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Université de Tel-Aviv: violences antisémites en hausse dans le monde en 2014

Selon le rapport sur l’antisémitisme dans le monde du Centre Kantor de l’Université de Tel-Aviv pour l'étude du judaïsme européen contemporain, réalisé en collaboration avec le Congrès juif européen, les attaques antisémites dans le monde ont augmenté de 40% en 2014 par rapport à l’année précédente. Les données,  publiées comme chaque année à la veille de la Journée de commémoration de la Shoah, sont alarmantes, et les communautés juives craignent pour l’avenir, en particulier en Europe occidentale.

Antisémitisme2014 été la pire année de la décennie pour les Juifs dans le monde, à l’exception de 2009. C'est ce qui ressort du rapport du Centre Kantor pour l'étude du judaïsme européen contemporain, présenté hier à l’UTA par la directrice du Centre, le  Prof. Dina Porat, en présence du secrétaire général du Congrès juif européen, Arie Zuckerman. Les données transmises d'Europe occidentale et d'Amérique du Nord ont recensé des centaines d’incidents antisémites, parfois plus de mille par pays. Les tendances observées au cours l’année 2014, qui a vu augmenter les expressions violentes, verbales et visuelles de l'antisémitisme, se sont poursuivies et aggravées  au début de 2015.

La France en tête

De nombreux Juifs dans le monde ont le sentiment de vivre dans un environnement où se renforce une atmosphère anti-juive, non seulement offensante et provocante, mais véritablement dangereuse. Le Centre a enregistré 766 incidents antisémites violents au cours de l’année, perpétrés avec ou sans armes, soit une augmentation de 38 pour cent par rapport à 2013, y compris les incendies criminels, les cas de vandalisme ou les menaces directes contre les personnes et les institutions comme les synagogues, les centres communautaires, les écoles, les cimetières et les monuments, ainsi que les biens privés.

Le point le plus alarmant est l’augmentation de la violence armée : le nombre de cas recensés est de 68, soit un doublement par rapport à 2013, en plus des 101 cas de violence non-armée. Le nombre d’incendies criminels a triplé, et on a recensé 412 cas de vandalisme. Plus de 306 personnes ont été la cible d'attaques directes, soit une hausse de 66 pour cent par rapport à 2013. Les attaques contre des synagogues, au nombre 114, indiquent une augmentation de 70 pour cent. Environ 57 centres communautaires et écoles ont été endommagés, 118 cimetières et lieux de mémoire ont été profanés, et il y a eu 171 cas de dommages à des biens privés.

Cette année encore, le plus grand nombre de cas de violence contre les personnes a été enregistré en France, 164 cas contre 141 en 2013. On a également enregistré une augmentation nette du nombre de cas de violence physique au Royaume-Uni (141 contre 95), en Allemagne (76 contre 36, soit plus du double), en Belgique (30 contre 11), et en Suède (17 contre 3 !). Par contre, en Europe de l'Est, la violence contre les Juifs s’est stabilisée, et a même légèrement diminué en Roumanie et en Russie. Au total, le nombre d’incidents antisémites sous toutes leurs formes (y compris les cas de violences verbales, menaces, graffitis etc) est passé de 535 à 1168 en Grande-Bretagne, de 788 à  1076 en Allemagne, de 423 à 853 en France, de 137 à 255 en Autriche.

La société occidentale en crise

Centre KantorLes chercheurs ont constaté que l'Opération "Bordure protectrice" menée à Gaza de début juillet à fin août 2014, a amené à une vague d'incidents antisémites, mais, relève le Prof. Dana Porat : « L’explication est trop simpliste. Les incidents antisémites avaient déjà augmenté dès la première moitié de l’année 2014. D’autre part, les manifestants sont sortis dans les rues dès le début de l’opération avec des pancartes toutes prêtes, comme si les manifestations avaient été préparées à l’avance ».  Les pancartes et slogans blessants comportaient principalement la comparaison d'Israël et des communautés juives aux nazis, les accusant ainsi que les soldats de Tsahal de tout le mal possible et imaginable.

Pour les chercheurs du Centre Kantor, ces faits prouvent l’énorme ignorance du public participant à ces manifestations, sans connaissances ni informations. La crise des valeurs que traverse la société occidentale contemporaine, accompagnant cette ignorance profonde, poussent les jeunes désorientés à rechercher des symboles faciles à saisir qui divisent le monde en noir et blanc, bien et mal, coupables et victimes. Les centaines de caricatures, concrétisant cette vision manichéenne, représentant les Juifs et les Israéliens comme à l’époque nazie : cruels, sanguinaires, meurtriers d'enfants au sourire moqueur sous leur nez courbé, reflètent la réapparition de l'antisémitisme classique, qui avait pendant longtemps presque disparu de la scène européenne du paysage. Les médias occidentaux et musulmans biaisés renforcent ces stéréotypes classiques anciens, en présentant de manière répétitive une image brutale des Juifs et des Israéliens.

Une brutalité en hausse

Enfin, l'Etat islamique, ISIS, et la nature violente d'autres événements et organisations en Afrique et au Moyen-Orient depuis le soi-disant « printemps arabe », ont élevé la barre de la cruauté à des niveaux jusque-là inconnus. Violence et cruauté ont un effet de magie noire qui attire un public jeune, affluant de partout dans le monde vers le  Moyen-Orient, avant de retourner en Europe. Les efforts des dirigeants européens pour exprimer leur solidarité et assurer la sécurité d’une vie juive en Europe n’ont pas encore d’influence sur la rue et les forces agissant en direction opposée, comme l'extrême droite et l'extrême-gauche, l'islam radical, ainsi que les groupes non identifiés politiquement.

Selon le secrétaire du congrès juif européen, Arie Zuckerman : « Il n’est plus possible aujourd’hui de vivre fièrement une vie juive en Europe. La peur règne. On ne peut plus porter aucun signe de reconnaissance extérieure de son judaïsme, comme une kipa ou une étoile de David. Les masques sont tombés. L’islam extrémiste voit dans les Juifs son premier objectif. Le public occidental quant à lui reste passif. On sort dans la rue pour défendre la liberté d’expression, mais pas pour les Juifs. Un sondage réalisé au début de l’année 2015 montre que 25% des non-Juifs en Europe pense qu’une nouvelle Shoah est possible ».

« Le financement de la protection retombe souvent sur les communautés elles-mêmes. Nous exigeons leur protection immédiate, ainsi que la création d’un organe qui traite le problème au niveau européen, car les terroristes se déplacent sans entrave à travers l’Europe, et un renouvellement de la législation, devenue inadaptée ».

Arie Zuckerman note cependant un changement positif des classes dirigeantes, notamment en France, où le gouvernement a, par exemple interdit toute manifestation devant les sites juifs pendant l’opération Bordure protectrice.