillir ce jour en Israël, à l’Université de Tel-Aviv pour participer à la remise qui vous sera faite de la plus haute distinction de l’université est à la fois un privilège et une joie.

 

Parmi tous les Premiers ministres de la France, vous êtes un des très rares à avoir exprimé avec force et constance votre soutien au peuple juif, au mouvement sioniste et à Israël.

 

Dans des moments particulièrement éprouvants pour notre pays, la France, vous avez su être aux côtés de vos concitoyens juifs, victimes une fois de plus de la haine antisémite meurtrière.

 

A Toulouse, à Paris vous avez été aux côtés des Juifs assassinés et de leurs familles. Assassinés par d’autres citoyens français, pour le simple fait d’être juifs. Vous avez été là aux moments tragiques, mais aussi un des rares responsables politiques français présent aux commémorations des assassinats de Toulouse.

 

VallsHeilbronnVous êtes le premier Premier Ministre de la France et le premier responsable politique français de haut rang à avoir déclaré à plusieurs reprises :

 « Il y a l'antisémitisme et il y a l'antisionisme, c'est-à-dire tout simplement le synonyme de l'antisémitisme et de la haine d'Israël.»

 Et vous l’avez inlassablement répété malgré les nombreuses critiques, venant souvent de votre propre majorité.

 

Et vous même avez été victime d’une attaque antisémite lancée par un ancien Président du Conseil Constitutionnel.

 

Cette lucidité dans le combat contre l’antisémitisme, vous l’avez aussi prouvé en faisant interdire les spectacles du propagandiste antisémite Dieudonné Mbala Mbala.

 

Vous n’avez pas hésité non plus à faire interdire et réprimer les soi-disant manifestations de soutien à Gaza en juillet 2014, devenues très rapidement des manifestations antisémites violentes.

 

Vous avez également agi concrètement contre ce fléau en donnant enfin des moyens d’action à la DILCRA pour lutter à la fois contre le racisme et l’antisémitisme et en y nommant un 3 préfet talentueux, lucide et courageux, Gilles Clavreul. Cette mobilisation, après 15 ans pratiquement d’inaction commence à porter ses fruits, et pour la première fois sur les douze derniers mois les actes antisémites et racistes sont en forte baisse en France.

 

Enfin vous êtes un vrai ami d’Israël. Vous n’êtes pas de ces ministres, qui une fois devenu ministre ou Premier ministre s’empresse d’oublier qu’il fut un ami d’Israël.

 

Je me souviens de vous lors de votre campagne pour les primaires en 2011, dans un meeting à la Mutualité. Vous aviez tenu à nous lire le début de la déclaration de l’indépendance de l’Etat d’Israël, en nous déclarant que c’était pour vous une des plus belles déclarations politiques que vous connaissiez.

 

Et plus récemment, vous n’avez pas hésité à prendre vos distances avec le vote inique de la France à l’UNESCO, niant 3.000 ans d’histoire juive et 2.000 ans d’histoire chrétienne à Jérusalem.

 

80 ans après le début du Front Populaire, vous vous inscrivez dans les pas d’un autre très grand Premier ministre socialiste, Léon Blum.

Léon Blum déclara en 1922 « Nous les socialistes français nous vous aiderons de tout notre pouvoir, parce que le sionisme se concilie avec le socialisme international,…Jaurès aimerait votre œuvre, elle est socialiste car populaire, juste et humaine ».

 

En 1926, il devient Président de l’Union Sioniste Française.

 

Et juste avant de mourir, il écrit le 1er février 1950, ce texte admirable, que vous connaissez :

 

« Juif français, né en France d'une longue suite d'aïeux français, ne parlant que la langue de mon pays, nourri principalement de sa culture, m'étant refusé à le quitter à l'heure où j'y courais le plus de dangers, je participe de toute mon âme à l'effort admirable miraculeusement transporté du plan du rêve au plan de la réalité historique qui assure désormais; une patrie digne, égale et libre à tous les juifs qui n'ont pas eu, comme moi, la bonne fortune de la trouver dans leur pays natal... Je m'en suis toujours senti et je m'en sens plus que jamais solidaire."

 

Vous inscrivant ainsi dans les pas de Lamartine et de Blum, vous avez soutenu et soutenez ce rêve devenu réalité. Nous sommes heureux, nous les amis français de l’Université de Tel-Aviv qu’en ce jour, la toute première université de cette « terre de promission », de cette terre d’Israël, l’Université de Tel-Aviv vous décerne sa plus haute distinction, la médaille Georges Wise.

 

Et je laisse maintenant la parole au Professeur Jacob Frenkel, ancien Gouverneur de la Banque d’Israël et Président du Conseil des Gouverneurs de l’Université de Tel-Aviv.

 

Je vous remercie,

 

François Heilbronn

Président des amis français de l’université de Tel-Aviv