Slide background
Slide background
Slide background

nov1

A LA UNE

Les dernières nouvelles de l'Université de Tel-Aviv


events

EVENEMENTS

Aucun événement

video

VIDEOS

vid1

semel uni2

SOUTENIR L’UNIVERSITÉ

Soutenez la recherche et les étudiants


Université de Tel-Aviv: Baisse des incidents antisémites violents et montée de l'antisémitisme institutionnel dans le monde en 2015

D'après le rapport sur l'antisémitisme dans le monde du Centre Kantor pour l'étude du judaïsme contemporain de l'Université de Tel-Aviv publié hier matin,  le nombre des incidents antisémites dans le monde a baissé de 40% en 2015, mais on constate par contre une hausse dramatique des manifestations antisémites verbales et de "l'antisémitisme institutionnel". Le rapport, réalisé en collaboration avec le Congrès juif européen, a été rendu public comme chaque année à la veille du jour de l'Holocauste, lors d'une conférence de presse à l'Université.

Rapport Kantor"Cette année est une année étrange. Les incidents antisémites violents ont diminué dans tous les pays […]. Cependant, ses manifestations orales et visuelles (caricatures, séries télévisées, films) de même que la violence antisémite verbale (vexations, harcèlement, menaces) ont non seulement augmenté mais créent une atmosphère difficile et déplaisante qui va en s'amplifiant, principalement en Europe centrale et occidentale […] Ainsi la baisse de la violence ne compense pas la hausse de toutes les autres formes d'antisémitisme. C'est pourquoi certains Juifs pensent à quitter l'Europe et toute la question de la situation des Juifs reste en suspens" a déclaré le Prof. Dina Porat, directrice du Centre et historienne principale du Yad Vashem.

Une baisse drastique

D'après le rapport, le nombre des incidents antisémites violents dans le monde est passé de 766 en 2014 à 410 en 2015 soit le chiffre le plus bas depuis une décennie. Il faut cependant rappeler que l'année 2014 avait été extrêmement difficile, en particulier en raison de l'opération Bordure protectrice pendant l'été; le nombre d'incidents violents en 2015 est équivalent à celui de 2011, et représente une baisse de 26% seulement par rapport à 2013.

En Allemagne ont été recensés 37 incidents antisémites en 2015 contre 76 en 2014. En Hongrie 8 contre 15; en Belgique seulement 6 contre 30 en 2014, en Suède 2 contre 17. En Australie le nombre d'incidents antisémites a baissé de 30 à 4, en Italie de 23 à 4 et en Afrique du sud de 14 à 4. Par contre au Canada on a enregistré une hausse du nombre des incidents de 20 à 32 et aux Etats-Unis les chiffres sont restés les mêmes, environ 80.

Selon le rapport, la baisse concerne principalement les incidents armés (diminution de 60%) et les incendies (moins 50%). Les cas de violences contre les synagogues ont baissés de 70%, et contre les personnes de 50%. Le plus grands nombres d'incidents répertoriés ont été perpétrés contre des cimetières et des mémoriaux.

RapportKantor2Selon les rédacteurs du rapport, cette tendance s'explique d'abord par l'augmentation massive des mesures de sécurité et de surveillance des institutions juives et non-juives  suite aux attaques de janvier à Paris. Par ailleurs, l'activité de l'extrême-droite, à la fois sur le terrain et sur les réseaux sociaux, s'est focalisée sur la vague d'un million d'immigrants qui, rejoignant les communautés musulmanes déjà présentes en Europe, sont susceptibles de constituer une menace démographique, sociale et culturelle. On a recensé un nombre croissant d'attaques contre des individus musulmans, des centres d'immigrants ont été incendiés et des cimetières et des mosquées profanés.

Enfin, il est possible que les craintes grandissantes en Europe face à la terreur islamique ait généré une plus grande compréhension de la violence que les Juifs et les Israéliens ont endurés pendant ces dernières décennies, et un resserrement des liens entre juifs et chrétiens. Les auteurs rappellent également qu'aucune confrontation militaire, généralement déclencheur de manifestations antisémites, n'a eu lieu en 2015 entre Israël et ses voisins.

Les Juifs de France craignent toujours pour leur avenir

En France, cependant, les chiffres restent élevés. Selon le rapport, les actions et menaces antisémites ont connus une hausse de 84% entre les mois de janvier et mai 2015, suite aux évènements de janvier qui ont provoqué une sorte d'émulation chez les admirateurs des meurtriers. Cette hausse a été suivie d'une baisse significative au cours de l'année, mais il faut souligner que le nombre total d'incidents reste élevé: 400 contre 851 en 2014, et malgré les efforts notables du gouvernement français et des instances juridiques pour combattre l'antisémitisme, ainsi que l'intensification des mesures de sécurité, les Juifs de France craignent toujours pour leur avenir.

Selon le Dr. Moshé Kantor, président du Congrès juif européen, "2015 a été une année difficile pour l'Europe en général et pour la communauté juive en particulier. L'année a débuté dans un bain de sang et de terreur, avec les massacres de Charlie Hebdo et de l'Hyper Cacher à Paris en janvier et s'est terminée de même par le massacre de 130 personnes en novembre de nouveau à Paris".

RapportKantor3"Nous sommes témoins d'une évolution très inquiétante à l'intérieur d'institutions primordiales comme les partis et les organismes politiques majoritaires, les associations d'étudiants et les campus universitaires, qui créent un environnement d'antisémitisme institutionnel […] les évènements récents au sein du Parti travailliste et de l'Union nationale des étudiants britanniques montrent que les Juifs sont une fois de plus pris pour cible, cette fois-ci par les forces soi-disant progressives, qui pérennisent en fait les vues et politiques les plus anciennes et les plus régressives. […]  de plus en plus d'éléments d'extrême-gauche ont beaucoup en commun avec l'extrême-droite, le fascisme et l'intolérance, principalement à l'égard des Juifs" a-t-il ajouté.

Pour combattre les dangers de cet antisémitisme institutionnel, le Dr. Kantor a proposé notamment l'établissement d'une définition universellement acceptée de l'antisémitisme qui pourra être utilisée par les institutions  chargées de faire respecter la loi : "Nous sommes aujourd'hui dans une situation absurde où l'antisémitisme est défini par les antisémites. Nous ne parviendrons pas à les combattre véritablement et à endiguer  cette nouvelle forme insidieuse d'antisémitisme jusqu'à ce que nous le définissions".