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Visite en Israël du quatuor à cordes de l’Orchestre de chambre de Paris sous l'égide de l’Association des Amis français de l’Université de Tel-Aviv

Le quatuor à cordes de l’Orchestre de chambre de Paris est venu à la rencontre de jeunes musiciens et d'élèves d’écoles élémentaires en Israël, du 28 février au 5 mars 2016, à l'initiative de l’Association des Amis français de l’Université de Tel-Aviv en coopération avec la Mairie de Paris et l'Institut français en Israël, dans le cadre d'un projet de médiation culturelle et de sensibilisation à la musique classique.

quatuor1Depuis 2012, l’Orchestre de chambre de Paris développe un dispositif d’actions éducatives en Israël en partenariat avec les Amis Français de l’Université de Tel-Aviv et avec le soutien de la Ville de Paris et l’aide de l’Institut Français, afin de promouvoir la musique auprès des jeunes de toutes communautés confondues.

Au cours de leur visite, les musiciens bénévoles du quatuor ont rencontré l'Orchestre des étudiants de l'Ecole de Musique Buchmann-Mehta de l'Université de Tel-Aviv et réalisé une session exceptionnelle d’encadrement de répétitions, dans un répertoire spécifique d’orchestre de chambre (Symphonie n° 40 de Mozart et Pulcinella de Stravinski).

quatuor enfantsIls se sont également rendus au Centre multiculturel des arts d'Emek Yizrael, près de Nazareth, à l'initiative de l'Université de Tel-Aviv, où ils ont donné plusieurs master-classes pour des orchestres juniors et ensembles de musique de chambre de la région, et effectué des interventions de sensibilisation à la musique classique auprès des enfants scolarisés dans les écoles alentours.

La visite en Israël du quatuor à cordes de l’Orchestre de chambre de Paris s’est conclue le vendredi 4 mars par un concert commenté à destination des élèves de l'école Bialik-Rogozin de Tel Aviv.

Le jeudi 3 mars, le quatuor a donné un concert de clôture à la résidence de l'ambassadeur de France à Tel-Aviv, Patrick Maisonnave. L’Ambassade de France et l’Institut français d’Israël ont chaleureusement remercié l’Orchestre de chambre de Paris, la Mairie de Paris et l’association des Amis français de l’Université de Tel-Aviv pour ce beau projet de médiation culturelle et de sensibilisation à la musique classique.

quatuorrogozin

©R.Rancurel et
©Alex J. Summertown - Institut français d'Israël

Claude Lelouch à l'Université de Tel-Aviv

Le grand cinéaste français Claude Lelouch était le 20 mars 2016 l'invité de l'Université de Tel-Aviv, à l'occasion de la journée de la francophonie, à l'initiative des Amis francophones de l'Université, en collaboration avec l'Institut français en Israël. Après y avoir donné un master-class aux étudiants de l'Ecole de Cinéma, il s'est vu attribué un certificat de reconnaissance de l'Université, et a participé à un débat animé par le journaliste Emmanuel Halpérin suivant la projection en avant-première de son dernier film Un +Une. Cette grande soirée du cinéma francophone s'est déroulée en présence de Barbara Wolfer, conseiller de coopération et d'action culturelle et directrice de l'Institut français en Israël, de la représentante de l'ambassade de Belgique et du président de l'Association des Amis israéliens de l'UTA, Amnon Dick devant une salle comble et enthousiaste.

LelouchcertifAprès l'ouverture de la soirée le Prof. Ruth Amossy, marraine de l'Association, qui a parlé des projets pour la rentrée prochaine du Département de français de l'Université, réouvert cette année sous une nouvelle formule sous la direction d'Yves Wahl, et de Barbara Wolfer qui a souligné l'apport de Claude Lelouch à la langue française par la finesse de ses dialogues, Agnès Goldman, directrice de l'Association, a remercié l'Université de Tel-Aviv pour avoir permis cette projection exceptionnelle, ainsi que la société de production United King et sa directrice Avital Rosen de même que l'Institut français. Elle a salué le début d'une collaboration avec l'Association des Amis israéliens de l'UTA, et les nouveaux partenaires de l'Association, la Banque Discount et le site TelAvivre. Enfin elle a annoncé que la participation à la soirée allait permettre de financer deux bourses d'étudiants de l'Université, avant de présenter brièvement au public le département de cinéma de l'UTA, classé pour la deuxième année consécutive au 15e rang des meilleures écoles de cinéma du monde par le Hollywood Reporter, et dont les quelques 1000 étudiants participent chaque année à près de 500 festivals internationaux, et obtiennent 50 prix par an.

"Ce pays est important à mon coeur"

Claude Lelouch a fait son entrée dans la salle sous l'ovation du public, après la projection d'une courte vidéo présentant une rétrospective de ses 45 films, dont Un homme et une femme, Le voyou, L'aventure c'est l'aventure, Les uns et les autres, Les misérables, Roman de gare etc.

LelouchportraitIl a reçu des mains du Prof. Ruth Amossy et d'Agnès Goldman un certificat de l'Université de Tel-Aviv, en témoignage de reconnaissance pour sa contribution majeure au cinéma, sa volonté de partager sa mission et son expertise avec les étudiants de l'Université et son amitié et son soutien à l'égard de l'Etat d'Israël et de sa jeunesse.

"Je suis un grand sentimental et suis très ému de votre accueil" a déclaré le cinéaste. "Ce pays est important à mon cœur". Il a ensuite brièvement présenté son dernier film parallèle d'Un homme et une femme, tourné il y a 50 ans: " En plus de mes sept enfants, j'ai eu la chance de faire 45 'enfants cinématographiques'. Chaque film est le brouillon du suivant. Je suis très heureux de ce film qui m'a permis de revisiter une histoire d'amour 50 années après".

La projection du film a été suivie d'un débat avec le journaliste Emmanuel Halpérin, au cours duquel Claude Lelouch a parlé de sa vie et de sa carrière, et fait profiter le public de son expérience de cinéaste.

"Le cinéma est mon oxygène"

A la première question, sur la "religion de l'amour" professée par Amma, figure spirituelle de l'Inde, qui participe au film, il répond qu'il l'a rencontré quand il est arrivé de ce pays pour préparer le tournage: "Je ne pensais pas qu'elle accepterait de faire un film de fiction. Lorsque je l'ai rencontrée, elle m'a pris dans ses bras et m'a dit 'oui', sans même savoir ce que j'allais lui demander".

Question: êtes-vous plutôt du côté du personnage féminin ou du personnage masculin du film ?

LelouchsalleRéponse: du côté des deux. J'ai voulu faire le portrait du dernier macho. Depuis 50 ans les femmes ont pris le pouvoir. J'ai voulu montrer que l'amour n'est pas une protection, mais qu'il est dangereux, fragile. C'est l'art d'aimer quelqu'un plus que soi-même. C'est le mot le plus fort, qui donne un sens à la vie".

Claude Lelouch se déclare "fasciné par la mémoire de l'image. Pendant la guerre, ma mère me cachait dans les salles de cinéma, seul endroit où je restais sans bouger. Ce qui me fascinait, c'est que je voyais à l'écran des modèles d'humains 'réussis'. Le cinéma a donc commencé par me sauver la vie, et est depuis resté omniprésent dans mon existence".

"La vie est un metteur en scène qui ne vous donne pas la date de la fin"

Emmanuel Halpérin l'interroge alors sur l'ensemble de sa carrière exceptionnellement productives: 45 films en tout, soit environ un par an. "Le cinéma est mon oxygène" répond Lelouch. "Quand je tourne un film je suis en vacances. Tourner un film s'est magique. On fait la fête avec la vie".

Question: vous avez souvent dit que vous recherchiez la vérité. Qu'entendez-vous par là ?

LelouchappRéponse: la vérité c'est souvent un mensonge qui se dégonfle au dernier moment. Je suis plus sensible à la spontanéité. Je cherche à ce que mes acteurs soient spontanés. C'est pourquoi je laisse une large part à l'improvisation. Les grandes émotions au cinéma sont celles que l'on vit. L'émotion est dans les yeux. Avec les mots on peut mentir. La spontanéité, c'est un parfum de vérité". Il ajoute qu'il ne fait pas lire le scénario à ses acteurs: "Je traite mes acteurs comme la vie me traite. La vie est un metteur en scène, qui ne nous donne pas la date de la fin, de notre mort. Mes acteurs sont chargés de leur passé et avec le film je leur propose une aventure, avec des figures imposées et des figures libres, mais je cache le voyage".

Viennent ensuite des anecdotes, des moments de vie, les débuts de sa carrière comme caméraman d'actualité, ses démêlés avec François Truffaut et ses réticences vis-à-vis du cinéma "nouvelle vague", bien qu'elle ait "joué un rôle très important car elle a montré qu'on pouvait faire un film sans argent". Il raconte comment son premier succès, Un homme et une femme, est venu après six échecs, et comment il a détruit toutes les copies de son premier film, Le propre de l'homme, un échec sifflé pendant une heure et demi par le public, parce que son père, présent dans la salle, est mort peu de temps après: "J'ai détesté ce film et j'ai tout brûlé". Un moment de détente dans la salle lorsqu'Emmanuel Halpérin, grand cinéphile, a déclaré avoir, lui, vu ce film dans les années 60.

"Mes films sont des moments d'humeur. Je me suis laissé porter par la vie. Le hasard m'a toujours emmené là où mon intelligence n'osait pas. J'aime les surprises. Je me suis laissé porter par tous ces ricochets. J'ai pris des risques à chaque film, ce qui explique aussi mes échecs. Je procède par observation. On ne sait jamais d'où l'on vient et où l'on va. Quand j'étais jeune je rentrais dans les salles de cinéma par la sortie pour ne pas être obligés de payer, et je devais sortir avant la fin. C'est comme la vie: vous voyez un film qui a commencé depuis longtemps et vous êtes obligé de partir avant la fin. Profitez des séquences".

Claude Lelouch annonce ensuite qu'il tournera son prochain film au mois de juillet, et répond aux questions du public, qui a eu du mal à séparer de ce grand cinéaste, à la fois si enrichissant et si modeste et accessible.

Lelouchetudiants

Quand la terre tremble à l'Université de Tel-Aviv ?!

"La terre tremble…pas moi !", tel était le titre de la 4e conférence-débat de l'Association des Amis francophones de l'Université de Tel-Aviv, qui s'est déroulée dimanche 28 février dans l'auditorium Jaglom de l'Université, et au cours de laquelle le Dr. Gilles Hillel Wust-Bloch, spécialiste de sismologie du Département de Géophysique et du Centre Minerva de recherche sur la Mer Morte de l'UTA, a présenté le système de détection et d'alerte sismique rapide mis au point dans son laboratoire.

Terretremble1La conférence, introduite par le Prof. Ruth Amossy, marraine de l'Association, et Agnès Goldman, sa directrice, qui  a présenté le programme des prochaines rencontres, a été précédée de la projection d'un court film sur les recherches menées à l'Université de Tel-Aviv.

Le Dr. Wust-Bloch, ancien diplômé de l'Ecole Polytechnique fédérale de Zurich (EPFL), a tout d'abord donné la parole à deux étudiants francophones du département de géophysique qui ont partagé leur expérience avec le public, avant que de présenter ses recherches qui visent entre autre selon ses termes, à extraire la science de sa tour d'ivoire au bénéfice de la société.

Il est impossible, a-t-il expliqué, de prévoir le lieu, le moment et l'intensité d'un tremblement de terre, mais on peut relever et analyser les données dans les zones dans lesquelles ils sont fréquents, de manière à établir des paramètres permettant de construire, d'une part des structures qui y résisteront, et de l'autre un système d'alerte rapide.

Qu'est-ce qu'un tremblement de terre ?

La croute terrestre est faite de plaques tectoniques qui bougent en permanence: soit elles s'écartent, provoquant des coulées de lave, soit elles entrent en collision, produisant les reliefs ou encore elles coulissent l'une par rapport à l'autre, créant des failles, comme celle de la Mer Morte. Lorsque la roche est soumise à des contraintes dépassant sa propre résistance, elle craque, dégageant une chaleur non mesurable, et produisant une rupture qui se propage vers la surface, et créé des ondes de trois types différents: rapides, moyennes et lentes. Celles-ci sont enregistrées en surface par des capteurs, et leur puissance est mesurée selon l'échelle de Richter, qui établit une relation entre l'amplitude des signaux sismiques et la distance sur laquelle ils se propagent.

Terretremble2Le Dr. Wust-Bloch, spécialiste de nano-sismologie, travaille sur des "mini" tremblements de terre, afin de mieux en comprendre les mécanismes. Les secousses allant jusqu'à une force 3 sur l'échelle de Richter, explique-t-il, ne sont pas perceptibles. C'est à de 3 que l'on sent les objets bouger. Un tremblement de terre d'une amplitude de 3 à 6 produit des dégâts non structurels, pouvant aller jusqu'à un fendillement des murs. A partir de 6, les bâtiments inadaptés montrent des signes de non résistance. 3 millions de tremblements de terre de magnitude 2 sont enregistrés tous les ans dans le monde.

" Prendre le pouls de la planète à l'endroit le plus bas du monde"

La plus grande partie des travaux de recherche du Dr. Wust-Bloch se concentre dans la région de la Mer Morte. Celle-ci précise-t-il, fait partie d'une faille sismique allant de la Mer rouge au sud à la faille anatolienne au nord, et constitue le bassin sédimentaire le plus profond du monde. Selon lui, elle permet de " prendre le pouls de la planète à l'endroit le plus bas du monde". Le sol meuble amplifiant l'énergie sismique, la Mer Morte fait effet de caisse de résonance, ce qui explique qu'un tremblement de terre de force 5 soit enregistré dans cette région tous les 10 ans, et que les sites archéologiques soient systématiquement détruits le long de cette faille. Le tremblement de terre de Jéricho en 1927 (d'amplitude de 5.2) a fait 500 morts, et la Jordanie se déplace vers le nord de 5 millimètres par an.

Une collaboration transnationale indispensable

La Mer Morte est donc le lieu idéal pour l'enregistrement des ondes sismiques. Cependant, les chercheurs ne peuvent se contenter de poser des capteurs sur une seule de ses rives.  La collaboration entre scientifiques israéliens, jordaniens et palestiniens est ici une nécessité.

Aussi le Dr. Wust-Bloch a-t-il développé un réseau sismique expérimental transfrontalier, le Dead Sea Net, le seul du monde au sein duquel les informations sismiques sont transmises entre pays de manière immédiate.

En effet, à l'encontre de l'ensemble des réseaux sismiques dans le monde qui utilisent des capteurs individuels, les divers sites de Dead Sea Net sont équipés de plusieurs capteurs. De plus, il transfère les données au moyen du réseau ADSL, plus économique que les satellites. Ainsi, les chercheurs peuvent-ils connaitre la provenance d'une onde, et calculer la vitesse à laquelle elle traverse le réseau, en l'espace de 40 millièmes de seconde. Hypersensible, Dead Sea Net travaille sur les mini-tremblements de terre, qui permettent de tester un système d'alerte rapide. La Knesset il y a deux ans a alloué 20 millions de shekels au projet.

Un système d'une utilité énorme

Le système d'alerte sismique rapide est un concept qui a été élaboré par un scientifique californien du nom de Cooper il y a 150 ans. Il est basé sur le fait que les ondes primaires arrivent plus vite que les autres, mais donnent moins d'énergie, laissant, lorsqu'elles sont détectées à temps, un court laps de temps pour réagir. Les chercheurs de l'Université de Tel-Aviv, en collaboration avec leurs collègues de l'Université de Berkeley en Californie, travaillent donc à développer un système qui localise l'épicentre du tremblement de terre, et en estime la magnitude en fonction de l'endroit ou nous nous trouvons. L'utilité de ce système pourra être énorme: il permettra de mettre à profit les quelques secondes  de "préavis" qu'il donnera pour bloquer les conduites de gaz dans les usines, freiner les trains rapides, empêcher les avions de décoller, interrompre les opérations dans les hôpitaux, ou stopper les chaines de production dans les usines.

Pour les particuliers, il donnera le temps d'avoir le bon réflexe pour se protéger rapidement, en cas de dégâts non structurels: se réfugier sous une table, ou sous le chambranle d'une porte, par exemple.

Le grand défi de la sismologie, explique le Dr. Wust-Bloch, est d'être à la fois rapide et précis. Le système d'alerte actuellement développé par les chercheurs de l'UTA vise ce double résultat.

Tremblement de terre3En guise de conclusion, le Dr. Wust-Bloch revient sur l'aspect transnational de ces recherches, qui impliquent à la fois des chercheurs californiens, israéliens, palestiniens et jordaniens, notamment dans le cadre de l'ONG Ecopeace. "Coopérer", dit-il, "est un immense atout pour la science". Il insiste également sur la nécessité d'envisager la question des tremblements de terre non seulement pour les personnes valides, mais également pour les handicapés. Enfin, il signale la mise en place d'un centre d'étude des tremblements de terre en ce moment à l'Université de Tel-Aviv, qui sera ouvert aux étudiants et basé sur une approche interactive.

Cette passionnante présentation, qui a captivé l'attention du public a été suivie d'un échange de questions-réponses.

 

La prochaine rencontre de l'Association des Amis francophones se déroulera dans le cadre de la journée internationale de la francophonie le 20 mars prochain et sera consacrée à la projection du dernier film de Claude Lelouch, "Un plus une", 10 jours avant sa sortie en Israël, en présence du cinéaste. Une participation exceptionnelle de 120 shekels sera demandée au public. La somme sera intégralement dédiée au financement de bourses d'étudiants.

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Boris Cyrulnik à l'Université de Tel-Aviv

Plus de 400 personnes sont venues écouter la prestation du célèbre neuropsychiatre théoricien de la résilience, Boris Cyrulnik, intitulée "la transmission du traumatisme ou le murmure des fantômes", hier lundi 25 janvier à l'Université de Tel-Aviv, dans le cadre du cycle de conférences organisé par la nouvelle Association des Amis francophones de l'Université, en partenariat avec l'Institut français.

IMG 3640-1La conférence a été introduite par le Prof. Ruth Amossy, marraine de l'Association, et Sébastien Linden, attaché de coopération scientifique et universitaire auprès de l'Ambassade de France en Israël, qui a relevé que Boris Cyrulnik a su allier toutes les facettes de son métier: praticien, chercheur et pédagogue.

"Ce n'est pas le trauma qui se transmet, c'est la manière d'y réagir". La façon dont les parents affrontent le traumatisme et l'expriment ou ne l'expriment pas transmet quelque chose de bénéfique ou de maléfique à l'enfant. Telle a été l'idée centrale développée par le conférencier, directeur d'enseignement à l'Université de Toulon, avec humour et finesse devant un public en haleine, dans une approche alliant biologie, psychologie et psychanalyse, autour de situations quotidiennes, d'anecdotes et d'expériences personnelles.

Le silence indique le lieu du trauma

L'enfant dont les parents ont été confrontés à un trauma, affirme-t-il, perçoit dans leur discours quelque chose d'étrange: une incohérence, un bredouillement, ou bien souvent un silence, qui indiquent le lieu de la blessure. Le silence des parents s'explique à la fois parce qu'ils ont du mal à exprimer la chose et parce qu'ils veulent protéger leurs enfants; mais c'est ainsi qu'ils transmettent l'étrangeté.

IMG 3630-1Ce comportement étrange, que l'enfant mesure, nous dit Cyrulnik, au moyen d'un instrument qui ne se trompe pas, son "pif", peut provoquer deux réactions contraires: l'angoisse ou la créativité, le sujet se sentant invité à inventer ce qui n'est pas dit. C'est pourquoi, d'après lui, la plupart des grands cinéastes et autres artistes particulièrement créatifs sont aussi de grands traumatisés, qui expriment par l'art ce qui n'est pas dicible par des mots.

Pour le neuropsychiatre, le fantôme, semblable au monstre du Loch Ness, se transmet à travers les générations, car la mère transfère des informations à son rejeton dès l'utérus par un phénomène de sensorialité. De même, les enfants précocement isolés ne disposent pas des prérequis relationnels les rendant capables de contrôler leurs émotions, et ils interprètent la moindre information émotionnelle comme une "alerte", une agression, à laquelle ils réagissent parfois par la violence contre les autres ou contre eux-mêmes. Enfin, les parents, qui constituent en principe une base de sécurité pour l'enfant, peuvent devenir extrêmement insécurisants s'ils ont eux-mêmes des problèmes irrésolus. Ainsi, selon une étude présentée par le conférencier, une mère enceinte présentant un discours cohérent orientera son jeune enfant de manière équilibrée (elle sera notamment capable de transmettre l'interdit), et celui-ci sera capable, vers l'âge de 10-12 mois de réagir de manière sécurisée dans une situation d'étrangeté. Une mère distante, par contre, produira un enfant évitant, une mère ambivalente un enfant ambivalent, une mère confuse un enfant désorganisé etc.

L'écriture comme facteur de résilience

Le conférencier insiste cependant sur le fait que ce n'est pas la mère qui est responsable, mais "son malheur". Il relève de même que, si nous sommes particulièrement sensibles au génocide de la Shoah, tragédie humaine exceptionnelle, le traumatisme peut également provenir d'une source toute autre, comme une maladie, la précarité sociale etc.

IMG 3620-1La dernière partie de la conférence a été dédiée aux types de discours qui tentent de surmonter le traumatisme. L'exemple donné est celui de George Perec, de sa personnalité "clivée" - une partie claire et une partie dans l'ombre souffrant en secret -, et de son discours encrypté. On ne peut raconter que ce que son auditoire est capable de comprendre. Or, après la guerre, la propre famille de Pérec, se réfugie dans le déni et n'est pas capable d'entendre le récit de la disparition de ses parents. Mais le déni, s'il est protecteur, empêche la résilience, qui nécessite une confrontation. C'est dans l'écriture que Pérec trouve un facteur de résilience. Dans la Disparition, roman "autobiographique" sur ses parents écrit sur 300 pages sans utiliser la lettre "e", Pérec fait son travail de deuil, leur offrant la sépulture qu'ils n'ont pas eu. Pour Cyrulnik, le "e" de La disparition est en fait "eux" – ses parents disparus.

Selon lui, la mémoire est "la représentation du passé, l'anticipation des images et des mots qui vous nous permettent de construire et de partager le récit". C'est pourquoi le négationnisme, corollaire logique du génocide dont il tente d'effacer les traces, est pénalisable dans la même mesure, car il essaie de faire taire les traumatisés.

La conférence a été suivie d'une séance de questions-réponses avec le public.

L'évènement s'est inscrit dans le cadre du nouveau cycle de conférences organisé par la nouvelle Association des Amis francophones de l'Université de Tel-Aviv, en partenariat avec l'Institut français, ayant pour but de proposer à ses membres des rencontres avec des personnalités françaises, en parallèle au cycle de conférences données par les professeurs de l'Université. La prochaine rencontre organisée par l'Association aura lieu le 28 février et portera sur les séismes: "Si la terre tremble pas moi" par le Dr. Gilles Hillel Wust Bloch, sismologue. Le public est invité à s'inscrire dès réception des invitations !

 

Credit photos : Alex J. Summertown

Le Prof. Finkelstein à la 2e rencontre des Amis francophones de l'Université de Tel-Aviv: "Nous avons réussi à décoder l'ADN d'une population ayant vécu il y a plus de 2 millénaires"

Remarquable succès pour la deuxième rencontre des Amis francophones de l'Université de Tel-Aviv qui s'est déroulée hier soir 28 décembre 2015 autour de la passionnante conférence du Prof. Israël Finkelstein, "L'Archéologie et l'Histoire de Jérusalem au temps de la Bible", en présence de nombreux membres de la nouvelle association, de celle des Amis français de l'UTA et d'un important public. Au terme de la stimulante conférence-débat, au cours ont été présentées de brulantes controverses archéologiques sur une période essentielle de l'histoire biblique, l'archéologue a annoncé que son équipe de recherche, en collaboration avec le Prof. Reich de l'Université de Havard, venait de réussir à décoder l'ADN d'une population ayant vécu à Megiddo il y a plus de deux millénaires.

finkelstein29-1La conférence a été introduite par le Prof. Ruth Amossy, marraine de la nouvelle association et par sa directrice, Agnès Goldman. Ruth Amossy, professeur émérite du Département de français, a rappelé que le but de l'association, lancée en novembre est de "maintenir l'UTA dans son rôle de centre de la culture française en Israël et de créer un espace convivial pour les nouveaux venus comme pour les francophiles israéliens de longue date".

Le Prof. Finkelstein, Directeur de l'Institut d'Archéologie de l'Université de Tel-Aviv, membre de l'académie israélienne des sciences et Lettres, correspondant étranger de l'académie française des Inscriptions et Belles Lettres, et Chevalier de l'ordre français des Arts et des Lettres a présenté une phase de 300 ans de l'histoire biblique, allant de 1000 à 700 av. JC, époque de la formation des royaumes d'Israël et de Juda, période qui fait l'objet de nombreuses controverses.

La ville de David: une petite cité-Etat peu peuplée sous l'actuel Mont du Temple

La conférence s'étant déroulée en hébreu, il faut saluer au passage la remarquable performance de la brillante interprète simultanée Gisèle Abazon Erhenfreund, abondamment applaudie par le public.

Premier sujet de débat scientifique: pour le Prof. Finkelstein, la cité de David, emplacement d'origine de la ville de Jérusalem à l'époque du roi David, ne se trouve pas là où l'archéologie traditionnelle la situe, au sud de l'actuel Mont du Temple, au-dessus de la source du Gihon, mais bien sous l'esplanade actuelle. A l'appui de sa thèse, le Prof. Finkelstein relève qu'on n'a pas retrouvé sur le site de trace de muraille datant de cette période (fin de l'âge du bronze et début de l'âge de fer). D'autre part il s'agit d'une cuvette, alors que les premières populations s'établissaient généralement sur une hauteur, pour des raisons de protection. Quoiqu'il en soit, selon lui, cette première cité aura été totalement détruite lors de la construction du second temple par Hérode à l'époque romaine, si bien que même dans l'hypothèse aujourd'hui improbable, où l'on pourrait effectuer des fouilles sur l'actuelle colline du Temple, on ne retrouverait probablement rien de la cité de David d'origine.

finkelsteinpublicDeuxième thème sujet à controverse: celui de la datation des textes bibliques. Le Prof. Finkelstein explique que les premiers textes écrits retrouvés, inscrits à l'encre sur des fragments de poterie, remontent à la deuxième partie du 8e siècle av. JC. Nous ne disposons pas de documents écrits avant cette période. Il présente au passage un passionnant projet de l'Université de Tel-Aviv, à la jointure entre l'archéologie et les mathématiques, qui a but d’appliquer des méthodes scientifiques aux textes écrits avant la destruction du Premier Temple. A l'aide d'un logiciel qu'ils ont mis au point, les chercheurs sont notamment parvenus à analyser l'écriture de tessons retrouvés dans la forteresse d'Arad dans le Néguev, adressés à son commandant Eliashiv, montrant qu'ils avaient été écrits par plusieurs personnes différentes, et attestant montrant par là du niveau d'alphabétisation élevéde la Judée de la fin du 7ème siècle avant JC. Il a également insisté sur le fait que la datation en archéologie se fait aujourd'hui non plus à partir de l'exégèse des textes bibliques mais au moyen du carbone 14, qui permet d'évaluer l'âge des matières organiques avec un écart de 30 ans maximum.

Autre présupposé archéologique contredit par le Prof. Finkelstein: la Jérusalem autour de l'époque de David et Salomon, les deux premiers rois d'Israël (1150 à 850 av. JC) était non pas une grande ville florissante, comme on la dépeint souvent dans l'historiographie de la Renaissance, mais une petite cité-Etat peu peuplée qui contrôlait néanmoins le sud des Monts de Judée. Elle comprenait probablement un temple et un palais modestes situés sur l'actuel Mont du Temple.

L'explosion démographique de Jérusalem au 8e siècle

Entre 850 et 750 av. JC, la ville se développe vers le sud, descendant sur le versant de la colline et se rapprochant de la source du Gihon, De très importantes fouilles sur le flanc sud de l'esplanade d'Al Aqsa ont mis à jour un grand nombre d'estampilles d'argile servant à marquer les produits entrants et sortants de la ville, montrant l'importance de son organisation économique et administrative à cette époque. La ville comptait alors 1000 à 2000 habitants et couvrait 5 hectares.

CityofDavidEntre 750 et 700 av. JC cependant, Jérusalem connait une véritable explosion démographique. En 50 ans, sa population se multiplie par 5, passant à 10 000-12000 personnes, et sa superficie à 60 hectares. C'est alors la capitale du pays et la plus grande ville du Levant. On a retrouvé de cette époque les restes de la muraille de pierres qui entourait la ville, ainsi qu'un réseau de distribution d'eau, une canalisation de 500 m. la transportant de la source du Gihon vers la ville (le fameux tunnel d'Ezekias) ainsi que de riches sépultures montrant l'existence d'une classe aisée. De même dans les villages alentours on a retrouvé de nombreux vestiges de presses à huile de la période. Enfin, on note à cette époque un important développement de l'écriture, attesté par la multiplication de sources écrites, qui donne à penser qu'une partie du texte biblique a bien dû être écrit à cette période.   

Pour le Prof. Finkelstein, il existe une seule explication à cette explosion de Jérusalem dans la seconde moitié du 8e siècle: la chute du Royaume d'Israël, le grand royaume de la région, à son apogée au 9e siècle, conquit par l'empire assyrien. Selon lui, la population de ce royaume du nord afflue alors vers le petit royaume de Juda vers le sud et s'y installe. L'Empire assyrien, après avoir détruit le royaume d'Israël aurait préservé pendant un temps celui de Juda pour servir ses intérêts sur la frontière sud, avant le détruire lui aussi en 586 av. JC, rasant le Temple.

D'après le Prof. Finkelstein, la mauvaise nouvelle est donc que la Jérusalem du 10e n'était qu'un petit village pauvre, la bonne étant que la ville est devenue au 8e siècle une grande agglomération centrale, lieu de l'écriture d'un premier noyau du narratif biblique, qui aurait servi à la dynastie de David à unifier les deux parties du peuple d'Israël.

Au cours du débat ont été abordées les questions d'archéologie et politique ("Ma plus grande réussite est qu'au cours de mes 40 années de carrière j'ai réussi à maintenir mes opinions politiques en dehors de mon travail scientifique et toutes les tentatives pathétiques pour prouver le contraire ont lamentablement échoué" a déclaré le professeur) et du mariage entre archéologie et mathématiques.

finkelsteinsignatureDéclarant que les clés de la compréhension des périodes antiques résidaient aujourd'hui dans la cartographie des populations et du climat, le Prof. Finkelstein a également annoncé que son équipe, avec l'aide du Prof. David Reich du Département de génétique de l'Université de Harvard, avait réussi, après maintes tentatives, à sortir à partir de certains ossements, l'ADN d'une population ayant vécu à Megiddo au 2e millénaire avant notre ère.

La conférence, chaleureusement applaudie par le public, a été suivie d'une dédicace des livres du Prof. Finkelstein, entre autre Le Royaume biblique oublié (2013) et La Bible dévoilée (2002).

La prochaine conférence, qui aura lieu en février, portera sur les séismes et leur nouvelle gestion par les avancées scientifiques qui vont permettre de sauver de nombreuses vies :"Si la terre tremble pas moi" par le Dr. Gilles Hillel Wust Bloch. En mars l'Association aura pour invité le cinéaste Claude Lelouch qui présentera son nouveau film: Un + Une.

Compte tenu de l'importante demande et du nombre de places limité, la participation aux évènements ne pourra se faire que sur inscription. Nous vous engageons donc à vous inscrire dès la parution de l'annonce !