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Les Amis français de l'Université de Tel-Aviv en Italie

Afin de soutenir par des bourses d'études les étudiants du département d'histoire de l'art de l'Université de Tel-Aviv, les Amis français de l'Université ont organisé pour la troisième année consécutive un week-end en Italie. Ils y ont notamment rencontré le célèbre artiste italien Michelangelo Pistoletto.

Par Geneviève Zarka

Italie3Après Florence et Rome, ce fut le tour début juillet de Turin. Et c'est un groupe d'une trentaine de personnes qui a suivi avec intérêt les brillantes explications du Prof. Séfy Hendler, Maître de conférences au département d'histoire de l'art de l'UTA, qui nous a conduit à travers les rues de la ville à la découverte du Ghetto, d'abord au centre de Turin, puis au sommet de la Mole (aujourd'hui Musée du cinéma), puis à 167 mètres de haut pour une vue de la ville et ses environs, enfin au Palazzo Madama et au Musée Égizio.

Durant ces trois jours nous avons eu le plaisir d'être reçus vendredi, après l'office du sabbat à la synagogue de Turin, pour un savoureux dîner dans son studio d'artiste, par le galériste Ermanno Tedeschi. Le samedi soir, ce fut au tour de Bianca et Arturo Tedeschi de nous recevoir pour le dîner dans leur demeure privée sur les hauteurs de Turin. Dimanche enfin, notre ami,  Nicolo nous fit le grand honneur de nous inviter dans son magnifique Palazzo, propriété de sa famille près de la ville de Biella, pour un déjeuner parmi les œuvres d'art du Palazzo. Son hôte d'honneur étant pour cette occasion un des maîtres de l'Arte Povera, le célèbre artiste, peintre et sculpteur, Michelangelo Pistoletto. 

Notre découverte de Turin n'aurait pas été complète sans un déjeuner au restaurant Del Cambio, 1 étoile au Guide Michelin, où dans l'une des salles sont installées justement des œuvres de Michelangelo Pistoletto.

Les Amis français de l'UTA remercient les amis italiens, Ermanno Tedeschi, Bianca et Arturo Tedeschi, et Nicolo pour avoir contribué à faire de ce séjour à Turin un moment exceptionnel.

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Visite en Israël du quatuor à cordes de l’Orchestre de chambre de Paris sous l'égide de l’Association des Amis français de l’Université de Tel-Aviv

Le quatuor à cordes de l’Orchestre de chambre de Paris est venu à la rencontre de jeunes musiciens et d'élèves d’écoles élémentaires en Israël, du 28 février au 5 mars 2016, à l'initiative de l’Association des Amis français de l’Université de Tel-Aviv en coopération avec la Mairie de Paris et l'Institut français en Israël, dans le cadre d'un projet de médiation culturelle et de sensibilisation à la musique classique.

quatuor1Depuis 2012, l’Orchestre de chambre de Paris développe un dispositif d’actions éducatives en Israël en partenariat avec les Amis Français de l’Université de Tel-Aviv et avec le soutien de la Ville de Paris et l’aide de l’Institut Français, afin de promouvoir la musique auprès des jeunes de toutes communautés confondues.

Au cours de leur visite, les musiciens bénévoles du quatuor ont rencontré l'Orchestre des étudiants de l'Ecole de Musique Buchmann-Mehta de l'Université de Tel-Aviv et réalisé une session exceptionnelle d’encadrement de répétitions, dans un répertoire spécifique d’orchestre de chambre (Symphonie n° 40 de Mozart et Pulcinella de Stravinski).

quatuor enfantsIls se sont également rendus au Centre multiculturel des arts d'Emek Yizrael, près de Nazareth, à l'initiative de l'Université de Tel-Aviv, où ils ont donné plusieurs master-classes pour des orchestres juniors et ensembles de musique de chambre de la région, et effectué des interventions de sensibilisation à la musique classique auprès des enfants scolarisés dans les écoles alentours.

La visite en Israël du quatuor à cordes de l’Orchestre de chambre de Paris s’est conclue le vendredi 4 mars par un concert commenté à destination des élèves de l'école Bialik-Rogozin de Tel Aviv.

Le jeudi 3 mars, le quatuor a donné un concert de clôture à la résidence de l'ambassadeur de France à Tel-Aviv, Patrick Maisonnave. L’Ambassade de France et l’Institut français d’Israël ont chaleureusement remercié l’Orchestre de chambre de Paris, la Mairie de Paris et l’association des Amis français de l’Université de Tel-Aviv pour ce beau projet de médiation culturelle et de sensibilisation à la musique classique.

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©R.Rancurel et
©Alex J. Summertown - Institut français d'Israël

Claude Lelouch à l'Université de Tel-Aviv

Le grand cinéaste français Claude Lelouch était le 20 mars 2016 l'invité de l'Université de Tel-Aviv, à l'occasion de la journée de la francophonie, à l'initiative des Amis francophones de l'Université, en collaboration avec l'Institut français en Israël. Après y avoir donné un master-class aux étudiants de l'Ecole de Cinéma, il s'est vu attribué un certificat de reconnaissance de l'Université, et a participé à un débat animé par le journaliste Emmanuel Halpérin suivant la projection en avant-première de son dernier film Un +Une. Cette grande soirée du cinéma francophone s'est déroulée en présence de Barbara Wolfer, conseiller de coopération et d'action culturelle et directrice de l'Institut français en Israël, de la représentante de l'ambassade de Belgique et du président de l'Association des Amis israéliens de l'UTA, Amnon Dick devant une salle comble et enthousiaste.

LelouchcertifAprès l'ouverture de la soirée le Prof. Ruth Amossy, marraine de l'Association, qui a parlé des projets pour la rentrée prochaine du Département de français de l'Université, réouvert cette année sous une nouvelle formule sous la direction d'Yves Wahl, et de Barbara Wolfer qui a souligné l'apport de Claude Lelouch à la langue française par la finesse de ses dialogues, Agnès Goldman, directrice de l'Association, a remercié l'Université de Tel-Aviv pour avoir permis cette projection exceptionnelle, ainsi que la société de production United King et sa directrice Avital Rosen de même que l'Institut français. Elle a salué le début d'une collaboration avec l'Association des Amis israéliens de l'UTA, et les nouveaux partenaires de l'Association, la Banque Discount et le site TelAvivre. Enfin elle a annoncé que la participation à la soirée allait permettre de financer deux bourses d'étudiants de l'Université, avant de présenter brièvement au public le département de cinéma de l'UTA, classé pour la deuxième année consécutive au 15e rang des meilleures écoles de cinéma du monde par le Hollywood Reporter, et dont les quelques 1000 étudiants participent chaque année à près de 500 festivals internationaux, et obtiennent 50 prix par an.

"Ce pays est important à mon coeur"

Claude Lelouch a fait son entrée dans la salle sous l'ovation du public, après la projection d'une courte vidéo présentant une rétrospective de ses 45 films, dont Un homme et une femme, Le voyou, L'aventure c'est l'aventure, Les uns et les autres, Les misérables, Roman de gare etc.

LelouchportraitIl a reçu des mains du Prof. Ruth Amossy et d'Agnès Goldman un certificat de l'Université de Tel-Aviv, en témoignage de reconnaissance pour sa contribution majeure au cinéma, sa volonté de partager sa mission et son expertise avec les étudiants de l'Université et son amitié et son soutien à l'égard de l'Etat d'Israël et de sa jeunesse.

"Je suis un grand sentimental et suis très ému de votre accueil" a déclaré le cinéaste. "Ce pays est important à mon cœur". Il a ensuite brièvement présenté son dernier film parallèle d'Un homme et une femme, tourné il y a 50 ans: " En plus de mes sept enfants, j'ai eu la chance de faire 45 'enfants cinématographiques'. Chaque film est le brouillon du suivant. Je suis très heureux de ce film qui m'a permis de revisiter une histoire d'amour 50 années après".

La projection du film a été suivie d'un débat avec le journaliste Emmanuel Halpérin, au cours duquel Claude Lelouch a parlé de sa vie et de sa carrière, et fait profiter le public de son expérience de cinéaste.

"Le cinéma est mon oxygène"

A la première question, sur la "religion de l'amour" professée par Amma, figure spirituelle de l'Inde, qui participe au film, il répond qu'il l'a rencontré quand il est arrivé de ce pays pour préparer le tournage: "Je ne pensais pas qu'elle accepterait de faire un film de fiction. Lorsque je l'ai rencontrée, elle m'a pris dans ses bras et m'a dit 'oui', sans même savoir ce que j'allais lui demander".

Question: êtes-vous plutôt du côté du personnage féminin ou du personnage masculin du film ?

LelouchsalleRéponse: du côté des deux. J'ai voulu faire le portrait du dernier macho. Depuis 50 ans les femmes ont pris le pouvoir. J'ai voulu montrer que l'amour n'est pas une protection, mais qu'il est dangereux, fragile. C'est l'art d'aimer quelqu'un plus que soi-même. C'est le mot le plus fort, qui donne un sens à la vie".

Claude Lelouch se déclare "fasciné par la mémoire de l'image. Pendant la guerre, ma mère me cachait dans les salles de cinéma, seul endroit où je restais sans bouger. Ce qui me fascinait, c'est que je voyais à l'écran des modèles d'humains 'réussis'. Le cinéma a donc commencé par me sauver la vie, et est depuis resté omniprésent dans mon existence".

"La vie est un metteur en scène qui ne vous donne pas la date de la fin"

Emmanuel Halpérin l'interroge alors sur l'ensemble de sa carrière exceptionnellement productives: 45 films en tout, soit environ un par an. "Le cinéma est mon oxygène" répond Lelouch. "Quand je tourne un film je suis en vacances. Tourner un film s'est magique. On fait la fête avec la vie".

Question: vous avez souvent dit que vous recherchiez la vérité. Qu'entendez-vous par là ?

LelouchappRéponse: la vérité c'est souvent un mensonge qui se dégonfle au dernier moment. Je suis plus sensible à la spontanéité. Je cherche à ce que mes acteurs soient spontanés. C'est pourquoi je laisse une large part à l'improvisation. Les grandes émotions au cinéma sont celles que l'on vit. L'émotion est dans les yeux. Avec les mots on peut mentir. La spontanéité, c'est un parfum de vérité". Il ajoute qu'il ne fait pas lire le scénario à ses acteurs: "Je traite mes acteurs comme la vie me traite. La vie est un metteur en scène, qui ne nous donne pas la date de la fin, de notre mort. Mes acteurs sont chargés de leur passé et avec le film je leur propose une aventure, avec des figures imposées et des figures libres, mais je cache le voyage".

Viennent ensuite des anecdotes, des moments de vie, les débuts de sa carrière comme caméraman d'actualité, ses démêlés avec François Truffaut et ses réticences vis-à-vis du cinéma "nouvelle vague", bien qu'elle ait "joué un rôle très important car elle a montré qu'on pouvait faire un film sans argent". Il raconte comment son premier succès, Un homme et une femme, est venu après six échecs, et comment il a détruit toutes les copies de son premier film, Le propre de l'homme, un échec sifflé pendant une heure et demi par le public, parce que son père, présent dans la salle, est mort peu de temps après: "J'ai détesté ce film et j'ai tout brûlé". Un moment de détente dans la salle lorsqu'Emmanuel Halpérin, grand cinéphile, a déclaré avoir, lui, vu ce film dans les années 60.

"Mes films sont des moments d'humeur. Je me suis laissé porter par la vie. Le hasard m'a toujours emmené là où mon intelligence n'osait pas. J'aime les surprises. Je me suis laissé porter par tous ces ricochets. J'ai pris des risques à chaque film, ce qui explique aussi mes échecs. Je procède par observation. On ne sait jamais d'où l'on vient et où l'on va. Quand j'étais jeune je rentrais dans les salles de cinéma par la sortie pour ne pas être obligés de payer, et je devais sortir avant la fin. C'est comme la vie: vous voyez un film qui a commencé depuis longtemps et vous êtes obligé de partir avant la fin. Profitez des séquences".

Claude Lelouch annonce ensuite qu'il tournera son prochain film au mois de juillet, et répond aux questions du public, qui a eu du mal à séparer de ce grand cinéaste, à la fois si enrichissant et si modeste et accessible.

Lelouchetudiants

Quand la terre tremble à l'Université de Tel-Aviv ?!

"La terre tremble…pas moi !", tel était le titre de la 4e conférence-débat de l'Association des Amis francophones de l'Université de Tel-Aviv, qui s'est déroulée dimanche 28 février dans l'auditorium Jaglom de l'Université, et au cours de laquelle le Dr. Gilles Hillel Wust-Bloch, spécialiste de sismologie du Département de Géophysique et du Centre Minerva de recherche sur la Mer Morte de l'UTA, a présenté le système de détection et d'alerte sismique rapide mis au point dans son laboratoire.

Terretremble1La conférence, introduite par le Prof. Ruth Amossy, marraine de l'Association, et Agnès Goldman, sa directrice, qui  a présenté le programme des prochaines rencontres, a été précédée de la projection d'un court film sur les recherches menées à l'Université de Tel-Aviv.

Le Dr. Wust-Bloch, ancien diplômé de l'Ecole Polytechnique fédérale de Zurich (EPFL), a tout d'abord donné la parole à deux étudiants francophones du département de géophysique qui ont partagé leur expérience avec le public, avant que de présenter ses recherches qui visent entre autre selon ses termes, à extraire la science de sa tour d'ivoire au bénéfice de la société.

Il est impossible, a-t-il expliqué, de prévoir le lieu, le moment et l'intensité d'un tremblement de terre, mais on peut relever et analyser les données dans les zones dans lesquelles ils sont fréquents, de manière à établir des paramètres permettant de construire, d'une part des structures qui y résisteront, et de l'autre un système d'alerte rapide.

Qu'est-ce qu'un tremblement de terre ?

La croute terrestre est faite de plaques tectoniques qui bougent en permanence: soit elles s'écartent, provoquant des coulées de lave, soit elles entrent en collision, produisant les reliefs ou encore elles coulissent l'une par rapport à l'autre, créant des failles, comme celle de la Mer Morte. Lorsque la roche est soumise à des contraintes dépassant sa propre résistance, elle craque, dégageant une chaleur non mesurable, et produisant une rupture qui se propage vers la surface, et créé des ondes de trois types différents: rapides, moyennes et lentes. Celles-ci sont enregistrées en surface par des capteurs, et leur puissance est mesurée selon l'échelle de Richter, qui établit une relation entre l'amplitude des signaux sismiques et la distance sur laquelle ils se propagent.

Terretremble2Le Dr. Wust-Bloch, spécialiste de nano-sismologie, travaille sur des "mini" tremblements de terre, afin de mieux en comprendre les mécanismes. Les secousses allant jusqu'à une force 3 sur l'échelle de Richter, explique-t-il, ne sont pas perceptibles. C'est à de 3 que l'on sent les objets bouger. Un tremblement de terre d'une amplitude de 3 à 6 produit des dégâts non structurels, pouvant aller jusqu'à un fendillement des murs. A partir de 6, les bâtiments inadaptés montrent des signes de non résistance. 3 millions de tremblements de terre de magnitude 2 sont enregistrés tous les ans dans le monde.

" Prendre le pouls de la planète à l'endroit le plus bas du monde"

La plus grande partie des travaux de recherche du Dr. Wust-Bloch se concentre dans la région de la Mer Morte. Celle-ci précise-t-il, fait partie d'une faille sismique allant de la Mer rouge au sud à la faille anatolienne au nord, et constitue le bassin sédimentaire le plus profond du monde. Selon lui, elle permet de " prendre le pouls de la planète à l'endroit le plus bas du monde". Le sol meuble amplifiant l'énergie sismique, la Mer Morte fait effet de caisse de résonance, ce qui explique qu'un tremblement de terre de force 5 soit enregistré dans cette région tous les 10 ans, et que les sites archéologiques soient systématiquement détruits le long de cette faille. Le tremblement de terre de Jéricho en 1927 (d'amplitude de 5.2) a fait 500 morts, et la Jordanie se déplace vers le nord de 5 millimètres par an.

Une collaboration transnationale indispensable

La Mer Morte est donc le lieu idéal pour l'enregistrement des ondes sismiques. Cependant, les chercheurs ne peuvent se contenter de poser des capteurs sur une seule de ses rives.  La collaboration entre scientifiques israéliens, jordaniens et palestiniens est ici une nécessité.

Aussi le Dr. Wust-Bloch a-t-il développé un réseau sismique expérimental transfrontalier, le Dead Sea Net, le seul du monde au sein duquel les informations sismiques sont transmises entre pays de manière immédiate.

En effet, à l'encontre de l'ensemble des réseaux sismiques dans le monde qui utilisent des capteurs individuels, les divers sites de Dead Sea Net sont équipés de plusieurs capteurs. De plus, il transfère les données au moyen du réseau ADSL, plus économique que les satellites. Ainsi, les chercheurs peuvent-ils connaitre la provenance d'une onde, et calculer la vitesse à laquelle elle traverse le réseau, en l'espace de 40 millièmes de seconde. Hypersensible, Dead Sea Net travaille sur les mini-tremblements de terre, qui permettent de tester un système d'alerte rapide. La Knesset il y a deux ans a alloué 20 millions de shekels au projet.

Un système d'une utilité énorme

Le système d'alerte sismique rapide est un concept qui a été élaboré par un scientifique californien du nom de Cooper il y a 150 ans. Il est basé sur le fait que les ondes primaires arrivent plus vite que les autres, mais donnent moins d'énergie, laissant, lorsqu'elles sont détectées à temps, un court laps de temps pour réagir. Les chercheurs de l'Université de Tel-Aviv, en collaboration avec leurs collègues de l'Université de Berkeley en Californie, travaillent donc à développer un système qui localise l'épicentre du tremblement de terre, et en estime la magnitude en fonction de l'endroit ou nous nous trouvons. L'utilité de ce système pourra être énorme: il permettra de mettre à profit les quelques secondes  de "préavis" qu'il donnera pour bloquer les conduites de gaz dans les usines, freiner les trains rapides, empêcher les avions de décoller, interrompre les opérations dans les hôpitaux, ou stopper les chaines de production dans les usines.

Pour les particuliers, il donnera le temps d'avoir le bon réflexe pour se protéger rapidement, en cas de dégâts non structurels: se réfugier sous une table, ou sous le chambranle d'une porte, par exemple.

Le grand défi de la sismologie, explique le Dr. Wust-Bloch, est d'être à la fois rapide et précis. Le système d'alerte actuellement développé par les chercheurs de l'UTA vise ce double résultat.

Tremblement de terre3En guise de conclusion, le Dr. Wust-Bloch revient sur l'aspect transnational de ces recherches, qui impliquent à la fois des chercheurs californiens, israéliens, palestiniens et jordaniens, notamment dans le cadre de l'ONG Ecopeace. "Coopérer", dit-il, "est un immense atout pour la science". Il insiste également sur la nécessité d'envisager la question des tremblements de terre non seulement pour les personnes valides, mais également pour les handicapés. Enfin, il signale la mise en place d'un centre d'étude des tremblements de terre en ce moment à l'Université de Tel-Aviv, qui sera ouvert aux étudiants et basé sur une approche interactive.

Cette passionnante présentation, qui a captivé l'attention du public a été suivie d'un échange de questions-réponses.

 

La prochaine rencontre de l'Association des Amis francophones se déroulera dans le cadre de la journée internationale de la francophonie le 20 mars prochain et sera consacrée à la projection du dernier film de Claude Lelouch, "Un plus une", 10 jours avant sa sortie en Israël, en présence du cinéaste. Une participation exceptionnelle de 120 shekels sera demandée au public. La somme sera intégralement dédiée au financement de bourses d'étudiants.

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Boris Cyrulnik à l'Université de Tel-Aviv

Plus de 400 personnes sont venues écouter la prestation du célèbre neuropsychiatre théoricien de la résilience, Boris Cyrulnik, intitulée "la transmission du traumatisme ou le murmure des fantômes", hier lundi 25 janvier à l'Université de Tel-Aviv, dans le cadre du cycle de conférences organisé par la nouvelle Association des Amis francophones de l'Université, en partenariat avec l'Institut français.

IMG 3640-1La conférence a été introduite par le Prof. Ruth Amossy, marraine de l'Association, et Sébastien Linden, attaché de coopération scientifique et universitaire auprès de l'Ambassade de France en Israël, qui a relevé que Boris Cyrulnik a su allier toutes les facettes de son métier: praticien, chercheur et pédagogue.

"Ce n'est pas le trauma qui se transmet, c'est la manière d'y réagir". La façon dont les parents affrontent le traumatisme et l'expriment ou ne l'expriment pas transmet quelque chose de bénéfique ou de maléfique à l'enfant. Telle a été l'idée centrale développée par le conférencier, directeur d'enseignement à l'Université de Toulon, avec humour et finesse devant un public en haleine, dans une approche alliant biologie, psychologie et psychanalyse, autour de situations quotidiennes, d'anecdotes et d'expériences personnelles.

Le silence indique le lieu du trauma

L'enfant dont les parents ont été confrontés à un trauma, affirme-t-il, perçoit dans leur discours quelque chose d'étrange: une incohérence, un bredouillement, ou bien souvent un silence, qui indiquent le lieu de la blessure. Le silence des parents s'explique à la fois parce qu'ils ont du mal à exprimer la chose et parce qu'ils veulent protéger leurs enfants; mais c'est ainsi qu'ils transmettent l'étrangeté.

IMG 3630-1Ce comportement étrange, que l'enfant mesure, nous dit Cyrulnik, au moyen d'un instrument qui ne se trompe pas, son "pif", peut provoquer deux réactions contraires: l'angoisse ou la créativité, le sujet se sentant invité à inventer ce qui n'est pas dit. C'est pourquoi, d'après lui, la plupart des grands cinéastes et autres artistes particulièrement créatifs sont aussi de grands traumatisés, qui expriment par l'art ce qui n'est pas dicible par des mots.

Pour le neuropsychiatre, le fantôme, semblable au monstre du Loch Ness, se transmet à travers les générations, car la mère transfère des informations à son rejeton dès l'utérus par un phénomène de sensorialité. De même, les enfants précocement isolés ne disposent pas des prérequis relationnels les rendant capables de contrôler leurs émotions, et ils interprètent la moindre information émotionnelle comme une "alerte", une agression, à laquelle ils réagissent parfois par la violence contre les autres ou contre eux-mêmes. Enfin, les parents, qui constituent en principe une base de sécurité pour l'enfant, peuvent devenir extrêmement insécurisants s'ils ont eux-mêmes des problèmes irrésolus. Ainsi, selon une étude présentée par le conférencier, une mère enceinte présentant un discours cohérent orientera son jeune enfant de manière équilibrée (elle sera notamment capable de transmettre l'interdit), et celui-ci sera capable, vers l'âge de 10-12 mois de réagir de manière sécurisée dans une situation d'étrangeté. Une mère distante, par contre, produira un enfant évitant, une mère ambivalente un enfant ambivalent, une mère confuse un enfant désorganisé etc.

L'écriture comme facteur de résilience

Le conférencier insiste cependant sur le fait que ce n'est pas la mère qui est responsable, mais "son malheur". Il relève de même que, si nous sommes particulièrement sensibles au génocide de la Shoah, tragédie humaine exceptionnelle, le traumatisme peut également provenir d'une source toute autre, comme une maladie, la précarité sociale etc.

IMG 3620-1La dernière partie de la conférence a été dédiée aux types de discours qui tentent de surmonter le traumatisme. L'exemple donné est celui de George Perec, de sa personnalité "clivée" - une partie claire et une partie dans l'ombre souffrant en secret -, et de son discours encrypté. On ne peut raconter que ce que son auditoire est capable de comprendre. Or, après la guerre, la propre famille de Pérec, se réfugie dans le déni et n'est pas capable d'entendre le récit de la disparition de ses parents. Mais le déni, s'il est protecteur, empêche la résilience, qui nécessite une confrontation. C'est dans l'écriture que Pérec trouve un facteur de résilience. Dans la Disparition, roman "autobiographique" sur ses parents écrit sur 300 pages sans utiliser la lettre "e", Pérec fait son travail de deuil, leur offrant la sépulture qu'ils n'ont pas eu. Pour Cyrulnik, le "e" de La disparition est en fait "eux" – ses parents disparus.

Selon lui, la mémoire est "la représentation du passé, l'anticipation des images et des mots qui vous nous permettent de construire et de partager le récit". C'est pourquoi le négationnisme, corollaire logique du génocide dont il tente d'effacer les traces, est pénalisable dans la même mesure, car il essaie de faire taire les traumatisés.

La conférence a été suivie d'une séance de questions-réponses avec le public.

L'évènement s'est inscrit dans le cadre du nouveau cycle de conférences organisé par la nouvelle Association des Amis francophones de l'Université de Tel-Aviv, en partenariat avec l'Institut français, ayant pour but de proposer à ses membres des rencontres avec des personnalités françaises, en parallèle au cycle de conférences données par les professeurs de l'Université. La prochaine rencontre organisée par l'Association aura lieu le 28 février et portera sur les séismes: "Si la terre tremble pas moi" par le Dr. Gilles Hillel Wust Bloch, sismologue. Le public est invité à s'inscrire dès réception des invitations !

 

Credit photos : Alex J. Summertown