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Le Musée Steinhardt d'Histoire naturelle de l'Université de Tel-Aviv: voyage dans l'Arche de Noé

Les Amis francophones de l'Université de Tel-Aviv ont pu découvrir en avant-première quelques unes des 5 millions et demi d'espèces animales conservées au nouveau Musée Steinhardt d'histoire naturelle de l'Université de Tel-Aviv, premier centre de recherche sur la biodiversité du Moyen-Orient, le jeudi 14 décembre 2017. La visite, guidée en français, était accompagnée par les directeurs du Musée, Alon Sapan et le Prof. Tamar Dayan.

publiccroppedElle a été introduite par le Prof. Ruth Amossy, qui a annoncé l'ouverture du musée au public pour le mois de janvier 2018, relevant que le bâtiment, réalisé par l'architecte Michal Kimmel-Eshkolot, est une réminiscence de l'Arche de Noé. Le Prof. Amossy a également rappelé la visite à Monaco de l'Association le 4 décembre, à l'occasion d'un colloque organisé par l'Université, en partenariat avec la Fondation Prince Albert II de Monaco et sous le haut patronage du Prince Albert II, sur le thème "Des solutions innovantes aux défis environnementaux dans un monde en évolution".

Préserver l'héritage naturel d'Israël

Agnès Goldman, déléguée générale de l'Association, a indiqué que ses deux derniers évènements ont permis le financement de plusieurs bourses d'étudiants, et rappelé la projection lundi 18 décembre de la dernière comédie d'Alain Shabbat, Santa et Cie.

Le Prof. Tamar Dayan a remercié l'Association des Amis français et francophones pour leur soutien continu, soulignant que les revenus de la visite serviront au soutien de la recherche, et en particulier de l'équipe de curateurs nouveaux immigrants du Musée. " Les musées d'histoire naturelle sont redevenus très populaires dans le monde ces dernières années en raison des défis environnementaux auxquels nous sommes confrontés aujourd'hui", a-t-elle observé. "A l'ère de la technologie, la consommation de ressources naturelles a un effet néfaste sur le système environnemental et son fonctionnement, dont nous sommes témoins dans notre vie quotidienne. Le grand défi de l'humanité est de trouver des moyens de concilier les besoins d'une population mondiale grandissante, tout en maintenant la variété de l'écosystème. L'Université de Tel-Aviv et le Musée Steinhardt ont réalisé ici un gros travail pour préserver l'héritage naturel d'Israël".

vie sauvageAprès l'allumage traditionnel de la troisième bougie de Hanoucca, le public a été invité à une visite guidée des collections, qui l'a entrainé aux travers des nombreux espaces et galeries du Musée, construit sur trois niveaux.

Le hall d'entrée est consacré aux oiseaux migrateurs. En raison de sa situation géographique privilégiée entre trois continents, Israël est un point de passage obligé pour les oiseaux migrateurs qui y trouvent en outre une grande variété d'habitats et des sites de repos. Chaque année environ 500 millions d'oiseaux de près de 540 espèces différentes passent dans le ciel du pays en chemin vers l'Asie et l'Afrique.

"Presque toucher" les animaux

Le musée possède une impressionnante collection de deux millions d'insectes, parmi lesquels l'embranchement des arthropodes, insectes articulés, de loin plus important numériquement de tout le règne animal (plus d'un million et demi d'espèces, soit 80% des espèces connues), essentiel au fonctionnement de l'écosystème. Le visiteur passe dans le tunnel de "la vie dans l'obscurité", où il peut observer à la loupe des spécimens, araignées ou autres, vivant dans les grottes, mais aussi dans les sous-sols et les parkings, qui se caractérisent par la perte de la couleur et de la vision. Les autres insectes sont présentés "comme dans une bijouterie". Certaines vitrines renferment des insectes vivants, comme les phasmes dont la forme caractéristique peut faire penser à une branche ("phasmes-bâtons"), à une feuille (" phasmes-feuilles"), à une tige  épineuse (" phasmes-ronces ") ou encore à une écorce ("phasmes-écorce").

La galerie de la nature urbaine est consacrée aux espèces que nous côtoyons chaque jour. 90% de la population israélienne aujourd'hui vit dans les villes. Des oiseaux aux papillons et aux chauves-souris en passant par les hérissons et les chacals, nous découvrons les aspects urbains de la biodiversité.

Une grande partie des collections est présentée sur la forme de dioramas, permettant la mise en situation des animaux et les faisant apparaître dans leur environnement habituel. Ainsi par exemple pour la présentation des divers habitats de la faune du pays, dont la situation géographique unique explique la diversité des espaces naturels, allant de la forêt au désert, en passant par les marécages et les buissons.

lionParmi la faune locale du désert, on compte les bouquetins et gazelles, hyènes et loups gris, reptiles, le daman des rochers (sorte de grosse marmotte). Les animaux des mares et marécages sont en danger en Israël car l'eau est rare et utilisée au maximum. Leur préservation représente donc un défi. Parmi eux, on trouve notamment divers sortes de crapauds et de grenouilles, des échassiers comme les grues et les hérons et les loutres. La faune des champs et des buissons est de type européen: lièvres, taupes, rouge-gorge etc.

L'espace "structure et fonction", encore en construction, présente des animaux empaillés "en mouvement", sans vitrines. "L'un des buts du Musée est de rapprocher le public de la nature. L'un des moyens est de lui donne la sensation de 'presque toucher' les animaux. C'est une décision courageuse que nous avons pris et nous attendons de voir si le public va collaborer", explique Alon Sapan. Dans cet espace se trouve entre autre le seul albatros trouvé en Israël, échoué par erreur sur la plage à Eilat.

Sensibiliser le public à la réduction de la biodiversité

Parmi les autres expositions du Musée: la vie aquatique, le squelette d'une baleine, et une scène présentant des animaux disparu en Israël dont un lion et un gypaète barbu,  sorte de vautour en voie de réintroduction dans la région, dont Shimon Peres s'est inspirer pour hébraïser son nom d'origine (Perski; Peres est le nom du gypaète en hébreu), sur la suggestion du Prof. Heinrich Mendelssohn, l'un des fondateurs du premier musée d'histoire naturelle de l'UTA.

Une carte interactive intitulée: "Le contact de la main de l'homme" permet au visiteur, en apposant sa main sur certains endroits de la carte d'Israël, de constater l'impact de l'intervention de l'homme sur la nature du pays: déforestation, pompage excessif de l'eau, diminution de la faune, destruction des habitats naturel des animaux. " La biodiversité est la diversité de la vie sur la Terre", explique Alon Sapan. ". Elle s'apprécie en considérant la diversité des écosystèmes et des espèces dans l'espace et dans le temps, ainsi que les interactions entre eux. Au cours de ces 200 dernières années, elle s'est considérablement réduite, et nous voulons sensibiliser le public à cette réalité". Dans le même ordre d'idée, le Musée présente un film sur l'incroyable  pollution des plages et ses conséquences à terme.

Enfin, on peut terminer la visite autour de l'exposition représentant "Le réseau de la vie": un acacia entouré d'animaux petits et grands, certains se nourrissant de ses fruits, d'autres servant de proies, illustrant les diverses interactions existant dans la nature: parasitaires, mutualistes etc.

Trois galeries manquent encore au Musée: l'Arche de Noé elle-même contiendra la plus grande partie des 5 millions et demi de spécimens réservée essentiellement à la recherche, en plus de 1700 m² présentés au public. Le premier étage renfermera le "Saint des Saints", les trésors les mieux préservés du Musée, le deuxième présentera les expositions temporaires. Enfin le troisième niveau sera consacré à l'anthropologie humaine, parcours dans l'évolution humaine qui présentera les témoignages trouvés dans la région du passage de l'homme de l'Afrique ver l'Europe et l'Asie.

Comment Israël a fait le choix de la démocratie : Denis Charbit à l'Université de Tel-Aviv

Invité de l’Association des Amis francophones de l’Université de Tel-Aviv, le Dr. Denis Charbit a proposé jeudi 23 novembre à ses membres une initiation à travers les méandres du système et des familles politiques en Israël, depuis leurs origines dans les années 20 jusqu’à nos jours.

DenisConfLa conférence a été introduite par le Prof. Ruth Amossy, professeur émérite du Département de langue et culture française de l’Université, qui a rappelé que le but de l’Association est de faire de l’UTA un centre vivant de la culture francophone en Israël et a annoncé sa prochaine collaboration avec l’Ambassade de Belgique.

Agnès Goldman, déléguée générale, a pour sa part indiqué que le dernier évènement  en date, au cours de laquelle l’Association avait reçu le philosophe Armand Abécassis pour une conférence sur le thème Science et judaïsme, a permis de financer une bourse et demie pour un étudiant en Etudes juives.

Le Prof. Amossy a ensuite présenté le Dr. Denis Charbit, Maître de conférence au département de sociologie, sciences politiques et communication à l’Université Ouverte, auteur de nombreux ouvrages, dont Qu'est-ce que le sionisme? ( 2007), Israël et ses paradoxes (2015), et Dialogues israélo-palestiniens, à paraitre à l’occasion de l’année croisée France/Israël en 2018.

Le choix de la démocratie

« Chaque démocratie possède un caractère spécifique dû à son histoire et au contexte dans lequel elle se développe », explique le Dr. Charbit, qui signale qu’on a pu classer Israël parmi « les démocraties qui auraient pu ne pas être ». En effet, entouré de cinq pays arabes qui tentèrent de l’envahir dès sa naissance, dans un état de guerre permanent depuis sa création, ayant connu un afflux d’un million de nouveaux immigrants qui firent alors doubler sa population en quatre ans et poussé par la nécessité d'établir une armée pour se défendre, l'Etat d'Israël aurait pu évoluer bien différemment. Ce d’autant plus, continue le chercheur, que la plupart de ses fondateurs, qu’ils soient venus de la Russie tsariste, de la Pologne antisémite ou des pays arabes n’ont jamais connu la démocratie dans leurs pays d’origine.

Comment s'explique donc ce "miracle" qui a fait que "des personnes qui ne savaient pas ce que c'était que la démocratie" en ont sans hésiter fait le choix et, malgré les conditions rappelées ci-dessus, n'ont jamais cédé à la tentation de "l'homme fort" ?

Le Dr. Charbit l'explique par  différentes raisons. La première, mais qui aurait pu ne pas être suffisante, est tout d'abord qu'il s'agissait d'une exigence de l'ONU pour la création de l'Etat. La deuxième est due à la nature de l'ancêtre de l'Etat d'Israël, le mouvement sioniste qui s'est dès ses débuts organisé de la manière la plus démocratique possible, y compris la participation des femmes. Puis vient le fait que, lors de sa création en 1948, le jeune Etat a déjà derrière lui un demi-siècle d'organisation politique. En effet toutes les familles politiques actuelles du pays trouvent leur origine dans l'ancien 'Yichouv' formé par les immigrants juifs depuis le début du 20e siècle : l'actuel Parti travailliste est l'héritier du Mapaï, le Likoud celui du parti Herout, le courant national religieux celui du Mafdal et du parti Mizrahi, les partis du centre viennent des Sionistes généraux, le parti ultra-orthodoxe a été créé en 1912; et même le Parti communiste de Palestine, ancêtre de l'actuel Parti communiste d'Israël, qui attire aujourd'hui essentiellement un électorat arabe, est né en 1920. Enfin, et cette raison semble fondamentale pour le chercheur, Ben Gourion, premier Premier Ministre d'Israël, bien qu'originaire de Russie, choisit l'option occidentale, celle du judaïsme américain, la démocratie étant le seul régime compatible avec ce choix. C'est donc le lien avec la Diaspora et le judaïsme américain qui apparait, pour le Dr. Charbit, comme le mobile central du choix de la démocratie par le jeune Etat juif.

Origines du système politique

Devant les difficultés pour établir une constitution à proprement parler, l'Assemblée constituante élue en janvier 1949 s'autoproclame dès février assemblée législative (C'est la première Knesset, composées de 120 députés en référence à la première Grande Knesset établie au retour de l'exil de Babylone). En effet, l'établissement d'une Constitution implique la rédaction d'un Préambule résumant les objectifs, la vision et les idéaux de l'Etat. Or, les élus représentaient des visions aux antipodes les unes des autres: religieux pour les uns, communistes pour les autres etc. Aussi, en 1950, le Parti travailliste du Premier Ministre Ben Gourion et les partis religieux arrivèrent-ils à un compromis : l'Etat d'Israël possède donc des lois fondamentales qui définissent les rapports entre les diverses autorités, mais ne sont pas réunies en une Constitution unique précédée d'un Préambule. Le compromis convenait aux religieux car il évitait l'écueil de la définition d'un état laïc, et à Ben Gourion lui-même qui souhaitait une Knesset souveraine sans contrepoids, qui puisse légiférer sans limitation.

Jusqu'en 1992, les lois fondamentales proclamées, qui peuvent être modifiées à la majorité simple, ne définissaient donc que les rapports entre les institutions. Le grand changement est advenu en 1992, sous le mandat d'Itzhak Shamir, lorsqu'ont été adoptées deux lois portant sur des valeurs: la Loi fondamentale sur la Dignité humaine et la Liberté, et celle sur la Liberté de l'Emploi. Ces deux lois possèdent un statut supérieur aux autres et ne peuvent être modifiées qu'à l'aide d'une majorité qualifiée. Ce sont également ces deux lois qui ont modifié le positionnement de la Cour Suprême.

La Cour Suprême/Haute Cour de Justice

En effet, celle-ci est la juridiction la plus élevée de l'Etat, fonctionnant comme tribunal de dernière instance à la fois pour les affaires judiciaires et pour les litiges d'ordre administratif, entre les individus et les organes de l'Etat (Elle est alors appelée Haute Cour de Justice). L'introduction des deux lois fondamentales portant sur des valeurs lui donne la possibilité de décider si une loi votée par la Knesset est conforme ou non aux principes constitutionnels. De plus, la même année (1992), le droit de saisie de la Haute cour de Justice a été élargi: toute organisation peut la saisir, même si elle n'est pas directement concernée par la question litigieuse. On peut donc dire pour le Dr. Denis Charbit, qu'en 1992, le système politique israélien est passé d'un système parlementaire unicaméral à une démocratie constitutionnelle.

La crise des partis politiques

Lors de leur création dans les années 20-30 du 20e siècle, avant donc la proclamation de l'Etat d'Israël et sous le régime de la Palestine mandataire, les partis politiques constituaient en fait une incarnation de l'Etat à moindre échelle: ils avaient chacun non seulement leur journal mais aussi leur réseau scolaire, leur caisse de maladie, leur équipe de sport. La création de l'Etat en 1948 a marqué le développement de la fonction publique, de la bureaucratie etc. On est donc passé d'une culture de parti à un système étatique.

DenisConf2Le système des partis a lui aussi évolué: de 1949 à 1977, il était fondé sur un parti dominant (le parti travailliste). Les élections de mai 1977, amenant le Likoud au pouvoir a marqué une bipolarisation de la vie politique entre les deux grands partis. Depuis 1981, on assiste à un éparpillement et une fragmentation des partis politiques créant des difficultés pour gouverner. Le Dr. Charbit divise cependant les partis politiques en 5 grandes familles qui, selon lui, resteront permanentes, quel que soit le système électoral: deux familles idéologiques (la gauche et la droite, soit le Parti travailliste et le Likoud), deux sociologiques (les partis arabes et les partis religieux eux-mêmes divisés en religieux nationaux et religieux antisionistes) et les partis du Centre, apparus depuis une dizaine d'années.

D'autres points ont pu être abordés à l'occasion des nombreuses questions posées par le public, parmi lesquels: la division du public israélien sur la question des territoires conquis/repris pendant la guerre des six jours de 1967, les partis antisionistes, arabes et juifs orthodoxes, et le système électoral de la proportionnelle qui, pour le Dr. Charbit est, malgré ses inconvénients, le seul adapté à une société hétérogène qui rassemble des habitants venant de cinquante pays avec des traditions et des visions différentes.

Enfin, en réponse à une dernière question, il conclut que la démocratie israélienne n'est pas à ses yeux en danger, mais que les valeurs libérales peuvent l'être.

 

« L’humanisme juif place l’éthique dans le cœur et dans l’esprit de l’homme » : Armand Abécassis à l’Université de Tel-Aviv.

L’écrivain et philosophe Armand Abécassis, invité dimanche soir par l’Association des Amis français de l’Université de Tel-Aviv a présenté, devant un auditorium bondé, une conférence sur le thème « Science et judaïsme : compatibles, complémentaires ou opposés ». Un plaidoyer humaniste résolument anti-déterministe empreint d’un amour sans fin pour le judaïsme.

AbecassiscampusEn amont de la conférence, le Prof. Ruth Amossy, professeur émérite du Département de français de l’UTA, a présenté le programme de l’Association pour l’année universitaire 2017-2018, qui comprendra entre autre plusieurs avant-premières de films, des conférences sur le système politique israélien et sur l’art ainsi qu’un mini-cycle d’introduction au théâtre de langue hébraïque et un évènement artistico-gastronomique qui aura lieu dans la Galerie des Arts de l’Université.

Humaniste et ambassadeur du judaïsme

Agnès Goldman, déléguée générale de l’Association, a ensuite souhaité la bienvenue  aux visiteurs, notamment à André-Yves Amiach, gouverneur de l’Université de Tel-Aviv, qui soutient depuis de longues années l’Ecole de médecine dentaire de l’Université, et à l’origine du projet de fourniture de soins dentaires aux personnes dans le besoin ; et la Banque Discount, partenaire de l’Association. Elle a rappelé que l’Association a pour but l’aide aux étudiants, et qu’elle a pu l’an dernier financer 10 bourses, dont 7 attribuées à des étudiants francophones, et 3 à des Israéliens : « 1 858 demandes de bourses se trouvent actuellement sur le bureau du Doyen de l’Université, et nous comptons sur votre aide », a-t-elle déclaré. Trois des étudiants bénéficiaires, Yana Weissberg, en 2e année d’études de soins infirmiers, Déborah Taylor, en 2e année de Sciences politiques et Nathan Lipschitz, en 3e année d’histoire de l’art et de culture française, sont ensuite montés sur le podium pour remercier le public de cette aide, qui leur permet de se consacrer essentiellement à leurs études.

Enfin, le Prof. Amossy et Agnès Goldman ont remis à Armand Abécassis un certificat au nom du Président de l’Université de Tel-Aviv, le Prof. Joseph Klafter, «En témoignage de reconnaissance de son statut de philosophe respecté, d’universitaire, d’humaniste et d’ambassadeur du judaïsme », et pour son action inlassable en faveur du  dialogue entre judaïsme et christianisme, son combat contre l’antisémitisme, et  l’amitié et le soutien qu’il manifeste à l’égard de l’Etat d’Israël et de sa jeunesse. 

AbecassisetudiantsLe Prof. Amossy a ensuite introduit le célèbre conférencier, professeur de philosophie à l’Université Michel de Montaigne (Bordeaux III), directeur des études juives de l’Alliance israélite universelle, lauréat du prix de l’Amitié judéo-chrétienne de France en 2009 et de celui de l’Académie des Sciences Morales et politiques en 2016, auteur de nombreux ouvrages dont La Pensée juive (4 volumes), Judas et Jésus : une liaison dangereuse (2001), Le livre des passeurs (avec sa fille Eliette Abécassis), Il était une fois le judaïsme (2011), et  Les derniers jours de Moise (Flammarion, 2015).

"Les deux reflètent la raison et l'espérance" 

« C’est en tant que philosophe que je suis ici ce soir et que j’analyserai les textes de la pensée juive. Beaucoup de Juifs ne comprennent pas que l’on peut étudier un texte de culture juive même si on n’est pas religieux », a déclaré Armand Abécassis en ouverture de sa conférence, qui a tenu le public en haleine pendant plus d’une heure.

Selon lui, science et judaïsme sont certainement compatibles et complémentaires, sûrement pas opposés. Les deux reflètent la raison et l’espérance, et relèvent du désir de savoir : « Les savants ont le droit et le devoir de rappeler la valeur incontournable de la raison hors de laquelle la folie et la violence s’emparent des hommes. Ils ont raison d’insister sur l’autonomie de la pensée chèrement obtenue dans l’histoire contre le fondamentalisme et le pouvoir religieux ».

Les sciences et les techniques débarrassent l’homme des superstitions, et le dote de la clarté et de la lucidité qui le protège contre les manipulations et développe son l’esprit critique. Le Talmud lui-même condamne le « Gnevat Daat », le vol de la conscience d’autrui par des idées ou paroles mensongères qui étouffent l’esprit critique. Le discours dogmatique, quel qu’il soit, créé l’hérésie.

Abecassis certifCependant, relève le Prof. Abécassis, les savants peuvent aussi se laisser prendre par des dérives tout aussi importantes sinon plus graves que celles de nombreux religieux. Il fait sienne la pensée d’Albert Einstein : « La science sans la religion est boiteuse,   la religion sans la science est aveugle ». La course au progrès scientifique a des conséquences et des effets évidents sur le plan économique et politique : la visée de maîtrise de la nature cache souvent des intentions qui n’ont rien à voir avec le progrès. « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme » disait-on à la Renaissance. Le second chapitre de Genèse nous dit que: « Dieu prit l’homme et l’installa dans le jardin d’Eden pour le cultiver et le soigner ». Mais cultiver le sol et en tirer sa subsistance peut conduire à sa  dégradation et à celle de ses produits. C’est pourquoi le texte biblique prescrit à l’homme de cultiver  et de soigner le lieu qu’il habite. 

"Les dérives de la science"

De même selon le philosophe, il est très important que chaque savant reste dans son domaine. Un modèle de savoir adapté à un champ d’activité humaine n’est pas nécessairement valable pour tous les autres champs. Pour lui, il y a dérive scientifique lorsqu’un savant essaie de générer une formule unique qui englobe toute la réalité, physique, psychique et historique, enlevant toute liberté à l’homme. Pour illustrer ses propos le Prof. Abécassis prend l’exemple de l’universitaire israélien Yuval Noah Harari[1] qui, dans deux récents ouvrages à succès,  Homo sapiens, une brève  histoire de l’humanité (publié en 2015 chez Albin Michel  et traduit en 30 langues) et  Homo Déus, une brève histoire de l’avenir (2017 chez Albin Michel) considère que la maîtrise du monde est un train de passer des humains aux algorithmes : « En généralisant, on peut affirmer que pour ce savant, l’homme également est un algorithme qui produit des copies de lui-même par la procréation. ‘La science’, écrit-il dans Homo Déus, ‘converge vers un dogme universel : les organismes sont des algorithmes et la vie rien d’autre que du traitement de données’. Est-ce un acte de foi ou une dérive de la science ? ».

Dans la seconde partie de son exposé, le Prof. Abécassis étaye son raisonnement par l’analyse de textes talmudiques.

Abecassis publicSelon le Choulkhan Aroukh, la connaissance se subdivise en connaissance du monde et connaissance de la Torah, deux aspects de la Hokhma (sagesse). Le désir de savoir reçoit dans  le Talmud  l’obligation d’y répondre par deux voies distinctes et indissociables : la science et la Torah. Regarder l’œuvre divine c’est regarder les lois de la nature de la nature : la science est donc un devoir, et l’esprit scientifique est relié à la Torah. La connaissance de la Torah et la connaissance scientifique sont donc complémentaires et nécessaires l’une à l’autre. La vérité absolue est hors d’atteinte pour la raison humaine, de même que par  l’affirmation religieuse quelle qu‘elle soit. La société doit donc laisser la place à la Hokhma sous ses deux aspects et lutter contre toute falsification, dérive et perversion aussi bien dans le domaine scientifique que religieux. Cela concerne les ‘magiciens’, charlatans et autres manipulateurs  de consciences, l’escroquerie intellectuelle dans les deux domaines.

la vérité et le sens

Cela signifie aussi la lutte contre l’idolâtrie : « Ce que le Talmud appelle l’idolâtrie consiste à diviniser et à déclarer absolue une réalité ou une idéologie. Le Talmud exige de rejeter totalement toute idéologie qui prétend  fixer l’existence humaine dans un bilan définitif et dans un système qui l’enfermerait dans un discours clos sur lui-même et s’oppose à quiconque se mêle de croire que la signification qu’il avance est l’unique. L’homme est un sujet libre responsable de sa raison et de sa conduite ».

Cependant, bien que la connaissance de la Torah et la connaissance scientifique soit toutes deux des modalités de la Hokhma, la tradition juive place hiérarchiquement celle de la Torah au-dessus de la connaissance scientifique, car l’univers du sujet transcende celui de l’objet. C’est ce qu’il démontrera dans une troisième partie :

« Le Judaïsme se soucie de l’homme en tant que personne. Il ne suffit pas seulement de connaître ce qui est pour transformer le monde, il faut aussi s’identifier à un univers moral qui doit guider les diverses formes du savoir. Il ne suffit pas de connaitre pour être ». Or le judaïsme est préoccupé par l’être, la science par le connaitre. L’alliance entre les hommes, le projet éthique proposé par la Torah est fondé sur la peur que l’homme et l’aventure humaine n’aboutissent à l’échec prévu par ‘l’historien de l’avenir’ précédemment critiqué par le philosophe.

abecassis syna« Pourtant », ajoute-t-il : « la Torah n’est ni un livre de science ni un livre d’histoire. Elle accueille ce que la science perçoit dans la nature et elle dicte à l’homme comment s’y installer ». C’est en ce sens que le Judaïsme ne peut se contenter de la théologie élaborée au Moyen Age par ses philosophes. Le Judaïsme est tenu aujourd’hui à de nouvelles synthèses spirituelles. Selon Armand Abécassis, Il faut donc  réfléchir aux deux catégories d’exigence qui agitent l’être humain : celle de vérité, et celle de sens.

L’exigence de vérité et de savoir vise la nature de ce qui est. La science essaie d’y répondre en des termes précis qui accouplent problème et solution de nature intellectuelle et expérimentale. L’autre exigence est celle de sens et de projection vers un ailleurs qui pousse l’homme à ne pas se limiter à ce qu’il est. La réponse est le désir de Dieu.  La science répond à la question «qu’est ce que l’homme ?».  La Torah cherche à répondre à: «  Qui est l’homme ». Ce que nous appelons divin, c’est l’univers du Sens que chaque personne enrichit par les significations qu’elle lui apporte. Pour la Torah Dieu est Infini car il est ouvert à l’infini des significations et que personne ne peut prétendre avoir le sens absolu. La relation avec cet univers du sens est personnelle. « L’humanisme juif place l’homme au centre du monde et l’éthique dans le cœur  et dans l’esprit de l’homme ».

Les questions du public qui ont suivi cette stimulante conférence (la religion doit-elle intégrer ce que nous apprend la science ? Faut-il adapter le judaïsme au monde moderne ? Ou encore, sommes-nous redevenus des Hébreux avec la création de l’Etat d’Israël ?) furent l’occasion pour le conférencier de préciser certains points supplémentaires :

Sur la Torah :

« La Torah est un livre de l’Homme. Nous ne sommes pas les gens du Livre, mais de l’interprétation du livre. Nous devons interpréter la parole qui a été transmise aux Hébreux. Le temps de la Bible,  celui des Hébreux,  ne connaissait pas de Rabbis. Ses maîtres spirituels étaient les Prophètes. Le Juif en exil n’a plus de prophète mais des  Rabbins, auteurs d’un monument de rationalisme de 63 traités qu’on appelle Le Talmud. Le rabbin ne fait qu’interpréter le texte du prophète, il ne parle pas avec Dieu. C’est pourquoi le Judaïsme est dépourvu de dogmes au contraire de ce que pensent certains religieux eux-mêmes ». 

Sur le Shabbat :

« Le Shabbat je ne me repose pas ; je dis au monde ‘ça suffit’, et le monde redevient nature. Le shabbat est fait pour se préoccuper de la relation de l’homme à l’homme ».

Sur Israël :

« Les Hébreux avaient un Etat, un roi, des prophètes, un temple.  Les Juifs n’ont ni Etat, ni roi, ni prophètes, ni temple, mais des rabbins. En Israël, les Juifs ont retrouvé le ‘ Royaume’ (Malkhout), mais n’ont ni temple ni prophètes. Cependant, le Juif est revenu d’exil plus riche qu’il n’est parti car il a recueilli les étincelles de sainteté des nations  au sein lesquelles il a vécu. Ici les nations sont réunies. Israël doit comprendre cette richesse ».

Sur la transmission :

« Transmettre, c’est tout le problème du judaïsme. Transmettre n’est pas convaincre mais pousser à réfléchir. Formons des éducateurs, des rabbins, qui soient pleinement de leur siècle tout en portant la mémoire du judaïsme éternel »


[1] Professeur en chaire au département d’histoire de l’Université hébraïque de Jérusalem.

Master class du producteur Alain Goldman pour les étudiants de l'Université de Tel-Aviv

Le producteur de renommée mondiale Alain Goldman, directeur de Légende productions, a présenté fin juin une passionnante master class à la Cinémathèque de Tel-Aviv, à l'initiative de l'Association des Amis francophones de l'Université et de sa directrice Agnès Goldman, sœur d'Alain. Etaient présents le Dr. Yaron Bloch, directeur du Département de Film et télévision de l'UTA et Bertrand Le Delezir, attaché audiovisuel de l'ambassade de France à Tel-Aviv.

masterclassalaingoldman2Bien qu'Alain (Ilan) Goldman parle couramment hébreu pour avoir fait ses études à l'Université hébraïque de Jérusalem dans sa jeunesse, la master class s'est tenue en anglais, en raison du grand nombre d'étudiants internationaux présents dans la salle.

La rencontre a débuté par une présentation vidéo de l'impressionnant palmarès de films produits par Alain Goldman dans le cadre de Légendes, devenues l'une des principales sociétés de production françaises, depuis Christophe Colomb en 1992 avec Gérard Depardieu, qui fut un énorme succès commercial à l'échelle mondiale, jusqu'à La French en 2014 avec Jean Dujardin et Gilles Lellouche, en passant par Casino de Martin Scorsese en 1995, La Môme en 2007, avec ses 2 Césars, 5 BAFTA, 2 Oscars et 1 Globe d'or et La Rafle en 2010 (plus de 3 millions d'entrées). Sans parler de HHhH, l'homme au cœur de fer, qui vient d'être présenté en avant-première aux Amis de l'Université de Tel-Aviv à la Cinémathèque, et a également ses chances pour un prochain Oscar.

C'est à un voyage dans le monde passionnant et ardu de la production, avec ses passions et ses contraintes, qu'ont été conviés les étudiants en cinéma. "Je suis un producteur. Mon job est de transformer les rêves en réalité", a déclaré Alain Goldman. "Mon premier conseil à vous an tant qu'artistes, c'est de partager votre vision, votre rêve, avec votre producteur. Vous avez un rêve, nous le rendons réel. C'est une relation difficile, mais la production d'un film est une bataille, et vous aurez besoin d'une solide alliance avec votre producteur".

"Le plus important c'est la passion"

Les étudiants ont été initiés aux difficultés de l'industrie cinématographique, et à la nécessité d'être motivé et persévérant: "Aucun film n'est indispensable, même ceux de Spielberg. Tout dépend du niveau de votre désir de rendre le rêve réalité. En tant que producteur, je trouve une grande inspiration dans l'histoire d'Israël: si vous le voulez, ce ne sera pas une légende. Ne renoncez jamais". Il donne l'exemple des difficultés rencontrées lors de la production du film La Rafle, l'un des plus importants films sur l'Holocauste en France, et de l'étonnement de ses interlocuteurs lorsqu'il a annoncé son sujet. "La motivation et les difficultés sont corrélés avec l'importance du film".

Pour Alain Goldman, le choix du sujet est fondamental: "Votre sujet doit avoir une résonnance chez le public. Un artiste ne se parle pas à lui-même, il cherche à partager. Bien sûr, il ne s'agit pas non plus de tenter de plaire à tout prix. Cherchez un sujet qui vous est très personnel et trouvez une manière universelle de le partager".

MasterclassalaingoldmanLe dialogue s'est ensuite engagé avec la salle. Interrogé sur les caractéristiques requises pour être un bon producteur, Alain Goldman répond:   "Un producteur doit avoir quatre qualités essentielles, qui correspondent aux différentes étapes du processus de production. D'abord il doit être proche du metteur en scène. Il est en fait le premier public de l'œuvre et doit être suffisamment sensible pour être capable d'avoir une réaction artistique forte, et de donner de bons conseils. Ensuite vient le côté "business". Mon conseil dans ce domaine est d'avoir une approche mondiale et de ne pas se contenter d'un financement national. Troisièmement le producteur doit être capable d'utiliser les ressources financières et humaines, et de les répartir tout au long du processus de production. Enfin, et c'est l'étape la plus difficile, il faut avoir encore suffisamment d'énergie pour promouvoir le film. C'est la partie marketing, la plus importante par rapport au public, mais la plus difficile parce qu'à ce stade vous avez déjà vu le film plus de vingt fois".

Il n'existe pas de formation bien définie pour le métier de producteur: "Le plus important c'est la passion", déclare  Alain Goldman, qui donne en exemple sa propre carrière, comment il a commencé à 27 ans, sans connaissance sur le métier et par hasard.

Légende Israël

Question: "Que recherchez-vous chez un metteur en scène ?". Réponse: "J'essaie de laisser d'abord parler mon cœur et mes tripes, et ensuite seulement mon cerveau pour valider le tout. Je recherche d'abord la motivation. Pourquoi il veut faire ce qu'il veut faire. Quel est son rêve. Quelque chose de fort doit se passer au niveau du contact humain. Et le sujet, bien sûr, qui doit être plus qu'anecdotique".

Les erreurs à éviter: ne pas se disperser : "Un film n'est pas un documentaire. Il doit se concentrer sur un seul sujet, un seul personnage".

masterclassalaingoldman3Sur la créativité cinématographique israélienne: " Israël est devenu l'un des lieux les plus respectés du monde pour la production de films et de séries télévisées, comme Fauda, Homeland etc…Ce sont des productions extraordinaires. Je pense que la situation difficile du pays avec tous ses problèmes donne aux créateurs des sources d'inspiration à la fois au niveau des sujets à traiter, de l'action et des sentiments humains".

Sur les possibilités internationales ouvertes aux jeunes créateurs: "La France est votre amie. C'est une véritable amoureuse de l'art. Mais les Etats-Unis offrent davantage d'opportunités et d'alternatives".

Pour sa part, Alain Goldman annonce la création prochaine de Légendes Israël :"Légende existe déjà en France et aux Etats-Unis; je vais à présent créer Légende Israël, en janvier, pour donner des opportunités aux jeunes créateurs israéliens. J'ai également  en projet ici une mini-série avec Gideon Raff sur Eli Cohen, l'espion israélien mort pendu en Syrie en 1965".

HHhH en avant-première pour l'Université de Tel-Aviv

L'avant-première en Israël de HHhH, "L'homme au cœur de fer", film de Cédric Jimenez sur un roman de Laurent Binet, organisée par  l'Association des Amis francophones de l'Université de Tel-Aviv et sa directrice Agnès Goldman, a eu lieu vendredi 16 mai à la Cinémathèque de Tel-Aviv, en présence du producteur Alain Goldman, frère d'Agnès. La projection a été suivie d'un débat avec la salle orchestré par le journaliste et critique parisien Robert Sender. Un grand moment de cinéma qui a donné aux Amis francophones de l'UTA la primeur d'une production qui a de bonnes chances de se qualifier pour l'Oscar.

HHHH1Etaient également présents dans la salle Jean-Daniel Ruch, ambassadeur de Suisse en Israël, Bertrand Le Delezir, attaché audiovisuel de l'ambassade de France à Tel-Aviv,  l'acteur israélien Tsahi Halevi, et Dina Peled, directrice de la Cinémathèque de Tel-Aviv.

Agnès Goldman a tout d'abord rappelé le but de l'Association, qui est de faire découvrir l'excellence de l'enseignement et de la recherche de l'Université de Tel-Aviv, et de sponsoriser des bourses d'étudiants. L'an dernier, après un an d'existence, elle a pu en financer neuf. "Cette année, notre objectif est de collecter vingt bourses. Aidez-nous", a-t-elle ajouté.

Comme l'a rappelé le Prof. Ruth Amossy, Alain Goldman est le créateur de la société Légende Productions, dont le premier film Christophe Colomb avec Gérard Depardieu, fut un énorme succès commercial à l'échelle mondiale. Il a depuis produit de nombreuses œuvres cinématographiques célèbres, tels que Casino de Martin Scorsese en 1995, La Môme en 2007, La Rafle en 2010 et La French en 2014 avec Jean Dujardin et Gilles Lellouche.

Agnès Goldman, très émue, lui a remis un certificat signé du Président de l'Université de Tel-Aviv, pour sa contribution au cinéma français et international par une liste impressionnante de films, sa volonté de partager son expérience avec les étudiants, son combat courageux contre l'antisémitisme et son amitié de longue date pour l'Etat d'Israël et l'UTA. Elle lui a également remis en cadeau un tirage de l'unique cliché pris pendant la déclaration d'Indépendance de l'Etat d'Israël, par le photographe Rudi Weissenstein.

"L'histoire de jeunes qui combattent pour sauver le monde de la barbarie"

"C'est un immense bonheur d'être là" a déclaré le producteur qui a ensuite présenté son film, qui retrace la tentative d'élimination du plus dangereux des nazis, l'architecte de la solution finale par deux résistants,  Jozef Gabčík, slovaque,  et Jan Kubiš, tchèque, aujourd'hui considérés comme des héros nationaux. "J'ai d'abord été interpelé par le succès du livre, plébiscité par la jeunesse française, qui a obtenu un Goncourt du premier roman. Pourquoi les jeunes s'intéressent-ils à Heinrich et à deux jeunes slovaques qui se lancent dans une aventure folle ? C'est ainsi que j'ai eu envie de porter ce roman à l'écran".

"C'est l'histoire de jeunes qui combattent pour sauver le monde de la barbarie" poursuit-t-il, saluant au passage la présence dans la salle de l'ancien résistant Jean Frydman. " De tels individus sont pour moi une source d'inspiration. Quelle sorte d'ADN faut-il pour être si brave ? J'ai voulu montrer et glorifier ces gens qui ont eu le courage de lutter pour un combat si inégal".

HHHH3La projection du film, d'une durée de deux heures, qui a tenu les spectateurs en haleine du début jusqu'à la fin, a été suivie d'un débat introduit par Robert Sender, qui a relevé qu'il s'agit d'un "thriller historique non manichéen qui nous rappelle la valeur trop oubliée du sacrifice qui va en-delà de l'intérêt personnel".

Répondant aux questions des spectateurs, Alain Goldman (ou Ilan, prénom qu'il a choisi pendant son séjour en Israël, dans sa jeunesse), a raconté les difficultés qu'il a eu pour tourner le film: "Beaucoup de gens pensaient que le sujet était passé et n'en voyaient pas l'importance. Ce fut une route très longue et très complexe, et il a fallu mettre bout à bout des financements de tous les pays pour y parvenir. Mais au cinéma, plus le chemin est difficile, plus cela signifie que le film a un sens".

En route pour l'Oscar ?

Sur le choix du metteur en scène, Cédric Jimenez: "J'avais tourné auparavant un film avec lui, La French, sur le juge d'instruction Pierre Michel assassiné dans les années 80. Vous avez pu voir son lyrisme et la force des émotions et des sentiments humains qu'il est capable de mettre en scène dans un film d'action. C'est un engagé pour lequel j'ai beaucoup d'admiration".

HHHH4Le producteur a également précisé que le dispositif narratif du roman, qui procède par aller-retours entre vérité historique et réflexions personnelles, s'est avéré trop lourd pour le cinéma, et a été modifié en accord avec l'écrivain Laurent Binet, qui a participé de près au processus cinématographique.

Quant au titre, le même que celui du roman, il est l'acronyme allemand de Himmlers Hirn heißt Heydrich, littéralement "Le cerveau d'Himmler s'appelle Heydrich" (le h minuscule est celui du verbe, les substantifs commençant en allemand comme les noms propres par une majuscule). Il s'agit d'une boutade utilisée par les nazis entre eux, faisant allusion au peu d'intelligence qu'ils attribuaient à Himmler.

En conclusion, un grand moment de cinéma, qui a révélé en avant-première aux Amis francophones de l'UTA un film qui, comme l'a relevé l'un des spectateurs dans la salle, a de fortes chances d'être qualifié pour un Oscar, car réalisé en langue anglaise, et portant à la connaissance du grand public un récit héroïque d'importance mondiale jusque-là inconnu.

Ilan Goldman donnera un Masterclass pour les étudiants de l'UTA mardi matin à la Cinémathèque de Tel-Aviv.

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