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05 Mar 2019
07:00PM -
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Don généreux pour la rénovation du jardin botanique de l'Université de Tel-Aviv

Un contrat de 10 millions de dollars signé en décembre dernier entre le promoteur immobilier Yehuda Naftali et l'Université de Tel-Aviv va assurer la rénovation du jardin botanique qui devrait attirer plus de 30 000 visiteurs par an, devenant ainsi le plus important d'Israël.

botanic580 2Le jardin botanique est une unité de recherche au sein de l'École des sciences végétales et de la sécurité alimentaire de la Faculté des sciences de la vie de l'Université. Créé en 1973 pour servir de foyer de recherche et d'enseignement sur la flore ainsi que de centre pour la préservation de la nature, principalement des plantes d'Israël en danger d'extinction, il s'étend sur 3,4 hectares à l'est du campus, jouxtant le nouveau Musée Steinhardt d'histoire naturelle et le jardin zoologique. Il abrite environ 4 000 espèces de plantes d’Israël et du monde entier, divisées en familles ou selon leur habitat. Au cœur du jardin se trouve une collection de plantes israéliennes, formant un jardin écologique qui crée une sensation de réserve naturelle.

Protection des espèces en voie d'extinction

L'ouverture du Musée Steinhardt a accru l'attractivité du jardin botanique, les visiteurs du musée demandant de l'intégrer également dans leur visite. Ils se trouvent ainsi exposés aux activités particulières qui s'y déroulent et au travail important qui y est effectué pour protéger les espèces menacées d'extinction et préserver la biodiversité des plantes en Israël.

Yehuda Naftali a identifié les nombreuses opportunités inhérentes au jardin, à la fois comme centre clé de recherche et de préservation de la nature et comme foyer éducatif de premier plan dans les domaines de la botanique et de l'environnement. Sa généreuse contribution sera consacrée au développement de ressources modernes, à celui des collections de plantes, à l'aménagement de chemins et d’installations pour accueillir le public, ainsi qu’à l'essor des infrastructures de recherche et d’enseignement propices à la réalisation de son énorme potentiel.

"La généreuse contribution de M. Naftali élargira considérablement l'influence du jardin botanique sur la recherche mondiale dans le domaine, ainsi que sa capacité d'enseignement récréatif pour les écoliers, les familles et les touristes", a déclaré le Prof. Joseph Klafter, Président de l'Université. "Ce don arrive juste à point et s'intègre parfaitement dans la politique de l'université de développer sa mission d'influence sur la société".

Un incubateur pour la recherche innovante

Le jardin botanique de l'Université de Tel-Aviv éveille déjà aujourd'hui un grand intérêt. Plus de 10 000 personnes le visitent chaque année et ce nombre devrait passer à 30 000, ce qui en fera le jardin botanique le plus populaire d'Israël. "Le don de M. Naftali garantira au jardin botanique les ressources nécessaires pour faire face à la croissance attendue", a ajouté le Prof. Klafter.

"Le jardin n'est pas un simple projet de construction de plus pour moi", a déclaré Yehuda Naftali lors de la cérémonie de signature. "C'est un espace ouvert, vivant et actif qui deviendra une attraction touristique pour la ville de Tel-Aviv, ainsi qu'un incubateur pour la recherche innovante".

Naftali, qui vit à Los Angeles, est un promoteur immobilier qui compte de plus de 40 ans d'expérience dans le secteur des projets commerciaux de grande envergure. Sa contribution permettra d'améliorer considérablement les installations de recherche, d'enseignement et de conservation du parc. "Je suis fier de faire partie de la famille de l'Université de Tel-Aviv, et d'aider au développement d'un jardin botanique moderne et rénové ", a-t-il ajouté.

La cérémonie de signature s'est déroulée en présence d'Amos Elad, Vice-Président du développement des ressources de l'Université de Tel-Aviv, du Prof. Yoav Henis, Vice-Président pour la recherche, de la co-Présidente de la campagne internationale de l'UTA, Dafna Meitar-Nehmad, du Directeur du jardin botanique, le Prof. Yuval Sapir, ainsi que des chercheurs et du personnel du jardin botanique.

Inauguration d'un centre commun entre l'Université de Tel-Aviv et l'Institut chinois Tsinghua-Berkeley pour le développement de startups

Un nouveau centre commun de l'Université de Tel-Aviv et de l'Institut chinois Tsinghua-Berkeley a été créé lors du troisième Forum sino-israélien pour l'innovation qui s'est tenu récemment à Shenzhen en Chine, en présence du Prof. Joseph Klafter, Président de l'UTA, du Prof. Qiu Yong, Président de l'Université Tsinghua de Beijing, du cofondateur du groupe d'investissement et fonds de capital-risque Morningside de Hong Kong, Roni Chan, et de l'Ambassadeur d'Israël en Chine, Zvi Hefetz. Il a pour but d'encourager les initiatives technologiques israéliennes sur le marché chinois et chinoises sur le marché israélien et servira de pont vers la Chine pour les startups de Ramot, la société de transfert de technologie de l'UTA et celles soutenues par TAU Ventures, fonds de capital-risque qui investit dans des projets d'étudiants et diplômés de l'Université.

Klafter ChineLe troisième Forum annuel pour l'innovation sino-israélien était organisé en coopération entre l'Université de Tel-Aviv, l'Université Tsinghua de Beijing, l'une des plus prestigieuses de la République Populaire de Chine, et le groupe Morningside, afin d'examiner les partenariats possibles dans le domaine des développements technologiques innovants et des avancées de la recherche. Cette année, le forum s'est concentré sur l'innovation en intelligence artificielle, la technologie de la Blockchain et la santé numérique. Y ont participé des personnalités clé israéliennes et chinoises issues du monde universitaire, de l'industrie et du gouvernement.

L'Université de Tsinghua compte plus de 20 Ecoles et environ 47 000 étudiants de 120 pays différents. En 2014, elle a rejoint l'Université Berkeley de Californie pour fonder l'Institut de recherche Tsinghua-Berkeley, incubateur mondial pour la recherche et l'éducation.

"Le nouveau centre commun entre l'UTA et l'Institut Tsinghua-Berkeley, qui recouvre un territoire allant de Tel-Aviv à Shenzhen en passant par la Californie, est le résultat direct des relations que nous avons développées et entretenues au fil des ans dans le cadre de ce Forum", a déclaré le Prof. Klafter. "Ce qui le distingue des autres forums de ce type, c'est le lien étroit qu'il établit entre l'Académie, l'industrie et les instances gouvernementales", a expliqué Orly Fromer, Conseillère du Président pour les Relations avec l'Asie et directrice du nouveau centre pour le compte de l'Université. "Ces relations se traduisent en définitive par une meilleure recherche, des partenariats commerciaux plus étroits et des innovations qui changent le monde".

Outre l'Université de Tsinghua, l'Université de Tel-Aviv coopère avec plus de 30 universités, instituts de recherche et entreprises de haute technologie de premier plan en Chine.

 

Sur la photo: Le Prof. Joseph Klafter, Président de l'Université de Tel-Aviv lors du Forum de l'Innovation Chine-Israël

Catastrophe de la mousson: l'Université de Tel-Aviv procure de l'eau potable à des milliers d'Indiens

Un projet lancé le 21 janvier 2019 à l’initiative des Prof. Rafi Nachmias et David Mioduser du Centre pour l’Education scientifique et technologique de l’Université de Tel-Aviv, utilisant une technologie de purification de l’eau mise au point à l’École de médecine de l’Université, a permis de fournir de l’eau potable à des milliers d'Indiens du sud-ouest de l’Inde. Les chercheurs espèrent étendre leur initiative à d’autres villages de la région, où la purification de l’eau est une question de vie ou de mort pour les habitants.

water india 580La mousson qui a frappé le sous-continent indien en août 2018, provoquant des inondations et des torrents de boue, principalement dans  l'État du Kérala au sud-ouest du pays, a été particulièrement meurtrière. Des centaines de personnes y ont trouvé la mort, et environ un million d’autres se sont retrouvées sans abri. Mais il ne s’agit là que des dommages directs. Suite aux inondations, les infrastructures d’approvisionnement en eau se sont complètement effondrées dans tout le pays et des millions de personnes n’ont plus accès à l’eau potable.

Des filtres pour appareils de dialyse

« Lorsque j'ai lu les articles sur la mousson dans le journal, j'ai immédiatement appelé mes collègues de l'Université d'Amrita dans l'Etat du Kérala », explique le Prof. Nachmias. « J'y avais été en visite un an auparavant, et j’étais inquiet pour leur sécurité. Les récits que j'avais entendus n'étaient pas encourageants, le principal grief concernant une grave pénurie en eau potable. J'ai commencé à chercher des solutions dans notre université, et j’ai fini par découvrir une invention du Prof. Yoram Lass de l'Ecole de médecine, qui a trouvé une manière efficace simple et peu coûteuse d'utiliser des filtres pour appareil de dialyse pour épurer l’eau. Nous avons vérifié auprès de nos amis indiens de l'hôpital universitaire d'Amrita, qui ont déclaré que cette technologie israélienne pouvait fonctionner même dans les conditions difficiles des villages de leur pays ».

Rafi NachmiasDans une deuxième étape, le Prof. Nachmias et ses collègues de l’Université de Tel-Aviv ont mis en place un projet visant à évaluer la mise en œuvre de systèmes de purification de l’eau dans des villages isolés, pour un coût de 1 000 à 2 000 dollars par village, et ont mené une étude pour déterminer la faisabilité de cette initiative à grande échelle. Le projet a été lancé le 21 janvier 2019 et a été financé par le Consulat israélien du sud de l'Inde et par le Fonds pour les victimes de catastrophes naturelles du ministère israélien des Affaires étrangères.

« Le système est capable de fournir près de 8 litres d'eau par minute, quantité suffisante pour un village d'environ 500 habitants, et ce à un coût relativement bas », explique le Prof. Nachmias. « Avec les fonds que le Consulat nous a accordés, nous pourrons installer cinq de ces systèmes sur des sites nécessitant de l'eau pure dans le Kerala. Il faut comprendre qu'il s'agit d'une solution extrêmement simple, utilisant une pompe manuelle qui ne nécessite pas d'électricité ; mais elle doit être accompagnée d'une éducation scientifique et technologique en matière d'eau potable et d'assainissement. Seule la combinaison de la technologie et d'une éducation adaptée parviendra à produire le changement souhaité ».

Les villageoises responsables de la gestion de l'eau

À cette fin, une coopération a été établie entre les chercheurs de l'Université de Tel- Aviv et leurs collègues de l'Université d'Amrita. Les chercheurs indiens ont désigné les villageoises comme responsables de la gestion de l’eau et leur ont enseigné l’importance d’une eau salubre pour la consommation et le fonctionnement du système à long terme. Dans les mois à venir, des étudiants d'Amrita mèneront des enquêtes auprès des villageois, surveilleront la qualité de l'eau et prendront note des problèmes rencontrés lors de la mise en œuvre du système sur le terrain.

David mioduser« En désignant les femmes des villages pour administrer l'eau, nous souhaitions réaliser deux choses », explique le Prof. Nachmias. « Tout d'abord nous voulions promouvoir leur statut, en leur donnant la responsabilité de cette ressource importante. Deuxièmement, les femmes veilleront à la conformité du matériel et à son utilisation adéquate. En Inde, l’Université est responsable de l’éducation des femmes et des jeunes, et s’il s’avère qu’il est possible, grâce à la technologie israélienne innovante, de sauver des vies, nous élargirons le projet ».

Environ 60 000 enfants de moins de cinq ans meurent chaque année en Inde de maladies intestinales causées par de l'eau contaminée et environ 80 millions d'Indiens n'ont pas accès à l'eau potable. « C'est inconcevable », déclare le Prof. Nachmias. « Le Kerala est un paradis en matière d'eau et les Israéliens ne peuvent qu'envier la quantité des pluies dans cette région. Le problème est la pollution en général, et en particulier les dégâts causés par la mousson. Les cadavres d'animaux et les déchets biologiques polluent les sources d’eau, causant des infections mortelles. J'espère que nous assisteront dans quelques mois à la réussite du projet, et nous ferons alors tout notre possible pour fournir les dispositifs de l’Université de Tel-Aviv à d’autres villages, sachant que c’est une question de vie ou de mort pour les habitants de cette région ».

L'Université de Tel-Aviv parmi les premières en Europe pour le nombre de bourses Jeunes chercheurs de l'ERC

Quatre jeunes chercheurs débutants et six jeunes chercheurs confirmés de l'Université de Tel-Aviv ont obtenu des bourses de recherche de l'ERC pour l'année 2018, plaçant l'UTA au premier rang en Israël et à la quatrième place en Europe parmi 172 instituts de recherche, après le CNRS, l’Institut Max Planck en Allemagne et l’Université de Cambridge au Royaume-Uni.

Bourses ERC 2018Les subventions ERC sont décernées dans le cadre d'Horizon 2020, programme phare de recherche et de développement de l'Union Européenne et comptent parmi les plus importantes et les plus prestigieuses du monde. Le montant de ces bourses, destinées à financer des recherches personnelles novatrices se situe entre 1,5 et 2,5 millions d'euros. Les bourses de recherche pour jeunes chercheurs débutants (Starting Grant) sont accordées aux chercheurs possédant entre deux à sept années d'expérience postdoctorale. Les subventions de recherche pour jeunes chercheurs confirmés (Consolidator Grant) sont attribuées à ceux dont l'obtention du doctorat remonte à sept à douze ans.

"Nous sommes fiers d’annoncer que nous avons présenté cette année 18 jeunes chercheurs confirmés, dont 9 (50%) sont arrivés au stade de l'entrevue et que sur ces neuf, 6 soit 66%, ont obtenu un financement", a déclaré Einat Ron, Directrice de la section Union européenne du Département de la recherche de l'Université de Tel-Aviv, qui précise que : "l'université offre aux chercheurs un accompagnement allant du stade de la réflexion sur l'idée du projet jusqu'à sa remise, en passant par la rédaction, la révision linguistique et graphique de la proposition et une assistance pour la soumission du projet système électronique".

Les quatre jeunes chercheurs à avoir bénéficié de ces prestigieuses subventions de recherche de l’UE sont les Dr. Shiri Chechik (Ecole d'informatique), Pavel Ginzburg (Ecole d'Ingénierie électrique), Jonathan Berant (Ecole d'informatique) et Daniel Deutch (Ecole d'informatique). Les six jeunes chercheurs confirmés sont les Prof. Yuval Ebenstein (Ecole de chimie), Oded Rechavi (Sciences de la vie), Anat Herskovits (Biologie moléculaire), Udi Qimron (Ecole de médecine), Ehud Nakar (Astrophysique) et Amir Globerson (Ecole d'informatique).

Les subventions de l'ERC pour chercheurs expérimentés (Advanced Grant) sont encore en cours d'évaluation.

 

Sur la photo: les lauréats des bourses avec la direction de l'Université.

(Crédit: Yehonatan Zur)

 

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L’Union européenne et l’Université de Tel-Aviv commémorent la Journée internationale de la Shoah

Une vingtaine d’ambassadeurs ont participé aujourd’hui 28 janvier 2019 à un événement conjoint de l’Union européenne et du Centre Kantor pour l’Etude du judaïsme européen contemporain de l’Université de Tel-Aviv à l’occasion de la commémoration de la Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l’Holocauste, en la présence du Prof. Joseph Klafter, Président de l'université, du Président de l’Agence juive, Isaac Herzog, de l’Ambassadeur de l'Union européenne en Israël, Emanuele Giaufret, et de Me. Arie Zuckerman, Président du conseil d'administration du Centre Kantor. Le Prof. Dina Porat, directrice du Centre Kantor, a présenté une conférence sur le thème: « L'antisémitisme aujourd'hui : analyse et méthodes pour le combattre ».

yomhashoahgiaufretporatklafterHerzogParmi les pays participant on comptait entre autre la France (représentée par son Ambassadrice Hélène Le Gal), l’Autriche, l’Allemagne, le Danemark, la Hongrie, la Suède, la Slovaquie, la Finlande, l'Irlande, la Belgique, la Bulgarie, la République tchèque, la Lettonie et la Slovénie.

« C’est un plaisir de vous souhaiter à tous la bienvenue dans notre université », a déclaré le Prof. Joseph Klafter, qui a remercié l’ambassadeur Emanuele Giaufret pour sa décision de tenir la conférence à l’Université de Tel-Aviv. Précisant que l’évènement était chargé de sens pour lui personnellement, en tant que représentant de la deuxième génération de survivants de la shoah, il a souligné la participation de l’Université de Tel-Aviv dans les efforts pour « lutter contre la réémergence de ce mal absolu », notamment sa collaboration à la publication du catalogue des politiques de lutte contre l’antisémitisme issu de la conférence internationale « Fin à l’antisémitisme » tenue l’an dernier à Vienne par le Congrès juif européen.

"L'antisémitisme est une attaque contre les valeurs mêmes de l'Union européenne

L’ambassadeur de l’Union européenne en Israël a pour sa part souligné le devoir moral de l’Union de commémorer l’Holocauste, «  et de traduire cette commémoration en actions pour lutter contre l’antisémitisme. Comme l’a bien exprimé Amos Oz dans son roman Une histoire d’amour et de ténèbres, les Juifs étaient les seuls véritables patriotes européens de l’époque, et l’Europe les a éjectés. Nous ne pouvons pas changer l’histoire, mais nous pouvons faire en sorte que nos descendants de connaissent pas de période aussi sombre ». Relevant que toutes les enquêtes publiées récemment soulignent que les Juifs ne se sentent pas protégés en Europe, il mentionne cependant les mesures adoptées par l’UE pour combattre l’antisémitisme. « Nous ne devons jamais oublier les leçons de l’Holocauste. L’Union européenne et Israël doivent lutter ensemble pour protéger les communautés juives. L’antisémitisme est une attaque contre les valeurs mêmes de l’Union européenne, contre nous tous ».

YomhashoahHeraogGiaufretporat« La montée de l’antisémitisme en Europe et aux Etats-Unis est devenue un vrai problème de nos jours », déclare Isaac Herzog, Président de l’Agence juive. « Toutes les sources montrent qu’il s’agit bien d’une montée régulière et non pas d’un phénomène présentant des hauts et des bas. Il est parallèle à l’ascension conjointe de l’extrême droite et de l’extrême gauche qui se servent de la haine contre les Juifs comme outil politique. Nous respectons les efforts des gouvernements européens pour faire face à ce problème sur le plan législatif, mais la mise en application de la définition de travail de l’antisémitisme proposée par l’Alliance Internationale pour la Mémoire de l’Holocauste et adoptée le 1er juin 2017 par le Parlement européen reste encore un défi ». Soulignant également l’aggravation dramatique du sentiment d’insécurité des Juifs d’Europe, il insiste sur l’importance de la protection des communautés contre la violence mais aussi de l’éducation contre l’antisémitisme à instiller aux jeunes Européens.

"Les Juifs perdent peu à peu le sentiment d'appartenance à un continent pour lequel ils ont tant donné"

Emettant le vœu qu’un tel évènement devienne une tradition, Arie Zuckerman souligne qu’il n’y aura bientôt plus de témoins vivants pour raconter, et que nous devrons « de plus en plus nous confronter au déni de l’Holocauste et lutter contre ceux qui tentent de transformer les bourreaux en victimes. Il faut bien comprendre que la shoah n’a été possible que parce qu’il y a eu une collaboration locale, sinon on ne pourra empêcher que cela recommence », a-t-il déclaré. Il relève également l’importance de l’éducation de la nouvelle génération, y compris des immigrants pour «  arrêter le phénomène non pas seulement au niveau des gouvernements, mais chez les populations, avant qu’il ne soit trop tard. Dans la plupart des pays européens, l’enseignement de la shoah ne fait toujours pas partie du cursus éducatif ».

Yomhashoahtable rondeLa passionnante conférence du Prof. Diana Porat comportait tout d’abord une analyse de la situation de l’antisémitisme en Europe, puis une revue des mesures prises pour lutter contre. « Un pourcentage croissant de Juifs d’Europe envisagent de quitter le lieu où ils vivent pour se rendre ailleurs, parfois dans le même pays. C’est ce qu’on appelle un exode interne. Les juifs perdent peu à peu le sentiment d’appartenance à un continent pour lequel ils ont tant donné ».

Selon le Prof. Porat, un des facteurs de base expliquant cette situation est l’ignorance. « Nous sommes 74 ans après l’Holocauste. La troisième génération née après la guerre est exposée à un flux incessant d’informations sur toutes sortes de sujets, et a de moins en moins conscience de cette période de l’histoire. Il s’agit d’une ignorance rampante contre laquelle il est très difficile de lutter ».

Elle souligne également l’influence des média sociaux, où l’anonymat permet de déverser les sentiments les plus laids ; la violence verbale et l’hostilité entre les groupes qui caractérise tous les niveaux de la vie sociale : « Les groupes extrémistes n’aiment pas tout ce qui n’est pas comme eux : Juifs, musulmans, homosexuels, Roms etc. On ne peut isoler l’antisémitisme de l’environnement global. Il existe aujourd’hui une combinaison des groupes extrémistes, extrême-gauche, extrême-droite, islamistes et autres qui se manifeste contre tout ce qu’ils n’aiment pas ».

La seconde partie de son intervention portait sur les réalisations de la lutte contre l’antisémitisme, en dépit de toute cette situation : la conférence de Vienne de février 2018 qui a abouti à une définition opérationnelle de l’antisémitisme intégrant l’antisionisme adoptée par le Parlement européen, l’importance des débats soulevés dans tous les pays autour de l’adoption de cette définition, la déclaration de l'UE sur la sécurité des communautés juives et la lutte contre l'antisémitisme, la multiplication dans le monde entier des enquêtes sur la situation de l’antisémitisme, qui implique l’allocation d’énormes budgets prouvant la reconnaissance du problème…

La conférence a été suivie d’un débat montrant l’intérêt des ambassadeurs présents pour la lutte contre l’antisémitisme dans leurs divers pays.

 

Photos: Yossi Zweker.

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