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Remise des bourses 2018 de l’Association française de l’Université de Tel-Aviv 2018

Les bourses de l'Association française de l'Université de Tel-Aviv pour 2018 ont été remises comme chaque année lors d'une émouvante cérémonie qui s'est déroulée début mai dans le cadre des évènements du Conseil des Gouverneurs de l'Université, en présence du Prof. François Heilbronn, président de l'Association, et de l'ancien Garde des Sceaux Dominique Perben, membre de son comité d'honneur. Cette année, deux bourses ont été décernées pour la première fois au nom de l'Association francophone locale de l'UTA créée il y a deux ans.

Groupe Bourses"Cette cérémonie où les donateurs rencontrent les étudiants boursiers est toujours un moment très émouvant et important pour l'Association", a déclaré le Prof. Heilbronn. "En accord avec la tradition française, nous souhaitons aider les étudiants, et pas seulement financer des bâtiments. Les étudiants israéliens, dont certains font leurs études en même temps que leur service militaire, d'autres leurs périodes de réserve pendant la durée de leurs études et qui pour la plupart travaillent pour financer celles-ci, n'ont pas la vie facile. Mais si nous vous donnons la main, nous attendons également des résultats. Vous devez être un exemple pour les générations futures, et rendre à vos successeurs ce que vous avez reçu. Cela fait partie de notre mission".

"Je n'ai jamais vu une association aussi dévouée envers nos étudiants"

"Je suis très fière d'appartenir à cette université", a affirmé Annie Lévy, responsable de l'allocation des bourses, qui entame sa dernière année à l'UTA. "J'ai eu beaucoup de satisfaction dans mon travail, et je n'ai jamais vu une association aussi dévouée que la votre envers nos étudiants. Tous les ans il y a davantage de bourses, qui permettent à leurs bénéficiaires de se consacrer essentiellement à leurs études".

Commença alors la cérémonie en elle-même, qui comporta comme chaque année la remise d'un certificat de reconnaissance au donateur et celle de la bourse aux étudiants, lesquels ont rapidement présenté leur parcours. Tous ont remercié les donateurs de leur générosité, insistant sur la nécessité de ces bourses pour la poursuite de leurs études, certains affirmant même qu'ils auraient du les interrompre sinon.

Andre Therese Harari Solomon OritAndré et Thérèse Harari ont remis leurs bourses à deux étudiants d'origine éthiopienne, Orit Mekonen, benjamine d'une famille de 6 enfants, étudiante de première année en psychologie et sciences de l'éducation; et Salomon Daslo, arrivé en Israël avec sa famille au début des années 1990 lors de l'opération dont il porte le nom. D'une famille de 9 frères et sœurs, il est en dernière année de maitrise de politique de l'éducation. "Je crois dans les politiques publiques et je souhaite pouvoir un jour aider d'autres personnes à avoir une meilleure vie", a-t-il déclaré. "Les Israéliens d'origine éthiopienne forment une petite minorité dans le pays, et nous voulons les aider dans le cadre de l'Université. C'est pourquoi nous avons créé un fond de bourses qui permet d'aider 10 étudiants en moyenne par an pendant 5 ans", a expliqué André Harari. François Heilbronn rappelle que le programme ADMAS d'aide aux étudiants d'origine éthiopienne de l'UTA soutien aujourd'hui plus de 200 étudiants :"Nous voulons aider à l'intégration des population de diverses origines en Israël, pour que Salomon puisse un jour devenir ministre de l'éducation comme il le souhaite", a-t-il ajouté en souriant.

"Je travaille la nuit et j'étudie le jousr"

Silvain MoniqueMonique et Sylvain Barel ont décerné une bourse à Esti Klein, étudiante en histoire de l'art, absente lors de la cérémonie. François Heilbonn remet un certificat à Monique Barel, fille du regretté Hugo Ramniceanu, premier président de l'Association des amis français de l'UTA et son époux Sylvain pour leur aide sans relâche à l'Association depuis de nombreuses années.

Frqncois Adi noy ArnonGalLe Prof. Ruth Amossy, professeur émérite de l'Université de Tel-Aviv, ancienne détentrice de la Chaire de Culture française et coordinatrice du groupe de recherche ADARR, remet la bourse au nom d'Ariane Heilbronn à Adi Noy, étudiante en maitrise du programme d'art interdisciplinaire, mère célibataire, et responsable d'une section de théâtre en lycée. "Ariane souhaite aider les femmes courageuses qui élèvent seules leurs enfants à étudient tout en travaillant", a précisé François Heilbronn, qui a lui-même remis une bourse à Arnon Gal, 27 ans, habitant à Holon, servant dans une unité de combat, en 3e année d'informatique et d'études asiatiques.

Odile Cohen Tal BandelOdile Cohen remet la bourse au nom de ses parents Raoul et Jacqueline Madar à Tal Bendal, 29 ans, étudiant en soins infirmiers. "Je travaille la nuit et j'étudie le jour, et je fais de plus du volontariat 3 fois par semaine pour aider des enfants", raconte Tal. "Je veux montrer que la profession d'infirmier n'est pas seulement réservée aux femmes".

Trois générations de donateurs

WoolfGalitYovelQyeletYuliaWoolf Marmot a décerné sa bourse à Ayelet Giladi, étudiante en psychologie. "A 91 ans, Woolf est l'un des piliers de notre association", déclare François Heilbronn. "Ayant lui-même servi dans les forces anglaises pendant la seconde guerre mondiale, il veut encourager la recherche sur les troubles de stress post-traumatique après les guerres". "Woolf soutient notre Département depuis 30 ans", rappelle le Prof. Galit Yovel, directrice de l'Ecole de psychologie. Ayalet travaille avec le Prof. Michèle Slone sur les effets de l'exposition au terrorisme par les média chez les Juifs et les Arabes en Israël. "J'ai grandi dans un kibboutz près de la frontière, ce sujet est donc parlant pour moi", commente-t-elle. Woolf Marmot a déclaré pour sa part que c'est "un énorme plaisir et une extraordinaire satisfaction que d'aider ce Département". Il remet également la bourse de Marc Haddad à Julia Dedikov, doctorante en psychologie clinique du regretté Prof. Avi Sade.

Colette KerberYossi CohenLa bourse de Colette Kerber a été remise à Yoni Cohen, 29 ans, en deuxième année de science politique et d'histoire du peuple juif, qui travaille à l'INSS (Institut pour les études de sécurité nationale) et étudie le BDS. "Je fais deux jobs en plus de mes études et c'est très difficile", commente-t-il. Yoni Cohen a précédemment reçu la bourse offerte par Colette Kerber à un étudiant de science politique au nom de son fils, Fabien Cyril-Boisson, à la mémoire duquel elle a également dédié l'an dernier l'auditorium du Musée Steinhardt d'histoire naturelle de l'Université de Tel-Aviv, qui vient d'ouvrir ses portes au public.

Lyne MaayanLa bourse de Lyne Gelrubin et Gilbert Collins a été offerte à Maayan Bitner, 24 ans, en deuxième année de physiothérapie. "Je travaille également à l'hôpital Tel-Hashomer en pratique clinique, et c'est très difficile. Cette bourse me sera d'une grande aide", a-t-elle affirmé. "Lyne a su partager avec sa famille les valeurs du don et de la transmission et a amené deux générations à l'Association, son père David Birène, et ses enfants", commente le Prof. Heilbronn.

"Merci de m'avoir donné l'opportunité de vous aider"

Genevieve EynatLa journaliste Geneviève Zarka a remis la bourse de Ginette Princ à Einat Arnheim, étudiante en deuxième année d'histoire de l'art. Ginette Princ pour sa part inaugurera le lendemain une salle au Centre de soins de l'Ecole dentaire de l'Université de Tel-Aviv à la mémoire son époux Jean et de son fils Olivier, ce dernier décédé récemment.

Joel BenarrochGal AttiaLa bourse de Joël et Déborah Benarroch a été décernée à Gal Attia, 23 ans, étudiante en histoire de l'art. "L'éducation est un excellent outil de liberté et de promotion pour l'individu. Nous vous souhaitons un avenir formidable et toute la chance possible dans vos réalisations", a déclaré Joel Benarroch, qui finance des bourses d'excellence en histoire de l'art ainsi que des voyages d'étude pour les étudiants dans ce domaine.

stellaethiopiennesLe Prof. Ruth-Stella Amossy a dédié avec une grande émotion la bourse de sa mère Régina Brenes, décédée en septembre dernier, en mémoire de son père Léopold Brenes, à deux étudiantes d'origine éthiopienne, Ytayshe Ambawo, 28 ans, en première année d'études d'assistance sociale, et à Hava Areni, 29 ans, en 2e année.

VidalbenchimolChaharCohenLa bourse Aurélie Tolédano Berry et Vidal Benchimol, nouveau donateur de l'Association a été décernée à Shahar Cohen, en première année de maitrise d'art pluridisciplinaire et deuxième année de maitrise de cinéma. "Je souhaite aider les étudiants handicapés. Mon fils est lui-même un étudiant handicapé qui fait sa maitrise en France. Merci de m'avoir donné l'opportunité de vous aider", a déclaré Vidal Benchimol.

"Merci aux jeunes de nous donner l'image du courage et de l'engagement dans la vie"

GillesCohenYossiGilles Cohen, célèbre acteur français, connu pour son rôle de directeur du Renseignement dans la série Le Bureau des Légendes, a remis la bourse de Dominique Romano à Yossi Baltzan, en première année de philosophie, économie et sciences politiques, qui a auparavant servi comme technicien électronique dans la Marine pendant 3 ans et demi. "C'est un honneur et un plaisir pour nous d'être parmi vous", a déclaré Gilles Cohen. "Nous sommes très heureux de partager ces moments avec vous".

FrancoisDominiqueCorinnePerbenDenisLa seconde bourse de Dominique Romano a été remise à Denis Godayev, étudiant en 2e année de droit, par Dominique Perben, ancien Garde des Sceaux et ancien ministre des transports, qui a beaucoup œuvré pour le développement des liens entre la France et Israël, et entre les universités françaises et israéliennes. "Cela fait partie des choses qui donnent du sens à un engagement, à une action politique, et à l'existence", a déclaré l'ancien Ministre au sujet de la cérémonie. "Merci aux jeunes de nous donner l'image du courage et de l'engagement dans la vie".

Agnes ElliottLa bourse de Maureen Tolub a été remise par Agnès Goldman, déléguée générale de l'Association francophone de l'Université de Tel-Aviv, à Elliot Lellouche, en 2e année d'ingénierie électrique. Il s'agit d'une des deux bourses décernée pour la première fois cette année par la nouvelle association, créée il y a deux ans et destinée à la communauté francophone grandissante installée en Israël. "Je suis arrivé dans le pays il y a 4 ans", raconte Elliot. "J'ai fait l'armée et un oulpan d'hébreu, et j'ai connu ma femme qui a eu le même cheminement que moi. Mes études sont intenses, et je travaille aussi comme enseignant pour préparer aux examens psychométriques. Cette bourse nous a aidé pour notre mariage il y a deux mois. Merci du fond du cœur".

Pour mieux comprendre la biodiversité

AmaiachStavLa bourse de Gilles Taieb a été remise par André Amiach à Stav Livni, 29 ans, habitant en kibboutz, étudiante en première année d'économie. François Heilbronn remercie André Amiach pour son dévouement, sa générosité et sa persévérance, qui ont sauvé de la disparition l'Ecole dentaire de l'UTA, qui dispense aujourd'hui des soins aux populations les plus défavorisées du pays.

 

ClaireJabesDorLa bourse de Claire et Thierry Jabès a été remise par Claire Jabès à Dor Eini, 29 ans, en troisième année de licence de physique et astronomie.

 

ReneHeleneKarsentiYaelleRené et Hélène Karsenti ont attribué leur bourse à Yael Belassan, 25 ans, en première année d'informatique, qui a ému l'assistance en racontant comment la bourse l'a aidé dans une situation où elle s'est retrouvée totalement seule et démunie.

 

Elise Corrin MayaElise Corrin, second donateur de l'Association francophone, a remis sa bourse à Maya Barbur, 22 ans, en deuxième année d'histoire de l'art.

 

LizzieBirene Or LevyLa bourse de Jacques et Lizzie Birène à été remise par Lizzie Birène à Aarar Levi, 21 ans, en première année d'informatique. François Heilbronn rappelle que le département d'informatique de l'UTA compte parmi les meilleurs dans le monde, et qu'il est l'un des plus difficiles d'accès de l'Université.

Tamar Dayan Lisa Fitoussi AssafLa bourse de Lisa Fitoussi et David Ermacora a été remise par Lisa Fitoussi à Asaf Ben David, doctorant en recherche écologique. "Mon travail a pour but d'aider à mieux comprendre la biodiversité et le monde de la vie sauvage", explique Assaf. "Il nécessite une dispersion sur un large territoire et un travail 24h. sur 24, et cette bourse est très importante pour le réaliser correctement". Le Prof. Tamar Dayan, directrice du Musée Steinhardt d'histoire naturelle de l'UTA, remercie les Amis français pour leur aide permanente, et notamment David Ermarcora, qui a fourni au Musée le lion qui manquait a sa collection.

Stemmer presbarArmand Stemmer a offert deux bourses à Yoav Blau, doctorant au Centre de nanotechnologie de l'Université, qui attend son premier bébé dans quelques semaines et Omer Granoviter, qui effectue une maitrise en neurosciences. Enfin, Renaud Presberg a remis une bourse à Lilah Inzelberg, titulaire d'une licence en mathématiques et qui poursuit sa maitrise en nanotechnologie.

Prix Hugo Ramniceanu du meilleur entrepreneur d'Israël au fondateur de Get Taxi

Le Prix d'économie Hugo Ramniceanu 2018 du meilleur entrepreneur d'Israël a été décerné à Dave Waiser, fondateur et PDG de Gett (Get Taxi), application israélienne de réservation de taxis présente dans plus de 100 villes du monde, en reconnaissance de sa contribution à l'innovation et à l'économie numérique israélienne. Le prix lui a été remis début mai dans le cadre des évènements du Conseil des Gouverneurs de l'Université de Tel-Aviv, en présence de Dominique Perben, ancien Garde des Sceaux et ancien ministre des transports, du Prof. François Heilbronn, président de l'Association française de l'UTA, et des Prof. Joseph Klafter, président de l'Université et Jacob Frenkel, président du Conseil des Gouverneurs.

Get1"En présidant le dîner d'honneur de l'Association en juin dernier, le ministre de l'économie Bruno Le Maire avait déclaré: 'Vous avez transformé ce pays de sable en or'", rappelle le Prof. François Heilbronn. "Je suis moi-même venu pour la première en Israël en 1961, et aujourd'hui je suis émerveillé de ce que je vois. Israël a 70 ans, et l'Université de Tel-Aviv 60 ans. Ce pays est devenu la Terre promise, et l'UTA a accompli le rêve d'Herzl: réaliser le lien entre l'éducation, l'innovation et l'amitié. Hugo Ramniceanu, qui a été le premier président de notre Association de 1972 à 2008, rêvait qu'Israël, pays de fermiers, d'intellectuels et de rêveurs, devienne aussi un pays d'entrepreneurs. C'est pourquoi il a créé ce Prix".

"Une histoire fascinante"

"C'est toujours non seulement un honneur mais aussi un plaisir pour moi de me retrouver avec les Amis français de l'Université", a déclaré le Prof. Frenkel. "Nous avons développé un lien spécial au fil des ans. Hugo Ramniceanu n'était pas juste un rêveur mais aussi un homme d'action, qui a créé non seulement un prix, mais un héritage. Quant au lauréat de cette année, il a une histoire fascinante, à l'image de beaucoup de gens ici qui ont, pour une raison ou une autre, du changer, se déplacer, penser en dehors de la boite, exceller pour survivre".

Get2"Le fondateur de Gett et l'Université de Tel-Aviv ont des points communs", a affirmé le Prof. Klafter. " Tout deux sont lauréats de la Fondation Blavatnik comme catalyseurs de l'innovation de rupture, misent sur les meilleurs talents et forgent l'avenir du transport. L'Université de Tel-Aviv a inauguré ce vendredi 4 mai son nouvel Institut pour le transport intelligent. Nous attachons une grande importance au développement de ce domaine, et donc nous nous rencontrerons probablement de nouveau".

Le Prix est ensuite remis à Dave Waiser par Monique Barel, fille du regretté Hugo Ramniceanu, et le Prof. Joseph Klafter, en reconnaissance de sa contribution à l'innovation en matière de haute technologie, sa capacité à transformer Gett en une entreprise mondiale opérant dans plus de 100 villes, les valeurs sociales et environnementales qu'il a adopté en la dirigeant, son implication vitale dans le développement de solutions de transport intelligentes en Israël et son rôle dans la représentation de l'innovation israélienne dans le monde.

"Je suis fier de pouvoir rendre à ce pays ce que j'ai reçu de lui"

"Mon père avait un esprit jeune et créatif", a souligné le Dr. Monique Barel. "Chacun reconnait aujourd'hui son caractère visionnaire lorsqu'il a inauguré le Prix il y a dix-huit ans alors qu'on en était encore au début de l'Internet".

Gett, anciennement connue sous le nom de GetTaxi, est une application de réservation de taxis au moyen d'un Smartphone, basée sur un système de GPS qui permet aux chauffeurs et aux passagers de se mettre directement en contact. Commercialisée en 2010, l'application opère actuellement dans plus de 100 villes à travers les États-Unis, le Royaume-Uni, la Russie et Israël. En mai 2016, le groupe Volkswagen y a investi 300 millions de dollars.

Get3"Lorsque nous avons commencé, nous voulions juste avoir une expérience différente et éviter les interminables files d'attente pour obtenir un taxi. Aujourd'hui l'entreprise réalise un milliard de dollars. Nous n'aurions jamais pu imaginer une chose pareille lorsque nous avons lancé notre première course à Tel-Aviv", raconte Dave Waiser. "L'industrie du transport est devenue la deuxième dans le monde. Elle connait actuellement une transformation fondamentale et nous avons la chance de nous trouver au centre de ce changement. Il y a aujourd'hui un milliard de véhicules sur les routes appartenant à des particuliers, mais la tendance est au passage de la propriété des véhicules à une fourniture de service: au lieu de posséder la voiture, nous l'utiliserons comme un service".

"Je viens d'une famille sioniste", poursuit-il. "J'ai fait mon alya à 16 ans à partir de Moscou sans mes parents. Je suis fier de pouvoir rendre à ce pays ce que j'ai reçu de lui". Pour lui, la mondialisation est nécessaire pour les sociétés israéliennes: "Israël est un petit marché. Les sociétés israéliennes qui font du chemin sont mondiales et sont celles qui réussissent à l'exportation".

La Bourse Hugo et Valérie Ramniceanu

La Bourse Hugo et Valérie Ramniceanu a également été remise à cette occasion à Tatiana Oppenheim, étudiante de licence en économie et histoire de l'art, par Michèle Ramniceanu, belle-soeur de Monique Barel.

La cérémonie s'est terminée par une communication de Rebecca Shliselberg, doctorante à l'Institut de recherche sur les transports de l'Université de Tel-Aviv, sur les aspects sociétaux et environnementaux de la révolution des transports intelligents.

Le Prix d'économie Hugo Ramniceanu est décerné chaque année depuis 29 ans pour récompenser les réalisations israéliennes dans le domaine de l'économie, de la recherche technologique et du développement. Son fondateur, le regretté Hugo Ramniceanu, était un industriel du domaine du textile, fervent sioniste et philanthrope, considéré comme l'un des plus grands donateurs en faveur de l'Etat d'Israël.

Get4Parmi les lauréats de ces dernières années, on trouve le Dr Yossi Vardi, l'industriel Stef Wertheimer, l'homme d'affaires et industriel Dov Lautman, l'ancien gouverneur de la Banque d'Israël, le Prof. Yaakov Frenkel, l'ancien maire de Tel-Aviv, Shlomo Lahat, le PDG de Check point Gil Shwed, le président d'El Al, le Prof. Israel (Izzy) Borowitz, l'ancienne PDG de la Banque Leumi Galia Maor, le PDG d'Intel Israël, Maxine Fassberg, les fondateurs de Medinol, Kobi et Judith Richter, le fondateur et PDG de Keter Plastique, Sami Sagol, l'ancien PDG des industries Teva, Eli Hurwitz (décédé), l'ancien PDG de la Banque Hapoalim Amiram Sivan (décédé), l'ancien PDG d'Ossem et président du conseil d'administration Dan Proper, les fondateurs et développeurs de WAZE, Noam Bardin, Uri Levine, Ehud Shabtai et Amir Shenar, le fondateur du groupe pharmaceutique et cosmétique Dr Fisher, le Dr Eli Fischer et Rami Levy. L'an dernier, le prix a été décerné à Etty et Gabi Rotter, co-PDG de Castro

Inauguration des salles du Centre de soins de l’Ecole dentaire de l'Université de Tel-Aviv: Une situation gagnant-gagnant pour l'Université et le peuple d'Israël

Trois nouvelles salles ont été inaugurées au Centre de soins de l’Ecole de médecine dentaire.de l'Université de Tel-Aviv (dont la salle Septodont à la mémoire de Nestor et Annie Schiller et celle en hommage à Jean et Olivier Princ), ainsi qu'une nouvelle machinerie d'anesthésie, dans le cadre des évènements du Conseil des gouverneurs de l'Université début mai. L'inauguration s'est déroulée au cours d'une émouvante cérémonie en la présence du Prof. François Heilbronn, président de l'Association française de l'UTA, d'Yves-André Amiach, gouverneur de l'Université, Amos Elad, vice-président, du Prof. Ervin Weiss, directeur de l'Ecole dentaire et de la délégation des amis français de l'Université de Tel-Aviv.

PrincLa cérémonie a débuté par une minute de silence et l'allumage d'une bougie du souvenir en la mémoire de Serge Cattan et Olivier Princ. "Serge Cattan était un être ouvert, positif et surtout généreux, qui m'a fidèlement soutenu dans tous mes combats", a déclaré Yves-André Amiach.

"Je suis très touché d'être présent à cette émouvante cérémonie et je remercie la formidable Association française de l'UTA qui fait tant pour l'université", a déclaré Amos Elad. "Ces salles que vous inaugurez sont très importantes pour l'avenir d'Israël. Tout le monde ne comprend pas la nécessité d'aider les personnes les plus nécessiteuses, et c'est la fonction de ce centre. Merci au nom de l'Université à toutes les familles qui contribué à son ouverture. Je sais que votre cœur est toujours avec nous".

"Faire de l'Ecole dentaire de l'Université de Tel-Aviv l'une des meilleures du monde"

Le Prof. François Heilbronn rappelle pour sa part que l'inauguration de ces salles résulte en grande partie du travail sans relâche d'André-Yves Amiach: "Lorsqu'il y a dix ans cette Ecole devait être fermée, ce sont ses efforts sans trêve qui ont permis de la maintenir", a-t-il déclaré.

Erwin"Les études dentaires sont les plus couteuses car la formation est individuelle", explique le Prof. Ervin Weiss."Le cout d'un étudiant en dentisterie est de 80 000 dollars par an. Il s'agit d'un engagement de l'Université de Tel-Aviv, qui implique le maintien d'un équipement de haute technologie adapté au 21e siècle. Nous ne pouvons y parvenir qu'avec votre aide. Notre vision est de faire de l'Ecole dentaire de l'Université de Tel-Aviv l'une des meilleures du monde. Merci de prendre part à la réalisation de ce succès".

Trois salles ont été inaugurées, la première à la mémoire de Jean et Olivier Princ, ce dernier décédé récemment. Les Prof. Heilbronn et Weiss ont remis un certificat à Ginette Princ, épouse du premier pendant plus de quarante ans et mère du second pour "leur générosité et leur fidélité à l'UTA et à l'Ecole de médecine dentaire". "Ta solidité, ton audace, ton amour, ta bienveillance et ta volonté nous ont conduit ensemble sur la route du bonheur, malgré les années sombres", a affirmé Ginette Princ dans son poignant hommage à son époux. "Tu aimais Israël, alors je suis fière à l'occasion des 70 ans de l'Etat, de pouvoir marquer à jamais la mémoire de ton nom dans ce pays que tu chérissais tant".

"Olivier, c'était la détermination et le courage", ajoute-t-elle, cette fois-ci au sujet de son fils, décédé cette année après une longue lutte contre la maladie . "C'était l'amour de l'autre, le respect. Cétait un homme bon et sincère, qui s'est battu toute sa vie. C'est sur cette terre, qui s'est construite à la force du poignet, des luttes, de la volonté et de la détermination à vivre que son nom sera à jamais gravé".

"Nous nous félicitons de ce partenariat avec l'UTA"

La deuxième salle est un don de Michelle et André Amiach et de Claudine et Serge Cattan en l'honneur de leurs petits-enfants Emma, Louise, Taly et Léonie Amiach et Joseph, Ella, Gabriel, Simon, Solal et Raphaël Cattan.

petits enfantsLa salle Septodont a été inaugurée à la mémoire de Nestor et Annie Schiller, anciens présidents de la Fraternité dentaire Alpha Oméga et fondateurs de la société de produits dentaires Septodont. Olivier Schiller, CEO de la société et petits-fils des fondateurs, a souligné les liens forts entre Israël et la société Septodont: "La plupart des fournitures dentaires utilisés en Israël proviennent de la société Septodont", dit-il. "Il est symbolique que cette inauguration prenne place l'année du 70e anniversaire de l'Etat et de son étonnant succès en terme d'innovation. Israël n'a pas de ressources naturelles et doit sa réussite à son système éducatif".

Fondée en 1932 en France, Septodont est une société de pointe dans le domaine des produits pharmaceutiques et des fournitures dentaires, qui distribue ses produits dans le monde entier. La compagnie possède aujourd'hui 4 centres de recherche aux Etats-Unis en France et au Canada, 8 usines dans le monde, emploie plus de 1 000 personnes et est devenu un leader mondial dans le domaine de l'anesthésie dentaire. "A long terme nous voulons nous concentrer sur les soins de santé en général, et pas seulement les soins dentaires", indique Schiller, qui ajoute: "Nous nous félicitons de ce partenariat avec l'UTA".

Une situation gagnant-gagnant pour tous"

Enfin, a été inaugurée la machinerie d’anesthésie offerte par Olivier Schiller ainsi que par le Dr. Armand Stemmer, leader sur le marché dentaire en Europe, et son épouse Ronit Stemmer. "Nous voyons ici un merveilleux exemple de collaboration entre l'UTA et l'industrie qui profite au peuple d'Israël en lui permettant de recevoir des soins pratiquement gratuits", a déclaré le Prof. Weiss en remettant leurs certificats aux donateurs. "En même temps, elle permet d'aider les meilleurs universitaires dans ce domaine. C'est une situation gagnant-gagnant pour tous".

Stemmer Schiller"Toute la dentisterie en Israël est d'un niveau exceptionnel", a déclaré Armand Stemmer. "Merci à André Amiach d'avoir sauvé l'Ecole dentaire, et au Prof. Ervin Weiss d'en avoir fait ce qu'elle est aujourd'hui".

Enfin, André Amiach salue la présence de Stanley Bergman, PDG de la Société Henry Schein, le plus grand distributeur mondial de produits et prestation de services dans le domaine de la santé, et Alan Finkelstein, tous deux également grands donateurs de l'Université: "Avec Armand Stemmer pour l'Europe, Stanley Bergman et Olivier Schiller nous avons avec nous aujourd'hui les principaux leaders de fournitures dentaires dans le monde".

Après les discours d'inauguration eut lieu le dévoilement des plaques.

 

 

 

 

Lancement du partenariat entre la Faculté de droit de l'Université de Tel-Aviv et Sciences Po

La coopération entre l’Ecole de droit de Sciences Po et la Faculté de droit de l’Université de Tel-Aviv a été lancée début mai lors d'un colloque exceptionnel dans le cadre des évènements du Conseil des Gouverneurs de l'Université, sur le thème : "L’indépendance de la justice". Y participaient Dominique Perben, ancien Garde des sceaux et ancien Ministre des transports, le Prof. François Heilbronn, président de l'Association française de l'Université de Tel-Aviv et professeur à Sciences Po, Sébastien Linden, attaché académique et scientifique de l'Ambassade de France en Israël, le Prof. Jeremy Perelman (Sciences Po), le Prof. Sharon Hannes, Doyen de la Faculté de droit de l'UTA, Dorit Koskas, adjointe du Doyen et le Prof. Yishai Blank (UTA).

GroupeDoritLe Prof. Heilbronn a tout d'abord salué l'ancien Ministre Dominique Perben, accompagné de son épouse Corinne : "Ami de longue date, membre depuis 2005 du comité d'honneur de l'Association des amis de l'Université de Tel-Aviv, et premier Garde des Sceaux en France à avoir pris conscience du danger de l'antisémitisme". Il remercie en outre Sébastien Linden, à l'origine des partenariats et échanges avec Sciences Po alors qu'il était chargé des relations internationales pour le Maghreb et le Moyen-Orient de la célèbre école française.

"Nous avons l'intention de poursuivre notre lune de miel pendant de longues années"

"Il y a plusieurs raisons qui font que nous sommes tous ici aujourd'hui. Tout d'abord, le sionisme politique est né d'une absence totale d'indépendance de la justice amenant à la condamnation l'Alfred Dreyfus en 1895, évènement qui marqua profondément Theodore Herzl, auteur de l'Etat des Juifs. Deuxièmement un voyage en 2005 au cours duquel Richard Descoings, alors président de Sciences Po, signa un accord avec l'UTA, premier partenariat de Sciences Po au Moyen-Orient. Troisièmement, l'existence préalable d'une collaboration entre l'Ecole de droit de sciences Po et la Faculté de droit de l'UTA, née grâce au Prof. Astrid Busekist-Sadoun, professeure à Sciences Po invitée à l'UTA de 2009 à 2011, qui a signalé à l'institution française l'intérêt d'un partenariat avec Israël; coopération qui s'est développée par la suite sous forme d'échanges d'étudiants et d'enseignants sous l'impulsion du Prof. Ruth Amossy. Enfin, en décembre 2017, l'Ecole de droit de Sciences Po a accordé le titre de Docteur honoris causa au Prof. Daphne Barak-Erez, ancienne doyenne de la Faculté de droit de l'UTA et juge à la Cour suprême d'Israël, à l'unanimité des membres de son conseil d'administration".

DoyenLe Prof. Sharon Hannes se félicite pour sa part du développement de cette collaboration : "Nous souhaitons institutionnaliser nos liens. Grâce au Prof. Blank de la Faculté de droit de l'UTA qui fut invité à enseigner à Sciences Po, nous avons pu découvrir une institution passionnante, avec laquelle nous avons développé des échanges, notamment dans le cadre de nos cliniques juridiques. Nous avons l'intention de poursuivre notre lune de miel pendant de longues années".

Ont suivi de très riches interventions sur le thème de la conférence, mettant en valeur les dissemblances entre les systèmes judiciaires français et israéliens, et la manière différente dont se pose la problématique de l'indépendance de la justice qui s'ensuit.

Dominique Perben: Une coexistence nécessaire entre l'indépendance de la justice

et le maintien de la responsabilté politique

Après avoir souligné ses "liens de longue date de complicité et de lucidité" avec le Prof. Heilbronn, ainsi que sa satisfaction de participer au rapprochement et à l'institutionnalisation des relations entre les deux Ecoles de droit, Dominique Perben, qui fut Garde des Sceaux de 2002 à 2005, a abordé le sujet "difficile mais cependant très nécessaire" de l'indépendance de la justice en France.

perben"La démocratie ne peut se résumer à une élection", déclare-t-il. "Il faut aussi beaucoup d'autres choses". A ses yeux, la liberté de la presse est un pôle fondamental de la défense d'un système démocratique, et l'indépendance de la justice est le second. "C'est long de fabriquer une démocratie", ajoute-t-il. En France, on peut la faire remonter à Montesquieu et à son ouvrage l'Esprit des lois qui pose les bases de la séparation des pouvoirs. "Montesquieu avait au contraire peur de la puissance du juge", explique-t-il. "La séparation des pouvoirs doit jouer dans tous les sens. Le système juridictionnel doit la garantir et s'empêcher d'empiéter sur le législatif et l'exécutif. Le juge par exemple, ne doit pas juger de l'opportunité d'une décision gouvernementale".

Dans la Constitution de 1958, la préservation de l'indépendance de la justice est assurée par le Président de la République. "Pourtant, celui-ci n'est pas neutre", relève Dominique Perben, "mais cette décision convenait à l'esprit de la Constitution lors de son établissement". Cette indépendance est assurée par l'inamovibilité du juge qui implique que les avocats ne peuvent choisir leur juge. Cependant il existe une problématique particulière du "Parquet à la française". En France, le ministère public ou Parquet (ou encore les magistrats "debout" par opposition aux magistrats du siège), autorité chargée de défendre l'intérêt de la collectivité et l'application de la loi, est subordonné au Garde des Sceaux qui détient un pouvoir disciplinaire à son égard et peut lui adresser des instructions.

"Lorsque j'étais ministre, j'ai parfois utilisé mes prérogatives pour intervenir dans certains cas individuels (ce qui n'est plus possible depuis en 2013), car les parquets classaient parfois les affaires d'antisémitisme. L'indépendance de la justice n'est pas seulement une autonomie par rapport à l'exécutif, mais aussi à l'égard de ses arrière-pensées". En conclusion, l'ancien ministre souligne qu'il s'agit "de faire coexister la nécessité de l'indépendance de la justice et celle du maintien d'une responsabilité politique pleine et entière; défendre les populations et faire régner l'ordre. Il y a parfois une tension entre les deux. Chaque pays trouve une formule empirique pour réaliser cet équilibre: l'élection des juges aux Etats-Unis, ou la création de l'Ecole nationale de la Magistrature en France. Cependant, il faut noter que le ministre est celui qui assure la responsabilité politique, ce qui n'est pas le cas du juge. L'Etat de droit doit progresser, mais les opinions publiques doivent avoir l'impression que leur sécurité est prise en ligne de compte par le pouvoir politique et mise en œuvre par les juges".

Prof. Yishai Blank, Israël : Une indépendance grignotée

Le Prof. Yishai Blank, de la Faculté de droit de l'Université de Tel-Aviv, qui a enseigné pendant une période à l'Ecole de droit de Sciences Po comme professeur invité ("Une faculté de droit extraordinaire, où j'ai été accueilli très chaleureusement et dont je suis tombé amoureux", dit-il), a pour sa part présenté la problématique de l'indépendance de la justice en Israël.

Pour certains groupes et même certains spécialistes du droit en Israël comme le Prof. Daniel Friedman, explique-t-il, l'indépendance du système judiciaire ne répond pas aux besoins et à la volonté du peuple souverain, et il est nécessaire de lui rendre le pouvoir, ainsi qu'à la Knesset. C'est le sens du projet de loi de "contournement de la Cour suprême" (Piskat Hahitgabrout), tendant à limiter la capacité de celle-ci à annuler les lois de la Knesset, récemment ratifié par le Conseil des ministres.

BlankPar rapport à qui, ou à quoi, peut-on mesurer l'indépendance de la justice ? Pour le Prof. Blank, cela dépend du caractère du régime en place et des menaces qui pèsent sur la société: "Si le pouvoir est fort, l'indépendance se mesurera par rapport à lui. Chaque société fait face à des menaces qui lui sont propres: par exemple la puissance de l'église, du grand capital et des groupes économiquement puissants etc.". L'indépendance de la justice s'exprime à la fois par rapport au gouvernement, à la Knesset, et du système judiciaire lui-même (considérations corporatistes; la règle du précédent et du respect de la jurisprudence, obligatoire dans les pays régis par la common law, comme Israël, contrairement à la France), mais aussi par rapport au consensus majoritaire, contre lequel le tribunal doit parfois savoir prendre position. Cette indépendance est fondamentale, car elle doit permettre à la justice de contrôler les institutions du régime et les centres de pouvoir, De même, seul un système judiciaire indépendant est capable de protéger les minorités.

Comme l'explique le Prof. Blank, la justice en Israël s'est rapidement orientée vers une indépendance forte. Le système judiciaire israélien est entièrement placé sous l'autorité de la Cour suprême, juridiction la plus élevée de l'Etat. Dans les années 80 à 90, celle-ci a peu à peu transformé ses méthodes de travail, passant d'une évaluation formaliste à une défense des valeurs. En 1992, la loi fondamentale sur la Dignité de l'homme et sa Liberté lui a donné la possibilité d'annuler une loi votée par la Knesset pour non-conformité aux principes constitutionnels. En parallèle à cette indépendance croissante de la Cour suprême, il existait en Israël une séparation très nette des pouvoirs et une forte tradition de non intervention du pouvoir politique dans les décisions des juges.

"Actuellement cette indépendance s'effondre. Toutes sortes de mesures sont prises pour la limiter, allant de l'annulation du principe d'ancienneté à la possibilité d'ajouter un nombre de juges en passant par la modification des structures de la commission de nomination des magistrats. Les alliances changent, et le pouvoir politique devient capable de faire nommer qui il le souhaite. Aujourd'hui il y a également d'autres mécanismes de contrôle qui grignotent l'indépendance des juges, notamment par le biais de la vérification de leur fonctionnement bureaucratique, rendu possible par l'informatique. Cependant, même s'il y a motif à inquiétude, les tensions qui se font jour ont également permis de rééquilibrer la répartition sociologique des juges. Ainsi voit-on peu à peu davantage de juges femmes, provenant de la périphérie ou du secteur arabe de la population israélienne".

"Une dépendance dans l'interdépendance"

Le Prof. Jeremy Perelman, directeur de la clinique juridique de Sciences Po, a pour sa part fait un tableau historique de l'évolution de l'indépendance de la justice par rapport au pouvoir politique en France, en mettant l'accent sur deux institutions fondamentales propre au système français: le Conseil constitutionnel et le Conseil d'Etat.

PerelmanLe Conseil constitutionnel a été créé en 1958 dans le but de renforcer l'exécutif contre le Parlement. Son rôle est devenu plus important qu'à l'origine. Il a notamment institué un "bloc de constitutionnalité" englobant les Droits de l'homme. De plus, un nouveau mode de saisine permet depuis 2008 à tout citoyen de le saisir pour contester à postériori la constitutionnalité d'une loi publiée. Il est devenu un gardien essentiel du respect des droits fondamentaux en France. Y siègent toujours cependant de droit les anciens Présidents de la République, ce qui pour le Prof. Perelman, semble un anachronisme.

Le Conseil d'Etat quant à lui présente une étroite imbrication avec le pouvoir politique, et fait pour ainsi dire corps avec l'Etat. Sa relation avec les autorités politique est complexe: chargé de les contrôler, il présente avec elles une grande proximité sociologique. C'est pourquoi, malgré son rôle et sa puissance très importants, il est finalement considéré comme un excellent serviteur de l'Etat. Pour le Prof. Perelman, le système judiciaire français peut donc se caractériser par "la dépendance dans l'interdépendance".

Il note également des changements sociologiques au sein de la magistrature, notamment sa féminisation, sa syndicalisation, et sa diversification sociopolitique. Il relève par ailleurs la méfiance du personnel politique français par rapport au pouvoir des juges: "La France s'est construite sur l'amour des lois, pas sur l'amour des juges".

Les interventions ont été suivies d'un débat avec le public, au cours duquel les intervenants ont pu préciser certains points. "Gouverner, c'est trancher entre deux inconvénients" a déclaré Dominique Perben, qui affirme également avoir peur d'un Conseil constitutionnel qui ne serait composés que de juristes sans aucune expérience de gouvernement. Sur une question d'Odile Cohen, il relève par ailleurs que le rapport de l'autorité judiciaire aux média "est d'une complexité infinie" et qu'il ne simplifie pas le rôle de la justice.

Concernant l'absence de constitution en Israël, le Prof. Blanck rappelle qu'il existe des lois fondamentales résultant d'un statu quo dans la société israélienne, et que l'existence d'une Constitution ne garantit pas la stabilité, comme le prouve les divers changements de Constitutions dans l'histoire de France.

9 chercheurs du monde entier lauréats du prestigieux Prix Dan David remis à l'Université de Tel-Aviv

Le prestigieux prix Dan David a été remis la semaine dernière à neuf chercheurs et chercheuses exceptionnels du monde entier lors d'une cérémonie festive à l'Université de Tel-Aviv. C'est la 18e année que le prix, d'un montant total de 3 millions de dollars, est décerné dans les trois "dimensions du temps": passé, présent et avenir. Parmi les lauréats: la baronne Mary Warnock (93 ans) et le Prof. Ezekiel Emanuel, frère du maire de Chicago. Désormais considéré comme l'un des plus grands prix internationaux, il a été attribué en présence des Prof. Joseph Klafter, président de l'Université de Tel-Aviv, Itamar Rabinovitch, président de la fondation Dan David et de l'ambassadeur de Grande-Bretagne, David Quarrey.

DAN DAVID WINNERS2018 Le prix prestigieux, au nom de Dan David, homme d'affaires et philanthrope de renommée internationale, décédé depuis plusieurs années, est remis chaque année à des personnes qui ont fait preuve d'une excellence particulière et apporté une contribution exceptionnelle à l'humanité dans le domaine des sciences, des sciences humaines et des arts. La famille du philanthrope était représentée par Gabriela David, son épouse, et son fils Ariel David.

Cette année les prix ont été décernés dans les domaines suivants: dans la dimension du passé: l'histoire de la science; dans la dimension du présent: la bioéthique, et dans celle du futur : la médecine personnalisée.

Lauréats du Prix Dan David pour 2018:

Dimension temporelle du passé : l'histoire de la science

Le Prof. Lorraine Daston, historienne des sciences, directrice de l'Institut Max Planck d'histoire des sciences à Berlin, pour ses recherches historiques sur "la logique", "la preuve", "le fait", "l'observation", "l'objet scientifique", "la loi naturelle", "les données" et "l'objectivité" qui font autorité dans le monde dans le domaine de l'histoire scientifique et intellectuelle de la période moderne.

Le prof. Simon Schaffer, historien et philosophe des sciences de l'Université de Cambridge, pour le changement total qu'il a introduit dans notre compréhension de l'histoire. Ses impressionnants travaux interrogent les rapports entre science, technologie et société, et montrent comment on peut trouver des pratiques relevant de la science empirique et mathématique dans des usages délimités dans le temps et l'espace comme le commerce de troc, les négociations politiques et les activités quotidiennes. .

Le Prof. Evelyn Fox Keller du MIT, physicienne (et féministe, selon sa définition), pour son travail pionnier dans les domaines de la science et du genre, qui a révolutionné notre point de vue sur l'histoire de la science. Ses recherches actuelles portent sur l'histoire et la philosophie de la biologie moderne, du genre et de la science. Le prix lui a été décerné pour sa perspicacité remarquable à discerner la relation entre le féminisme et la science, montrant comment le genre a façonné la réflexion sur la génétique des populations, et sa capacité à imaginer une science libérée du poids du genre. Ses études constituent une étape importante dans la compréhension du rôle et de l'importance historique du langage dans la science, en particulier dans le domaine de la génétique et de la biologie moléculaire.

 

Dimension temporelle du présent : la bioéthique

GloverLe Prof. Jonathan Glover du King's College de Londres, a reçu le prix pour sa contribution originale aux aspects théoriques de la bioéthique, qui a mis à l'ordre du jour scientifique de nombreuses questions, en particulier dans le domaine de l'amélioration humaine (Human Enhancement) et de l'éthique de la fertilité. Ses recherches originales recouvrent des sujets divers, allant de la nature humaine à la guerre et l'Holocauste, en passant par l'éthique de la génétique, la neuro-éthique et les questions psychiatriques.

Le Prof. Ezekiel Emanuel de l'Université de Pennsylvanie a reçu le prix pour sa promotion de la bioéthique, grâce à la précieuse combinaison de ses compétences de médecin, de responsable politique et d'universitaire. Le Prof. Emanuel est un pionnier de la question des traitements de fin de vie et de l'éthique de la recherche. Il a été le premier à montrer que les patients demandant l'euthanasie ne le faisaient pas à cause de la douleur mais en raison de leur détresse émotionnelle, leur état dépressif et leur désespoir. Son travail sur les relations médecin-patient représente un tournant dans le domaine et est largement utilisé dans le monde dans le cadre des programmes d'études et de la formation des étudiants en médecine.

La Baronne Mary Warnock a reçu le prix pour son rôle central dans le développement des aspects éthiques pratiques de la biologie et de la médecine, en particulier pour sa contribution à l'éthique de l'embryologie et de la génétique et leurs implications éthiques et philosophiques pour les technologies de la fertilité et la recherche dans le domaine des handicapés. Marie Warnock a apporté une contribution significative à la promotion de la santé et du bien-être dans la société en brisant les barrières entre le monde universitaire et la pratique éthique.

Dimension temporelle du Futur : la médecine personnalisée

Le prof. Mary-Claire King de l'Université de Washington a reçu le prix pour son leadership dans le domaine de la génétique médicale et son importante contribution à l'étude des bases moléculaires de divers cancers. Son travail révolutionnaire a mené à la découverte des mutations du gène BRCA1 dont la présence implique un risque accru de cancer du sein et de l'ovaire chez les femmes. Cette découverte fondamentale contribue à la compréhension de la tendance au cancer héréditaire précoce et révolutionne l'approche médicale du dépistage du cancer, des interventions individuelles et de l'adaptation du traitement au type spécifique de la maladie.

Dan Dqvid Israel harari Baronne Lorrqine Evelyne Mary Keller King

Le Prof. Bert Vogelstein de l'Ecole de Médecine Johns Hopkins a reçu le prix pour sa contribution fondatrice à la compréhension de la génétique et de la génomique du cancer. Le Prof. Vogelstein a développé et mis en œuvre des méthodologies performantes pour l'analyse simultanée de milliers de gènes et de génomes permettant une caractérisation complète du paysage génomique de divers cancers. Ses recherches ont ouvert la voie au diagnostic précoce de la maladie, sa caractérisation précise et à l'adaptation du traitement individuel aux patients atteints.

Le Prof. Carlo Croce de l'Université de l'Ohio a reçu le prix pour son travail pionnier sur la détection des gènes responsables de divers types de leucémie et de lymphome. Sa vaste connaissance de la cytogénétique et de la biologie moléculaire lui a permis d'identifier le rôle des principaux oncogènes comme catalyseurs du développement, de la progression du cancer et de sa résistance au traitement. Il a également montré le rôle des microARN dans la formation du cancer. Ses nombreuses découvertes permettent un diagnostic précis de la maladie, la personnalisation des traitements et le développement de nouveaux médicaments anticancéreux.

Selon la tradition, les lauréats du prix reverseront 10% de son montant pour le financement de 20 bourses d'études pour de jeunes doctorants et post-doctorants en Israël et à l'étranger.

Parmi les précédents lauréats du Prix Dan David, on compte le violoncelliste Yo Yo Ma (2006), le Maestro Zubin Mehta (2007), les écrivains Amos Oz (2008) et AB Joshua (2017), l'ancien vice-président des États-Unis et lauréat du prix Nobel de la paix Al Gore (2008), l'ancien Premier ministre britannique Tony Blair (2009), le Prof. Robert Gallo (2009), Margaret Atwood, les frères Ethan et Joel Cohen, cinéastes (2011), le philosophe Leon Wizeltier (2013) et la neuropsychologue Prof. Brenda Milner (2014).

Photos: Israel Hadari

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