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Le Professeur Attali à l'Université de Tel-Aviv: "Laissez les chercheurs faire leur travail"

Le Prof. Bernard Attali a présenté un choix des avancées médicales réalisées dans les laboratoires de l'Université de Tel-Aviv, hier 18 décembre lors d'une enrichissante conférence organisée par l'Association des Amis francophones de l'UTA dans les locaux de l'Université : les découvertes du Dr. Carmit Lévy sur le moyen d'arrêter la propagation du cancer de la peau, celles du Dr. Inna Slutsky sur le stade précoce de la maladie d'Alzheimer et ses propres travaux sur les douleurs neuropathiques.

attali3En ouverture de la conférence, le prof. Ruth Amossy, marraine de l'Association, a relevé que les recherches de l'Université de Tel-Aviv sont actuellement à l'honneur dans les médias télévisés, notamment sur la chaine I24, où le Dr. Sivan Cohen-Wiesenfeld intervient régulièrement pour présenter les avancées de l'UTA dans le domaine de la haute-technologie, et qui consacrera cette semaine un reportage aux laboratoires de médecine de l'Université suivi d'un interview du Prof. Attali. Enfin, la télévision israélienne a accordé récemment une large place aux découvertes du Prof. Illana Gozes sur le diagnostic précoce de la maladie d'Alzheimer et aux travaux sur le cancer du Prof. Ehud Gazit.

Agnès Goldman, déléguée générale de l'Association, a rappelé que celle-ci vient de fêter sa première année d'activité, clôturée par la double visite sur le campus de l'Ambassadeur de Belgique, Olivier Belle et de l'Ambassadrice de France, Hélène Le Gal. L'Association, qui a maintenant 1000 membres se bat pour aider les étudiants de l'UTA, et est déjà parvenue à financer 9 bourses.

Le Prof. Attali, professeur au Département de Physiologie et Pharmacologie de la Faculté de Médecine de l'Université de Tel-Aviv, titulaire d'un doctorat en neurobiologie de l'Institut Weizman, a tout d'abord présenté avec enthousiasme les remarquables travaux sur le cancer de la peau du Dr. Carmit Lévy, qui ont fait la une de la presse à la rentrée 2016. Le Dr. Lévy vient de découvrir les mécanismes qui pourraient permettre de bloquer les métastases du mélanome, cancer de la peau et des muqueuses qui se développe aux dépens des cellules de pigmentation, les mélanocytes, et connu pour la rapidité avec laquelle il produit des métastases.

Transformer le mélanome en une maladie traitable et saisir la maladie d'Alzheimer à son stade précoce 

Le mélanome est un cancer qui prend naissance dans l'épiderme, et s'étend verticalement vers le derme, avant d'atteindre les vaisseaux sanguins, par le biais desquels il circule à travers le corps, provoquant la création de métastases dans d'autres organes, dans l'abdomen, le cerveau etc. Le Dr. Lévy a découvert que ce processus invasif était déclenché par des signaux envoyés par les cellules de la couche dermique aux mélanocytes, provoquant à la fois leur soudaine mobilité et la sécrétion de microvésicules contenant du matériel génétique cancéreux de type microARN qui les transforme en agent invasif mortel. Or il existe des inhibiteurs de ces microvésicules; la découverte du Dr. Carmit Lévy ouvre donc la voie au développement possible de médicaments capables de stopper la formation des métastases et de transformer le mélanome en une maladie traitable.

AdelisLe Prof. Attali choisit ensuite de mettre en avant les travaux du Dr. Inna Slutsky, une de ses anciennes doctorantes qui s'intéresse aux premiers stades de la maladie d'Alzheimer. Cette terrible affection qui atteint 50 millions de patients dans le monde et 6% des personnes de plus de 65 ans n'a toujours pas de traitement curatif. Or lorsque se manifestent les premiers symptômes cliniques de la maladie (perte de la mémoire à court terme), celle-ci a malheureusement déjà débuté sur le plan moléculaire vingt ans plus tôt, d'où l'intérêt des chercheurs pour l'étude des ses stades précoces. Le Dr. Inna Slutsky a découvert que la protéine précurseur de l'amyloïde, qui secrète la bêta-amyloïde, induit une cascade de signalisations qui provoquent des "courts-circuits" dans le réseau de communication du cerveau, principalement dans la région de l'hippocampe, qui contrôle l'orientation et la mémoire, la première atteinte au commencement de la maladie. Cette accélération de l'activité neuronale précède la formation de plaques amyloïdes, qui conduisent à la mort des cellules du cerveau aux stades avancés de l'Alzheimer.

La chercheuse a constaté qu'une hormone spécifique joue un rôle direct dans la régulation du transfert et du traitement de l'information dans les circuits neuronaux de cette zone du cerveau, et que son augmentation provoque une hausse de la libération de glutamate, type de neurotransmetteur, produisant des effets nocifs sur les synapses (zones de contact entre les neurones). L'utilisation d'inhibiteurs de cette hormone pourrait donc être susceptible de réduire l'activité cérébrale aberrante typique des stades précoces de la maladie d'Alzheimer.

Traiter les douleurs chroniques

Concernant les projets de son propre laboratoire, le Prof. Attali a abordé la recherche d'un traitement des douleurs neuropathiques. La douleur neuropathique est une maladie chronique qui reflète un dysfonctionnement du tissu nerveux, à la suite de causes diverses (accidents, maladies, traitements agressifs etc.). Elle affecte 3 à 8% de la population, et est jusqu'à présent mal traitée. "La douleur est une fonction fondamentale, un signal d'alerte pour le corps. C'est une expérience à la fois sensorielle et émotionnelle" explique-t-il.  "Notre corps possède divers capteurs internes et externes de la douleur, qui est transmise au cerveau sous la forme d'influx nerveux par des canaux ioniques, sorte de tubules présents dans les membranes de toutes les cellules. Le cerveau communique par des électrons qui passent à grande vitesse au travers des membranes cellulaires par ces canaux".

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La stratégie du Prof. Attali pour attaquer la douleur neuropathique est double: il s'agit à la fois de cibler le capteur permettant l'accélération du passage des électrons dans les canaux ioniques et celui du frein. "Nous voulons à la fois inhiber l'accélérateur et renforcer le frein en utilisant la même molécule, pour ne pas multiplier les médicaments" explique-t-il. La molécule mise au point par les chercheurs a été testée en laboratoire et s'est avérée efficace sur des modèles animaux.

La conférence, claire et riche en informations, a été suivie d'une série de questions-réponses montrant l'intérêt du public pour ces sujets médicaux complexes et dont beaucoup restent en suspens. Le Prof. Attali, quant à lui, a conclu que les chercheurs devraient passer le moins possible à la télévision et sur les média, et qu'il faut laisser le temps à la recherche fondamentale de se faire dans les laboratoires, à l'abris des pressions dues à la nécessité de mettre au point de nouveaux médicaments.

La prochaine conférence de l'Association aura lieu le 31.01, et portera sur le thème "Israël en débat – sionisme, post-sionisme, antisionisme", par le Prof. Eliezer Ben Refael, professeur de sociologie et d'anthropologie à l'Université de Tel-Aviv.

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Quand l'Université de Tel-Aviv s'attaque à l'humour antisémite

"Comment répondre à l'humour antisémite" ? Tel fut l'important thème abordé lors de la première conférence-débat de l'année universitaire 2016-2017 organisée par l'Association des Amis francophones de l'Université de Tel-Aviv, dimanche 13 novembre, à l'auditorium Jaglom sur le campus, à l'occasion du premier anniversaire de la création de l'association.

Sandrine2Sœur jumelle de l'Association des Amis français de l'UTA située à Paris, la nouvelle organisation a pour but de "maintenir l'Université de Tel-Aviv dans son rôle de centre de la culture française en Israël et de créer un espace convivial pour les nouveaux venus comme pour les francophiles israéliens de longue date", comme l'a rappelé sa déléguée générale, Agnès Goldman. Durant cette première année, l'association a organisé 14 évènements et compte aujourd'hui plus de mille membres, grâce à l'action d'une équipe dynamique et enthousiaste. Les deux avant-premières cinématographiques en particulier (Un+Une de Claude Lelouch et Ils sont partout d'Yvan Attal), organisées en présence des réalisateurs, ont déjà permis de financer 9 bourses d'étudiants et l'association se fixe cette année comme objectif de tripler le nombre de bénéficiaires.

Le Prof. Ruth Amossy, marraine de l'Association, a annoncé que le Département de français de l'Université de Tel-Aviv, devenu Programme de culture française, dirigé par Yves Wahl, mettra cette année l'accent sur le soutien et l'aide à l'intégration des nouveaux immigrants francophones.

Un boycott contre-productif

Pour le Dr. Sandrine Boudana, maitre de conférences au Département de communication de l'Université de Tel-Aviv et spécialisée dans l'étude de l'objectivité journalistique, la question de l'humour antisémite pose deux problèmes principaux: d'une part quelles sont les réactions possibles et la meilleure stratégie à adopter pour le contrer, et de l'autre celui de l'interprétation parfois problématique des signes visuels, auquel vient s'ajouter la question de "l'intention" de l'auteur, car un antisémite se réclame rarement de l'antisémitisme et déplace souvent sa défense sur le terrain de la liberté d'expression.

Sandrine4Le cas d'école présenté par la chercheuse était celui de la quenelle popularisée par l'humoriste Dieudonné, dont la plus célèbre fut celle du footballeur Nicolas Anelka effectuée sur un terrain de football anglais le 18 décembre 2013, qui a donné lieu à de houleuses polémiques internationales.

Selon la chercheuse le boycott des spectacles de Dieudonné, stratégie adoptée par les autorités, les médias et une partie de l'opinion publique pour lutter contre le phénomène, s'est avéré contre-productive. D'après elle, cette politique n'a pas été forcément comprise et acceptée par l'opinion publique française, puisque selon un sondage du Huffington Post de janvier 2013, si 83% des personnes interrogées avaient une mauvaises opinion de l'humoriste, 74% pensait cependant que le gouvernement français avait "sur-réagi" à son égard et 52% s'exprimaient contre le boycott de ses spectacles.

Pour sa défense, Dieudonné lui-même se dit antisioniste et antisystème, et non pas antisémite, considérant qu'il s'attaque à un lobby puissant qui tient entre ses mains tout le pouvoir médiatique, et à l'Etat d'Israël comme puissance colonisatrice. Il ajoute que la quenelle a été utilisé dès 2004 dans d'autres but, et n'a visé les Juifs qu'à partir de 2009, ce qui, de son point de vue, prouverait qu'il s'agit bien d'un bras d'honneur contre le système, et non pas d'un geste nazi inversé.

De l'humour au discours politique

La chercheuse indique que le boycott de Dieudonné a en fait abouti à une multiplication d'articles sur le sujet. Elle relève d'autre part l'immense et inquiétant succès de l'humoriste auprès des jeunes par l'intermédiaire des médias sociaux: on parle aujourd'hui d'une dieudosphère, qui est également le nom du site officiel de Dieudonné. Selon elle l'aspect transgressif de la parole de l'humoriste attire la jeunesse, d'autant plus que l'humour est considéré comme un instrument démocratique légitime, et que 'manquer d'humour' est vu comme un crime de lèse-majesté dans les sociétés occidentales. Il est donc difficile d'y réagir efficacement. Pourtant, l'humour de dénigrement (que la sociologue Guiselinde Kuipers distingue de l'humour de dialogue) peut devenir viral.

Sandrine3Quelles sont donc les stratégies plus efficaces ? Plusieurs tentatives ont été faites de réponse par l'humour, notamment celles de Nicolas Bedos et d'Elie Semoun, ancien collaborateur de Dieudonné. La polémique devient alors une compétition de talents, car l'un des problèmes posés par le phénomène Dieudonné est qu'il s'agit d'un humoriste talentueux. Bedos et Semoun ont mis l'accent sur son hypocrisie et sur le fait qu'il instrumentalise l'humour à des fins politiques. Selon Sandrine Boudana, cette approche est intéressante mais insuffisante, car Dieudonné déplace de plus en plus son discours vers un terrain politique.

La deuxième stratégie est argumentative: on peut tenter de démonter l'argumentaire  de Dieudonné et de ses partisans, comme l'a fait Thierry Ardisson en les mettant en contradiction avec eux-mêmes, dans leur propres propos et entre leur propos et leurs actes, afin de les discréditer. Mais le succès s'il peut être réel, n'est alors que passager.

Apprendre au public à identifier l'antisémitisme

Pour le Dr. Boudana, la stratégie la plus pertinente est celle basée sur la distinction faite par le Prof. Eric Donald Hirsch entre "meaning" et "significance", signification et signifiance. La signification est le contenu intentionnel, la signifiance est la mise en relation de cette signification avec les préoccupations, intérêts, manières de voir, etc. du récepteur.

En fonction de cette distinction, elle a analysé 20 pages de Google images présentant des quenelles, et est parvenue à les diviser en six catégories: quenelles effectuées pendant des évènements sportifs, celles de célébrités, celles de soldats en uniformes, de personnalités juives (généralement des montages), de personnes déguisées en juifs stéréotypés, et enfin les quenelles exécutées par des individus qui se photographient devant des lieux renvoyant à l'identité ou à l'histoire juive (par exemple Auschwitz) - les trois dernières catégories présentant un contexte dont le caractère antisémite ne peut clairement pas être dénié.

Sandrine1Malgré une certaine lassitude des médias le sujet n'est pas mort, note la chercheuse, qui rajoute que Dieudonné et ses défenseurs restent très actifs et efficaces dans les médias sociaux.  Selon elle, il faudrait transmettre une culture beaucoup plus vaste sur le sujet qui permette au public d'identifier l'antisémitisme. Elle propose le repérage des trois stéréotypes qui restent profondément ancrés dans la culture : l'accusation de déicide, celle de meurtre rituel et celle du complot juif, ou du lobby juif qui tire les ficelles de la société. En fonction de ce dernier cliché, notamment, Dieudonné est parvenu à se victimiser et à convaincre les jeunes que le boycott de ses spectacles est du aux Juifs. Elle illustre ses propos par l'analyse de caricatures d'humour antisémite portant sur d'autres sujets, montrant comment le choix de critères basés sur la distinction de Hirsch peut parfois permettre de déconstruire une caricature antisémite, malgré la difficulté dues aux divergences d'interprétation.

Finalement, le Dr. Boudana conclue sur les limites de ces stratégies, toute discussion amenant généralement à un dialogue de sourds en raison des problèmes d'interprétation qui rendent l'accord difficile. Une méthode basée sur des critères se fondant sur la distinction de Hirsch entre meaning et significance lui semble cependant la plus pertinente pour dénoncer l'antisémitisme dans les discours humoristiques.

La conférence, qui  fut précédée d'une minute de silence à la mémoire des victimes des attentats terroristes du 13 novembre 2015 en France, fut suivie d'une série de questions réponses témoignant de l'intérêt éveillé par l'intervention de la chercheuse parmi le public présent.

Les Amis français de l'Université de Tel-Aviv en Italie

Afin de soutenir par des bourses d'études les étudiants du département d'histoire de l'art de l'Université de Tel-Aviv, les Amis français de l'Université ont organisé pour la troisième année consécutive un week-end en Italie. Ils y ont notamment rencontré le célèbre artiste italien Michelangelo Pistoletto.

Par Geneviève Zarka

Italie3Après Florence et Rome, ce fut le tour début juillet de Turin. Et c'est un groupe d'une trentaine de personnes qui a suivi avec intérêt les brillantes explications du Prof. Séfy Hendler, Maître de conférences au département d'histoire de l'art de l'UTA, qui nous a conduit à travers les rues de la ville à la découverte du Ghetto, d'abord au centre de Turin, puis au sommet de la Mole (aujourd'hui Musée du cinéma), puis à 167 mètres de haut pour une vue de la ville et ses environs, enfin au Palazzo Madama et au Musée Égizio.

Durant ces trois jours nous avons eu le plaisir d'être reçus vendredi, après l'office du sabbat à la synagogue de Turin, pour un savoureux dîner dans son studio d'artiste, par le galériste Ermanno Tedeschi. Le samedi soir, ce fut au tour de Bianca et Arturo Tedeschi de nous recevoir pour le dîner dans leur demeure privée sur les hauteurs de Turin. Dimanche enfin, notre ami,  Nicolo nous fit le grand honneur de nous inviter dans son magnifique Palazzo, propriété de sa famille près de la ville de Biella, pour un déjeuner parmi les œuvres d'art du Palazzo. Son hôte d'honneur étant pour cette occasion un des maîtres de l'Arte Povera, le célèbre artiste, peintre et sculpteur, Michelangelo Pistoletto. 

Notre découverte de Turin n'aurait pas été complète sans un déjeuner au restaurant Del Cambio, 1 étoile au Guide Michelin, où dans l'une des salles sont installées justement des œuvres de Michelangelo Pistoletto.

Les Amis français de l'UTA remercient les amis italiens, Ermanno Tedeschi, Bianca et Arturo Tedeschi, et Nicolo pour avoir contribué à faire de ce séjour à Turin un moment exceptionnel.

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Visite en Israël du quatuor à cordes de l’Orchestre de chambre de Paris sous l'égide de l’Association des Amis français de l’Université de Tel-Aviv

Le quatuor à cordes de l’Orchestre de chambre de Paris est venu à la rencontre de jeunes musiciens et d'élèves d’écoles élémentaires en Israël, du 28 février au 5 mars 2016, à l'initiative de l’Association des Amis français de l’Université de Tel-Aviv en coopération avec la Mairie de Paris et l'Institut français en Israël, dans le cadre d'un projet de médiation culturelle et de sensibilisation à la musique classique.

quatuor1Depuis 2012, l’Orchestre de chambre de Paris développe un dispositif d’actions éducatives en Israël en partenariat avec les Amis Français de l’Université de Tel-Aviv et avec le soutien de la Ville de Paris et l’aide de l’Institut Français, afin de promouvoir la musique auprès des jeunes de toutes communautés confondues.

Au cours de leur visite, les musiciens bénévoles du quatuor ont rencontré l'Orchestre des étudiants de l'Ecole de Musique Buchmann-Mehta de l'Université de Tel-Aviv et réalisé une session exceptionnelle d’encadrement de répétitions, dans un répertoire spécifique d’orchestre de chambre (Symphonie n° 40 de Mozart et Pulcinella de Stravinski).

quatuor enfantsIls se sont également rendus au Centre multiculturel des arts d'Emek Yizrael, près de Nazareth, à l'initiative de l'Université de Tel-Aviv, où ils ont donné plusieurs master-classes pour des orchestres juniors et ensembles de musique de chambre de la région, et effectué des interventions de sensibilisation à la musique classique auprès des enfants scolarisés dans les écoles alentours.

La visite en Israël du quatuor à cordes de l’Orchestre de chambre de Paris s’est conclue le vendredi 4 mars par un concert commenté à destination des élèves de l'école Bialik-Rogozin de Tel Aviv.

Le jeudi 3 mars, le quatuor a donné un concert de clôture à la résidence de l'ambassadeur de France à Tel-Aviv, Patrick Maisonnave. L’Ambassade de France et l’Institut français d’Israël ont chaleureusement remercié l’Orchestre de chambre de Paris, la Mairie de Paris et l’association des Amis français de l’Université de Tel-Aviv pour ce beau projet de médiation culturelle et de sensibilisation à la musique classique.

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©R.Rancurel et
©Alex J. Summertown - Institut français d'Israël

Claude Lelouch à l'Université de Tel-Aviv

Le grand cinéaste français Claude Lelouch était le 20 mars 2016 l'invité de l'Université de Tel-Aviv, à l'occasion de la journée de la francophonie, à l'initiative des Amis francophones de l'Université, en collaboration avec l'Institut français en Israël. Après y avoir donné un master-class aux étudiants de l'Ecole de Cinéma, il s'est vu attribué un certificat de reconnaissance de l'Université, et a participé à un débat animé par le journaliste Emmanuel Halpérin suivant la projection en avant-première de son dernier film Un +Une. Cette grande soirée du cinéma francophone s'est déroulée en présence de Barbara Wolfer, conseiller de coopération et d'action culturelle et directrice de l'Institut français en Israël, de la représentante de l'ambassade de Belgique et du président de l'Association des Amis israéliens de l'UTA, Amnon Dick devant une salle comble et enthousiaste.

LelouchcertifAprès l'ouverture de la soirée le Prof. Ruth Amossy, marraine de l'Association, qui a parlé des projets pour la rentrée prochaine du Département de français de l'Université, réouvert cette année sous une nouvelle formule sous la direction d'Yves Wahl, et de Barbara Wolfer qui a souligné l'apport de Claude Lelouch à la langue française par la finesse de ses dialogues, Agnès Goldman, directrice de l'Association, a remercié l'Université de Tel-Aviv pour avoir permis cette projection exceptionnelle, ainsi que la société de production United King et sa directrice Avital Rosen de même que l'Institut français. Elle a salué le début d'une collaboration avec l'Association des Amis israéliens de l'UTA, et les nouveaux partenaires de l'Association, la Banque Discount et le site TelAvivre. Enfin elle a annoncé que la participation à la soirée allait permettre de financer deux bourses d'étudiants de l'Université, avant de présenter brièvement au public le département de cinéma de l'UTA, classé pour la deuxième année consécutive au 15e rang des meilleures écoles de cinéma du monde par le Hollywood Reporter, et dont les quelques 1000 étudiants participent chaque année à près de 500 festivals internationaux, et obtiennent 50 prix par an.

"Ce pays est important à mon coeur"

Claude Lelouch a fait son entrée dans la salle sous l'ovation du public, après la projection d'une courte vidéo présentant une rétrospective de ses 45 films, dont Un homme et une femme, Le voyou, L'aventure c'est l'aventure, Les uns et les autres, Les misérables, Roman de gare etc.

LelouchportraitIl a reçu des mains du Prof. Ruth Amossy et d'Agnès Goldman un certificat de l'Université de Tel-Aviv, en témoignage de reconnaissance pour sa contribution majeure au cinéma, sa volonté de partager sa mission et son expertise avec les étudiants de l'Université et son amitié et son soutien à l'égard de l'Etat d'Israël et de sa jeunesse.

"Je suis un grand sentimental et suis très ému de votre accueil" a déclaré le cinéaste. "Ce pays est important à mon cœur". Il a ensuite brièvement présenté son dernier film parallèle d'Un homme et une femme, tourné il y a 50 ans: " En plus de mes sept enfants, j'ai eu la chance de faire 45 'enfants cinématographiques'. Chaque film est le brouillon du suivant. Je suis très heureux de ce film qui m'a permis de revisiter une histoire d'amour 50 années après".

La projection du film a été suivie d'un débat avec le journaliste Emmanuel Halpérin, au cours duquel Claude Lelouch a parlé de sa vie et de sa carrière, et fait profiter le public de son expérience de cinéaste.

"Le cinéma est mon oxygène"

A la première question, sur la "religion de l'amour" professée par Amma, figure spirituelle de l'Inde, qui participe au film, il répond qu'il l'a rencontré quand il est arrivé de ce pays pour préparer le tournage: "Je ne pensais pas qu'elle accepterait de faire un film de fiction. Lorsque je l'ai rencontrée, elle m'a pris dans ses bras et m'a dit 'oui', sans même savoir ce que j'allais lui demander".

Question: êtes-vous plutôt du côté du personnage féminin ou du personnage masculin du film ?

LelouchsalleRéponse: du côté des deux. J'ai voulu faire le portrait du dernier macho. Depuis 50 ans les femmes ont pris le pouvoir. J'ai voulu montrer que l'amour n'est pas une protection, mais qu'il est dangereux, fragile. C'est l'art d'aimer quelqu'un plus que soi-même. C'est le mot le plus fort, qui donne un sens à la vie".

Claude Lelouch se déclare "fasciné par la mémoire de l'image. Pendant la guerre, ma mère me cachait dans les salles de cinéma, seul endroit où je restais sans bouger. Ce qui me fascinait, c'est que je voyais à l'écran des modèles d'humains 'réussis'. Le cinéma a donc commencé par me sauver la vie, et est depuis resté omniprésent dans mon existence".

"La vie est un metteur en scène qui ne vous donne pas la date de la fin"

Emmanuel Halpérin l'interroge alors sur l'ensemble de sa carrière exceptionnellement productives: 45 films en tout, soit environ un par an. "Le cinéma est mon oxygène" répond Lelouch. "Quand je tourne un film je suis en vacances. Tourner un film s'est magique. On fait la fête avec la vie".

Question: vous avez souvent dit que vous recherchiez la vérité. Qu'entendez-vous par là ?

LelouchappRéponse: la vérité c'est souvent un mensonge qui se dégonfle au dernier moment. Je suis plus sensible à la spontanéité. Je cherche à ce que mes acteurs soient spontanés. C'est pourquoi je laisse une large part à l'improvisation. Les grandes émotions au cinéma sont celles que l'on vit. L'émotion est dans les yeux. Avec les mots on peut mentir. La spontanéité, c'est un parfum de vérité". Il ajoute qu'il ne fait pas lire le scénario à ses acteurs: "Je traite mes acteurs comme la vie me traite. La vie est un metteur en scène, qui ne nous donne pas la date de la fin, de notre mort. Mes acteurs sont chargés de leur passé et avec le film je leur propose une aventure, avec des figures imposées et des figures libres, mais je cache le voyage".

Viennent ensuite des anecdotes, des moments de vie, les débuts de sa carrière comme caméraman d'actualité, ses démêlés avec François Truffaut et ses réticences vis-à-vis du cinéma "nouvelle vague", bien qu'elle ait "joué un rôle très important car elle a montré qu'on pouvait faire un film sans argent". Il raconte comment son premier succès, Un homme et une femme, est venu après six échecs, et comment il a détruit toutes les copies de son premier film, Le propre de l'homme, un échec sifflé pendant une heure et demi par le public, parce que son père, présent dans la salle, est mort peu de temps après: "J'ai détesté ce film et j'ai tout brûlé". Un moment de détente dans la salle lorsqu'Emmanuel Halpérin, grand cinéphile, a déclaré avoir, lui, vu ce film dans les années 60.

"Mes films sont des moments d'humeur. Je me suis laissé porter par la vie. Le hasard m'a toujours emmené là où mon intelligence n'osait pas. J'aime les surprises. Je me suis laissé porter par tous ces ricochets. J'ai pris des risques à chaque film, ce qui explique aussi mes échecs. Je procède par observation. On ne sait jamais d'où l'on vient et où l'on va. Quand j'étais jeune je rentrais dans les salles de cinéma par la sortie pour ne pas être obligés de payer, et je devais sortir avant la fin. C'est comme la vie: vous voyez un film qui a commencé depuis longtemps et vous êtes obligé de partir avant la fin. Profitez des séquences".

Claude Lelouch annonce ensuite qu'il tournera son prochain film au mois de juillet, et répond aux questions du public, qui a eu du mal à séparer de ce grand cinéaste, à la fois si enrichissant et si modeste et accessible.

Lelouchetudiants