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Voyage au cœur du monde connecté à l'Université de Tel-Aviv

Le Prof. Slava Krylov, directeur de l’Ecole d’ingénierie mécanique de l’Université de Tel-Aviv a expliqué devant un public fasciné comment les capteurs MEMS  sont en train de révolutionner notre univers quotidien et de le transformer en un monde connecté. La présentation a eu lieu lors d’une passionnante conférence qui s’est déroulée le 22 mars dans le cadre de l’Association des Amis francophones de l’Université, en partenariat avec Orange.

KrylovAmossyLa conférence a été introduite par le Prof. Stella Amossy, marraine de l’association, qui a  rappelé qu’au même moment se déroulait sur le campus la course annuelle de l’Université de Tel-Aviv, dédiée à la mémoire de l’adjudant Noam Goldman, étudiant de BA en économie et comptabilité de l'Université, mobilisé comme réserviste pendant la seconde guerre du Liban et tombé au combat le 9 août 2006 lors d'une opération militaire.

Agnès Goldman, déléguée générale de l’Association, a remercié les nouveaux membres bénévoles et salué le nouveau partenariat avec la société Orange, et plus particulièrement sa filiale Viaccess Orca, représentée par son directeur commercial en Israël, Ludo Rubin. Elle a rappelé que le combat de l’Association a pour but "d'aider au financement de bourses d’étudiants et de programmes spécifiques".

Des avions sans pilotes ...

Le Prof. Krylov a tout d’abord présenté l’Ecole d’ingénierie mécanique de l’Université, qui compte 24 enseignants et presque 900 d’étudiants, dont environ 600 en premier cycle, 200 en MA et plus que 70 inscrits en doctorat et post-doctorat. Les étudiants de L’Ecole ont remporté en 2015 la 4e place de la compétition internationale universitaire de construction et envol d’avions sans pilote.  Ils ont également participé à deux compétitions internationales l’été dernier pour la conception et la construction d’une voiture de course.

Le laboratoire du Prof. Krylov est spécialisé dans le développement de microsystèmes électromécaniques (MEMS), de l’ordre du millimètre, et même de nanosystèmes de l’ordre du milliardième de mètre (NEMS). Comme il l’a expliqué, ces minuscules capteurs s’implantent partout : dans l’automobile, l’aéronautique, les smartphones…, les objets les plus brulants aujourd’hui étant les robots, les avions sans pilotes (drones) et les véhicules autonomes.

Grâce à eux, nos objets deviennent « intelligents » et se connectent aux ordinateurs, à notre smartphone et même entre eux, au sein d'un 'réseau de réseaux', "l'internet des objets", tendance la plus récente de l'Internet. Ainsi nous vivrons bientôt dans des maisons intelligentes munies d’interrupteurs sans fils, d’alarmes automatiques, et d’appareils électro-ménagers communicants au sein de villes intelligentes, où le développement urbain, les infrastructures, et l'environnement seront automatiquement régulés, du moins espérons-le dans l'intérêt des humains. Le croissance des objets connectés est exponentielle, et ils seront plus de 50 milliards en 2020. 

Krylov publicLe Prof. Krylov a ensuite présenté la diversité de ces MEMS, qui, analogues au corps humain, savent capter la vision (capteurs optiques), les bruits, le mouvement (capteurs inertiels), la température et l'humidité, les odeurs, mais sont de plus capables de les mesurer, et d'analyser des variables tels que la pression atmosphérique, les sons, la qualité de l’air, les ondes chimiques ou encore l’accélération… Une voiture sans pilote, commente-t-il, contient une centaine de capteurs différents.

Pour expliquer leur fonctionnement, il a eu recours aux principes de la physique, qu'il a su présenter au public d'une manière vivante et accessible. Ainsi aurons-nous compris le rôle et les implications de la miniaturisation qui permet de faire entrer des puces comprenant des milliards de transistors dans un Smartphone, rendant possible toutes les fonctionnalités que nous lui connaissons. De plus, une diminution de la taille est associée à une augmentation considérable des performances physiques relatives: ainsi auront-nous appris que les pattes des insectes sont beaucoup plus fortes que celles des éléphants, et donc que les MEMS sont proportionnellement beaucoup plus puissants et résistants que les systèmes conçus à notre échelle.

...au nez artificiel

Le Prof. Krylov a ensuite présenté des exemples des capteurs développés et fabriqués à l'Université, comme les accéléromètres (qui mesurent l'accélération des objets), des capteurs biologiques, un nez artificiel capteur de gaz, (en collaboration avec le groupe du Prof. Harold Craighead de l'Université Cornell aux Etats-Unis), des dispositifs optiques (notamment des micro-miroirs, utilisés pour développer un micro-projecteur servant dans les laptops ou comme radar dans les véhicules autonomes), des capteurs d'ondes optiques (par ex. ceux développés par la startup , Unispectral, spin-off de l’Université de Tel-Aviv fondée par le Prof. David Mendlovic et Ariel Raz, pour mettre au point un micro-détecteur hyperspectral pour analyser la composition chimique des objets à distance, intégrable dans un smartphone).

Ces capteurs sont fabriqués en silicone, semi conducteur flexible a l’échelle micro et donc approprié à la construction de MEMS. L'objectif principal des chercheurs est l'amélioration constante de la sensibilité des capteurs. Les chercheurs sont même parvenus à détecter l'attogramme, soit un milliardième de milliardième de gramme, ou une molécule d’ADN (une autre recherche conduite en collaboration avec l’Université Cornell ).

"L'Internet des Objets va révolutionner notre univers" conclue le Prof. Krylov, "Mais pour cela nous devons développer des capteurs intelligents, et encourager les recherches multidisciplinaires. Le fait que ayons la possibilité à la fois de développer et de fabriquer les MEMS  à l'Université de Tel-Aviv, grâce à un laboratoire de fabrication établi en 1990, est particulièrement impressionnant".

Les deux prochaines conférences de l’Association auront lieu en juin, l’une sur la cyber sécurité, la seconde sur le thème « Science et judaïsme ». Agnès Goldman a  également annoncé la participation de l’Université de Tel-Aviv au pavillon israélien du Festival de Cannes en mai prochain.

Le professeur Ben-Rafael à l'Université de Tel-Aviv: "Le sionisme aujourd'hui: Kol Israel Haverim"

"Sionismes, post-sionisme" tel était le sujet d'actualité abordé lors de la conférence-débat donnée par le Prof. Eliezer Ben-Rafael dans le cadre de l'Association des Amis francophones de l'Université de Tel-Aviv, en présence de l'Ambassadeur de Belgique, Olivier Belle, de Philippe Guillien, attaché de coopération auprès de l'Ambassade de France en Israël et de Daphna Poznanski, conseillère à l'Assemblée des Français à l'étranger.

BenrafaelAprès avoir remercié les nouveaux membres de l'Association ainsi que ses partenaires, la Banque Discount et Rebecca Boukhris pour la Fondation Adélis, Agnès Goldman, déléguée générale de l'Association, annonce la collaboration prochaine de celle-ci avec l'Ambassade de Belgique, et rappelle que tous les bénéfices provenant de ses activités sont destinées au financement des bourses d'étudiants.

Le Prof. Ben Rafael, professeur émérite de sociologie et anthropologie de l'Université de Tel-Aviv est lauréat du Prix Landau pour la science et la recherche en Israël, comme l'a rappelé le Prof. Ruth Amossy, marraine de l'Association. Il est spécialiste de la sociologie du kibboutz et des clivages de la société israélienne et entre autre des communautés francophones en Israël[1]. A titre d'anecdote, Danielle Schemoul, directrice de l'Association des Amis français de l'Université de Tel-Aviv, rapporte qu'il a été ovationné debout par des étudiants de l'ENA qui l'avait accueilli à priori plutôt froidement.

Du sionisme "jacobin" au multiculturalisme

Le conférencier a tout d'abord dressé un panorama des différents types de sionisme qui se sont succédé en Israël. Le sionisme militant, premier historiquement, fruit des Congrès sionistes présidés par Théodore Herzl à partir de 1897, était un sionisme "jacobin", unificateur et uniformisateur, sans compromis, caractérisé par des vagues d'immigrations pionnières, et qui avait pour but la création d'une société exemplaire ainsi que le rassemblement et l'intégration des communautés menacées en Diaspora. Il s'est concrétisé par la création de l'Etat, l'adoption de l'hébreu comme langue vernaculaire, celle d'une culture laïque à prédominance culturelle juive, du shabbat comme jour de repos et des fêtes juives comme jours fériés, et la création d'un nouveau type de Juif, le Sabra, combattant, entiché des valeurs de la masculinité, dont le prototype fut Moshé Dayan.

Public1Ce sionisme historique s'est rapidement trouvé confronté au multiculturalisme. La nouvelle culture juive laïque adoptée n'a pas été au goût de tous. Les immigrants arrivés en Israël après la création de l'Etat en 1948 se sentirent accueillis avec condescendance par les "anciens", les premières générations de sabras, considérées par leurs ainés comme le "sel de la terre". Les communautés vont donc se singulariser.

Parmi ces singularités, le Prof. Ben-Rafael accorde une place particulière aux ultra-orthodoxes, antisionistes par essence, qui ont rejoint de facto l'entreprise nationale sioniste et se sont mêlés à la vie politique pour assurer l'impact de la Torah dans la société juive israélienne. Selon lui, il s'agit "d'un sionisme pratique et involontaire pour une population qui n'a jamais été sioniste". Le cas des orthodoxes amène le Prof. Ben-Rafael à effleurer la problématique complexe de la relation entre la religion et l'Etat: "Il est malaisé en Israël de détacher la religion et l'Etat. Un Juif laïc se déclarera plus facilement non-religieux que sans religion".

L'alyah de France: une "courroie de transmission" entre les deux pays

Les communautés d'Afrique du nord et du Moyen-Orient, quant à elles, sont généralement mues par la fidélité aux traditions et ont été désarçonnées face à la judéité laïque qu'elles ont rencontrée en Israël. Ce clivage s'est traduit par la création en 1984 de Shas, le parti religieux sioniste séfarade, qui prône une orthodoxie souple et tolérante, mais reste cependant opposé aux tendances réformistes du judaïsme, majoritaires dans de larges communautés juives en diaspora, comme par exemple aux Etats-Unis.

Les immigrants de l'ancienne Union soviétique, qui ont afflués en Israël après la chute du rideau de fer, et dont un quart ne sont pas juifs présentent une problématique totalement différente. La judéité signifie pour eux l'appartenance au peuple juif, alors même qu'ils ne possèdent pas les références culturelles ou religieuses qui leurs ont été refusées dans leur pays d'origine. Le Prof. Ben Eliezer précise que ces immigrants forment actuellement 15% de la population israélienne et que, malgré les relations qu'ils entretiennent avec leurs communautés sœurs en Allemagne et aux Etats-Unis, leur intégration a été spectaculaire.

paysage francophoneEnfin l'alyah française, la plus récente, apporte une note particulière à ce paysage de multiculturalisme. Contrairement à d'autres communautés, les Juifs français n'ont pas renoncé à leur allégeance à la France et à leur pratique de la langue française, bien qu'ils se sentent parfaitement "chez eux" en Israël. Les liens familiaux et souvent professionnels qu'ils entretiennent avec leur pays d'origine combinés aux coûts devenus modiques des transports aériens donnent son caractère à cette "alya boeing" dont les membres constituent une "courroie de transmission " entre les deux pays.

Pour le Prof. Ben Rafael, une place à part doit être accordée aux Juifs installés en Judée-Samarie qui se voient eux-mêmes comme les seuls sionistes authentiques.

"Les Israéliens aime l'Alyah mais détestent les olim"

Comme le remarque le conférencier, ce multiculturalisme ne va pas sans douleur. "Les Israéliens aiment l'alyah mais détestent les olim" relève-t-il, " car ils signifient pour eux une concurrence économique, une redistribution des ressources, et une présence culturelle étrangère". Ce terrain est bien sûr particulièrement favorable au développement des stéréotypes ethniques : Yekes allemands, voussvouss polonais, Roumains voleurs ou Morocco sakin (Marocains-couteau). Quant au "sabra" des années 50, il devient "Srulik", jeune personnage de bande dessinée, arborant le fameux chapeau "tembel" et des sandales bibliques, étonné face à ce multiculturalisme qui le rend perplexe.

SrulikLe Prof. Ben-Rafael aborde ensuite la dernière partie de son exposé, celle du rapport complexe entre Israël et la Diaspora, présentant 4 modèles différents, deux sionistes et deux antisionistes. Le premier, qui fut pendant longtemps le modèle dominant, est celui du sionisme militant, en faveur de l'uniformisation culturelle. Le second est un modèle bipolaire ou multipolaire où chaque pôle a un droit de regard sur l'autre. Selon le troisième, développé par certains penseurs en France et aux Etats-Unis, l'essence même de la judéité est liée la notion de Diaspora, et Israël ne peut être qu'un accident de l'histoire. Enfin, le post-sionisme prône la fin du sionisme, un israélisme sans judéité. Pour les post-sionistes, la vocation démocratique de l'Etat d'Israël exige de lui l'abolition de l'idée d'un Etat juif, qui implique des notions de colonisation et de colonialisme par rapport à une minorité arabe. Ils considèrent le sionisme comme une idéologie caduque, nationaliste et raciste. Pour eux, le défi le plus urgent est de couper le judaïsme d'Israël.

Relations Israël-Diaspora: pour un "modèle multipolaire révisé"

Parmi ces modèles, le Prof. Ben-Rafael est en faveur du second, mais revu: "un modèle multipolaire révisé (World Jewry)", altéré dans les deux sens. Pour lui, le monde juif possède autant de centres que de communautés capables d'interagir: "La perspective sioniste classique n'est plus plausible" explique-t-il. "Face à l'allosémitisme[3], le monde juif peut se définir comme un ensemble de communautés solidaires et ancrées dans diverses sociétés, avec un foyer national, Israël comme référence. Israël pour sa part, n'est pas une communauté juive au même titre que les autres, car c'est une communauté souveraine".

Ce modèle cependant ne va pas sans poser de difficultés, car les intérêts d'Israël et de la Diaspora peuvent diverger. En effet, en dépit de l'allosémitisme, la plupart des communautés dans le monde ont le sentiment d'être solidement ancrées dans leurs sociétés. Or pour celles-ci, Israël est un Etat étranger. Israël pour sa part, est en principe solidaire des intérêts des communautés, mais ses propres intérêts peuvent parfois l'amener à ignorer les leurs. D'autre part, il existe des cassures entre Israël et la Diaspora: pour les Israéliens, par exemple, l'identité juive est un ingrédient de l'identité nationale; les Israéliens se répartissent sur toutes les classes de la société, alors que les "diasporants" font généralement partie des classes aisées etc. Israël et les "diasporants ont donc parfois des difficultés à se considérer comme faisant partie du même peuple.

Après ce panorama complexe et diversifié, le Prof. Ben-Rafael conclut cependant sur une note optimiste: "Après de multiples altérations, le sionisme revient à son point de départ: Kol Israel Haverim" ("L'alliance israélite universelle")", conclue-t-il. Les communautés qui tendent à se distinguer les unes des autres connaissent en parallèle des processus de fusion. Si les clivages restent clairs dans les communautés religieuses, les quartiers populaires et chez les colons, ils s'émoussent au sein des classes moyennes. "Il y a donc place pour l'optimisme". La conférence a été suivie suivie d'un débat au cours duquel le Prof. Ben-Rafael a répondu aux remarques et objections du public, unanime à constater la richesse et la finesse de l'analyse proposée.

La prochaine conférence de l'Association aura lieu le 22 mars et portera sur la nanotechnologie et l'Internet des Objets.

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[1] Il est entre autre auteur de Sociologie et sociolinguistique des francophonies israéliennes (2013, Peter Lang) en collaboration avec son épouse, la sociolinguiste Miriam Ben-Rafael.

[2] Interrogé par le public sur l'emploi du terme "colon", le Prof. Ben Rafael répond que du point de vue de certain Israéliens ainsi que des populations arabes israéliennes, le sionisme peut être interprété comme la "colonisation" de terres locales par des immigrants venus de l'étranger. Du point de vue israélien cependant, il se présente comme le mouvement de libération nationale du peuple juif qui s'est constitué en Etat souverain sur sa terre ancestrale, légitimant cette installation.

[3] L'allosémitisme est une attitude face aux Juifs qui les distingue de manière radicale, et généralement négative, de tout autre groupe. 

Le Professeur Attali à l'Université de Tel-Aviv: "Laissez les chercheurs faire leur travail"

Le Prof. Bernard Attali a présenté un choix des avancées médicales réalisées dans les laboratoires de l'Université de Tel-Aviv, hier 18 décembre lors d'une enrichissante conférence organisée par l'Association des Amis francophones de l'UTA dans les locaux de l'Université : les découvertes du Dr. Carmit Lévy sur le moyen d'arrêter la propagation du cancer de la peau, celles du Dr. Inna Slutsky sur le stade précoce de la maladie d'Alzheimer et ses propres travaux sur les douleurs neuropathiques.

attali3En ouverture de la conférence, le prof. Ruth Amossy, marraine de l'Association, a relevé que les recherches de l'Université de Tel-Aviv sont actuellement à l'honneur dans les médias télévisés, notamment sur la chaine I24, où le Dr. Sivan Cohen-Wiesenfeld intervient régulièrement pour présenter les avancées de l'UTA dans le domaine de la haute-technologie, et qui consacrera cette semaine un reportage aux laboratoires de médecine de l'Université suivi d'un interview du Prof. Attali. Enfin, la télévision israélienne a accordé récemment une large place aux découvertes du Prof. Illana Gozes sur le diagnostic précoce de la maladie d'Alzheimer et aux travaux sur le cancer du Prof. Ehud Gazit.

Agnès Goldman, déléguée générale de l'Association, a rappelé que celle-ci vient de fêter sa première année d'activité, clôturée par la double visite sur le campus de l'Ambassadeur de Belgique, Olivier Belle et de l'Ambassadrice de France, Hélène Le Gal. L'Association, qui a maintenant 1000 membres se bat pour aider les étudiants de l'UTA, et est déjà parvenue à financer 9 bourses.

Le Prof. Attali, professeur au Département de Physiologie et Pharmacologie de la Faculté de Médecine de l'Université de Tel-Aviv, titulaire d'un doctorat en neurobiologie de l'Institut Weizman, a tout d'abord présenté avec enthousiasme les remarquables travaux sur le cancer de la peau du Dr. Carmit Lévy, qui ont fait la une de la presse à la rentrée 2016. Le Dr. Lévy vient de découvrir les mécanismes qui pourraient permettre de bloquer les métastases du mélanome, cancer de la peau et des muqueuses qui se développe aux dépens des cellules de pigmentation, les mélanocytes, et connu pour la rapidité avec laquelle il produit des métastases.

Transformer le mélanome en une maladie traitable et saisir la maladie d'Alzheimer à son stade précoce 

Le mélanome est un cancer qui prend naissance dans l'épiderme, et s'étend verticalement vers le derme, avant d'atteindre les vaisseaux sanguins, par le biais desquels il circule à travers le corps, provoquant la création de métastases dans d'autres organes, dans l'abdomen, le cerveau etc. Le Dr. Lévy a découvert que ce processus invasif était déclenché par des signaux envoyés par les cellules de la couche dermique aux mélanocytes, provoquant à la fois leur soudaine mobilité et la sécrétion de microvésicules contenant du matériel génétique cancéreux de type microARN qui les transforme en agent invasif mortel. Or il existe des inhibiteurs de ces microvésicules; la découverte du Dr. Carmit Lévy ouvre donc la voie au développement possible de médicaments capables de stopper la formation des métastases et de transformer le mélanome en une maladie traitable.

AdelisLe Prof. Attali choisit ensuite de mettre en avant les travaux du Dr. Inna Slutsky, une de ses anciennes doctorantes qui s'intéresse aux premiers stades de la maladie d'Alzheimer. Cette terrible affection qui atteint 50 millions de patients dans le monde et 6% des personnes de plus de 65 ans n'a toujours pas de traitement curatif. Or lorsque se manifestent les premiers symptômes cliniques de la maladie (perte de la mémoire à court terme), celle-ci a malheureusement déjà débuté sur le plan moléculaire vingt ans plus tôt, d'où l'intérêt des chercheurs pour l'étude des ses stades précoces. Le Dr. Inna Slutsky a découvert que la protéine précurseur de l'amyloïde, qui secrète la bêta-amyloïde, induit une cascade de signalisations qui provoquent des "courts-circuits" dans le réseau de communication du cerveau, principalement dans la région de l'hippocampe, qui contrôle l'orientation et la mémoire, la première atteinte au commencement de la maladie. Cette accélération de l'activité neuronale précède la formation de plaques amyloïdes, qui conduisent à la mort des cellules du cerveau aux stades avancés de l'Alzheimer.

La chercheuse a constaté qu'une hormone spécifique joue un rôle direct dans la régulation du transfert et du traitement de l'information dans les circuits neuronaux de cette zone du cerveau, et que son augmentation provoque une hausse de la libération de glutamate, type de neurotransmetteur, produisant des effets nocifs sur les synapses (zones de contact entre les neurones). L'utilisation d'inhibiteurs de cette hormone pourrait donc être susceptible de réduire l'activité cérébrale aberrante typique des stades précoces de la maladie d'Alzheimer.

Traiter les douleurs chroniques

Concernant les projets de son propre laboratoire, le Prof. Attali a abordé la recherche d'un traitement des douleurs neuropathiques. La douleur neuropathique est une maladie chronique qui reflète un dysfonctionnement du tissu nerveux, à la suite de causes diverses (accidents, maladies, traitements agressifs etc.). Elle affecte 3 à 8% de la population, et est jusqu'à présent mal traitée. "La douleur est une fonction fondamentale, un signal d'alerte pour le corps. C'est une expérience à la fois sensorielle et émotionnelle" explique-t-il.  "Notre corps possède divers capteurs internes et externes de la douleur, qui est transmise au cerveau sous la forme d'influx nerveux par des canaux ioniques, sorte de tubules présents dans les membranes de toutes les cellules. Le cerveau communique par des électrons qui passent à grande vitesse au travers des membranes cellulaires par ces canaux".

Public attalichart

La stratégie du Prof. Attali pour attaquer la douleur neuropathique est double: il s'agit à la fois de cibler le capteur permettant l'accélération du passage des électrons dans les canaux ioniques et celui du frein. "Nous voulons à la fois inhiber l'accélérateur et renforcer le frein en utilisant la même molécule, pour ne pas multiplier les médicaments" explique-t-il. La molécule mise au point par les chercheurs a été testée en laboratoire et s'est avérée efficace sur des modèles animaux.

La conférence, claire et riche en informations, a été suivie d'une série de questions-réponses montrant l'intérêt du public pour ces sujets médicaux complexes et dont beaucoup restent en suspens. Le Prof. Attali, quant à lui, a conclu que les chercheurs devraient passer le moins possible à la télévision et sur les média, et qu'il faut laisser le temps à la recherche fondamentale de se faire dans les laboratoires, à l'abris des pressions dues à la nécessité de mettre au point de nouveaux médicaments.

La prochaine conférence de l'Association aura lieu le 31.01, et portera sur le thème "Israël en débat – sionisme, post-sionisme, antisionisme", par le Prof. Eliezer Ben Refael, professeur de sociologie et d'anthropologie à l'Université de Tel-Aviv.

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Quand l'Université de Tel-Aviv s'attaque à l'humour antisémite

"Comment répondre à l'humour antisémite" ? Tel fut l'important thème abordé lors de la première conférence-débat de l'année universitaire 2016-2017 organisée par l'Association des Amis francophones de l'Université de Tel-Aviv, dimanche 13 novembre, à l'auditorium Jaglom sur le campus, à l'occasion du premier anniversaire de la création de l'association.

Sandrine2Sœur jumelle de l'Association des Amis français de l'UTA située à Paris, la nouvelle organisation a pour but de "maintenir l'Université de Tel-Aviv dans son rôle de centre de la culture française en Israël et de créer un espace convivial pour les nouveaux venus comme pour les francophiles israéliens de longue date", comme l'a rappelé sa déléguée générale, Agnès Goldman. Durant cette première année, l'association a organisé 14 évènements et compte aujourd'hui plus de mille membres, grâce à l'action d'une équipe dynamique et enthousiaste. Les deux avant-premières cinématographiques en particulier (Un+Une de Claude Lelouch et Ils sont partout d'Yvan Attal), organisées en présence des réalisateurs, ont déjà permis de financer 9 bourses d'étudiants et l'association se fixe cette année comme objectif de tripler le nombre de bénéficiaires.

Le Prof. Ruth Amossy, marraine de l'Association, a annoncé que le Département de français de l'Université de Tel-Aviv, devenu Programme de culture française, dirigé par Yves Wahl, mettra cette année l'accent sur le soutien et l'aide à l'intégration des nouveaux immigrants francophones.

Un boycott contre-productif

Pour le Dr. Sandrine Boudana, maitre de conférences au Département de communication de l'Université de Tel-Aviv et spécialisée dans l'étude de l'objectivité journalistique, la question de l'humour antisémite pose deux problèmes principaux: d'une part quelles sont les réactions possibles et la meilleure stratégie à adopter pour le contrer, et de l'autre celui de l'interprétation parfois problématique des signes visuels, auquel vient s'ajouter la question de "l'intention" de l'auteur, car un antisémite se réclame rarement de l'antisémitisme et déplace souvent sa défense sur le terrain de la liberté d'expression.

Sandrine4Le cas d'école présenté par la chercheuse était celui de la quenelle popularisée par l'humoriste Dieudonné, dont la plus célèbre fut celle du footballeur Nicolas Anelka effectuée sur un terrain de football anglais le 18 décembre 2013, qui a donné lieu à de houleuses polémiques internationales.

Selon la chercheuse le boycott des spectacles de Dieudonné, stratégie adoptée par les autorités, les médias et une partie de l'opinion publique pour lutter contre le phénomène, s'est avéré contre-productive. D'après elle, cette politique n'a pas été forcément comprise et acceptée par l'opinion publique française, puisque selon un sondage du Huffington Post de janvier 2013, si 83% des personnes interrogées avaient une mauvaises opinion de l'humoriste, 74% pensait cependant que le gouvernement français avait "sur-réagi" à son égard et 52% s'exprimaient contre le boycott de ses spectacles.

Pour sa défense, Dieudonné lui-même se dit antisioniste et antisystème, et non pas antisémite, considérant qu'il s'attaque à un lobby puissant qui tient entre ses mains tout le pouvoir médiatique, et à l'Etat d'Israël comme puissance colonisatrice. Il ajoute que la quenelle a été utilisé dès 2004 dans d'autres but, et n'a visé les Juifs qu'à partir de 2009, ce qui, de son point de vue, prouverait qu'il s'agit bien d'un bras d'honneur contre le système, et non pas d'un geste nazi inversé.

De l'humour au discours politique

La chercheuse indique que le boycott de Dieudonné a en fait abouti à une multiplication d'articles sur le sujet. Elle relève d'autre part l'immense et inquiétant succès de l'humoriste auprès des jeunes par l'intermédiaire des médias sociaux: on parle aujourd'hui d'une dieudosphère, qui est également le nom du site officiel de Dieudonné. Selon elle l'aspect transgressif de la parole de l'humoriste attire la jeunesse, d'autant plus que l'humour est considéré comme un instrument démocratique légitime, et que 'manquer d'humour' est vu comme un crime de lèse-majesté dans les sociétés occidentales. Il est donc difficile d'y réagir efficacement. Pourtant, l'humour de dénigrement (que la sociologue Guiselinde Kuipers distingue de l'humour de dialogue) peut devenir viral.

Sandrine3Quelles sont donc les stratégies plus efficaces ? Plusieurs tentatives ont été faites de réponse par l'humour, notamment celles de Nicolas Bedos et d'Elie Semoun, ancien collaborateur de Dieudonné. La polémique devient alors une compétition de talents, car l'un des problèmes posés par le phénomène Dieudonné est qu'il s'agit d'un humoriste talentueux. Bedos et Semoun ont mis l'accent sur son hypocrisie et sur le fait qu'il instrumentalise l'humour à des fins politiques. Selon Sandrine Boudana, cette approche est intéressante mais insuffisante, car Dieudonné déplace de plus en plus son discours vers un terrain politique.

La deuxième stratégie est argumentative: on peut tenter de démonter l'argumentaire  de Dieudonné et de ses partisans, comme l'a fait Thierry Ardisson en les mettant en contradiction avec eux-mêmes, dans leur propres propos et entre leur propos et leurs actes, afin de les discréditer. Mais le succès s'il peut être réel, n'est alors que passager.

Apprendre au public à identifier l'antisémitisme

Pour le Dr. Boudana, la stratégie la plus pertinente est celle basée sur la distinction faite par le Prof. Eric Donald Hirsch entre "meaning" et "significance", signification et signifiance. La signification est le contenu intentionnel, la signifiance est la mise en relation de cette signification avec les préoccupations, intérêts, manières de voir, etc. du récepteur.

En fonction de cette distinction, elle a analysé 20 pages de Google images présentant des quenelles, et est parvenue à les diviser en six catégories: quenelles effectuées pendant des évènements sportifs, celles de célébrités, celles de soldats en uniformes, de personnalités juives (généralement des montages), de personnes déguisées en juifs stéréotypés, et enfin les quenelles exécutées par des individus qui se photographient devant des lieux renvoyant à l'identité ou à l'histoire juive (par exemple Auschwitz) - les trois dernières catégories présentant un contexte dont le caractère antisémite ne peut clairement pas être dénié.

Sandrine1Malgré une certaine lassitude des médias le sujet n'est pas mort, note la chercheuse, qui rajoute que Dieudonné et ses défenseurs restent très actifs et efficaces dans les médias sociaux.  Selon elle, il faudrait transmettre une culture beaucoup plus vaste sur le sujet qui permette au public d'identifier l'antisémitisme. Elle propose le repérage des trois stéréotypes qui restent profondément ancrés dans la culture : l'accusation de déicide, celle de meurtre rituel et celle du complot juif, ou du lobby juif qui tire les ficelles de la société. En fonction de ce dernier cliché, notamment, Dieudonné est parvenu à se victimiser et à convaincre les jeunes que le boycott de ses spectacles est du aux Juifs. Elle illustre ses propos par l'analyse de caricatures d'humour antisémite portant sur d'autres sujets, montrant comment le choix de critères basés sur la distinction de Hirsch peut parfois permettre de déconstruire une caricature antisémite, malgré la difficulté dues aux divergences d'interprétation.

Finalement, le Dr. Boudana conclue sur les limites de ces stratégies, toute discussion amenant généralement à un dialogue de sourds en raison des problèmes d'interprétation qui rendent l'accord difficile. Une méthode basée sur des critères se fondant sur la distinction de Hirsch entre meaning et significance lui semble cependant la plus pertinente pour dénoncer l'antisémitisme dans les discours humoristiques.

La conférence, qui  fut précédée d'une minute de silence à la mémoire des victimes des attentats terroristes du 13 novembre 2015 en France, fut suivie d'une série de questions réponses témoignant de l'intérêt éveillé par l'intervention de la chercheuse parmi le public présent.

Les Amis français de l'Université de Tel-Aviv en Italie

Afin de soutenir par des bourses d'études les étudiants du département d'histoire de l'art de l'Université de Tel-Aviv, les Amis français de l'Université ont organisé pour la troisième année consécutive un week-end en Italie. Ils y ont notamment rencontré le célèbre artiste italien Michelangelo Pistoletto.

Par Geneviève Zarka

Italie3Après Florence et Rome, ce fut le tour début juillet de Turin. Et c'est un groupe d'une trentaine de personnes qui a suivi avec intérêt les brillantes explications du Prof. Séfy Hendler, Maître de conférences au département d'histoire de l'art de l'UTA, qui nous a conduit à travers les rues de la ville à la découverte du Ghetto, d'abord au centre de Turin, puis au sommet de la Mole (aujourd'hui Musée du cinéma), puis à 167 mètres de haut pour une vue de la ville et ses environs, enfin au Palazzo Madama et au Musée Égizio.

Durant ces trois jours nous avons eu le plaisir d'être reçus vendredi, après l'office du sabbat à la synagogue de Turin, pour un savoureux dîner dans son studio d'artiste, par le galériste Ermanno Tedeschi. Le samedi soir, ce fut au tour de Bianca et Arturo Tedeschi de nous recevoir pour le dîner dans leur demeure privée sur les hauteurs de Turin. Dimanche enfin, notre ami,  Nicolo nous fit le grand honneur de nous inviter dans son magnifique Palazzo, propriété de sa famille près de la ville de Biella, pour un déjeuner parmi les œuvres d'art du Palazzo. Son hôte d'honneur étant pour cette occasion un des maîtres de l'Arte Povera, le célèbre artiste, peintre et sculpteur, Michelangelo Pistoletto. 

Notre découverte de Turin n'aurait pas été complète sans un déjeuner au restaurant Del Cambio, 1 étoile au Guide Michelin, où dans l'une des salles sont installées justement des œuvres de Michelangelo Pistoletto.

Les Amis français de l'UTA remercient les amis italiens, Ermanno Tedeschi, Bianca et Arturo Tedeschi, et Nicolo pour avoir contribué à faire de ce séjour à Turin un moment exceptionnel.

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