Slide background
Slide background
Slide background

nov1

A LA UNE

Les dernières nouvelles de l'Université de Tel-Aviv


video

VIDEOS

vid1

semel uni2

SOUTENIR L’UNIVERSITÉ

Soutenez la recherche et les étudiants


La vie de l’Association

Le divin Michel-Ange à l'Université de Tel-Aviv

Le 24 janvier dernier, le Dr. Sefy Hendler, Directeur du Département d'histoire de l'art de l'Université de Tel-Aviv a présenté aux Amis francophones de l'Université une passionnante conférence sur le thème : "Entre lumières et ténèbres: la vie de Michel-Ange comme une deuxième genèse", au cours de laquelle il a développé l'hypothèse selon laquelle la légende de Michel-Ange, sculpteur, peintre et poète de génie, "peut-être le plus grand artiste occidental, fut tout d'abord un immense projet littéraire basé sur la Genèse".

Sefy1En introduction de la conférence, le Prof. Ruth Amossy a rappelé le programme des prochains évènements de l'Association: les deuxième et troisième cours de Denis Charbit sur les partis politiques en Israël les 1er et 15 février, et un nouveau mini-cycle de conférences sur le théâtre israélien par le Dr. Nurit Yaari, ancienne directrice du Département d'études  théâtrales de l'Université, comprenant une visite des Archives théâtrales israéliennes, situées à la bibliothèque Sourasky de l'Université de Tel-Aviv, récemment rénovées grâce aux Amis français de l'Université.

Sefy3AgnesAgnès Goldman, déléguée générale des Amis francophones, a remercié Déborah Liany et Rosy Azar, représentantes de la Banque Discount, qui vient de renouveler son soutien à l'Association pour l'année 2018. Annonçant que les derniers évènements de l'Association ont permis de financer deux bourses d'étudiants, elle exprime son souhait que la conférence de ce soir permette d'aider un élève du Département d'histoire de l'art.

"El Divino"

Le Prof. Amossy présente ensuite le conférencier: le Dr. Sefy Hendler, également directeur de la Galerie d'art universitaire. Spécialisé dans l'art de la Renaissance italienne, le Dr. Hendler a fait sa thèse de doctorat à l'Université de Paris I. Il vient de publier un ouvrage consacré à Nano Morgante, le nain de la cour des Medicis, qui examine le lien entre la littérature, la peinture et la botanique dans la Florence du 16e siècle.  

Le Prof. Hendler commence sa conférence par une référence à l'exposition la plus grande et la plus complète jamais organisée sur Michel-Ange qui se tient en ce moment au Musée d'art Metropolitain de New-York: Michelangelo: Divine Draftsman and Designer, présentant plus de 200 œuvres de l'artiste, "l'évènement artistique le plus important actuellement dans le monde". La première salle de l'exposition, explique-t-il, est consacrée à la jeunesse de l'artiste, et à sa formation chez l'un des grands peintres de la Florence du 15e siècle, Domenico Ghirlandaio, étape de sa vie que Michel-Ange lui-même a tenté d'escamoter, pour renforcer son image de génie inné.

Né en 1475 en Toscane, Michelangelo di Lodovico Buonarroti Simoni  a quitté très jeune son village pour aller vivre à Florence. Son génie est très vite reconnu par la famille Medicis, qui dirige la ville. Très tôt il créée ses œuvres monumentales les plus connues: La Piéta, David, le plafond de la Chapelle Sixtine, Moïse. Il devient rapidement l'artiste le plus connu d'Italie, et le peintre officiel du Vatican et vécut jusqu'à près de 89 ans, fait très rare à cette époque. Maitrisant à la fois la peinture, la sculpture, l'architecture et l'art de la poésie, adulé, adoré, il dominera pendant près d'un siècle la scène italienne.

Une nativité biblique

Le Dr. Hendler raconte comment, vers l'âge de 40 ans, Michel-Ange commence à être surnommé Le Divin, el divino, surnom qui apparait la première fois dans un poème de Ludovico Ariosto dès 1516, ("Ce sculpteur et peintre à la fois, plus qu'un mortel, un ange divin"), et à être reconnu comme un phénomène hors du commun, surnaturel.

Très conscient de son image, il financera lui-même une biographie écrite par l'un de ses disciples. Michel-Ange, rappelle le conférencier, est le premier artiste moderne sur lequel ont été écrites trois biographies de son vivant. En 1550, Giorgio Vasari, publie Le Vite (Les Vies), première histoire de l'art, remaniée en 1558, ouvrage consacré à la vie des meilleurs peintres, sculpteurs et architectes connus à l'époque. Selon le Dr. Hendler, la biographie de Michel-Ange, seul artiste vivant décrit, qui apparait à la fin du recueil, se lit comme une nativité biblique. "Au lieu de commencer d'une manière conventionnelle, elle débute par la phrase :'Le maitre du ciel […] a résolu de nous envoyer sur terre un esprit également apte à tous les arts et à toutes les disciplines'. Dieu veut recréer la lumière dans le monde envahi par l'obscurité, et envoie quelqu'un sur terre pour le faire. C'est une deuxième Genèse, une seconde création du monde qui arrive par Michel-Ange".

"Il faut comprendre qu'en 1550 il n'existe pas encore de version établie de la Bible en italien", explique le Prof. Hendler. "La traduction disponible à l'époque est celle d'Antonio Brucioli. En comparant le texte de Vasari à celui de la Bible de Brucioli, j'ai constaté que le premier était inspiré du second: même vocabulaire ("le ciel", "la terre", "les ténèbres", "la lumière"), même mise en page. Un artiste est une personne capable d'amener la lumière dans ce monde, et la vie de Michel-Ange a été vécue par ses pairs comme une seconde création du monde".

Sefy2Le conférencier souligne d'autre part que selon certains spécialistes, on peut faire un parallèle entre les images peintes par Michel-Ange sur le plafond de la Chapelle Sixtine, par exemple la figure du Dieu créateur du monde séparant la lumière des ténèbres et la propre image de l'artiste: "En regardant Dieu en train de créer le monde sur le plafond de la Chapelle, on voit aussi Michel-Ange lui-même en train de créer". De même, selon lui, de nombreuses représentations picturales de Michel-Ange réalisées par ses contemporains font apparaitre la perception qu'ils avaient de l'artiste comme une figure divine originale, incarnant le récit cosmogonique qu'il a lui-même décrit. Ils nous présentent divers exemples pour illustrer cette interprétation.

"Mais Michel-Ange lui-même était réticent face à tous ces portraits et gravures", remarque le Dr. Hendler qui conclue: "La présence du récit des origines dans les autobiographies de la Renaissance est un vaste sujet, qui met l'accent sur le lien entre le récit biblique et les racines même du projet artistique et historiographique. La lecture que je propose ne vient pas remplacer l'interprétation traditionnelle de l'œuvre de Michel-Ange comme serviteur fidèle de l'Eglise racontant l'histoire de Dieu, mais apporte un niveau supplémentaire au traitement de la question des origines, de l'art, des artistes et du monde".

Lancement du groupe francophone belge des Amis de l'Université de Tel-Aviv

"Les démocraties peuvent-elles survivre au populisme ?". Tel était le thème de la conférence du Prof. Guy Haarscher, philosophe et professeur émérite de l'Université libre de Bruxelles (ULB) organisée jeudi 11 janvier par l'Association des Amis de l'Université de Tel-Aviv. L'évènement, qui s'est déroulé à la Résidence de Belgique, en présence de l'ambassadeur, Olivier Belle, marque le lancement d'une série d'activités de l'Association destinée plus spécialement à la communauté francophone belge d'Israël.

Belgique 1La conférence a été introduite par l'Ambassadeur de Belgique, qui a chaleureusement accueilli le nombreux public dans la nouvelle résidence, inaugurée il y a huit mois, ainsi que le conférencier qu'il a connu lorsqu'il était lui-même étudiant à la Faculté de droit de l'ULB: "un orateur brillant, fluide et concret, capable d'expliquer les sujets les plus compliqués".

Après avoir annoncé la création du groupe francophone belge en vue de diversifier les activités de l'Association, ainsi que le programme des prochains évènements, dont le mini-cycle de conférences du Dr. Denis Charbit sur les partis politiques en Israël, et la conférence du Prof. Sefy Hendler en histoire de l'art, le Prof. Ruth Amossy a à son tour présenté le Prof. Guy Haarscher, ex-doyen de la Faculté des Lettres de l'ULB et ancien président du Centre Chaim Perelman de philosophie du Droit, auteur de nombreuses publications dans le domaine de la philosophie, en particulier sur les droits de l'homme et la laïcité.

Une "désinvolture vis-à-vis de l'établissement des faits"

L'intérêt du Prof. Haarscher pour le phénomène du populisme (terme qui, comme il le relève, n'est pas assumé par ceux qui en sont accusé) remonte au lendemain des évènements de Charlie Hebdo, qui selon lui ont démontré : "à quel point les démocraties libérales se trouvent 'coincées' entre leurs opposants et ceux qui prétendent exercer le pouvoir au nom du peuple". Lors des séances d'hommage qui se sont déroulées dans les lycées à la suite des évènements, rapporte le conférencier, on a pu noter les réticences de certains élèves, en partie pour des raisons ayant trait à des valeurs ou à des préjugés instillés chez eux depuis leur enfance, mais aussi parce qu'ils réfutaient les faits. Or, s'il est encore possible, selon le Prof. Haarscher, de lutter contre le premier phénomène, celui des valeurs, le second est beaucoup plus problématique. Cela d'autant plus que ce même public de jeunes accepte sans discussion les faits qui leurs sont présentés par leurs gourous, car ils viennent "renforcer leurs préjugés au lieu de les heurter. Le danger est que chacun aura ses propres fait et ainsi, comme le dit Hannah Arendt, 'il n'y aura plus de monde commun'", explique le conférencier.

Belgique 2C'est ce phénomène de "désinvolture vis-à-vis de l'établissement des faits" qui pour le  Prof. Haarscher, caractérise le populisme. Selon lui, avec l'élection de Trump, on a vu reparaitre ce mode de pensée non plus aux marges des sociétés, mais au centre de la plus grande démocratie du monde.

Le populisme (du latin "populus" – "peuple) désigne un type de discours et de courant politique qui prétend "rendre le pouvoir au peuple" en attaquant les élites accusées de frustrer celui-ci et d'excercer le pouvoir dans leur propre intérêt. Adoptant un discours "politiquement correct", dont les prémisses sont acceptables par tous, les populistes en tirent toute sortes de conséquences au service de leurs thèses, en espérant que le public ne fera pas attention aux sophismes utilisés dans leur raisonnement. C'est le cas, par exemple du discours de Trump sur les "oubliés", ou de celui de Marine Le Pen tentant de dédiaboliser le Front National en adoptant le langage de la démocratie.

"Le peuple a toujours raison"

Le populisme, explique le Prof. Haarscher, joue sur l'ambigüité de la définition du peuple, d'une part comme nation et identité historique, de l'autre dans sa dimension sociale, comme synonyme de population pauvre ou de conditions modestes.  Il donne comme exemple le discours du FN, qui joue à la fois sur la corde sociale, s'adressant à la classe ouvrière française et lui affirmant qu'elle est grugée par l'Europe et le capitalisme international, et sur les peurs identitaires. De même, l'électorat de Trump est particulièrement fort à la fois dans les régions sinistrées comme celle des Grands Lacs, et chez les Evangéliques du sud aux valeurs conservatrices. "Le populisme construit son discours par la confusion et permet à des personnes qui n'ont rien à voir les unes avec les autres de se considérer comme 'le peuple'".

Belgique 3L'autre aspect du populisme est la critique de la notion d'élite. "Les élites républicaines étaient composées de personnes capables de faire fonctionner les sociétés complexes", explique le Prof. Haarscher. Les populistes connotent péjorativement la notion, procédant à des généralisations hâtives et englobant tous leurs adversaires (la presse, les juges et les universités) sous l'appellation "d'élites corrompues, incompétentes et criminelles", faisant en parallèle appel à un peuple mythifié et indéfini mais "qui a toujours raison", pour les démasquer.

Or, rappelle le Prof. Haarscher, "les démocraties libérales sont basées sur la notion d'Etat de Droit qui s'impose aux gouvernés comme aux gouvernants, et les constitutions y sont gardées par des juges indépendants". Ni le peuple ni les gouvernants ne peuvent donc être mis au-dessus de l'Etat de Droit dans les démocraties libérales.

"Quand les inégalités se creusent, si on ne prend pas en compte ceux qui se sentent 'lâchés' on ouvre la voie au démagogues et aux populistes", conclut le Prof. Haarscher. "Mais le discours populiste est dangereux car il a pris aujourd'hui le visage du 'politiquement correct' tout en donnant une vision fondamentalement radicalisée d'un peuple mythifié opposé à des élites diabolisées".

La conférence a été suivie d'un débat intéressant et animé avec la salle.

Avant-première sur le campus de l'Université de Tel-Aviv du film Santa et Cie avec Alain Chabat

Le tout dernier film écrit, réalisé et interprété par Alain Chabat, Santa et Cie a été projeté en avant-première hier 18 décembre aux Amis de l'Université de Tel-Aviv, qui ont réservé bon accueil  à cette comédie familiale joyeuse et magique.

Santa et ciePas de discours cette fois-ci pour la projection de ce film produit par Ilan Goldman, précédé par l'allumage traditionnel de la sixième bougie de Hanoukka.

Le Prof. Ruth Amossy a cependant salué la présence dans la salle de l'Ambassadeur de Suisse en Israël, Jean-Daniel Ruch accompagné de son épouse. Agnès Goldman, déléguée générale de l'Association, a pour sa part rappelé que les revenus de cette soirée festive seraient dédiés aux étudiants de l'Ecole de Cinéma et de Télévision Steve Tisch de l'Université de Tel-Aviv, qui a été classée parmi les quinze meilleures du monde par le Hollywood Reporter. Elle a par ailleurs remercié la Banque Discount représentée par Déborah Liany, Rosy Azar et Florence Benis pour son continuel soutien à l'Association.

"Je suis désolé de ne pas être être présent parmi vous ce soir, mais mon cœur est avec vous", a transmis le producteur Alain Goldman par l'intermédiaire de sa sœur Agnès. "Je suis fier de vous présenter ce film qui va au-delà de la comédie. La féérie qu'il contient exprime une chose fondamentale dans notre monde: la farouche nécessité pour l'homme de croire au miracle et a sa destinée".

La prochaine conférence, sur le thème "Entre lumières et ténèbres, la vie de Michel-Ange comme une deuxième genèse", par le Dr. Sefy Hendler, directeur du Département d'histoire de l'art de l'Université de Tel-Aviv, aura lieu le 24 janvier.

Le Musée Steinhardt d'Histoire naturelle de l'Université de Tel-Aviv: voyage dans l'Arche de Noé

Les Amis francophones de l'Université de Tel-Aviv ont pu découvrir en avant-première quelques unes des 5 millions et demi d'espèces animales conservées au nouveau Musée Steinhardt d'histoire naturelle de l'Université de Tel-Aviv, premier centre de recherche sur la biodiversité du Moyen-Orient, le jeudi 14 décembre 2017. La visite, guidée en français, était accompagnée par les directeurs du Musée, Alon Sapan et le Prof. Tamar Dayan.

publiccroppedElle a été introduite par le Prof. Ruth Amossy, qui a annoncé l'ouverture du musée au public pour le mois de janvier 2018, relevant que le bâtiment, réalisé par l'architecte Michal Kimmel-Eshkolot, est une réminiscence de l'Arche de Noé. Le Prof. Amossy a également rappelé la visite à Monaco de l'Association le 4 décembre, à l'occasion d'un colloque organisé par l'Université, en partenariat avec la Fondation Prince Albert II de Monaco et sous le haut patronage du Prince Albert II, sur le thème "Des solutions innovantes aux défis environnementaux dans un monde en évolution".

Préserver l'héritage naturel d'Israël

Agnès Goldman, déléguée générale de l'Association, a indiqué que ses deux derniers évènements ont permis le financement de plusieurs bourses d'étudiants, et rappelé la projection lundi 18 décembre de la dernière comédie d'Alain Chabat, Santa et Cie.

Le Prof. Tamar Dayan a remercié l'Association des Amis français et francophones pour leur soutien continu, soulignant que les revenus de la visite serviront au soutien de la recherche, et en particulier de l'équipe de curateurs nouveaux immigrants du Musée. " Les musées d'histoire naturelle sont redevenus très populaires dans le monde ces dernières années en raison des défis environnementaux auxquels nous sommes confrontés aujourd'hui", a-t-elle observé. "A l'ère de la technologie, la consommation de ressources naturelles a un effet néfaste sur le système environnemental et son fonctionnement, dont nous sommes témoins dans notre vie quotidienne. Le grand défi de l'humanité est de trouver des moyens de concilier les besoins d'une population mondiale grandissante, tout en maintenant la variété de l'écosystème. L'Université de Tel-Aviv et le Musée Steinhardt ont réalisé ici un gros travail pour préserver l'héritage naturel d'Israël".

vie sauvageAprès l'allumage traditionnel de la troisième bougie de Hanoucca, le public a été invité à une visite guidée des collections, qui l'a entrainé aux travers des nombreux espaces et galeries du Musée, construit sur trois niveaux.

Le hall d'entrée est consacré aux oiseaux migrateurs. En raison de sa situation géographique privilégiée entre trois continents, Israël est un point de passage obligé pour les oiseaux migrateurs qui y trouvent en outre une grande variété d'habitats et des sites de repos. Chaque année environ 500 millions d'oiseaux de près de 540 espèces différentes passent dans le ciel du pays en chemin vers l'Asie et l'Afrique.

"Presque toucher" les animaux

Le musée possède une impressionnante collection de deux millions d'insectes, parmi lesquels l'embranchement des arthropodes, insectes articulés, de loin plus important numériquement de tout le règne animal (plus d'un million et demi d'espèces, soit 80% des espèces connues), essentiel au fonctionnement de l'écosystème. Le visiteur passe dans le tunnel de "la vie dans l'obscurité", où il peut observer à la loupe des spécimens, araignées ou autres, vivant dans les grottes, mais aussi dans les sous-sols et les parkings, qui se caractérisent par la perte de la couleur et de la vision. Les autres insectes sont présentés "comme dans une bijouterie". Certaines vitrines renferment des insectes vivants, comme les phasmes dont la forme caractéristique peut faire penser à une branche ("phasmes-bâtons"), à une feuille (" phasmes-feuilles"), à une tige  épineuse (" phasmes-ronces ") ou encore à une écorce ("phasmes-écorce").

La galerie de la nature urbaine est consacrée aux espèces que nous côtoyons chaque jour. 90% de la population israélienne aujourd'hui vit dans les villes. Des oiseaux aux papillons et aux chauves-souris en passant par les hérissons et les chacals, nous découvrons les aspects urbains de la biodiversité.

Une grande partie des collections est présentée sur la forme de dioramas, permettant la mise en situation des animaux et les faisant apparaître dans leur environnement habituel. Ainsi par exemple pour la présentation des divers habitats de la faune du pays, dont la situation géographique unique explique la diversité des espaces naturels, allant de la forêt au désert, en passant par les marécages et les buissons.

lionParmi la faune locale du désert, on compte les bouquetins et gazelles, hyènes et loups gris, reptiles, le daman des rochers (sorte de grosse marmotte). Les animaux des mares et marécages sont en danger en Israël car l'eau est rare et utilisée au maximum. Leur préservation représente donc un défi. Parmi eux, on trouve notamment divers sortes de crapauds et de grenouilles, des échassiers comme les grues et les hérons et les loutres. La faune des champs et des buissons est de type européen: lièvres, taupes, rouge-gorge etc.

L'espace "structure et fonction", encore en construction, présente des animaux empaillés "en mouvement", sans vitrines. "L'un des buts du Musée est de rapprocher le public de la nature. L'un des moyens est de lui donne la sensation de 'presque toucher' les animaux. C'est une décision courageuse que nous avons pris et nous attendons de voir si le public va collaborer", explique Alon Sapan. Dans cet espace se trouve entre autre le seul albatros trouvé en Israël, échoué par erreur sur la plage à Eilat.

Sensibiliser le public à la réduction de la biodiversité

Parmi les autres expositions du Musée: la vie aquatique, le squelette d'une baleine, et une scène présentant des animaux disparu en Israël dont un lion et un gypaète barbu,  sorte de vautour en voie de réintroduction dans la région, dont Shimon Peres s'est inspiré pour hébraïser son nom d'origine (Perski; Peres est le nom du gypaète en hébreu), sur la suggestion du Prof. Heinrich Mendelssohn, l'un des fondateurs du premier musée d'histoire naturelle de l'UTA.

Une carte interactive intitulée: "Le contact de la main de l'homme" permet au visiteur, en apposant sa main sur certains endroits de la carte d'Israël, de constater l'impact de l'intervention de l'homme sur la nature du pays: déforestation, pompage excessif de l'eau, diminution de la faune, destruction des habitats naturel des animaux. " La biodiversité est la diversité de la vie sur la Terre", explique Alon Sapan. ". Elle s'apprécie en considérant la diversité des écosystèmes et des espèces dans l'espace et dans le temps, ainsi que les interactions entre eux. Au cours de ces 200 dernières années, elle s'est considérablement réduite, et nous voulons sensibiliser le public à cette réalité". Dans le même ordre d'idée, le Musée présente un film sur l'incroyable  pollution des plages et ses conséquences à terme.

Enfin, on peut terminer la visite autour de l'exposition représentant "Le réseau de la vie": un acacia entouré d'animaux petits et grands, certains se nourrissant de ses fruits, d'autres servant de proies, illustrant les diverses interactions existant dans la nature: parasitaires, mutualistes etc.

Trois galeries manquent encore au Musée: l'Arche de Noé elle-même contiendra la plus grande partie des 5 millions et demi de spécimens réservée essentiellement à la recherche, en plus de 1700 m² présentés au public. Le premier étage renfermera le "Saint des Saints", les trésors les mieux préservés du Musée, le deuxième présentera les expositions temporaires. Enfin le troisième niveau sera consacré à l'anthropologie humaine, parcours dans l'évolution humaine qui présentera les témoignages trouvés dans la région du passage de l'homme de l'Afrique ver l'Europe et l'Asie.

Comment Israël a fait le choix de la démocratie : Denis Charbit à l'Université de Tel-Aviv

Invité de l’Association des Amis francophones de l’Université de Tel-Aviv, le Dr. Denis Charbit a proposé jeudi 23 novembre à ses membres une initiation à travers les méandres du système et des familles politiques en Israël, depuis leurs origines dans les années 20 jusqu’à nos jours.

DenisConfLa conférence a été introduite par le Prof. Ruth Amossy, professeur émérite du Département de langue et culture française de l’Université, qui a rappelé que le but de l’Association est de faire de l’UTA un centre vivant de la culture francophone en Israël et a annoncé sa prochaine collaboration avec l’Ambassade de Belgique.

Agnès Goldman, déléguée générale, a pour sa part indiqué que le dernier évènement  en date, au cours de laquelle l’Association avait reçu le philosophe Armand Abécassis pour une conférence sur le thème Science et judaïsme, a permis de financer une bourse et demie pour un étudiant en Etudes juives.

Le Prof. Amossy a ensuite présenté le Dr. Denis Charbit, Maître de conférence au département de sociologie, sciences politiques et communication à l’Université Ouverte, auteur de nombreux ouvrages, dont Qu'est-ce que le sionisme? ( 2007), Israël et ses paradoxes (2015), et Dialogues israélo-palestiniens, à paraitre à l’occasion de l’année croisée France/Israël en 2018.

Le choix de la démocratie

« Chaque démocratie possède un caractère spécifique dû à son histoire et au contexte dans lequel elle se développe », explique le Dr. Charbit, qui signale qu’on a pu classer Israël parmi « les démocraties qui auraient pu ne pas être ». En effet, entouré de cinq pays arabes qui tentèrent de l’envahir dès sa naissance, dans un état de guerre permanent depuis sa création, ayant connu un afflux d’un million de nouveaux immigrants qui firent alors doubler sa population en quatre ans et poussé par la nécessité d'établir une armée pour se défendre, l'Etat d'Israël aurait pu évoluer bien différemment. Ce d’autant plus, continue le chercheur, que la plupart de ses fondateurs, qu’ils soient venus de la Russie tsariste, de la Pologne antisémite ou des pays arabes n’ont jamais connu la démocratie dans leurs pays d’origine.

Comment s'explique donc ce "miracle" qui a fait que "des personnes qui ne savaient pas ce que c'était que la démocratie" en ont sans hésiter fait le choix et, malgré les conditions rappelées ci-dessus, n'ont jamais cédé à la tentation de "l'homme fort" ?

Le Dr. Charbit l'explique par  différentes raisons. La première, mais qui aurait pu ne pas être suffisante, est tout d'abord qu'il s'agissait d'une exigence de l'ONU pour la création de l'Etat. La deuxième est due à la nature de l'ancêtre de l'Etat d'Israël, le mouvement sioniste qui s'est dès ses débuts organisé de la manière la plus démocratique possible, y compris la participation des femmes. Puis vient le fait que, lors de sa création en 1948, le jeune Etat a déjà derrière lui un demi-siècle d'organisation politique. En effet toutes les familles politiques actuelles du pays trouvent leur origine dans l'ancien 'Yichouv' formé par les immigrants juifs depuis le début du 20e siècle : l'actuel Parti travailliste est l'héritier du Mapaï, le Likoud celui du parti Herout, le courant national religieux celui du Mafdal et du parti Mizrahi, les partis du centre viennent des Sionistes généraux, le parti ultra-orthodoxe a été créé en 1912; et même le Parti communiste de Palestine, ancêtre de l'actuel Parti communiste d'Israël, qui attire aujourd'hui essentiellement un électorat arabe, est né en 1920. Enfin, et cette raison semble fondamentale pour le chercheur, Ben Gourion, premier Premier Ministre d'Israël, bien qu'originaire de Russie, choisit l'option occidentale, celle du judaïsme américain, la démocratie étant le seul régime compatible avec ce choix. C'est donc le lien avec la Diaspora et le judaïsme américain qui apparait, pour le Dr. Charbit, comme le mobile central du choix de la démocratie par le jeune Etat juif.

Origines du système politique

Devant les difficultés pour établir une constitution à proprement parler, l'Assemblée constituante élue en janvier 1949 s'autoproclame dès février assemblée législative (C'est la première Knesset, composées de 120 députés en référence à la première Grande Knesset établie au retour de l'exil de Babylone). En effet, l'établissement d'une Constitution implique la rédaction d'un Préambule résumant les objectifs, la vision et les idéaux de l'Etat. Or, les élus représentaient des visions aux antipodes les unes des autres: religieux pour les uns, communistes pour les autres etc. Aussi, en 1950, le Parti travailliste du Premier Ministre Ben Gourion et les partis religieux arrivèrent-ils à un compromis : l'Etat d'Israël possède donc des lois fondamentales qui définissent les rapports entre les diverses autorités, mais ne sont pas réunies en une Constitution unique précédée d'un Préambule. Le compromis convenait aux religieux car il évitait l'écueil de la définition d'un état laïc, et à Ben Gourion lui-même qui souhaitait une Knesset souveraine sans contrepoids, qui puisse légiférer sans limitation.

Jusqu'en 1992, les lois fondamentales proclamées, qui peuvent être modifiées à la majorité simple, ne définissaient donc que les rapports entre les institutions. Le grand changement est advenu en 1992, sous le mandat d'Itzhak Shamir, lorsqu'ont été adoptées deux lois portant sur des valeurs: la Loi fondamentale sur la Dignité humaine et la Liberté, et celle sur la Liberté de l'Emploi. Ces deux lois possèdent un statut supérieur aux autres et ne peuvent être modifiées qu'à l'aide d'une majorité qualifiée. Ce sont également ces deux lois qui ont modifié le positionnement de la Cour Suprême.

La Cour Suprême/Haute Cour de Justice

En effet, celle-ci est la juridiction la plus élevée de l'Etat, fonctionnant comme tribunal de dernière instance à la fois pour les affaires judiciaires et pour les litiges d'ordre administratif, entre les individus et les organes de l'Etat (Elle est alors appelée Haute Cour de Justice). L'introduction des deux lois fondamentales portant sur des valeurs lui donne la possibilité de décider si une loi votée par la Knesset est conforme ou non aux principes constitutionnels. De plus, la même année (1992), le droit de saisie de la Haute cour de Justice a été élargi: toute organisation peut la saisir, même si elle n'est pas directement concernée par la question litigieuse. On peut donc dire pour le Dr. Denis Charbit, qu'en 1992, le système politique israélien est passé d'un système parlementaire unicaméral à une démocratie constitutionnelle.

La crise des partis politiques

Lors de leur création dans les années 20-30 du 20e siècle, avant donc la proclamation de l'Etat d'Israël et sous le régime de la Palestine mandataire, les partis politiques constituaient en fait une incarnation de l'Etat à moindre échelle: ils avaient chacun non seulement leur journal mais aussi leur réseau scolaire, leur caisse de maladie, leur équipe de sport. La création de l'Etat en 1948 a marqué le développement de la fonction publique, de la bureaucratie etc. On est donc passé d'une culture de parti à un système étatique.

DenisConf2Le système des partis a lui aussi évolué: de 1949 à 1977, il était fondé sur un parti dominant (le parti travailliste). Les élections de mai 1977, amenant le Likoud au pouvoir a marqué une bipolarisation de la vie politique entre les deux grands partis. Depuis 1981, on assiste à un éparpillement et une fragmentation des partis politiques créant des difficultés pour gouverner. Le Dr. Charbit divise cependant les partis politiques en 5 grandes familles qui, selon lui, resteront permanentes, quel que soit le système électoral: deux familles idéologiques (la gauche et la droite, soit le Parti travailliste et le Likoud), deux sociologiques (les partis arabes et les partis religieux eux-mêmes divisés en religieux nationaux et religieux antisionistes) et les partis du Centre, apparus depuis une dizaine d'années.

D'autres points ont pu être abordés à l'occasion des nombreuses questions posées par le public, parmi lesquels: la division du public israélien sur la question des territoires conquis/repris pendant la guerre des six jours de 1967, les partis antisionistes, arabes et juifs orthodoxes, et le système électoral de la proportionnelle qui, pour le Dr. Charbit est, malgré ses inconvénients, le seul adapté à une société hétérogène qui rassemble des habitants venant de cinquante pays avec des traditions et des visions différentes.

Enfin, en réponse à une dernière question, il conclut que la démocratie israélienne n'est pas à ses yeux en danger, mais que les valeurs libérales peuvent l'être.

 

Page 1 sur 6